VASES ATTIQUES
Nous n'avons trouvé qu'un petit nombre de ces vases peints attiques auxquels la nécropole de Vulci doit surtout sa célébrité. Les tombes qui correspondent à l'époque de leur importation ont été creusées surtout aux abords de la Cuccumella ^ : après les fouilles qui y ont été faites au temps de Lucien Bonaparte, il n'y a plus beaucoup à espérer de cette partie de la nécropole.
L'amphore n° 87 de la tombe XLIX, reproduite planche V-VI, appartient à une classe attique dont on a de nombreux exemplaires ^ On l'appelle aujourd'hui d'ordinaire attico-corinthienne. Les ressemblanches que ces amphores présentent avec les produits corinthiens sont en effet incontestables ^. Mais il y a lieu aussi^ comme l'ont fait UM. Klein et Dûmmler, de les rapprocher des amphores chalcidiennes^ et
^ Et aussi au nord de l'ancienne ville de Vulci, sur la rive droite de la Fior» (en dehors du domaine du prince Torlonia). C'est de cette région que proviennent la plupart des vases du musée Grégorien.
* Voir Pottier, dans Dumont et Chaplaîn, Les Céramiques de la Orhee propre^ p. 328 sq. Ajouter à la bibliographie: Helbig, Bull. delVInst., 1881, p. 162, 163-165 (dans une tombe de Cervetri du sixième siècle); ibid., 1879, p. 227 (Orvietb, même époque; cf. aussi Kôrte, Annalij 1877, p. 122-123); Lôschcke, Jahrhuch des arch. Instituts, T. II, 1887, p. 275 sq., et Antike Denkmàler, T. I, pi. XXII; Schumacher, Jahrhuch, T. IV, 1889, p. 218 sq., pi. V-VI, fîg. 1 ; Not. d. Scavi, 1880, p. 250 (c anfara corinzia >). — M. Arndt (Studien zur Vasenkunde, p. 34 sq.), adoptant la théorie de M. Brunn les croit des imitations tardives fabriquées en Italie, opinion insoutenable, surtout après les découvertes récentes faites en Attique : cf. en particulier Mitih, de$ arch. Instituts, Rom. Ahth., T. XV, 1890, fig. à p. 325 et 326, pi. XI.
' Pottier, /. c. Lôschcke, Archàologische Zeitung, T. XXXIV, 1876, p. 108 sq; Annali delVInst, 1878, p. 312. Studniczka, Jahrhuch der arch. Instituts, T. H, 1887, p. 154.
* Klein, Euphronios, deuxième édition, p. 73 sq. Cependant pour démontrer cette parenté on ne peut se servir que dans une mesure limitée de l'amphore publiée par
d'une série de vases qu'on peut avec quelque vraisemblance attribuer à une fabrique ionienne \ peut-être h Cumes *. D'après leur style, on doit leur assigner comme date de fabrication le milieu du sixième siècle au plus tard.
Le combat d'Hercule et do ses compagnons contre les Amazones, que présente la face de notre amphore, est assez souvent traité sur les vases de ce style ^. — Parmi les noms donnés aux personnages, celui de l'adversaire d'Hercule, Andromaché, se retrouve sur d'autres vases *. Le
Oerhard, Âuserlesene Vasenhilder, pi. XCV-XCVI, qui ressemble beaucoup pour la disposition des figures à nos vases: M. Klein, L c, p. 65 la classe parmi les produits chalcidiens, mais elle parait plutôt être attique (voir Studniczka, Jahrhuch des arch. Instituts, T. I, 1886, p. 87 sq.; Pottier, /. c, p. 281, n. 2).
> Dûmmler, Mitth. des arch. Instituts, Rom. Abth., T. IF, :887, p. 180, 184; T. III, 1888, p. 164.
* Voir plus haut, p. 473, n. 2. — Cf. encore Gerhard, Auserlesene Vasenhilder, pi. CLXXXV (fabrique ionienne inconnue).
' Pottier dans Dumont et Chaplain, Les Céramiques de la Gr^ce propre, p. 333, n^' 2 et 3; il y en a deux autres exemplaires au Louvre. Furtwângler, Beschreibung der Vasensammlung, n'^ 1710 (--^= Micali, Monumenti per servire alla storia degli antichi popoH italiani, pi. LXXXIII). Inghirami, Pitiure di vasi, T. IV, pi. CCCI et CCCIV. Amphore du musée des Conservateurs, à Rome (revers: Hercule poursuivant cinq Centaures) : les personnages sont groupés comme dans notre exemplaire et ont les mômes attitudes. Gerhard, Auserlesene Vasenhilder, pi. XCV-XCVI (cf. p. 496, n. 4). — Amphore attique de style voisin: Monumenti delVInst., T. XII, pi. IX; Petersen, Annali, 1884, p. 269 sq; Pottier, /. c, p. 326. — Dinos attique: Pottier, L c, p. 336 sq. Pyxis attique: Furtwàngler, Collection Sabouroff, pi. XLIX (= Beschreibung, n° 3988). — Sur des amphores de même style, deux sujets se rapprochent de celui-ci par l'arrangement des personnages: 1®) combat de guerriers et d'Amazones sans Hercule; 2**) combat de guerriers.
* Gerhard, Etruskische und kampanische Vasenbilder, pi. XVII, fig. 3 (== Furtwàngler, Beschreibung der Vasensammlung, n® 1848; Corpus inscr. graec, n° 7574). Furtwàngler, Z. c, n* 2263 (= C, i. g,, n" 7576). Hawkins, Catalogue of the vases in the British Muséum, n° 820 (=:: C, i. g., n** 7577). Monumenti delVlnst., T. XII, pi. IX. Brôndsted, A hrief description of thirty-two vases, p. 64, n. 60 (-- Jahn, Annali delVInst, 1864, p. 239; (7. t. g,, n° 7573). Pottier dans Dumont et Chaplain, Céramiques de la Orhce propre, p. 336. — Le nom d' Andromaché est aussi donné sur des vases à l'adversaire de Thésée (Klûgmann, Die Amazonen in der attischen Literatur und Kunst, p. 25, 49) on à une Amazone dans d'autres circonstances (Kliigmann, /. c, p. 53, n. 89; Wemicke, Die griechischen Vasen mit Lieblingsnamen, p. 5). — Pour la mention d'Andromaché dans des sources écrites, voir Elugmann, L c, p. 52-53.
nom de Télamon se rencontre aussi ^ Ceux d'Ainipé et de Pantaristé se lisent sur une hydrie de Yulci ^. Quant à Timiades, c'est, je crois, la première fois qu*on le trouve parmi les compagnons d'Hercule dans Texpédition contre les Amazones: ce personnage est du reste inconnu.
La disposition des groupes et l'attitude des figures n'offrent rien de particulier^. Je remarquerai seulement que le peintre a commis une faute dans le dessin de la main de Timiades qui tient la lance. D'après la pose du personnage et du bouclier qu'il tient, ce ne peut être que la main gauche, cependant c'est la main droite qui est représentée : on en voit le dos avec le pouce en dedans. Des fautes de dessin semblables ne sont pas rares sur des vases; mais celle dont je parle permet peut-être de faire quelques observations sur la pose générale du personnage. Dans d'autres vases archaïques, on voit des personnages dans une attitude qui peut au premier abord paraître analogue, mais qui diffère assez sensiblement. Ils avancent la jambe droite tandis que leur jambe gauche est repliée en arrière, montrent leur dos, tiennent de la main droite leur lance et de la main gauche leur bouclier, dont ils couvrent leur corps; ils tournent la tête à gauche comme Timiades ; leur adversaire est placé à gauche et ils se retirent rapidement devant lui^. D'autres fois, la pose du personnage se rapproche plus de celle de Timiades; la jambe gauche en avant, la poitrine de face, la tête tournée à gauche, tenant de la main gauche sa lance, de la main droite son bouclier, il se retire devant
* Monumenti delVInsL, l, c. Brôndsted et Jahn, U, ce. Pottier, L c. Télamon est indiqué dans des sources écrites comme compagnon d'Hercule dans l'expédition des Amazones (voir Klûgmanni L c, p. 15, n. 26).
* Brôndsted et Jahn, IL ce: notre vase prouve qu'il faut lire [nja-^TapiaTr.
^ Voir à cet égard les observations de Meier, Rheinisches Muséum fUr Philologie^ T. XXXVII, 1882, p. 343-344, de Petersen, Annali deirinst, 1884, p. 283 et de Furtwàngler, Collection Sabouroff^ notice à la planche XLIX.
* Par exemple : Gerhard, Auserlesene Vasenbilder, pi. LXXXIV ; probablement CCVII (la position de la main qui tient la lance ne peut s'expliquer autrement). Mitth, des arch. Instituts, Rdm. Abth.y T. IV, 1889, pi. VIL Jlfwseo^re^or., T. II, pi. XXXIII, fig. 2 c; XLI, fig. 2 a. Monumenti delVInst.j T. X, pi. IV- V, au bas. Etc.
un adversaire placé à gauche \ Peut-être notre peintre avait-il sous les yeux ou dans la mémoire des représentations de cette sorte ; mais il n'a pas pu mettre l'adversaire de Timiades à gauche^ à cause de la monotonie qu'auraient présentée les trois groupes. Aussi la signification de la scène s'est-elle modifiée. Timiades ne se retire pas : peutêtre déjà frappé par TAmazone ^y il s'affaisse en détournant la tête et en laissant retomber sa lance.
La richesse de la tunique d'Andromaché, ornée sur le devant d'une bande où sont brodées des figures d'animaux est remarquable: on trouve quelques analogies dans des vases contemporains ^
La scène du %&\ï.0Çy qu'on voit au revers de notre vase, est fréquente aussi dans cette série d'amphores ^.
L'amphore n° 1 de la tombe XLIX, reproduite planche XVII, fig. 1, présente sur chaque côté de la panse, dans un registre réservé, deux animaux placés l'un en face de l'autre : les lions retournent la tête,
* Gerhard, Auserlesene Vasenbilder, pi. XCIV, XOV, CXXI, CCXI, CCCXIV ; Etruskisehe und kampanische Vasenhildtry pi. XVII. Monumenti delVInst^ T. II, pi. XXXVIII, fig. a. Fartw&ngler, Collection Sabauroff, pi. XLIX. Etc. — On trouve aassi la main droite tenant la lance, la main ganche le bonclier : par exemple Andromaché sur notre yase, Olaoké sur Pamphore de Cometo publiée dans les Monumenti delVInst,^ T. XII, pi. IX ; cf. Gerhard, Auserlesene VcLsenbUder, pi. GGVI; etc.
^ Gomme sembleraient l'indiquer son œil mourant (difiPérent de ceux d'Hercule et de Télamon) et la direction de la lance de Pantaristé.
^Fragment de l'Acropole: 'K-^Yiaepî; àpxotioXoiixVi, 1883, pi. UI. Vase François: Wiener Vorlegehlàtter filr archàoL Uehungen^ 1888, pi. II, en particulier une des MoTpat et une des Heures). Vase de Sophilos : Mitth, des arch. Instituts^ Athen. Ahth.y T. XIV, 1889, pi. I. Vase des Niobides: Antike Denkmdler, T. I, pi. XXII. — Gf. Helbig, Dos homerische Epos, p. 230.
* Pottier dans Dumont et Ghaplain, p. 331, n. 2, n*'* 1 et 4; p. 333, n. 1, n^ 4. Jahn, Beschreibung der Vasensammlung zu Milnchen^ n"» 150 et 176. Furtwangler, Besehreihung der Vasensammlung im Antiquarium^ n"* 1708 et 1710. Stephani, Die Vasensammlung der Ermitage^ n® 151. Gerhard, Auserlesene Vasenhilder, pi. XGV- XCVI. Vase du musée des Gonservateurs à Eome (face: combat entre des hoplites et des Gentaures). Gollection Faina à Orvieto, deux vases (la face de l'un présente des satyres dans des attitudes obscènes; celle de l'autre un combat entre des guerriers et des fantassins). — Sur ce sujet du xù^o;, voir la bibliographie donnée par Pottier, l, c, p. 240, n. 1.
mouvement très familier à Fart grec primitif ^ Ce vase appartient à une classe assez nombreuse d^amphores qui par leur forme pansue et la couleur plus vive de la terre se distinguent des amphores à panse élancée de la classe attico -corinthienne et se rapprochent au contraire des amphores chalcidionnes ^. On trouve aussi quelquefois une forme massive où le contour de la panse n'est que le prolongement de celui du col ^. Les incisions sont assez nombreuses et il y a des retouches blanches et lilas peintes sur la couleur noire. Les animaux représentés sur la panse sont d'ordinaire des lions, des panthères, des coqs, des sphinx, des sirènes, des cygnes ^ ; on voit quelquefois aussi deux personnages Tun en face de Tautre : guerriers ^, cavaliers ^, hommes dansant ^. Entre ces deux figures il y a fréquemment un ornement floral, soit compliqué comme entre les coqs de notre vase^, soit consistant simplement en une rosette comme entre nos lions, ou en un bouton
^ Par exemple Archâologische Zeitunff, T. XII, 1854, pi. LXI; Lenormant et d^e Witte, Elite d€8 monuments céramographiqueSy T. III, pi. XXXII A; notre planck^B II, fig. 7; Bull, de correspondance hellénique^ T. VII, 1883, pi. III, * Annali deWInst — , 1880, tav. d'agg. H; Mitth. des arch. Instituts, Athen. Abth., T. XV, 1890, pi. XHH; Inghirami, Pitture di vasi etmschi, T. III, pi. CChXJLlK ] Antike Denkmàler des a\ Instituts, T. I, pi. XLIV (cf. encore Jahrbuch des arch. Instj T. Il, 1887, pL VI] fig. 2, et Monumenti delVInst.^ T. XI, pi. II, fig. 9 h) ; etc.
' Cf. par exemple Gerhard, Auserlesene VasenbUder, pi. CV-CVI, CXC-CXCI.
3 Forme: Furtwângler, Beschreihung der Vasensammlung, pi. IV, fig. 28.
* Voir Lan, Die griechischen Vasen, pi. VIII, fig. 6. Museo etrusco gregorian^ T. II, pi. XXXVI, fig. 8 6 et pi. XXXII, fig. 1 a (ce vase ne fait pas partie de iVa classe attico-corinthienne dans laquelle on Ta parfois classé: par exemple Von Rohde:^?, dans Baumeister, Denkmàler des klassischen Altertums, p. 1972, fig. 2113). Monv^menti et Annali, 1856, pi. X (cf. Pottier daos Dament et Chaplain, Les céramiqU'^^ de la Gr^ce propre, p. 325-826), avec des inscriptions qui semblent attiqnes (si d^ moins ce vase peut être classé dans la série en question, ce que je crois ; la couleo' de la terre est plus pâle). Furtwângler, Beschreihung der Vasensammlung, n*» 1703, 1708. Jdihn'lBeschreibung,,, zu MUnchen, n^ 918. Heydemann, Die Vasensammlungen zti Neapel, n9 2882.
^ Jahn, l. c, n** 917.
^ Museo etrusco gregoriano, T. II, pi. XXXVI, fig. 5 a.
' Furtwângler, l. c, n° 1700.
* Cf. plus haut, p. 111, n. 2. Furtwângler, L c, n° 1700. Heydemann, L c, n* 2832- Mus. greg., T. II, pi. XXXII, fig. 1 a (entre les sphinx).
de lotus dont la pointe est tournée en bas ; plus rarement un ou plusieurs personnages ou animaux ^ Dans le champ, quelquefois des rosettes *. Au-dessus de cette représentation, des godrons avec des langues intérieures lilas et noires. Quelquefois le registre est supprimé ^ Dans un exemplaire du musée Grégorien Ml y a sous le sujet principal une zone d'animaux (lions, sangliers, béliers, cygne). Sur le col sont peints soit des ornements semblables à ceux de notre vase ^ soit une chaîne de palmettes et de fleurs de lotus alternant ^ soit un simple cercle (point au centre) flanqué de deux zigzags verticaux"^, soit une tête barbue ceinte d'un bandeau, tournée h gauche (la barbe a une retouche rouge) et d'ordinaire flanquée de deux zigzags semblables \ Au bas, d'ordinaire des arêtes rayonnantes ®. Les anses sont rondes. — Cette série d'amphores rappelle beaucoup les vases chalcidiens où l'on retrouve la disposition en quelque sorte héraldique des
* Furtwàngler, l. c, n<" 1702, 1703: Hirènes. Museo etr. gregor.^ T. lly^l. XKXII, fig. la: denx sphinx. Ibid.^ pi. XXXVI, 3b: amazone. Jahn, L c, n'' 918; musée des Conseirateurs, n? 59: homme drapé. Même musée, n*^ 4: personnage nu. Même musée, n* 66; trois hommes nus dansant (cf. le revers de notre vase d'Hercule et des Amazones). Monumenti et Annalif 1856, pi. X: deux hommes nus dansant. — Quelquefois on ne voit des animaux affrontés que d'un seul côté ; de l'autre, il y a une scène avec plusieurs peraonnages : cavalier perçant de sa lance une biche (Museo etr, greg,^ pi. XXXVI, fig. 3 a); quatre hommes barbus, enveloppés dans des manteaux, s'avançant vers un personnage vêtu de même (musée des Conserv., n*' 32); Athéna combattant un géant (aatre vase du même musée) ; deux guerriers combattant devant d'autres personnages (Muêeo etr. greg.] pi. XXXII, fig. 1 a) ; délivrance de Déjanire (Furtwângler, L c, n^ 1702); Athéna, Hermès et autres personnages (Furtwângler, n"" 1703); Apollon et Tityos (Monumenti et Annali, 1856, pi. X).
* Par exemple Jahn, /. c, n"* 918.
^ Furtwângler, n"» 1702, 1703. Museo etr, greg,j pi. XXXII, fîg. 1. Monumenti et Annalij 1. c. Etc.
* Museo etr. greg.^ 1. c.
* Museo etr, greg,, pi. XXXII, fig. 1; pi. XXXVI, fig. 3. Etc.
* Furtwângler, /. c, n° 1702. Monumenti et Annali^ 1. c. ' Furtwângler, n'»- 1700 et 1703.
* Museo etr. greg.j pi. XXXVI, fig. 5. Jahn, L c, n"» 917 et 918. Heydemann, i. c, n"" 2832. Musée des Conservateurs, n«' 4, 8, 32, 59.
® Il n'y en a pas dans: Furtwângler, n*»' 1702-1703; Museo etr. greg., pi. XXXVI, £g. 3; Monumenti et Annali, I. c.
502 DEUXIÈME PABTIE.
figures affrontées, les coqs, les rosettes, les boutons de lotus montés sur une tige ^ Parmi les produits attiques c'est surtout avec les amphores de la classe à laquelle appartient notre vase d'Hercule et des Amazones qu'elle présente d'étroites ressemblances^.
La tombe XLY (n"" 1) a donné une amphore à figures noires, re* produite planche yiI-VIII, faisant partie d'une série dont les caractères sont facilement reconnaissables ^. Le col présente soit une chaîne
^ Cf. par exemple Mon. delVInst, T. I, pi. XXVI, fig. 11; pi. XXVII, fig. 27; pi. LI; Inghiramî, Pitiure di vasi etruschi, T. III, pi. CCLXXVIII et CCLXXIX.
^ Cf. par exemple pour les entrelacs du col de notre amphore: Lan, Die grieehUchen Vasen^ pi. VIII, 1 b ; Gerhard, Etruskische und kampaniscîie VasenbUderj pi. X, fig. 5 et 6 (voir aussi un vase de môme style, Mitth. des arch. Instituts, Athen. Ahth.f T. XV, 1890, pi. XI); — pour les deux animaux disposés symétriquement l'un en face de l'autre et séparés parfois par un ou plusieurs animaux ou personnages: notre amphore, pi. V-VI; Gerhard, Auserlesene Vasenbilder, pi. CCXXIII; Furtwângler, L c, n? 1706; — pour les coqs: MonumenH deU'Inst., T. IK, pl.JjY; Museo sir, greg.^ T. II, pi. XXXII, fig. 2; — pour les rosettes: Gerhard, L c, Furtw&ngleri ^. c. (voir encore Athen, Mitth.^ 1. c. et le vase François, Wiener Vorlegeblàtter, 1888, pL m, quatrième rangée).
^ Je citerai les exemplaires suivants que j'ai pu voir ou qui sont soit publiés, soit décrits d'une manière suffisante :
A) Museo etrusco gregoriano, T. II, pi. XLIV (Vulci).
B) Ibid., pi. LI, fig. 2.
C) Musée de Munich : Micali, Monumenti inediti, pi. XLIV, fig. 1 ; Jahn, Bàschreibung der Vasensammlungj n® 77 (Vulci).
D) Ibid, : Micali, Mon, ined.j pi. XLIV, fig. 2 ; Jahn, no 79.
E) Ibid. : Jahn, n° 82 (Vulci). — E^") Le no 84 (Vulci) appartient très probablement aussi à la même catégorie.
F) Musée de Berlin: Furtwângler, Beschreibung der Vasensammlung, n^ 171^ (Vulci).
G) Gerhard, Auserlesene Vasenbilder, pi. CXVII-CXVni, fig. 3 et 4.
H) Micali, Monumenti per servire alla sioria, pi. LXXV et LXXVI bas (Vulci)*
I) Micali, ibid., pi. LXXVn-LXXVni (Vulci).
J) Schône, Le antichità del museo Brocchi di AdHa, p. 26, n** 7, pi. XV, fig. 1 et 2 (cf. aussi Not, d, Scavi, 1879, pi. III, n^ 47, mais l'ornementation du vase était différente).
K) Von Urlichs, Beitràge zur Kunstgeschichte, p. 16 sq., pi. I-VI. L'auteur» p. 21, cite encore deux amphores de la même classe, conservées comme celle-là à Wurzbourg.
de palmettes et de fleurs de lotus \ soit des personnagas, souvent une scène de lutte comme sur la panse de notre amphore ^. A la gorge, une zone de godrons très fins^ avec des langues intérieures alternativements noires et roses; au dessous d'ordinaire une zone de boutons de lotus ^. Il y a aussi de fins godrons, semblables h ceux de la gorge,
L) Musée de Florence, n^ 1818. Sur le col, d'un côté, scène de lutte (cf. le col de  et de K), de l'autre, homme s'armant entouré de trois personnages nus. — Sur la panse, de chaque côté, un hoplite et un homme vêtu d'un longue tunique et d'un manteau, tenant tous les deux une lance, l'un en face de l'autre.
M) Ibid.j n!* 1788. Sur le col, d'un côté, quatre personnages, l'un nu, un autre yèta d'une chlamyde, les deux autres d'une longue tunique et d'un manteau ; l'un d'eux tient une grenade. Au revers, scène de lutte. — Sur la panse, par-devant, homme barbu assis sur un trône ; devant lui un héraut tenant un caducée ; six personnages nus ou vêtus d'une longue tunique et d'un manteau complètent la scène. Au revers, cavalier entouré de quatre autres personnages. Cette amphore est presque entièrement semblable à K.
N) Tbid.f tombe d'Orvieto; le bas manque (voir Milani, Museo italiano di aniieJUià elasêicaj T. m, p. 212, nP 11). Sur le col, de chaque côté, scène de lutte. — Sur la panse, même sujet que sur la partie antérieure de M ; le revers est à peu près semblable (cf. le même sujet sur une amphore de la même tombe, qui est probablement de la même fabrique mais ne présente pas la même décoration : Helbig, Bull. delVInstj 1882, p. 236, n*^ 8).
0) Amphore trouvée à Orvieto, au musée municipal (Helbig, BulL deirinsL^ 1881, p. 267; cf. Oamurrini, Not. d. Scavi^ 1881, p. 51). Sur la panse, de chaque côté, deux hoplites combattant.
P) Autre presque entièrement semblable au musée Faina à Orvieto. — P*'') Fragment d'une autre semblable au musée municipal.
Q) Musée d'Orvieto (très endommagée). D'un côté, Dionysos (?) avec d'autres personnages. Je n'ai pas pu voir le revers.
E) Collection Bruschi à Gometo. Sur le col, par-devant, un personnage barbu, ailé, courant entre deux hommes dont Tun est nu, l'autre vêtu d'une longue tunique et d'un manteau. Le revers est à peu près semblable. — Sur la panse, par-devant, deux personnages nus en face l'un de l'autre; derrière celui de droite, une biche; de chaque côté, un homme avec longue tunique et manteau ; derrière celui de gauche il y a en oatre un personnage nu. Eevers semblable.
Sur cette classe d'amphores, voir quelques indications de Jahn, Beschreibung der Vasensammlung tu MUnchen, Einleitung, p. CLXXI et de Von Urlichs, Beitràge zur Kunstgeschichte, p. 16 sq. (cf. n" K).
* A, K, L, M, N; cf. H. Urlichs, L c, p. 21, dit que les lances portées par les issistants excluent l'idée d'une lutte pacifique. Je ne le pense pas, car ces personnages tiennent quelquefois aussi des couronnes. — Pour d'autres sujets, voir L, M, R.
604 DEUXIÈME PABTIK.
au-dessous de rattache inférieure de chaque anse dont ils suivent le contour; cette série de godrons se termine de chaque côté par une volute. — Sur la panse, des figures qui ne sont pas enfermées dans un registre. On y voit des lutteurs comme dans notre exemplaire^; des hoplites combattant*; un cavalier entouré de plusieurs pei*sonnages debout^; un personnage assis conversant avec un pei'sonnage ailé ou avec un homme tenant un caducée *; un personnage (Dionysos?) s'apprêtant à boire, entouré de plusieurs compagnons, près de lui une biche ou un bouc ^; la scène connue sous le nom du départ du guerrier^; les apprêts d'un sacrifice '^. Les scènes certainement mythologiques sont rares®. Souvent le devant et le revers se ressemblent presque exactement ^. Au-dessous de chaque anse, une ou plusieurs petites figures d'hommes ou d'animaux : lutteurs *^, cavalier ^^, satyre poursuivant une femme ou dansant avec elle ^*, homme barbu ailé ^^ Hercule et le lion de Némée ^*, sphinx ^^, cheval ailé et au-dessus un oiseau '^, panthères dévorant une biche ^^, trépied ^®. Parfois ces figures sont remplacées psfct
* D (?), F, G (Urlichs, p. 17, n. 5 y voit sans raisons suffisantes le combat d'Achi 11 et de Memnon), I, 0, P, P^'-.
3 E, E*»'*, J, K, M. Selon Urlichs, le départ de Troïle; pour moi, je crois que l'a tiste a simplement voulu représenter un cavalier quelconque.
* B, K, M, N. Urlichs y voit Thaltybios devant Priam : c'est plus que doute- ^ C, I, J, probablement aussi Q. Cf. encore E. ^ H; cf. peut-être aussi L.
* G: Hercule et Nessus (Cf. E*^'*). F: Hermès et autres divinités (?).
* A, B, D, E, H, L, N, 0, P, R. — De même pour les représentations do c^oi; A, H, K, L, N, R.
ÉTUDS DES FOUILLES. 606
de riches enroulements terminés par des palmettes^ Au bas de la panse il y a deux séries d'arêtes rayonnantes. Trës souvent, au-dessus de ces arêtes, une zone de boutons de lotus ^ Je ne connais qu'un exemplaire où Ton voie sous les figures des bandes circulaires^. Les anses sont d'ordinaire arrondies, quelquefois aplaties avec deux profondes fentes longitudinales^.
Ces amphores sont d'une technique trës soignée. Les incisions sont nombreuses ; les artistes ont fait un grand emploi du rose-lilas qu'ils ont étendu sur de larges surfaces : on voit cette couleur non-seulement sur les vêtements, mais aussi sur les cheveux, la barbe et les seins nus des personnages. Les vêtements sont richement ornés, quelquefois k l'aide d'incisions, le plus souvent avec des mouchetures roses, et de petits cercles de points blancs. Les figures nues ont souvent des colliers indiqués à laide de retouches roses et blanches. Le style est archaïque, mais d'un archaïsme qui semble affecté. Les personnages se présentent toujours de profil, Tœil en amande, la prunelle vue de face, le nez et la barbe pointus et allongés ; les cuisses et les poitrines ont un fort développement ; les doigts sont efiilés. Les poses sont peu variées, conventionnelles, presque mécaniques. D'après leur style, ces amphores sont contemporaines des œuvres d'Exékias et d'Amasis; elles datent de la seconde moitié du sixième siècle. On en a du reste trouvé des exemplaires avec des vases de cette époque ^. Il n'est pas douteux qu'elles appartiennent à la céramique attique ^.
* L, P»»'- (cf. pour le motif Wiener Vorlegehimter, 1888, pi. VI, fig. 3 d). « B, C, F, I, J, L, P, Q.
s Voir Helbîg, Bull deWInsL, 1881, p. 265 sq.; 1882, p. 234 sq. (Cf. Milani, Museo taliano di antichità classica, T. III, p. 209 sq.).
• Cf. surtout 'Ecpxaipî; k^/^omXo'^ixr.y 1888, pi. XII, fig. 2: fragment sîgné par le potier cttique Eaphilétos (voir Klein, Die griechischen Vasen mit Meistersignaturen, deuxième édition, p. 49) et trouvé à Eleusis.
506 BEUXIÈICE PARTIE.
Danà la tombe LXII (n^ 1 5) a été trouvé un petit lécythe à figures noires de bon style. L'exemplaire XLV, 11 est d'un style beaucoup plus négligé, cependant, à en juger par le contenu des deux tombes, il appartient à la même époque.
La coupe n® 2 de la tombe LXIX, chambre A, et la coupe n* 8 de la chambre B de la même tombe ont la forme (134) qu'offrent beaucoup de coupes attiques de la seconde moitié du sixième siëcle, antérieures aux œuvres du groupe d'Epictétos^ La seconde ne montre pas de représentation à Tintérieur ; l'autre a seulement une figure entourée d'un cercle de godrons. — Ces deux vases sont k peu près contemporains de la coupe de Tléson, de même forme, trouvée dans la tombe XLIX (n® 2) et reproduite planche IX. M. Klein * a indiqué trentesix coupes de Tléson, fils de Néarque, et il faut en ajouter une autre trouvée récemment à Orvieto ^. Ces coupes sont en général peu décorées: quatorze d'entre elles portent simplement de chaque côté la signature de l'artiste avec d'élégantes palmettes soi^tant des anses; quinze autres ont à l'extérieur de petites figures d'animaux : lion, daim, bélier, cygne, coq, etc. (l'une d'elles présente en outre le combat d'Hercule et du lion) : ces deux séries n'ont pas de figure à l'intérieur. Huit autres, neuf avec la nôtre, présentent une ou rarement deux figures h l'intérieur: sirëne (sur trois coupes), sphinx (sur deux), centaure, deux boucs affrontés et entre eux un ornement floral, chasseur portant un renard et un lièvre. Toutes ces coupea sont à figures noires. Mais
^ Voir Klein, Euphronios, deuxième édition, p. 42-43; Die. griechischêti Vasen mit Meistersignaturen, chapitre intitulé die Kleinmeister, p. 72 sq.
* Die griechischen Vasen mit Meistersignaturen p. Î3 sq. Deux d'entre elles sont reproduites dans Gerhard, Trinkschalen und Gefâsse, pi. XXX, fig. 4-7 («= Klein, p*^" 22 et 23); une autre dans. De Witte, Description des collections d*antiqmtés mservées h Vkôtel Lambert, p. 26 et pi. II (= Klein, n^ 25); une quatrième dans lô Catalogue of objects of greek ceramic art; Burlington fine Arts Club, Londres 1888, p. 46, n" 101 (= Klein, n° 29).
^ Not, d, Scavi, 1887, p. 364. — Quelques additions au travail de M. Klein dans: Pottier, Gazette archéologique, T. XII, 1887, p. Il3; T. XIII, 1888, p. 171; Mayer, Arch. Anzeiger, 1889, p. 185; Burlington fine Arts Club, p. 46, n°- 101-103.
il existe aussi une coupe de Tlésou à figures rouges, dans le style d'Epictétos : elle offre à Tintérieur un jeune homme nu courant à gauche, couronné de lierre, tenant de la main droite un bâton et portant une chlamyde sur son bras gauche avancé ^ L'activité artistique de Tléson s^est donc prolongée jusque vers la fin dn sixième siècle avant Jésus- Christ. Pour seize de ces coupes, en comptant la nôtre, on sait que Vulci est le lieu de provenance^.
La grande amphore à figures noires de la tombe LXXIX, A, 1, reproduite planches X-XII, est une œuvre importante de la céramique attique de la seconde moitié du sixième siècle. Parmi les vases que j^ai pu examiner, je citerai une amphore de même forme du musée Grégorien ^ qui présente exactement la même décoration et le même style: elle provient probablement de la même fabrique.
Il n'y a pas d'observations à faire sur les sujets très communs :du couvercle et de la partie postérieure du vase. — Quant au sujet de la face (planche XI-XIl), il n'est pas facile à déterminer. Il ne peut représenter, comme je Tavais supposé d'abord, un homme surpris par deux guerriers ^ ; la manière dont ce personnage lève la main droite en ouvrant le pouce, l'index et le médius montre qu'il s'interpose dans un combat^ et chercher en particulier h, apaiser le guerrier de gauche. De plus, les vieillards de droite et de gauche ne sont pas ici des figures de remplissage ; leurs gestes caractériques d'étonnement et de douleur se
* A Naples : Heydemann, Die Vasensammlungen zu Neapelf n** 2627. Voir Schneider, Mitth. des arch. Instituts ^ Rom, Abth.j T. IV, 1889, p. 163 sq. avec une reproduction (corr. Klein, Die griechischen Vaserij p. 75, après le n^ 36).
* Voir Klein, p. 75, après le n'' 36.
^ Museo etrusco gregoriano, T. II, pi. LU, fig. 2 (mauvaise reproduction) ; Gerhard, Auserlesene Vasenbilderj pi. CCXI-CCXII, fig. 3 et 4 (forme du vase assez inexacte). L'amphore publiée par Micali, Monumenti per servire alla storia^ pi. LXXXVI, fig. 3 et 4, me semble aussi appartenir à la même fabrique.
^ Cf. les poses de Dolon, d'Ulysse et de Diomède sur le sarcophage de Clazomènes : Aniike Denkmàler, T. I, pi. XLIV ; voir aussi Studniczka, Jahrbueh des arck. Instituts, T. IV, 1890, p. 142 sq.
HffM PtV%itMB TAWTtE.
rhifpffftmtl k 1a nckme dn milieu. D'après cas attitudes, il semble qu'il ii'im\Mii iVuM dispute, plutôt que d'un combat entre deux ennemis \ tUmyïdni'ïl d*aller plus loin et de penser à la dispute d'Âjax et d'UlyMMU ail Mujet Aen armes d* Achille t Cette hypothèse me semble admis- Mlhln; cupondant la scène n'est pas assez caractérisée sur notre vase pcMir cpron Tadopto sans réserves ^ — Quant à ce type d'ainphore, on pftui 1(1 Ntilvro depuis Tépoque de la peinture k figures noires de style an!hii1c|uo, JuNqu'h celle de la peinture à figures rouges de style sévère ^ •h nMnNlNioral pas sur la grande amphore panathénalque de la même U)\n\)0 liXXIX (n^ 1 de la chambre B; reproduction de Tensemble planche XVII» ItK* '«î)^- I^® ^^^^ ^^t malheureusement très endommigé, niatii le stylo dos figures» surtout d'Athéna, est excellent. Parmi les
Jd^ n«k Mun^iii dirs sUl convient de rapprocher de notre amphore d'i qui iHMAMfMrattikiil rt^i^riaenter nn scget analogne» mais que je n'ai pas p« voir: Ih^y U^hiih'h^ Sk%^mkr^i9^ p. 4849 (= ^Vlnnefeld, BesehrtUmug der Vë KiA^^$^^h0, xi" ITâ); Micali» MonummikH înHtiH, pi. XLIV, filg. 2 (reptodi mxM \ K^t Jahn^ Ih^ckr^tmng dtr Vas^nsammhmg mu iHtocAm, a* 79). I^atx'^*! )m ^i«rri<Nr«i eoal oompl t&tement armte et ocunbattttit aTW la '^ V\^t \UiMi SoKn«id«ar> i>fr troistkê Sagfnkrtis^ p. 158 sq^ llHfiealM iM^Wr^ d^ va»«« v^i^ IVmi a cru reconnaitre ce sujet, et la hihliocT^kîe t4Vl^keNK^ d^ anae* d'Adiille ue serait pas m argumemt eontre ^\iMft WM^i^^M^l dàMS pr<«»qae tou» l«« antres exemplaires. Ma» adv^^t^iriM ^ «coït anatj« que de leur épèe (dans RimIss. ««MN# trf'^l^^iliMt «^^ iv^yiAK pL Xin» ils ont leur essqw^ et 3b
* Va*Mt ^ i^n^M^ isHV^: Gwr&àrd. Ch-»«H*c.U wmi ta
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vftses de cette espèce, dont de bonnes reproductions ont été publiées dans le tome X des Monumenti delV Instituto par les soins du baron De Witte, c'est celle de la planche XLVIII, n"" n ^ qui lui ressemble le plus.
Les deux petites amphores LXXIX, A, 3 et 4, à figures noires de style négligé, sont d'un type très fréquent* qui appartient aux derniers temps de la fabrication des vases à figures noires.
La coupe n^ 6 de la tombe LXXIX, A (forme 131) est d'une époque de transition entre la peinture à figures noires et celle à figures rouges. Les figures du gorgoueion de l'intérieur et des deux Dionysos de l'extérieur sont de la couleur rouge du vase, les traits du visage, les cheveux et la barbe seuls sont peints en noir ^ ; la tète de Dionysos est flanquée de deux grands yeux. Il y a au musée de Corne to une grande amphore qui présente de chaque côté une tête de Dionysos du même style ; la décoration du reste du vase est celle des amphores n** 3 et 4 de cette même tombe LXXIX, A. — Notre coupe offre au bas de la cuvette une zone d'arêtes rayonnantes, motif d'ornementation qui fut abandonné par les peintres de coupes du groupe d'Epictetos ^.
La coupe n"" 3 de la tombe XXXIV (de même forme) présente la même décoration : yeux, pampres^ arêtes rayonnantes. Il n'y a pas de figures à l'intérieur, et l'extérieur ne présente qu'une seule figure noire répétée deux fois sous les anses. La technique est moins soignée que celle de la coupe précédente, qui me semble un peu plus ancienne.
Le gorgoneion se retrouve sur la coupe LXXIX, A, 7 (forme 132) ; Textérieur présente des yeux et des figures noires. — La coupe n* 8
* = Rayet et Collignon, Histoire de la céramique grecque, p. 139, fig. 62. — Cf. encore pour le style Gerhard, Etniskische nnd kampanische Vasenbilderf pi. A, fig. 5.
* Par exemple Fartwângler, Beschreibung der Vasensammlungj n*»' 1841 sq. 'Sur ce procédé, voir Klein, Euphronios^ P» 32, 41, 289; Win ter, Archàoîogische
Zeitung, T. XLIII, 1885, p. 188 sq. Cf. Lan, Die griechischen Vasen, pi. XVII, fig. 1 6 ; pi. XVin, fig. 2; Micali, Monumenti inediti^ pi. XLIII, fig. 4; Gerhard, Auserlesene VasenbUder, pi. CCLI; Stephani, Die Vasensamtnlung der Ermitage, n"* 84. ^ Voir Eleiiii EuphronioSj p. 42.
de la même chambre, à yeux aussi, est à figures noires k rintérienr et à rextérieur, mais d'un style très médiocre.
La grande coupe à figures rouges de la tombe LXXIX, B, 5, reproduite planches XIII-XYI, doit être rapprochée surtout d'une coupe inédite du musée de Munich, provenant de Vulci ^ On y voit k Tintérieur un Silène avec une outre et les inscriptions: ' HeSàç Hoivo;. StXaviç lépTcov. KaXbç 'ETcéXetoç „ ; à l'extérieur, d'un côté, la lutte de Pelée et de Thétis (les personnages sont désignés par des inscriptions), de l'autre côté , des jeunes gens et des enfants conversant, avec les inscriptions suivantes : ^ [Aop6]66oç >caXég. ^alyi. lopoc/oç * xaX[é]ç. 'Eiié- Xtoç (sic) xaX6ç. Seitopoç xaX6ç. Ho Tiaîg xoXèç [vaQ^t » . On voit que la coupe de Munich présente les trois noms propres de la nôtre^ avec Dorothéos en plus ^. Notre vase date des premiers temps de la peinture à figures rouges. Elle fait partie des œuvres du groupe d'artistes que Ton désigne d'après le nom de Tun d'eux sous l'appellation de groupe d'Epictétos ^ et qui appartiennent à la fin du sixième siècle et au commencement du cinquième. Elle n'est pas cependant une des plus anciennes productions de ce groupe*^.
* Jahiii Beschreibung der Vasensammlung, n^ 331. Wemicke, Die griechUchen mit Liehlingsnamen, p. 31, n" 4. Je donne les inscriptions d'après M. Wemicke, ajoutant Israchos.
* Jahn, /. c. (cf. De Witte, Deêcription d'une collection de vases peints des fcuill de VEtrurie^ p. 84, n** 136): 'laTraxs;. Notre vase montre qu'il faut lire "'lffp«x*î-
^ Ce nom se retrouve sur plusieurs vases, entre autres sur une hydrie à fignre^^
noires où se lit aussi le nom d'Hipparchos : voir Wemicke, L c, p. 31, n* 1 (cf. tW(L
n^ 3; p. 30, n"" 1 et p. 13, n° 3). — Le nom Epéleios se lit aussi à Tintérieur d'une coupe à figures rouges (Wemicke, L c, p. 65, n^ 2).
^ Voir Klein, Euphronios^ p. 14 sq.
^ Voir les observations de M. Klein sur le développement de la technique d( coupes à figures rouges: L c, p. 25 sq. (cf. p. 289 sq.).
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Cette catégorie de vases comprend aussi quelques œnochoés ^ des tasses kanse relevée de la forme 100^, qui existe aussi en bu chero ^.
La terre est jaune, tirant souvent sur le brun, quelquefois sur bistre. Le dessin est trës mauvais. Les incisions sont nombreuses; y a souvent des retouches blanches ; je n'ai observé de retouches ros que sur un exemplaire de la collection Faina (E). Notre amphore a partient à une tombe de la première moitié du cinquième siècle à p3xi. près. Parmi les autres vases de cette espèce qui proviennent de Vulcî je citerais ceux qui portent les n^ 1, 2, 4, 7, 8, 9 du catalogue c3e M. Dûmmler\
Une hydrie à figures noires trouvée dans la même tombe que Tarnphore dont je viens de parler (XXXIV, 1) est certainement aussi de fabrication locale. Il faut remarquer que la terre n^est pas rouge, ma-is jaune: la couleur rouge du registre qui enferme les personnages a été obtenue à Taide du pinceau et par-dessus les figures ont été peintes en noir. Ce procédé est fréquent à Vulci, soit avec les vases k figares noires, soit avec ceux à figures rouges (dans ce dernier cas naturellement, ce sont les espaces intermédiaires entre les personnages qui ont été peints en noir par-dessus la couverte rouge dans laquelle sonfc ménagés ces personnages) ^. Nous le retrouverons dans des tombes
^ Dûmmler, l c, n« 3; cf. n° 13 (bîs).
' Dûmmler, l. c, n° 14, fig. 9 et 10. La tige à rameanx symétriques qui décore l'intérieur de l'anse se retrouve aussi sur des exemplaires en bucchero (voir pins haut, p. 459). Cf. encore Lau, Die griechischen Vasen, pi. VII, fig. 4, qui me semble appartenir à cette série.
' Voir note précédente.
* Peut-être aussi 13, 13*''' 14: cf. Ârch.-epigr. Mitth. aus Oesterreich^ T. II, 1878, p. 18, n. 1, et ici même, p. 460, n. 1.
^ Voir à ce sujet Jahn, Beschreibung der Vasensammlung zu MUncJien, Einleihtn^ -p p. CCXXXIII-CCXXXIV. Blûmner, Technologie und Terminologie der Gewerbe unti Kunste, T. Il, p. 89.
])lus récentes. Il s'agit évidemment d^une imitation des vases attiques ; les potiers étrusques ne pouvant produire Targile au ton rouge brillant des céramistes d' Athènes, Tout remplacée par une couverte ^ Le dessin de Thydrie est aussi mauvais que celui de Tamphore.
' J'ai déjà signalé plus haut, p. 31)9, un procédé analogue.