‹ Fouilles de Delphes (volume 3)Chapitre 1 sur 148 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Le sanctuaire d'Athèna Pronaia (pi. I el II) est situé au lieu dit Marmaria (les Marbres), en v. 1.500 m. à l'Est du grand Uiéron d'Apollon, en contre-bas delà route qui amenait les pèlerins venus par voie de terre, pour consulter l'oracle. Il occupe une étroite terrasse, allongée d'Est en Ouest, sur près de 150 m.; la largeur maximum, réduite à cause de la forte déclivité, atteint à peine 50 m. La proximité du riche féménos apollinien n'a pas été sans nuire en quelque manière au développement de celui d'Athèna. La déesse de Marmaria fit sans doute un peu figure de parente pauvre auprès de son puissant voisin. L'épilliète même de Pronaia{ n'attesle-t-elle pas que la souveraine spirituelle de l'Acropole d'Athènes tenait, à Delphes, un rôle plus modeste?

Pourtant l'enclos sacré d'Athèna à Delphes mérite mieux qu'une étude rapide. Rares sont les exemples de sanctuaires dont l'ensemble soit si homogène, dont, en même temps, tant de détails se soient approchés de la perfection à ce point.

Le site était depuis longtemps connu (fig. 1 et 2, hors-texte I et II ) ; le nom que les paysans de Kastri lui avaient donné indique que la ruine même n'avait pas échappé à leur attention, ni malheureusement à leurs déprédations. Quelques voyageurs seulement, trompés par lepelitcouvent de Monasfiraki, avaient placé par erreur le sanctuaire d'Athèna sur la terrasse, voisine, du Gymnase2. Mais, depuis 1838. date des pre-

1. D'après les inscriptions, la déesse souveraine de Marmaria était appelée Athèna Pronaia. La question Pronaia-Pronoia ayant été fort souvent débattue, il n'a pas paru nécessaire de rouvrir ici la discussion sans arguments nouveaux. Qu'il suffise de renvoyer à l'exposé de O. Hôfer, dans W. Roscher, Lex. gr. und rôm . Mythol., s. v. Pronaia, p. 3111-3115 ; cf. aussi A. D. Kéramopoullos, Tor.. AsXçp.,p. 61, n. 3; E. Rourguet, HEG, 1913, p. 107 ; Rev. arch., 1918, Vil, p. 213, n. 1. Apollon avait donné à Athèna une place d'honneur près de son temple, en mémoire des services qu'elle lui avait rendus dans sa lutte victorieuse contre les anciennes divinités chthoniennes de Delphes : cf. Aristonoos de Corinthe, dans BCH, XVII, 1893, p. 566 (H. Weil, Un péan delphique) .

2. E. Dodwell, Classical Tour, I, p. 183; Fr. Thiersch, Topogr., p. 8-13. Cependant J. Spon, Voy., II, p. 63, avait, auparavant, justement reconnu l'ancien Gymnase dans le Couvent des Caloyers, où se trou-

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