TOMBES A FOSSE RECENTES
L — Disposition des tombes.
Les tombes à. fosse XIX-XXII, XXXVII-XLIII, LVI-LVIII, LXIH, LXXI, LXXII, LXXIV, LXXVI-LXXVIII, CIII, CXVII, appartiennent d^J à une époque plus récente que celles qui ont été étudiées dans le chapitre précédent.
Ces tombes, de forme rectangulaire, de dimensions très variables S n'ont quelquefois pour couvercle que des éclats de pierre: tombes LXXVII et LXXVIII. Le plus souvent elles ont un couvercle formé d'une ou plusieurs dalles de tuf (XXII, XXXVII, XXXVIII, LVII, LVIH, LXXI, LXXIV), ou de travertin (XIX-XXI, XXXIX-XLIU, LXIH, LXXII, LXXVI, cm, CXVII), placé à une certaine profondeur du sol ^ et reposant sur un rebord ^.
Plusieurs de ces tombes (XXXIX-XLIII, CXVII) présentent au-des sus du couvercle une enceinte quadrangulaire de dalles de travertiiMc:^'-^!^ dressées de champ (voir p. 93 et 225), destinée sans doute à garanti le dépôt funéraire contre les éboulements de terrain. Elles offrent
^ D'une manière générale: 2™-2".50 de long, 1"-1".50 de large; 2"'-3" de profoi denr. Ce sont à peu près les mesures des fosses de Cometo (Helbig, Annali delTlnst^^ -«/.j 1884 p. 113). . - .
* Cette profondeur est très variable (voir la description des diverses tombes). D^ ^d% reste, on ne peut l'évaluer avec précision, le niveau du sol s'étant soit exhaussé, soE^ ^/t abaissé avec le temps.
^ Voir le plan et la coupe d'une de ces tombes dans Helbig, Annali delVlnst^ 188 d^ p. 114. Cf. à Cometo (Helbig, ibid.), à Pratica {Bull. delVInsU, 1886, p. 82-83). à
362 DEUXIÈME PABTIE.
Dans ces fosses réceotes, comme dans les plus anciennes, les deux modes de sépulture ont été en usage ^
La tombe XXX VII (n° 1) renfermait un ossuaire dont la forme dérive de celle de l'ossuaire de Villanova. J'aurai à, parler plus loin de la décoration géométrique qui couvre sa surface. — Dans les tombes XX (n** 2) et XXII (n* 1), les ossuaires sont des jarres de terre rougeâtre : Tune d'elles (t. XX) avait été probablement placée sur un support de la forme 6 ^. — Au lieu de l'ossuaire, nous avons trouvé parfois un bassin hémisphérique de bronze contenant les cendres: XIX, 1; XXXVIII, 17; LVIII, 13 (î); LXXII, 7; LXXVU, 20. Le
même mode de sépulture a été constaté dans la nécropole de Fusco près de Syracuse^. — Dans la tombe XXI (n** 1), le bassin hémisphérique dans lequel étaient déposés les restes du mort est en argile : je pense que c'est une imitation d'un modèle métallique *.
^ Il n'est pas toujours très facile de faire des observations précises à ce sujet, car toutes les fosses que nous avons visitées se trouvaient pleines de terre à cause de la rupture du couvercle par les voleurs antiques ; de plus, comme je l'ai déjà fait remarquer (p. 16, n. 1), les ossements se sont en général mal conservés à Valci; enfin il se peut que l'on confonde des os d'animaux avec des restes humains. Cependant, quand on ne trouve aucune trace du mort, l'inhumation est assez vraisemblable. En effet, pas plus que dans les puits, l'incinération n'a été complète à l'époque des fosses et des chambres. Quand on a pratiqué ce mode de sépulture, on a déposé dans la tombe les ossements calcinés, mais non réduits en un tas de cendres fines qui naturellement se distingueraient assez mal au milieu de la terre. Far suite de l'action du feu qu'ils ont subie, ces os résistent mieux aux influences de l'humidité et de l'air que ceux des cadavres inhamés. En outre, ils n'ont jamais été, à ma connaissance, déposés comme les squelettes sur le sol même de la tombe; on les plaçait dans des récipients dont la présence éveille Tattention des fouilleurs.
^ M. Helbig indique aussi dans des tombes de Vulci des jarres d'argile ayant servi d'ossuaires {Bull, delVInsty 1884, p. 162). — Dans la tombe Campana, à Yéies, de grandes urnes sans anses contenaient des restes humains (Dennis, The cities and cerneteries of Etruriaj troisième édition, T. I, p. 39).
3 Mauceri, Annali deWInst, 1877, p. 39, 41, 66, n** 46, pi. AB, fig. 24. — On a trouvé dans des nécropoles illyriennes des bassins hémisphériques de bronze, dont plusieurs ont certainement servi d'ossuaires (voir Orsi, BulL di palet ital., T. XI, 1886, p. 46, pi. I, fig. 3; p. 76-77. Amoroso, Atti e Memorie délia societh istriana di archeol. e storia patria, T. V, 1889, p. 228; p. 238, n^ 2; p. 239, n^ 4; pi. VI, ^g. 12), mais ils sont d'une époque postérieure.
^ Voir aussi plus loin aux tombes à chambre, chapitre IV, § 2 : les ossuaires d'argile y ont des formes qui imitent des vases de bronze.
Dans les fosses k incinération comme dans celles à inhumation^ le mort n^a jamais été déposé seul au fond de la fosse. On trouve toujours des vases et autres objets que nous étudierons dans les paragraphes suivants.
Je ne crois pas quMl y ait eu de règle fixe pour la place de ces objets dans les tombes. Cependant j'ai observé quelques coïncidences qui méritent d'être signalées. Dans les fosses à incinération, le vase contenant les cendres se trouve en général vers le milieu: XIX, 1; XXII, 1; XXX7II, 1; XXXVIII, 17; LVIII, 13; LXXVII, 20. Dans la tombe XX (n**' 1 et 2), il était h Test, dans un coin, tes jarres sont d'ordinaire ensemble, h. Touest dans beaucoup de tombes: XIX, XXII, XXXVIIT, XL, XLT, XLIII, LVIII, LXXVII. Mais il y a des exceptions : dans la tombe XXXVII elles étaient disposées aux quatre coins ; dans les tombes XX et LXXVIII sur un des côtés longs au nord. Les objets de parure ont été le plus souvent déposés au milieu : XXXVI, XLI, XLIII, LVIII, LXXVII, quand ils n'ont pas été placés sur le corps même du mort. La plupart des petits vases accessoires et les objets de ménage en métal, trépieds, coupes, chaudron, métiers (?), tisonniers, se trouvent d'ordinaire du côté opposé aux jarres (XXXVIII, XLIII, LVIII).
Bull di palet, italj T. VI, 1880, p. 159, 160, 162 (Tolentino). Dressel, AnnaU delTInêt., 1884, p. 226; Von Duhn, MiUh. des arch. Instituts, Rom. Abth.j T. II, 1887, p. 248 (Campanie). Mauceri, Annali delVInst., 1877, p. 39 (Syracuse). — Cf. à ce sujet le chapitre premier de la Cité antique de Fustel de Coulanges, en particulier, p. 13 (deuxième édition).
Au musée de Florence, on voit un cratère à colonnettes de même techa âque, provenant d'Orvieto ; il présente au haut de la panse un zigza — g en relief, cerné de deux ressauts circulaires. — Mais c'est surtout av^ssc de petites urnes en terre brune très fréquentes dans le massif d^^ss
monts Albains ^ que nos jarres, par leur forme et la disposition di ^
cordons en relief, présentent une grande analogie. L'origine de cetL 1^ décoration doit du reste être cherchée dans la céramique du peuple terramares ^.
Formes 19 et 13. Nos fosses contenaient aussi quelques urnes e=^œn terre rouge des formes 19 et 13: nous en retrouverons de semblabl^^ss dans les tombes à chambre. — Je signalerai aussi un bassin (LVII, ^, -s)) et un plat (LVI, 2).
POTERIES D'IMPASTO ITALICO.
La terre de composition volcanique est toujours la même'; mat— ^s
les progrès que fait la technique sont de plus en plus sensibles. L'ai
gile est beaucoup mieux épurée, les parois sont plus minces. Pour 1(
^ Il y en a. de nombreuses reproductions. Je citerai seulement : Monumenti deîVImt^ T. VIII, pi. XXXVn, fîg. 26 et 27. Ceselli, Sopra Varie ceramica nel Lazio, plancha fig. 2. — A Ardée aussi: Pigorini, BulL di palet, ital,, T. VIII, 1882, p. 116. — Cf. ui vase d'Albano d'une autre forme avec des cordons en relief: Undset, BulL di palet, ital.^ ^ T. IX. p. 141, pi. VI, ûg. 14.
« Voir Lioy, Le abitazioni lacustri di Fimon, pi. IX, fig. 110-114; pi. X, fig. 117-12»- - Cordenons, Antichità preistoriche anariane délia regione euganea (tirage-à-part des AtC- ^ d^llasocietà Veneto-Trentina di acieme naturalij T. XI), pi. VU, fig. 17; Pigorini, Bul di palet ital.j T. XTV, 1888, p. 123 (Arquà-Petrarca, province de Padoue). BuU. di palei italf T. XIII, 1887, pi. V, fig. 22 (Demorta, prov. de Mantoue). Brizio, Monumenti ai cheoL deUa prov. di Bologna, pi. I, fig. 13. Boni, Sulle terremare modenesi^ pi. I. Crei pellani, Marne modenesij pi. VI, ûg. 80, Vil, fig. 91. Coppi, Monografia ed iconograj délia terramara di Gorzano, pi. XXVI, fig. 2; XXVIII, fig. 15. Scarabelli, Staxior^^' preistorica sul monte del Ca^tellaccio pressa Imola, pi. XIV, fig. 5, XV, ûg. 1-4. San! relli, Nuovi scavi alla siazione preistorica délia Bertarina nel Eorlivese, dans les At délia Dep. di storia pair, per la Romagna, Série III, T. IV, 1886, p. 18, pi. fig. 19 et 21.
3 Voir plus haut, p. 267, 268, 349.
M6 0Er
la forme 1 17, dont il sera fait mentioii plus loin, le {wésentent aussi. - Ces jarret ont quelquefois des couvercles ornés de plusieurs séries de demi-cercles en relief: LYII, 4; LTin, 4; LXXYl, 6; LXXTH, 5*". - L^une d'entre elles, le n* 4 de la tombe LYII, mérite une attention particulière, parce qn*k la place où dans notre dessin de la forme 11 se Toient deux boutons (sous la zone de zigzags) elle ofl&e des animaux 'exécutés en relief arec une simple pointe: elle était malheureusement entièrement brisée et il na pas été possible de la restaurer. Ces animaux sont des chevanx ; 1 un d'eux est reproduit planche III, fig. 1. Le style, qui est des plus grossiers, rappelle surtout certains ouvrages en bronze de la même époque : je citerai en particalier un bassin conservé au musée de Carlsruhe ^
Bamns de la forme 140. Us sont probablement imités d'exemplaires en bronze ^
Bamns de la forme 138. Pour cette forme, assez fréquente, où se se voient sous les anses des cartouches avec des clous simulés, la copie
pendente; denz jarres en terre ronge semblables an n^ 11 de la table des formes, mais avec nn pied, an mnsée de Florence. Calice mnni près des bords de plnsîenrs petites anses triples, tronvé dans nne tombe de Gabies, an mnsée de la villa dn pape Jnles. — A Bologne (fonilles Benacci II et Amoaldi), on tronve soit Tanse triple, soit nne anse ondnlée, à donble attache, qni se replie fortement à l'intérienr en son milien.* par exemple Gozzadini, Intomo agli scavi fatti dal Sig, Amoaldi'Velij pi. I, fig. 1 (cf. à Villanova: Di un Sepolcreio etrusco scoperto pressa Bologna^ pi. TU, fig. 11; à Bat zano : Crespellani, Del Sepolcreio e degli aUri monumenti antichi scoperti pressa BoBonih pL m, fig. 18. — Cf. encore Stephani, Die Vasensammlung der Ermitage, n<" 126, 127, 156, pi. V. fig. 247.
* Die grossherzoglich-badische AlterthUmersammlung^ Antike Branzen, pL H. — Cf. ib{d,f pi. I (ossnaire). Orsi, Museo italiano di antichità classica, T. II, p. 101 (bouclier de S. Anatolia di Narco; voir aussi le vase d'argile de la même tombe, p. 97). Museo etrusco gregorianoj T. I, pi. IX, X, XI (boucliers de la tombe BegnliniOalassi). Monumenii delVInsL, T. VIII, pi. XXVI, fig. 5 (bouclier de Préneste). Museo etruti» gregoriano, T. I, pi. LX (fiasque de Cosa). — Voir encore des dessins incisés sur des poteries à'iwpasto de Civita-Castellana : par exemple Cozza et Pasqui, Net, d, Scavi^ 1887, p. 178.
* Voir plus haut, p. 351 ; cf. p. 362.
de modèles métalliques n^est pas douteuse. A Mycënes, on a trouvé des bassins de cuivre du même type ^
Tasses à anse relevéey de la forme 114. Elles sont très fréquentes. Cette forme existe déjà dans les tombes à puits ^ Quelquefois Tanse est plus relevée et la panse moins arrondie: forme 105. — La fente longitudinale que Ton voit au sommet de quelques anses: XX, 10; XXXVIII, 5, 6; LXXVI, 17, 18 (cf. XII, B, 4: tombe à chambre primitive) s'observe déjà, dans la céramique des terramares ^.
Tasses à anse relevée^ de la forme 104. Elles sont d'assez grandes dimensions (diamètre moyen : 0".20). Nous en avons trouvé dans presque toutes nos fosses, et nous avons déjà fait remarquer* que cette forme avec ses godrons et la fente triangulaire que Ton voit d'ordinaire sur l'anse est imitée de modèles métalliques.
Tasses à anse demi-circulaire, de la forme 103. Assez nombreuses. Comme la forme 114, cette forme se trouve déjà dans les puits ^. Elle présente souvent encore un ressaut vertical de chaque côté de l'attache de l'anse (XX, 6-9; XXII, 6; LXXI, 8-11; LXXVI, 10-16).
Tasses sans anses, des formes 125 et 126. Elles sont fréquentes. Nous avons déjà rencontré la forme 125 dans une fosse primitive ^ La forme 126 est en outre pourvue d'un pied plus ou moins élevé, peutêtre imité d'un modèle métallique. — On les retrouve à Cometo ^,
' Schliemami, Mychies (édition française), p. 857-358, fig. 439.
* Voir p. 268; cf. p. 351.
' Voir par exemple Pigorini, Not. d. Scavi, 1878, p. 78, pi, m, fig. 2 (Monte Lonato, province de Mantone). Btdl. di palet, ital.y T. III, 1877, pi. Y, fig. 17 (Demortai même province).
< Voir p. 361.
' Voir p. 271 ; cf. p. 351. — Dans les fosses de Cometo, la forme n'est pas, en général, tout-àrfait la même: il n'y a point de pied et la cnvette est arrondie.
^ Voir plus haut, p. 352.
^ Elles y semblent cependant assez rares; il n'y en a que pen d'exemplaires au musée.
Orbetello S Orvieto^ Chiusi^ Vetulonia*; dans Tltalie du no^d^ Elles survécurent h la disparition de la poterie primitive en terre brui et se fabriquèrent plus tard en bucchero.
Pots à anse rdevéCy de la forme 80. Voir aux tombes & puits ^
Pùts de la forme 83. Cette forme n'est que le développement de forme 82, qu'on trouve déjà dans les puits ^. Elle existe dans d'autr^E-3s nécropoles (Corneto, Orvieto, Vetulonia, Civita-Castellana ^) et présen' parfois des godrons sur la panse à Textérieur; dans d'autres exempla. res, une suite de stries verticales.
Tasse à deux petites anses à oretUettes, de la forme 157: XLI, 9 •. Voir ce qui est dit plus haut au sujet de la forme 156, très voisine '
Tasses à deux anses ^ de la forme 55: CIII, 14; CXVII, 10, avec fente triangulaire sur chaque anse ^^ J'en connais des exemplaires A ^
^ Milani, Not. d. Scavi, 1885, p. 242, n^ 5^ pi. X, fig. 3 (mais en bucchero).
* Musée municipal et musée de Florence. Cf. Gozza et Pasqui, Not d. Scavi^ 1887V p. 869, pi. Xn, fig. 22.
^ Par exemple Milani, Museo italiano di antichità claêBica^ T. I, p. 805, pi. IX (M^ fig. 5 et 16 (tombe à ziro).
^ Tomba del Duce et tombes contemporaines (musée de Florence): forme 12& (Falcbi, Not, d. Scavi, 1887, p. 497, pi. XV, fig. 3, avec des saillies en forme de croc? émoussé sur les bords, saillies qui rappellent celles des tasses-couvercles); forme 12^» avec un pied ayant absolument la forme d'un cornet, imitation certaine d'un exemplaire métallique.
^ Bologne, fouilles Benacci II et Âmoaldi (la forme 125 est sans pied) : au musé^ «- — Nécropoles de la partie occidentale du bassin du Pô : les deux formes y sont fréquentes: à Golasecca, aussi bien dans la première période que dans la seconde (voi par exemple: De Mortillet, EeviM archéologique, T. XII, 1865, p. 461. Castelfi^m( Not. d. Scavi, 1878, p. 7; Bull di palet ital., T. II, 1876, pi. II, fig. 6; pi. IDE, fig. Bivista archeol. delta provincia di Como, fasc. XV, 1879, pi. ni, fig. 4 et 5 ; fasc 1880, pi. V, fig. 7; fasc. XXI, 1882, pi. I, n* XXVm, 14).
« Plus haut, p. 273 ; cf. p. 352.
' Voir p. 272.
^ Musées de Corneto, d'Orvieto, de Florence, de la villa du pape Jules.
^ Il en existe plusieurs exemplaires au musée préhistorique romain, provenant ^5ie Ghiusi. Un autre au musée municipal d'Orvieto.
" Voir plus haut, p. 270. — Cf. aussi XII, B, 5; XH, C, 13 (tombe à chambMr-«^, et Furtwàngler, Beschreibung der Vaaensammlung im Antiquarium, n** 1885 (c totrm a pozzo »).
872 DEUXIÈME PABTIS.
vase (et en particulier celle des anses plates) semble indiquer Timitation d^un modèle métallique. Il en existe un exemplaire en argent au musée Grégorien du Vatican : il a été trouvé dans la tombe Begulini-Galassi, à Cervetri ^ Je ferai remarquer en outre la ressemblance que cette forme présente avec celle des amphores d'une époque postérieure, fabriquées par Nicosthènes * d'après des vases en métal ^. Quant au motif de la spirale, je le crois grec : c'est la forme que présentent en général les fibules de type purement grec * : ce motif semble du reste avoir été emprunté k l'art de Mycènes, où il est des plus fréquents. — Notre vase se distingue assez notablement de ceux qui l'entouraient par le soin avec lequel il a été fabriqué (peut-être avec le tour) et aussi par la qualité de l'argile qui est assez fine. Je serais donc porté à croire qu'il n'a pas été fait à Vulci.
Scyphos de la forme 30^. Cette forme est peut-être imitée de poteries de terre jaune h décoration géométrique, faites au tour et importées. Cependant il est certain que des vases métalliques de cette forme ont été introduits en Etrurie vers cette époque ^: ils ont pu servir de modèles aux potiers.
Calices de la forme 128. Il en existe des exemplaires en impasto pro-
de la villa du pape Jules. M. Helbig Tétudiera dans an prochain article des Moni^ menti antichi delVAccademia dei Lincei, — De Saessala, je connais des exemplaires de cette forme (musée préhistorique romain), mais sans la décoration incisée. Cf. à Piedimonte d'Alife {Annali delVInstj 1884, tav. d'agg. 0, fig. 2.
^ Museo etrusco gregorianOf T. I, pi. XIX, fig. 8.
* Voir par exemple Genick, Chriechische Keramikj pi. IV, n** b.
^ Voir Klein, Die Oriechischen Vasen mit Meistersignaturen, deuxième édition, p. 52.
^ Par exemple Helbig, Das homerische Epos, p. 280, fig. 101. Cf. Undset, 2jeîtschrifi fur Ethnologie, T. XXI, 1889, p. 224 sq.
^ Exemplaires en impasto italico de Gorneto (musée) et de Givita-Castellana (musée de la villa du pape Jules).
^ Par exemple Not, d, Scavi, 1887, pi. XVI, fig. 1 (en argent, dans la tomba del Duce à Vetulonia) ; cf. p. 490. Monumenti delVInst,, T. X, pi. XXXI, fig. 6 (en or, tombe Bemardini à Préneste).
venant de Véies ^, de Civita-Castellana ^ de Cervetri ^, de Cometo *, d'Orvieto ^j de Chiusi ^, de Vetulonia (tomba dd Duce) ^. Le n* 7 de la tombe LVIII ne présente qu'une série de stries circulaires sur les parois, ceux de la tombe LXXVII (n°' 9-14) ont sur la cuvette des godrons, imitation d'un modèle métallique. Ces godrons que nous avons déjèi rencontrés avec les formes 104, 83 et 58 ^, sout une des particularités de la céramique locale de cette époque. On les retrouve sur des vases de toutes les nécropoles étrusques, aussi bien au sud ^ qu'au nord de l'Apennin ^^. Quant aux modèles en bronze, nous en avons des exemples dans les coupes de la forme 182, dont nous parlerons au § 4 de ce chapitre ^^ Tasses à pied élevéy de la forme 117 j avec une anse triple dressée sur les bords. Je n'ai pas retrouvé cette forme autre part qu'à Vulci ^*. Pour le motif de Tanse triple je renvoie h ce que j'ai dit à propos de la forme 1 1 ^^. Ces tasses présentent encore de chaque côté de l'attache de
^ Lanciani, Not. d, Scavi, 1889, p. 156, fig. 10.
^ Musées de la villa du pape Jules et préhistorique romain.
* Museo etrusco grtgoriano^ T. I, pi. IV, fig. I. ^ Musée.
^ Musée municipal et musée de Florence. — Cette forme existe aussi à Orvieto en buochero.
^ Musée, en impasto et en buochero.
^ Ealchi, Not, d. Scavi^ 1887, p. 497. Autres tombes contemporaines au musée de de Florence, quelquefois avec des rayures circulaires sous les lèvres.
« P. 369, 370 et 371. Voir aussi, aux tombes à puits, p. 272.
• Outre les exemples cités plus haut (formes 83,68), voir Micali, MonumenH inediti^ pi. XXVII, fig. 3 (Véies). Museo etrusco gregoriano, T. I, pi. V, fig. 2 (Cervetri). Pots à cuvette profonde avec deux anses semblables à celles de la forme 59 (musée de Cometo). Coupes de la forme 182, à Civita-Castellana (musée de la villa du pape Jules). Not. d. Scavif 1887, pi. XV, fig. 1, 2, 4 {tomba del Duce à Vetulonia). — Cf. Martha, UArt étrusque, p. 454.
^^ Oozzadini, Di un Sepolcreto etrusco scoperto presso Bologna, pi. II, fig. 3 (pour déterminer l'époque de ce vase, cf. son anse avec celles de Cervetri et de Vetulonia publiées dans le Museo etrusco gregoriano, T. I, pi. IV, fig. 2; V, fig. 6, et dans les Not. d. Scavi, 1887, pi. XVI, fig. 5); Intorno agli scavi fatti dal Sig. Amoaldi-Veli, pi. in, fig. 9.
" Cf. aussi Oozzadini, Intorno etc., pi. VIII, fig. 7.
" A Cometo, à Orvieto, à Civita-Castellana, il existe des tasses à peu près semblables, mais l'anse courbe ressemble à celle de la forme 103.
*» Voir p. 367.
876 DEUXIÈIIE PARTIE.
des aatres: LXXI, 20. — Serait-ce une ciste îi cordons en argile M On n'en connaît pas, je crois, d'exemplaires de TEtrurie propre ; mais à Bologne les fouilles Benacci et Arnoaldi ont donné des cistes en terre, dont les cordons serrés d'abord, s'espacent avec le temps ^: ce sont des copies d'objets en bronze^.
Les poteries de terre brune trouvées dans ces fosses sont généralement lisses. Les ornements, quand ils existent, sont de trois sortes: V incisés; 2** estampillés; 3° peints en couleur.
r Ornements incisés. — Ils sont très simples et apparaissent seulement sur quelques formes de vases : stries circulaires sous les lèvres (forme 30: XIX, 8; LVIIT, 11; LXXVIII, 7; forme 128: LVIII, 7); série de stries verticales sur la panse (forme 30: LVIII, 10) ou sur l'anse (forme 83: CXVII, 13); zigzags ou dents de loup, quelquefois avec des filets obliques à l'intérieur (forme 30 : XIX, 8 ; LVIII, 1 1 ; LXXVIII, 7; forme 53: LVIII, 6); méandre à doubles côtés avec des séries des points à l'intérieur (forme 53: XIX, 7).
Nous n'avons pas trouvé de poteries de terre brune avec des dessins incisés, qui consistent en figures d'animaux ou d'hommes et en motifs d'ornementation n'appartenant pas au style géométrique. Dans une tombe à chambre très primitive, fouillée le 11 février 1889,
^ Ce n'est pas un pied de vase (comme celai des arnes XXXVI, 2, 3, 4), car la forme est tout-à-fait cylindrique, nullement évasée.
* Zannoni, OH Scavi délia Certosa, p. 234 sq. Voir aussi Grespellani, Del Sepolcreto e degli altrî inonumenti antichi scoperti pressa Baxzano, p. 9 et pi. III, fig. 6; Not d. Scavi, 1876, p. 134; cf. Bull di palet, ital, T. II, 1876, p. 12 et 220. — Plus tard, dans la période de la Certosa, on voit reparaître les cistes à cordons resserrés, mais en bronze seulement. (Zannoni, l. c, pi. IV, fig. 1 ; pi. XIII, fig. 41 ; etc.) Un exemplaire de cette sorte provient de Vulci (Undset, Ânnali delVInst, 1885, p. 36, n. 3).
^ M. Helbig {Annali delVInst, 1880, p. 240 sq. ; Das honierische Epos, p. 45-46) voit dans les cistes métalliques des produits de l'industrie de Cumes. Cf. Orsî BuU, di palet ital,, T. XI, 1885, p. 75. Von Dulin, Mitth, des arch. Instituts^ Rom. Abth.f T. n, 1887, p. 169.
mes 58 (LXXVII, 15, 16) et 105 (LXXVIII, 8). Ils sont du reste très élémentaires : simples filets, lignes en zigzag, demi-cercles (au sommet de godrons), plus rarement des méandres. — Le n* 8 de la tombe XLIII (planche III, fig. 3) a deux rayures qui imitent la forme d'une plante: elles ont été peintes en rouge. La tasse sans anse LXIII, 3, a reçu un badigeon rouge à l'intérieur.
En résumé, la céramique locale que nous font connaître nos fosses n'est que la continuation de celle des puits, qui elle-même se rat*tache étroitement à celles des terramares. Mais le goût pour rîmitation des modèles métalliques qui ont été importés devient de plus en pins grand: il se manifeste par la copie de certaines formes (en particulier 1 38 et 6) ou de certains détails (godrons, fentes triangulaires) ^ -" Il est possible qu'on ait aussi copié à cette époque des poteries importées : cependant nous n'avons rien trouvé qui prouve cette imitation^. — Les ornements géométriques incisés, si fréquents dans la période des puits, deviennent rares; on n'a que quelques exemples d'ornements estampillési; la décoration h, la couleur blanche est encore usitée pour quelques formes (10, 104, 117). La technique se perfectionne beaucoup.
La céramique locale de Vulci diffère peu k cette époque de celle des autres villes étrusques, surtout de la ville voisine de Cometo : les mêmes traditions s'y maintiennent, les mêmes influences s'y introduisent. Il y a cependant certains types de vases qui semblent propres k la fabrique de Vulci, en particulier les formes 10, 104, 117.
^ Outre les céramiques que nous avons citées pour les comparer à celle de Vuloi, on trouve à cette époque dans d'autres nécropoles des exemples frappants de rimitition de modèles en bronze. Voir: pour Ghiusi, Milani, Museo italiano di antichità dassica^ T. I, p. 292, n. 1, n** a; p. 302, n*» b; n« c; etc.; Helbig, Annali delVInsL, 1878, p. 298, tav. d'agg. R, fig. 1. Pour Vetulonîa, Not. d. Scavi^ 1887, pi. XVI, fig. 6 et 7 {tmha del Dttce), Pour Bologne et pour Este : Martha, L^Art étrusque, p. 77-78. Pigorini, BuU. di palet ital, T. XIII, 1887, p. 87 sq. Ghirardini, Not d. Scavi, 1888, p. 379, n. 2.
* Voir ce qui est dit plus haut, p. 370 (cf. p. 354, n. 1), p. 372, p. 375. Pour toutes ces formes, l'imitation directe de modèles métalliques est admissible.
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