ACTE DEUXlt:ME
JACQUELINE
C'est dommage.
J'y vivais calme et sans souci.
JACQUELINE
Ciel, comment peut-on vivre ainsi?
FOHTUNIO
J'aimais la vieille maison grise Uù j'ai grandi près du foyer, [.es jours y coulaient sans surprise Sous les branches du vieux noyer,
Les choses m'y sont familières, Elles m'accueillaient doucement Et dans leurs réseaux les lierres Enlaçaient mon âme d'enlant.
Hélas I mon âme, s'est reprise, D'autres pensers m'ont envahi.
Déjà s'efface dans l'oubli iVîa pauvre vieille maison grise !
JACQUELINE
ÎMonsieur Fortunio, vous parlez tendrement; Mais puis-je me fier à vos bons sentiments?
Madame, je l'ai dit, si c'est votre ca[)rice Je mourrai de bon cœur pour vous rendre service En vous disant : merci, tout bas.
JACQUELINE
(surprise.)
Quoi 1 V^ous ne me connaissez pas.
L'ctoile qui scintille au fond du ciel sans voile Ne connaît pas celui qui regarde si aaut, Mais le plus petit berger du coteau Connaît l'étoile!
JACQUELINE
Le complimeut est fort galant, Mais ce sont là propos d enfant.