DEUXIÈME PARTIE
arc gonflé {a sanguîsuga) \ qui sont d'un type plus récent que celles à arc simple. Quant aux fibules à disque (type ancien), elles y manquent-.
Enfin les vases accessoires y sont en plus grand nombre que dans les autres puits : ceux-ci, pour la plupart, en sont môme dépourvus.
Cependant je n'oserais pas affirmer que les tombes en question soient d'une époque bien différente des autres. Tous les puits que nous avons ouverts ont été creusés sur un espace de terrain assez restreint. En outre, parmi ces puits, quelques-uns ont donné des objets qui semblent indiquer une époque aussi récente que celle des tombes XCVI- XCIX et CXIV.
La tombe XCIII (n"" 6, 7, 10-12) renfermait des fibules k arc gonflé; la tombe XCIV (n° 4), une tasse d'argile qui est une imitation manifeste d'une tasse en bronze laminé; les tombes XCIII (n° 13) et XCIV (n" 6), des pots en terre rouge de la forme 1 4. Dans la tombe CVIII (n°' 2 et 3), il y avait deux flbules d'un type relativement récent (à agrafe allongée). Dans la tombe CXX, nous avons trouvé des fibules à arc gonflé (n°' 2-5) et un pot dont la décoration est imitée de poteries importées (n° 12)^.
En somme, il est bien possible que les tombes XCVI-XCIX et CXIV ne présentent un aspect un peu différent des autres que parce qu'elles sont plus riches.
Il se peut qu'il existe à Vulci des puits plus récents que ceux que nous avons fouillés. Dans ceux qui ont été ouverts en 1883 à la Polledrara, il y avait, parait-il, un assez grand nombre de vases importés, faits au tour, présentant sur un fond jaunâtre ou blanchâtre des ornements géométriques rouges ou bruns
^ Voir plus haut, p. 283.
« Sauf peut-être XCVI, 3, 4 et CXIV, 15. Voir plus haut, p. 288 et 287.
' Il convient de remarquer cependant que les tombes XCIII, XCIV, CVIII et CXX se trouvent aux extrémités de divers groupes de puits (voir les plans, fig. 62 et 78), et que le dépôt funéraire y a peut-être été fait plus tard que dans les autres tombes des mêmes groupes.
^ Helbig, Bull. delVlnst, 1883, p. 168. Undset, Annali, 1885, p. 35. M. Helbig
ÉTUDE DES FOUILLES
M. Helbig signale en outre des objets en nenfro trouvés au même endroit, qui ressembleraient, selon lui, aux ossuaires et aux couvercles d'argile qui sont déposés dans les tombes à puits : ces prétendus couvercles de nenfro portent des inscriptions étrusques :
Les fouilleurs ont affirmé h M. Helbig que les objets en question provenaient de puits \ Le fait, s'il avait été constaté avec certitude, serait très important. Il prouverait d'une manière irréfutable que les Etrusques ont connu le type des tombes à puits, et qu'il n'est pas admissible de les attribuer exclusivement à une population antérieure. Il prouverait de plus que les puits étaient encore en usage à Vulci à, l'époque où les Etrusques avaient déjà reçu l'alphabet des Chalcidiens, c'est-à-dire au septième siècle — Mais je crois qu'une confusion a été faite. J'ai examiné ces prétendus couvercles à Musignano. L'intérieur de l'un des deux, très légèrement creusé, présente au milieu une mortaise carrée, qui paraît avoir été destinée à recevoir un tenon unissant cette pièce à une autre : ce ne peut être par conséquent le couvercle d'une caisse de nenfro évidée. Avec ces ôbjets, et à côté d'un autre que j'ai rencontré presque à fleur de terre dans la nécropole de Vulci, près de la tombe CII, j'ai vu quelques fragments de nenfro appartenant à des fûts de colonne, à une base circulaire, à un chapiteau, à des fleurons. Je pense que ces différentes pièces faisaient partie de cippes qui étaient
n'a pas assisté à l'ouverture de ces puits; il a vu seulement les objets dans le magasin de Musignano. J'ajouterai qu'un grand nombre de fosses primitives de Vulci étant à incinération, des confusions ont pu avoir lieu.
^ Ibid. p. 169-170; cf. Annalî, 1884, p. 130. Martha, L'Art étrusque, p. 46, n. 1.
^ Helbig, Das homerische Epos, p. 91-92.
placés sur des tombes et qu'on peut reconstituer comme je l'ai fait dans la vignette 87 \
Ces cippes sont, h mon avis, d'une époque assez récente, peut-être du troisième siècle avant Jésus- Christ. Avec les fragments que j'ai vus près de la tombe CII, il y avait quelques débris de vases laissés par nos prédécesseurs : la technique semble indiquer le troisième siècle (vases à couverte noire brillante, vases peints d'une style très négligé, poteries jaunes vulgaires). De plus les inscriptions de Vulci qui portent le nom de famille Tûtes semblent toutes d'une époque assez basse ^. Celle que nous avons trouvée à Fig. 87. l'entrée d'une tombe datant probablement du troi-
sième siècle ^ présente exactement les mômes mots que l'une de celles qu'a publiées M. Helbig. Enfin la forme des lettres gravées sur ces prétendus couvercles paraît indiquer une époque relativement récente — 11 n'est pas très étonnant que ces cippes aient été trouvés au milieu de tombes primitives à puits, car des chambres sépulcrales ont pu être creusées au-dessous de ces tombes qui ne
^ J'ai distingué par des hachures la partie du cippe que M. Helbig considère comme un couvercle d'urne cinéraire. J'ai laissé de côté le bas du cippe, partie pour laquelle je n'ai pas trouvé les éléments d'une restauration certaine. Cf. les cippes de Vulci reproduits dans les Monumenti delVInst., T. II, pl. XX, fig. 9 et 10. — Dans d'autres nécropoles, en particulier à Cervetri et à Oorneto, on a trouvé des cippes analogues à la partie hachée de notre vignette, souvent avec des inscriptions; ils n'étaient pas montés sur des colonnes et n'avaient pas de fleurons (voir par exemple Durm, Die Baukunst der Etnisker, p. 88, fig. 83 ; Des Vergers, UEtrurie et les Etmsques, Atlas, pl. I, à droite). Au Louvre (musée de la sculpture antique), il y en a une importante série.
^ Fabretti, Corpus inscrîptionum italicarum, 1° supplemento, n"" 387, 388, 389; 3° suppl., n" 353.
' Voir p. 231.
C'est là mon impression; M. Helbig (Annali deWInst., 1884, p. 130, n. 1) est d'un avis différent.
s'enfonçaient qu'à peu de profondeur du sol \ Les fouilleurs ont prétendu, il est vrai, que les objets de nenfro signalés par M. Helbig, ont été trouvés à V intérieur même des puits ; mais l'expérience m'a appris à ne pas tenir grand compte de leurs affirmations, quand des faits bien constatés ne viennent pas les confirmer.
En somme, une classification chronologique des puits de Vulci n'est pas encore possible.
Du reste, pour les autres nécropoles étrusques, il est aussi bien difficile de proposer une classification des tombes à puits. A Corneto, on peut dire seulement d'une manière générale que les tombes à dro doivent être comptées parmi les plus récentes, et en outre que le développement de la nécropole archaïque semble avoir suivi la direction du nordouest au sud-est ^. — A Bisenzio, on a trouvé plusieurs groupes de tombes à, puits ^, mais j'avoue qu'en lisant les rapports rédigés avec grand soin par M. Pasqui, je n'ai pas pu constater une différence notable d'époque entre ces divers groupes. — Pour Chiusi, en l'absence de fouilles régulières, il est malaisé de se prononcer sur l'antiquité respective des difî'érentes tombes à puits simples: on a cependant distingué deux groupes d'époque différente à Poggio Renzo — Un essai de classification chronologique des tombes à puits de Vetulonia exigerait des recherches minutieuses que pourrait faire seulement une personne qui aurait suivi toutes les fouilles. D'une manière générale les sépultures du poggio Baroncio ^, sur lesquelles on n'a pas de
' Tombes à chambre trouvées parmi des puits: Helbig, AnnaiLi delVlnstituto, 1884, p. 128. Undset, ïbîcl., 1885, p. 21 et 41. Voir aussi notre figure 62 (tombes XCV et précédentes).
2 Gbirardini, Not. d. Scavi, 1882, p. 139. Helbig, Annali deWlnst, 1884, p. 130- 131. Undset, ibid., 1885, p. 7 sq.
^ A la Palazzetta (Pasqui, Not. di Scavî, 1886, p. 144 sq; cf. Helbig, Mitth. des arch. Instituts, Rom, Ahth., T. I, 1886, p. 33 sq.); à la Piana di San Bernardine (Pasqui, p. 177 sq.) ; à la Polledrara (p. 290 sq.).
•"^ Voir les observations de M. Helbig, Annali delVInst., 1875, p. 243. Cf. Gbirardini, Not. d. Scavi, 1882, p. 142.
5 Falchi, Not. d. Scavi, 1885, p. 398 sq.; 1887, p. 524 sq. Helbig, Bull. delVInst., 1885, p. 132 sq.