‹ Formules, tables et renseignements usuelsChapitre 261 sur 296 · MOO · texte numérisé non relu

MOO

22,95Ge

0,0il5

4;on

ùm

o'soo

lîiao

Î.IOO

43ÎO

g74 DEUXIÈME PARTIE.

693. Tuyaux pour conduites de gaz. Les tuyaux employés pour les conduites de gaz sont en fonte ou en tôle bitumée, comme pour Feaa (202 et suivants), et en plomb pour les diamètres de 10 h 108 millimètres (225).

Tuyaux employés par la Compagnie parisienne, pendant Tannée 1891:

En tôle et bitume à joints précis Ghameroy (P. de Singly et C^*), pour les

diamètres 0-,41 à 1-^

En fonte Fortin-Hermann) pour les diamètres. • • * 0 ,08 k 0 ,15

En fonte (emboîtement et cordon) (façon de Paris), (Chappe, Leblanc-

Georgi, Gapitain Geny), pour les diamètres 0 ,054 à 1 ,00

On n*a pas suivi cette règle avec exactitude, à cause du manque de tuyaux à certaines époques, et la Compagnie emploie surtout les tuyaox en t61e et bitume à joints précis, qui présentent le moins de chances de fuîtes en même temps qu*ils sont les plus économiques ; on en a fait depuis 0",035 jusqu'à 1»,30 de diamètre. Ainsi, pendant qu'à Paris on abandonnait les tuyaux en t61e et bitume pour les conduites d'eau, Fusage de ces tuyaux s'y généralisait pour les conduites de gaz.

694. Les tuyanz en tôle et bitnme (229) ont 4 mètres de longueur, et ils sont formés de 3 bouts pour les diamètres de 0^,^^ et au-dessus.

Quand on a donné aux feuilles de tôle une longueur convenable, on les décape en les plongeant successivement dans plusieurs bains d'eau acidulée; puis on les rend inoxydables par un étamage contenant surtout du plomb et un peu d'étain. On cintre alors les feuilles en les passant dans un laminoir à 3 cylindres; puis on perce les trous pour la rivure longitudinale, en ayant soin que le recouvrement soit de 0~,02 à 0"i03, selon les diamètres. Les tôles sont livrées plombées à MM. de Singly et G*.

Les rivets doivent être étamés et avoir de 4 à 11 millimètres, suivant le diamètre du tuyau. Lorsque la rivure longitudinale est faite, on achève de donner au tuyau une forme circulaire exacte au moyen de maillets. Pour les gros diamètres qui se composent de 3 bouts, on ajuste les diverses parties, et on les force à entrer l'un dans l'autre au moyen d'une presse à vis horizontale, agissant sur le tuyau par l'intermédiaire d'un tampon. Les rivets servant à réunir les bouts d'un même tuyau sont écartés d'environ 0",08. Toutes les croisures et les rivures doivent être soudées avec grand soin au moyen d*un alliage à base de plomb très liquide, afin de bien boucher tous les interstices.

Aux deux extrémités du tuyau on coule, au moyen de moules, des petits manchons de plomb, à l'intérieur duj tuyau pour le bout femelle et à l'extérieur pour le bout mâle. Le moule est disposé de manière qae la saillie de plomb limite la partie bitumée. Ce petit manchon de plomb a de 0",042 à 0",120 de longueur. Sur la partie mâle on pratique, au tour, deux rainures pour les gros diamètres et une pour les petits; dans cette rainure, lors de la pose, on place une corde de chanvre qui rend le joint tout à fait étanche. Les tuyaux ainsi préparés sont essayés à la presse hydraulique à une pression de 5 atmosphères. Si les soudures sont bien faites, il n'y a aucune fuite. Les tuyaux sont alors goudronnés à l'extérieur et à l'intérieur, avec un goudron léger mélangé d'huile lourde ou d'es-

sence de térébenthine, puis enveloppés d'un treillis de fil de tranae. Deux hommes, saisissant alors un tuyau par un mandrin qui le traverse et en protège les parties devant s'assembler avec précision, le font tourner dans un bassin contenant du bitume liquide. Ce bitume est fondu dans des espèces de chaudières avec de la marne en poudre, et le mélange est brassé par un agitateur placé dans Taxe de la chaudière et tournant d'une manière uniforme.

Quand le tuyau est enduit d'une certaine couche de ce bitume, on le roule sur une table couverte de gravier jusqu'à ce qu'il ait obtenu un diamètre convenable, en ajoutant au besoin du bitume où l'épaisseur n'est pas suffisante. Si le tuyau sert pour l'eau, il reçoit intérieurement une couche de bitume fin, qui prend le brillant et le poli d'un beau vernis. Pour le gaz il n'en est pas ainsi.

Ces tuyaux ont l'avantage d'être très légers; on les pose très facilement, surtout quand ils sont à joints précis. Pour cela, après avoir nettoyé préalablement les joints avec une brosse dure, ou avec un grattoir si cela est nécessaire, on remplit les rainures circulaires de fil fin de trame imprégné de suif pur fondu; on enduit ensuite les deux parties formant joint avec un mélange composé de plombagine et de saindoux en proportions égales; enfin on forme le joint en emmanchant la partie du tuyau portant garniture dans l'autre qui porte manchon. On force les deux tuyaux à rentrer l'un dans l'autre jusqu'à ce que les collets se touchent, à l'aide d'un marteau dont on frappe à petits coups sur un tampon en bois appliqué contre l'extrémité libre du tuyau que l'on pose. Pour des diamètres supérieurs à 0"^,300, on remplace le marteau par des béliers de poids convenables. Il faut bien présenter les tuyaux en ligne droite, afin de ne pas forcer les joints.

Dans les anciens tuyaux en tôle et bitume le manchon en plomb portant deux rainures pour recevoir la garniture était remplacé par un manchon en alliage à base de plomb, fileté à l'intérieur pour une des extrémités du tuyau et à l'extérieur pour l'autre. C'est en vissant ces manchons les uns dans les autres qu'on posait les tuyaux ; mais ce travail était moins facile qu'avec les tuyaux à joints précis.

695. Les tuyaux en fonte Fortin-Herrmann sont entièrement cylindriques, sans rainures ni bourrelet; de sorte que les bouts sont aussi faciles à poser que les tuyaux entiers. Pour les assembler, on passe d'abord un manchon en plomb sur les deux extrémités à réunir, et à l'aide de deux bagues en fonte on comprime le plomb sur les tuyaux. Comme les deux bagues en fonte sont légèrement coniques à l'intérieur, c'est en les rapprochant jusqu'à ce qu'elles arrivent presque en contact qu'on obtient cette progression du plomb, qu'on matte encore au marteau. Ces tuyaux demandent à être fabriqués avec beaucoup de soin et à être coulés debout. Un inconvénient de leur pose est la nécessité de faire une excavation dans le sol à chaque point.

L'épaisseur des tuyaux en fonte peut être donnée par la formule :

Les tuyaux en fonte à emboîtement et cordon sont les mêmes qae pour l'eau, et se posent de la même manière (202 et suivants). On les a employés presque exclusivement pendant longtemps; mais aujourd'hui oa donne la préférence aux tuyaux en tôle et bitume qui sont moins lourds, d*un prix de pose moins élevé et plus faciles à réparer.

Les tuyaux en fonte à emboîtement et cordon (façon Paris) sont cylindriques; retendue du joint femelle porte une rainure destinée à retenir le plomb coulé. L'extrémité du tuyau portant cordon est munie d'un épaulement extérieur limitant la longueur de l'emboîtement. On Temmanche sur un tuyau jusqu'au fond de la tubulure. Puis Ton introduit de la corde goudronnée que l'on refoule jugqu'au cordon, puis dans l'espace antérieur qui reste libre on coule du plomb que l'on matte de manière à fermer hermétiquement le joint.

Les tuyaux en fonte à joints articulés de MM. Doré et Chevé s'emploient aussi pour les conduites de gaz (221).

Dans quelques villes on a employé les tuyaux en terre cuite; ils sont peu coûteux^ mais difficiles à poser (228).

Système de joint mobile pour tuyaux de gaz posés sur les ponts suspendus. M. Bouvier, ingénieur des ponts et chaussées, donne, dans le numéro de juillet 1875 des Annales de son corps, les dispositions d'un tel joint, à deux rondelles en caoutchouc, appliqué au pont suspendu établi sur le Rhône pour relier Tournou et Tain. Les tuyaux sont en tôle bitumée de Chameroy. Ce système de joint peut aussi, dans des cas analogues, être employé pour les conduites d'eau, pourvu qu'on prenne des précautions pour empêcher les effets de la congélation. Un système particulier de joints a été adopté par la Compagnie du gaz pour les ponts de nie Saint-Denis.

696. Tayaux en plomb, en enivre, en fer, etc. Le plomb s'emploie pour les conduites de faible diamètre, branchements et distributions intérieures, à cause de sa malléabilité, de la facilité de la pose, des raccords, soudures, etc.

En Belgique et en Angleterre, on emploie beaucoup plus le fer pour le même usage, mais en France le fer est laissé aux ateliers et grands établissements, pour les conduites de longue portée. On emploie aussi quelquefois des tubes de cuivre (781)pour les petites distributions, parce qu'il offre plus de résistance que le plomb avec moindre épaisseur, et trouve son emploi partout oii il est nécessaire de masquer les conduites, sur les bords d'une glace, dans des moulures, sur des plafonds, etc. Le cuivre exige des soudures fortes et sa pose est beaucoup plus dispendieuse et difficultueuse que celle du plomb. En Angleterre, on fait usage, pour les petites distributions, de campo-pipe, alliage qui a l'aspect de l'étain.

Le campo-pipe est bien moins malléable que le plomb et exige une soudure plus fine, c'est-à-dire comportant plus d'étain que la soudure ordinaire des plombiers.

Le plomb a l'avantage de ne pas être attaqué par les dépôts de condensation du gaz.

Le cuivre donne naissance à des dépôts, et lorsque le gaz renferme de

ÉGLilRiGE.

Page 1