‹ Fortunio, comédie lyrique en quatre actes et cinq tableauxChapitre 55 sur 84 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

JACQUELINE

Eh bien, chantez donc, je vous prie.

CLAVAROCHE

EL surtout que ce soit une chanson D amour. Le reste est simple fantaisie. Il faut, madame, l'en prier.

JACQUELINE, à Fortunio.

Je vous en prie.

(( Si vous croyez que je vais dire Qui j'ose aimer,

Je ne saurais pour un empire Vous la nommer.

» Nous allons chanter à la ronde.

Si vous voulez, Que je l'adore et qu'elle est blonde

Comme les blés.

» Je lais ce que sa fantaisie Veut m'ordonner,

EL je puis, s'il lui faut ma vie, La lui donner.

» Du mal qu'une amour ignorée Nous fait souffrir.

J'en porte l'âme déchirée Jusqu'à mourir.

» Mais j'aime trop pour que je die

Qui j'ose aimer, Et je veux mourir pour ma mie

Sans la nommer. »

MAITRE ANDRÉ

Hé ! ce petit a les larmes aux yeux Il est, ma parole, amoureux Comme il le dit. Qui donc alluma cette flamme Quelque grisette, j'en suis sûr.

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