‹ Fouilles dans la nécropole de Vulci (volume 2)Chapitre 284 sur 343 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

(forme 62), le canthare; le pot en forme de pomme de pin, le plateau a pied élevé, la tasse à pied évasé, avec une anse relevée qui est formée de deux bandes plates se coupant à angle vif \ etc.

Les exemplaires de Corneto, appartenant probablement à la même fabrique que les nôtres, ne présentent pas une grande variété de décoration. Sur les huit calices découverts en 1882 dans une tombe a chambre*, et sur trois autres du musée (fouilles de 1879-1880) les figures sont les mêmes : le même cj-lindre a été employé. Quant aux autres, ils ont des représentations de même style: sur dix calices on voit un sphinx, un cerf paissant, un lion, un griffon, une panthère (tous ces animaux tourné 3 à droite); sur dix autres '^, uue figure humaine ailée agenouillée, un oiseau (cygne?), une panthère, un sphinx ailé, un cerf paissant, un lion avec la jambe gauche de devant levée ^ (tous tournés à droite); sur deux autres, un sphinx (tourné à droite), un arbre avec deux séries de tiges se détachant symétriquement du tronc, un sphinx (tourné à gauche), un lion (à droite), un cerf (à gauche), un lion (à droite) '. Le style de nos calices et de ceux de Corneto offre une grande ressemblance avec celui d'une série de vases grecs (amphores et œnochoés), récemment étudiée par M. Dûmmler et qu'il y a lieu d'attribuer à quelque ville ionienne ''. Je ne doute pas que

' Voir plus haut, p. 459, n. 2.

2 Ghirardini, Not. d. Scavi, 1882, p. 210.

3 Helbig, Bull. delVInst, 1883, p. 124.

Cf. pour le type Mitth. des nrcJi. Instituts, Rom. Ahth., T. II, 1887, pl. IX.

Les deux calices de Corneto décrits par M. Furtwângler, Beschreibung der Vasensammlung im Antiqnarium, n.'" 1554 et 1555, ont été décorés, semble-t-il, à l'aide du même cylindre.

Mitth. des arch. Instituts, Bom. Abth., T. II, 1887, p. 171 sq., pl. VIII et IX; cf. Scliumaclaer, Jahrbuch des arch. Instituts, T. IV, 1889, p. 224, et pl. V-VI, fig. 3; Mayer, Arch. Anzeiger, 1889, p. 186, n° 158 (je n'y vois pas cependant de cheval dans les suites d'animaux marchant). — Pour le motif de l'homme agenouillé (cf. Micali, Monumenti inediti, pl. XXVIII, fig. 3; Stackelberg et Kestner, Graber von Corneto, pl. XXVII) voir Dummler, Rom. Mitth., T. III, 1888, p. 164. — La tige qui sort du sol derrière le cheval est aussi une particularité des œuvres qui appartiennent à l'art grec ionien ou qui en subissent l'influence: voir Dummler, Roin. Mitth.,

ETUDE DES FOUILLES

vases et cylindres ne proviennent du même centre de fabrication. Où faut-il le chercher? En Asie-Mineure \ oukCumes"? Cette dernière hypothèse me paraît la plus vraisemblable. — Quant aux représentations du même genre qu'on voit sur des buccheri de l'Etrurie centrale, elles exigeraient une étude spéciale qui ne peut trouver place ici ^.

Un calice de la forme 122 qui a été trouvé dans la tombe XLVII (n° 5) présente une suite d'imbrications verticales, produites à l'aide d'un cylindre. On trouve des calices décorés de cette manière à Corneto à Orvieto ^, à Chiusi. Ils sont de la même époque que les buccheri k reliefs plats ^\

Calices de la forme 120, d'ordinaire avec des rayures circulaires sous les lèvres. Forme évidemment imitée d'exemplaires en bronze. Elle est,

l. c, p. 165 et pl. VI; Micali, Monumenti per servîre, pl. XCV; Ârchàol. Zeitung, T. XXXIX, 1881, pl. IV; Museo etrusco gregoriano, T. II, pl. XXXII, fig. 2, bas; Bôhlau, Jahrhiich des arch. Instituts, T. III, 1888, p. 359. — Cf. encore Not. d. Scavî,

1887, pl. XVIII ; Mommientî deWlnst., T. X, pl. XXXIX^, fig. 1 ; Perrot et Chipiez, Histoire de l'Art, T. III, p. 857, fig. 625; p. 858, fig. 626; — les peintures de la tombe Campana à Véies (Martha, L''Art étrusque, p. 422-428, fig. 282-283: elles ne sont pas, à mon avis, de style corinthien) ; — des objets en bronze trouvés au nord de l'Adriatique (Ghirardini, Not. d. Scavi, 1888, p. 353 sq.), par exemple Gazette archéologique, T. XIII, 1888, pl. XII.

^ A cette époque, le commerce phocéen était très actif dans le bassin occidental de la Méditerranée: chronologiquement nos calices se placent entre la fondation de Marseille (vers 600) et la guerre qui éclata entre les Phocéens et les Etrusques, aidés des Carthaginois, pour la possession de la Corse (537).

^ Cf. les observations de M. Furtwàngler, Arch. Anzeiger, 1889, p. 51. Studniczka, Kyrene, eine altgriechische Gottin, p. 37. En tout cas l'hypothèse présentée par M. Dùmm- 1er d'une fabrique située sur la côte du Pont-Euxin me semble très invraisemblable.

^ Voir les reproductions mentionnées plus haut, p. 470, n. 8. Comme celles des buccheri de Corneto et de Vulci, elles se rattachent incontestablement à l'art grec. M. Helbig, d'abord d'un avis différent {Annali delVInst., 1877, p. 407), semble l'avoir reconnu depuis (Annali, 1884, p. 145). Cf. Martha, L'Art étrusque, p. 469 ; pour le procédé à cylindre, voir aussi Pottier, Bull, de correspondance hellénique, T. XII,

1888, p. 491 sq.

^ Helbig, Bull. delVInst., 1883, p. 124: six exemplaires trouvés avec des calices décorés de figures estampées à l'aide d'un cylindre. 5 Not. d. Scavi, 1880, pl. XVI, fig. 14.

^ Cf. les tasses n"" 12 et 13 de la chambre A de la tombe LXV (planche III, fig. 9).

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