‹ Fortunio, comédie lyrique en quatre actes et cinq tableauxChapitre 77 sur 84 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

Lorsque je n'étais qu'une enfant, Je courais au matin riant, Dans mon jardin plein de rosée, Je savais choisir en jouant Le plus blanc d'entre les lis blancs Et des roses, la plus rosée.

Je savais trouver le plus clair

Des beaux œillets couleur de chair,

La plus odorante verveine,

Des iris le mieux irisé

Et je rentrais les yeux grisés

Les mains de parfums toutes pleines.

Et maintenant que me voici Une femme au cœur indécis, Je n'ai pas su dans ma faiblesse Choisir l'amour le plus aimant, Le plus noble et le plus charmant Et la plus pure des tendresses.

Page 1