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Offrandes votives en bois peint en blanc

Voir figure 226.

Le nombre de chacune de ces offrandes est fort variable. On en a dressé la Hste numérale suivante : a 1, b i, c 2, d 1, e j, f 2, g 1, h 1, i S, J 10, k 1^, l ^, m 2, n 5.

Tous ces objets étaient pressés dans la masse des menus copeaux tassés sous le socle de la statue royale.

Fig. 226. — '/s de la grandeur naturelle.

ig. — Perles longTies en porcelaine bleue trouvées dans le naos.

20. — Deux grandes jarres en terre poreuse de fabrication grossière. L'une d'elles présente une déformation qui semble montrer non le travail du tour à potier, mais celui plus rudimentaire de la main humaine.

Voir figures 227 — 228.

Trouvées dans le naos sur la statue du roi. Haut. o-nSe et o™33.

Fig. 227

Fig. 228.

2 1. — Trois grands plats de terre poreuse. Fabrication grossière. Trouvés le long du mur nord.

22. — Six fioles de terre cuite, trouvées au nord et à l'ouest du naos ou dans le naos lui-même.

23. — Nombreux petits vases et écuelles de fabrication rudimentaire. Nord, ouest et intérieur du

naos. Georges Legrain.

Après avoir enlevé tous les menus objets, les planches brisées et les débris qui remplissaient les chambres, j'examinai moi-même l'intérieur du cercueil.

La momie du roi Hor avait été brisée, ses bijoux enlevés, mais il restait encore, fort en désordre il est vrai, beaucoup d'objets intéressants :

La tête était encore enveloppée de son masque de bois doré figurant le klaft (fig. 229), ornée d'yeux de pierre sertis de bronze.

A gauche du mort avaient été déposés ses sceptres qui, demi pris dans le bitume, avaient conservé leur position primitive. Dans l'angle du cercueil, près de la tête, étaient deux petits vases d'albâtre.

Sur le côté droit de la poitrine nous avons rencontré les restes d'un flagellum composé de perles d'émail, analogue à celui qui sera décrit avec le mobiHer funéraire de la princesse Noub- Hotep.

PYRAMIDE MERIDIONALE

Aux poignets et aux chevilles étaient des bracelets dont les parties qui eussent dû être d'or avaient été simplement faites de bois doré. (Voir planche XXXVIII, D.)

Fig. 229.

Les autres objets trouvés avec le squelette sont les suivants :

Un collier composé de perles de cornaline, d'émail et d'émeraude égyptienne retenu par deux tètes d'épervier (fig. 23o).

Fig. 23o.

Un gorgerin sur lequel était accolée la tête d'épervier du flagellum (fig. 20 1). Le manche d'un poignard en bois doré (fig. 232).

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La gaîne en bois d'un poignard jadis ornée d'un réseau de petites perles (fig. 233). Des fragments d'Urseus en bois doré (fig. 234 et 235). Dix grosses aiguilles d'or (fig. 236).

Fig. 238.

Fig. 236.

Fig. 233.

Fig. 23 1.

Fig. 234.

Fig. 235.

Les disques d'or qui jadis sur la momie couvraient les ongles des mains et des pieds.

Une grossière statuette funéraire en bois.

La rosace en bois doré et incrusté d'un diadème. (Voir planche XXXVIII, C.)

Un pendentif en bois doré et incrusté (fig. 237).

Une bande de bois doré incrustée de plaquettes d'émail. (Voir planche XXXVIII, E.)

Une tête de vautour en bois (fig. 2 38).

Une assez grande quantité de feuilles d'or arreichées jadis au masque et à l'enveloppe de la momie.

PYRAMllJli MI':KI1JI0NALE.

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Deux perles dorées au cartouche royal (fig. 239).

Un objet d'usage inconnu. Schiste doré (fig. 240).

Un maillet de bois (fig. 248).

Le cercueil qui, comme nous l'avons vu, était lamé d'or (iHJÎr planche XXXVI), portait de longues inscriptions. Malheureusement la pâte ([ui supportait la dorure étant devenue très friable, le moindre choc faisait tomber les feuilles et nous n'avons pu en sauver qu'une partie. Les fragments ont été ramassés avec grand soin, puis collés sur des feuilles de papier; ils .sont aujourd'hui exposés au musée de Gizèh.

Les inscriptions sauvées ou copiées sur place par les membres de la Mission trançaise sont les suivantes (fig. 241 et 241 bis) :

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Afin de sortir le naos, la statue et le cercueil du roi, il était nécessaire de continuer le déblaiement de l'entrée primitive. Le mauvais état de la construction exigea des travaux importants.

Au fond du puits et dans sa paroi méridionale était une porte carrée dont le linteau était fait en calcaire; cette porte donnait accès dans un couloir long de 2^ 70, large de i"40 et recouvert d'une voûte de briques crues. L'appareil était oblique par rapport à l'axe, les voussoirs étaient

FOUILLES A DAHCHOLK.

Fig. 241 bis.

placés tangentiellement à l'intrados suivant leur plus grande dimension. Cette voûte, de même que ses pieds droits, était crépie de plâtre.

Aujourd'hui, cette partie du tombeau n'existe plus; elle s'est écroulée entraînant dans .sa chute toute la muraille qui séparait les deux puits (fig. 242).

De nouveaux déblaiements furent encore nécessaires; enfin, il nous fut loisible d'ouvrir la porte faite de pierres de taille qui fermait le tombeau.

Fig. 243.

Dès que le naos et le cercueil turent sortis, on commença l'examen méticuleux des dallages et des murailles. L'appartement funéraire se compose de deux pièces fort petites. L'une, la première, mesure 2™ 77 sur i'"33 et 1^52 de hauteur, la seconde, celle du sarcophage, e.st longue de 2'" 95 et large de i"'26. Son plafond est formé de deux séries de dalles arc-boutées. Au fond est une cavité carrée de un mètre de profondeur (fig. 243, 244).

Sous le dallage de la première chambre on ne rencontra que du sable, mais au fond, dans la niche rectangulaire qui fait suite au sarcophage était une grande dalle carrée de grès fermant un coffre de même pierre qui contenait la caisse des canopes.

Cette partie du tombeau n'avait pas été violée; aussi dès que le couvercle de grès fut enlevé, put-on voir le coffret de bois tel qu'il avait été placé. (Voir planche XXXVI.) Cette caisse est cubique, ses faces étaient ornées de feuilles d'or sur lesquelles étaient gravées en hiéroglyphes semblables à ceux du cercueil les inscriptions suivantes (fig. 245, p. 104) :

PYRAMIDE MERIDIONALE

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Fig. 244 bis

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Une ficelle entourait le coffret à canoî)e.s. Les deux extrémités liées ensemlile au milieu du couvercle portaient un cachet de terre glaise sur lequel on lisait (,^^^^] (^'"''' fl'^'Jche XXXVI l

PYRAMIDE MERIDIONALE. IO5

et fig. 246). Le roi 7\.menemhat III avait scellé de son cartouche les restes du roi Hor. D'après cette indication ce dernier souverain était donc le prédécesseur ou le corégent d'Amenemhat III.

Fig. 246.

Désormais le problème historique était résolu : le roi nouvellement découvert était à placer à l'époque d'Amenemhat III (on trouvera au sujet du rapport entre ces deux rois tous les détails dans la notice spéciale insérée page 127).'

I. Peu de temps après la découverte des tombes du roi Hor et de la princesse Noub Hotep, j'ai adressé à M. le président de l'Académie des Inscriptions et Belles Lettres un rapport détaillé sur ces trouvailles. Voici, d'après \e. Journal des débats les observations qui furent faites par M. G. Maspero après la lecture de mon rapport dans la séance du 4 mai 1894.

«Je suis heureux de voir que M. de Morgan se décide enfin à pousser ses recherches vers le centre de la pyramide de Dahchour. Tout ce (jue nous savons des pyramides de la v^ à la xi^ dynastie, montre qu'il faut y chercher les chambres sous la pyramide et non dans la pyramide, comme il avait paru d'abord le penser. C'est là qu'il trouvera la chambre royale. Il faut espérer qu'elle aura été creusée de façon à échapper aux infiltrations du Nil et qu'elle ne sera pas remplie d'eau comme celles de Lisht et d'Illahoun, qui appartiennent à la même époque. — Le roi dont la momie a été décou- \'erte est inscrit dans le Canon royal de Turin. L'orthographe Foti-ah-râ qu'en donne M. de Morgan renferme une erreur de lecture. Le signe initial sonne aou, comme c'est prouvé depuis une quinzaine d'années, et le nom véritable est Aou-ab-rà. M. DE Morgan aurait trouvé dans un ouvrage populaire, tel que V Histoire d'Egypte de Wiedemann, deux rois portant ce nom, sous la forme pleine de Aouiouabrâ. Tous les deux appartiennent à la xii'= dynastie. Celui dont on vient de découvrir la momie est certainement le premier des deux. Son protocole royal est modelé sur celui des Amenemhâit de la xii" dynastie, et, d'après le rang qu'il occupe dans la liste, on peut croire qu'il vivait environ un siècle et demi après Amenemhâit IV. Aussi bien connaissons -nous, presque année par année, la suite des rois de la xii". Peut-être découvra-t-on les traces de quelque usurpateur vers cette époque. Mais il y a aussi peu de chances d'y introduire un souverain nouveau ayant véritablement régné qu'il y en a de pouvoir intercaler un nouveau Bourbon entre Henri IV et Louis XVI. Voilà les observations sommaires que suggère à première vue la lettre de M. de Morgan. Je n'insisterai pas et je préfère joindre mes félicitations à celles de l'Académie pour la belle découverte qu'il vient de faire. »

Il n'est pas utile, après ce que je viens de dire de mes recherches, de prouver de nouveau que dès le début des fouilles j'ai toujours cherché à pénétrer dans la profondeur, au-dessous du milieu des pyramides; mais les opérations se sont trouvées singulièrement compliquées par l'état même du terrain. Dans la pyramide du nord les déblais provenant des travaux de M. Maspero en 1882 m'ont empêché de dégager entièrement la face septentrionale, et le sondage au perforateur pratiqué au centre même du monument m'avait démontré qu'il n'existait aucune chambre jusqu'à 10 mètres de profondeur audessous des dernières assises de briques. Dans la pyramide du sud le terrain est si croulant que je n'ai pas cru devoir entreprendre cette année la création d'une galerie dans la roche.

Quant au nom du roi Ra-Fu-Ab, M. Maspero a bien voulu compléter lui-même ses observations en m'écrivant les lignes suivantes :

Paris, le 3o avril 1894.

J'avais bien supposé en lisant dans les journaux ce nom bizarre de Rafouab qu'il renfermait un signe mal lu et qu'il fallait le rétablir Oj^O; vos indications confirment cette conjecture. Je regrette que la ^■ieille lecture fou, ïvou de f^ ait été seule connue autour de vous : voici de longues années qu'on ne l'admet plus, et elle vous a empêché d'identifier et de placer votre roi comme il convenait. Wiedemann, ou tout autre auteur qui traite des listes royales, vous aurait donné deux rois de la xiii^ dynastie qui portent le nom : seulement Wiedemann, transcrivant comme il convient i-'-\ par aou, au, les cite

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La caisse ouverte ne fournit que quatre canopes à tête humaine. Les panses portaient les inscriptions suivantes (fig. 247).

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Fig. 247.

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L'étude du squelette a permis de déterminer bien des particularités de ce souverain. Je laisse la parole au Docteur Fouquet qui a bien voulu examiner les restes du roi Hor.

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sous le nom correct de Ra-autu-ab (p. 266, n" 14, et p. 274, n°7o). Les deux rois sont enregistrés au Papynts de Turin comme O '1 w ,^^. avec l'orthographe pleine que les textes hiératiques nous fournissent • ', w , ^^ du groupe écrit d'ordinaire en hiéroglyphes '^ : c'est donc Aououfouain, Avwu tou ahra (ou rî) que s'appelle réellement le personnage, comme tout égyptologue au courant de ce qui s'est fait dans les quinze dernières années aurait dû vous le dire. Cela n'a aucune importance pour le gros public qui ne s'intéresse pas plus à Awoutouabra (-rî) qu'à Rafouab, mais même dans les petites choses l'exactitude est préférable. D'autre part, entre les deux rois de ce nom, le premier est très probablement le vôtre : son protocole est modelé sur celui des rois de la xii" dynastie, ce qui ne s'explique guère que s'il est voisin de cette d\nastie. Les règnes de la xiii"^ dynastie n'ont pas été très longs, et il est probable qu'il n'y a guère plus d'un siècle ou d'un siècle et demi entre votre Horou et .'\menemhait IV. Quant à trouver un roi inconnu de la xii'' dynastie, il ne faut pas plus songer qu'à trouver un Bourbon nouveau entre Henri IV et Louis XVI : la succession des règnes de la xii"^ dynastie entre Amenemhàit I*'' et Sovkounofriou nous est connue presque année par année et n'admet pas d'autres rois que ceux que nous avons déjà. Peut-être y signalera-t-on quelque usurpateur éphémère, mais votre homme n'est pas un usurpateur, mais un roi ayant officiellement régné d'après ce que vous me dites de la sépulture. On a de lui quelques scarabées. G. Maspero.

Je me permettrai de faire observer au savant académicien que la lecture Fou ne permet aucune confusion et implique la présence du signe f^~\. Cette lecture, d'ailleurs universellement connue, n'a été modifiée par M. M.\x Mui.i.er qu'en 1893, et elle n'est pas généralement adoptée. Les égvjitologues ijui m'accompagnent connaissaient parfaitement cette modification de lecture, mais nous avons préféré employer l'ancienne transcription connue de tout le monde dans des articles qui ne s'adressaient pas à un public uniquement composé d'égyptologues.

Quant à l'époque à laquelle le roi Hor doit être rangé, il ne m'appartient pas de la fixer; toutefois il ne me semble guère admissible que la caisse renfermant les canopes d'un roi de la xiii" dynastie ait été cachetée par un souverain de la xn*^ dynastie antérieur de 150 ans au moins au règne du défunt.

TOMBEAU DE LA PRINCESSE NOUB-HOTIÎP.

TOMBEAU DE LA PRINCESSE NOUB-HOTEP.

Peu après cette intéressante découverte, les fouilles mirent à jour l'entrée d'un autre puits et le 19 avril nous entrions dans un tombeau situé à quelques mètres seulement de celui du roi Hor.

Fig. 249.

Au fond du puits n° 2 (voir fig. 249) s'ouvrait vers le sud une porte carrée donnant accès dans un couloir long de 14"' 60 et voûté de briques crues, comme celui de la tombe royale. Au

Fig. 250.

milieu de ce corridor était une large cloche produite par l'éboulement des argiles qui entraînèrent avec elles la voûte. Plus loin, la galerie s'arrêtait devant une muraille de pierre blanche qui en bou-

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FOUILLES A DAHCHOUK.

chait le fond. Ce mur était la porte des appartements funéraires; elle était hermétiquement close et, si les spoliateurs n'étaient pas entrés par le plafond, comme le fait s'était produit pour la tombe royale, nous nous trouvions en présence d'un tombeau encore vierge.

Quelques pesées adroitement faites permirent d'enlever sans secousses le premier rang de pierres et bientôt nous nous trouvâmes en présence d'un caveau funéraire intact dans lequel les divers objets occupaient encore la place où ils avaient été déposés il y a 4500 ans. Je pénétrai le

Fi?. 251.

premier dans cette crypte et fis de suite un croquis détaillé de l'emplacement de chaque chose sans dérano-er un seul objet (fig. 250). Ce travail terminé, on procéda avec le plus grand soin au numérotage des objets et à leur transport au-dehors.

La crypte renfermait :

Huit vases (fig. 251).

Fig. 252.

Deux écuelles de terre grossière.

Deux plats de terre remplis de petites offrandes (fig. 252).

Un plat contenant une poudre noirâtre.

Des oiseaux et des pièces de viande de bœuf embaumes.

Une caisse longue (fig. 253) renfermant :

Une massue (fig. 254).

Huit flèches de bois (fig. 255) garnies de barbes noires.

Des cannes, bâtons de fondation, sceptres, etc.

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