‹ Fouilles dans la vallée du Formans (Ain) en 1862: documents pour servir à lChapitre 28 sur 39 · LETTRE DE M. HENRI FAZY A M. VALENTIN-SHITH · texte numérisé non relu

LETTRE DE M. HENRI FAZY A M. VALENTIN-SHITH

Genève, 2 octobre i86ï.

Cher Moksieur,

Des occupations multipliées m'ont assailli dès mon retour à Genève et m'ont empêché de vous écrire plus tôt; je n'eti ai pas moins bien souvent pensé à vous et i votre bienveillante réception ; l'aimable accueil que j'ai tencoutré dans votre famille, compteront parmi mes souvenirs les plus agréables. Veuillez agréer, clier Monsieur, l'expression de toute ma reconnaissance pour toutes les bontés que vous avez eues pour moi. En m'initiant aux mystères des fouilles de Saint-Bamard, tous aveï donné â mon séjour tout l'aurait d'un voy.ige de découverte des plus intéressants.

J'ai reçu hier une lettre de M. Vingirinier, qui me demande l'autO' risation pour insérer dans la Revue in Lyoïinaii le compte rendu de ma course i. Vienne. Je l'ai prié d'avertir préalablement M. Canat de Chizy.

Vous m'aviez demandé de vous indiquer le titre précb de l'ouvrage de M. Dubois sur le système municipal des Romains, voici ce titre : Eimi sur les tnunicipei dam le droit romain, par Georges Dubois. Paris, Giaries de Mourgucs, frères, i86j.

Puisque vous vous occupez de ce sujet, je prendrai la liberté de vous indiquer aussi un ouvrage où l'on peut puiser des renseignements utiles ; c'est Le Droll municipal dans l'Autiquili, par Perd. Béchard. Paris, 186a. Je continue i. m'occuper de mon Essai sur Genève i l'époque romaine, plus j'avance et plus je trouve que vous aviei raison quand vous me disiez que Genève n'était juridiquement qu'un simple Viens. Notre illustre épigraphtste, M. Mommsen, est pleinement de cet avis.

J'ai eu l'occasion de causer longuement avec le général Dufour des

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fouilles exécutif i Sâini-Bamard. Tous les diîiails que je lui ai donnas l'iDtéresseDt au plus haut point; i ce point de vue, je serais très désireux de pouvoir lui communiquer les rapports de M. Cadot. Comme le général aime fort il eAuetcnic l'Empereur des questions relatives 1 Câsar, il pourrait £ire de quelque utilité de lui soumettre les détails de ses recherches. Aussi, vous serais-je fort reconnaissant, si vous pouviez faire copier les deus rapports et me les envoyer.

Il est entendu que je ne ferai usage de ces deUK documents que dans les limites que vous me prescrirez.

Lorsque le travail de M. Gulgue sera prêt, je serai fort aise de le recevoir aussi. Quant au fond même de la question, je ne m'en suis occopéqu'ence qui concerne l'origine des Tigurins; j'ai acquis la quasicertitude que ce pagus existait aux environs d'Avenche, en vertu d'une inscription que je vous communiquerai. J'attendrai la copie de divers documents dont vous possédez les originaux, pour préparer moi) rapport adressé i nos Sociétés. Qu'est-il donc advenu des fouilles d'Ambérieux? Je n'ai reçu aucune nouvelle de M. Guigii; et j'attends toujours sa visite. Avez-vous abandonné l'idée de diriger des fouilles sur ce point? J'espère que vous voudrez bien me renseigner sur cette question qui m'intéresse fort.

Notre Société d'Histoire se réunira pour sa session d'hiver à la fin d'octobre; je lui présenterai votre Mémoire sur les Burgondes, en demandant que vous soyez élu membre correspondant.

A l'occasion de mon séjour i Trévoux, vous vous rappelez, sans doute, que j'ai fait, avec M. Guigue, une course à Montanay ; en revenant, j'ai demandé au cocher le prix de la course et j'ai voulu le payer, maisil m'a dit qu'il fallait s'adresser au bureau. Absorbé par les richesses archéologiques qui m'entouraient, j'ai eu la malencontreuse idée d'oublier ma dette ; je viens vous prier d'excuser cet oubli et de vouloir bien payer pour moi le cocher en question. Vous voudrez bien joindre i cela la note des copies et je vous ferai parvenir immédiatement le montant de ce que je dois.

j'aimerais fort à savoir l'adresse de -M. de Lagrevol, à Lyon; il a bien voulu m'otFrir communication de certains documents et je voudrais lui rappeler sa promesse.

Veuillez, cher Monsieur, me rappeler au souvenir de voire famille et de M. Guigue, et agréez vous-même mes respectueuses salutations. Henri Fazv.

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LETTRE DE M. VALENTIN- SMITH A M. V. HALtEY, A GRAY (Haute-Saone)

Lyon, 6 décembre 1862.

Monsieur, Je viens de lire avec le plus grand intùrSt voue travail sur les fouilles faites, en 1861, 1 Beaujeu (Haute-SaAne), et vous prier de vouloir bien me donner quelques explications propres à fadliter des rapprochements comparatifs, s'il est possible, entre les objets recueillis dans vos fouilles et les objets recueillis dans celles faites, l'été dernier, à Saint-Barnard, près de Trévoui, où l'on suppose que s'est livrée la bataille de César coiitre les Tigurins :

1° Planche I, p. toi. Objets en sileK : couteaux, pointes de flèches, etc.

Ces objets ont été trouvés dans le voisinage de l'édicule décrit p. 98.

Ont-ils été trouvés dans des tumulî ?

C'est ce que je désirerais savoir.

Daus les fouilles de Saint-Barnard, qui ont compris 4 1 tumulî répandus sur une surface d'environ 4 kilomètres carrés, des &:lais de siles ont été rencontrés dans presque toutes les sépultures par incinération.

Dans l'un des lumuli 0° 19, les éclats étaient accompagnés d'une sde à manche du même morceau de silex et placée à proximité de deux vases. Cette scie est longue de o"»,!!!, épaisse de o'tt,oo4 ei large de

Ora,02S.

Dans un autre tumulus n» }2, a été extrait un poignard en silex, cassé en deux; dont une moitié a été trouvée 1 i™,;o et l'autre i Z" d'un vase cinéraire ea terre gros^ère, jaunltre, n'ayant pu tue recueilli qu'en fragments.

La longueur de cette arme est de iS centimètres et demi, sa lat^eur au milieu de 31 millimètres.

Le silex est plat d'un côté et en dos d'âne de l'autre. La partie formant le poignard se termine par une pointe triangulaire. Il est très bien taillé; c'est la plus belle arme en silex que j'aie vue.

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EdSo, deux autres tumuU ont fourni des fragments d'armes en silex : l'un, la pointe d'une lance ; l'autre, un couteau à deux tranchants, i peu près semblable aux n<" 2 et j de votre planche T.

Planche VIIj n° 8. Nos fouilles, dans la partie où se trouve une villa gallo-romaine, nous ont également offert un tesson ponant oF BASSIC.

Tous les vases cinéraires trouvés à Saint-Barnard sont en terre. Aucun ne ressemble i ceux de vos planches VII et VIII.

Un seul grand vase, n^ 12, a été retiré entier, avec un plus petit qui s'y trouvait renfermé, tous deux renfermaient des cendres et quelques

Ils ressemblent assez 1 l'urne cinéraire du lumulus de Limé, BiiUitia de la Soci/ti aeadimique de Laon (année 1862, p. 277) et 1 celle de Tournay. Tombeau de Childiric 1", par l'abbé Cochet (p. 23 et 388), mais de plus grande dimension.

Planche X. Armes.

A Saint-Barnard, l'on n'a trouvé aucune arme dans les tumuU, non plus qu'aucune monnaie.

Mais tout près, sur la commune de Trévoux, non loin d'un lieu où, il y a dix ans, une grande quantité d'ossements et de cendres ont été découverts, une arme seniblable absolument au n° } de votre planche X a été rencontrée i cdté de deux crânes, malheureusement dispersés.

Je vous prie d'avoir la bonté de me donner tous les détails en votre pouvoir sur ce fer no j, rond et très aigu, et me dire vos raisons pour le classement que vous en faites dans l'espèce des Ferecala (p. 1 1 1).

Également sur Trévoux et sur la route conduisant A Saîni-BamarJ, l'on voit dans les balmes les traces très marquées de trois fours, dont l'un d'eux, écroulé, présente une grande quantité de cendres, mais sans briques ni poteries, soit dedans, soit aux alentours. Vos fours, si bien caractérisés (planche II), peuvent-ils offrir quelque moyen de rapprochcmeni par leur position dûns des balmes? Quelques personnes considèrent nos fours comme des fours de campagne des Helvètes ; mais c'est hardi et conjectural.

Permettez-moi de vous prier, si votre travail sur les antiquités de Beuujeu a été tiré à part, comme c'est l'usage, de m'en faire adresser un exemplaire par votre libraire, que je paierai par la voie qu'il m'indiquera, ainsi que le deuxième volume du Recueil de la Sociiti S Agriculture de la HauleSaâne, contenant U dissertation de Gevrey, sur l'usage des armes barbares, ou le lire d part, s'il en existe un.

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102 FOUILLES DAKS LA VALLÉE DU FORMAMS

Mille pardons. Monsieur, et excusez-moi au nom du but archéologique qui m'enhardit auprès de vous, l'mi des adeptes les plus fervents de la science, et veuillez agréer les seniiments de haute conûd£raiion avec lesquels je suis

Votre tris humble serviteur.

Vaientin-Smith.

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