‹ Fouilles de Delphes (volume 3)Chapitre 113 sur 148 · Pausanias, X, VIII, 6-8. Cf. infra, Appendice, p · texte numérisé non relu

Pausanias, X, VIII, 6-8. Cf. infra, Appendice, p

3. Aux longues chicanes nées de l'obscurité de ces textes nous n'ajouterons pas un nouvel épisode : de plus avertis ont pensé avoir résolu quelque « énigme », qui n'ont pu que grossir le nombre des hypothèses. Puisqu'il faut prendre parti, toutefois, nous donnerons, chemin faisant, notre avis le plus brièvement possible, et sans prétendre apporter une solution définitive.

4. Voir surtout le chapitre Observations chronologiques (R. Demangel, ibid,, p. 23 sq.).

5. Le synchronisme est à noter. Il est possible que les grandes dimensions île l'enceinte aient été motivées par la nécessité de comprendre dans les limites du sanctuaire non seulement des édifices projetés, mais des édifices existant déjà (cf. supra, p. .'>*). Toutefois l'écart est limité, et, comme enceinte et bâtiments se conditionnent mutuellement, cette concordance donne tout de même un élément chronologique qu'il serait imprudent de négliger.

G. Ce procédé de nivellement n'est nullement exceptionnel, les sanctuaires grecs étant assez souvent adossés à une colline. On expliquerait par une opération analogue les termes êjfopujfis tou opouç et jASTaOsat; -o\> Tor/ou dans l'inscription du Ptoïon publiée par L. Bizard, BCII, XLIV (1920), p. 2:55. (La traduction : j'ai consacré toute celte somme a faire extraire du roc de la montagne est amphibologique.)

Fig 02. — Le mur néo-polygonal, à l'E, de l;i niche du temple en luf (à gauche

Fig. 63. — Le mur néo-polygonal, près de la sortie méridionale.

Fiu. 65. — Divers types de soulénemenls delphiques.

LE SANCTUAIRE D'ATÎHÈNA ElioXAIA

permit, les murs de soutènement plus anciens furent conservés comme murs de terrasse ', les assises supérieures demeurant seules visibles.

Le mur d'enceinte d'appareil néo-polygonal est assez bien conservé à l'Est, au Sud et à l'Ouest du sanctuaire; sur ces trois côtés du péribole. où il était moins haut et subissait une faible poussée, il n'eut jamais besoin d'être, par la suite, remplacé par un autre soutènement. Du côté Nord, au contraire, — le côté dangereux — on constate .plusieurs remaniements (réparations ou agrandissements), et le tracé de l'enceinte du \ r au i\"' siècle reste mal identifié '-'.

Fig. (ifi. — Intérieur du mur néo-polygonal f au S. du temple en tuf.

Par le choix des matériaux et la précision de la construction, ce mur ne dépare pas l'admirable série des soutènements delphiques (fig. 65). La fondation ne présente généralement qu'un parement, à l'extérieur (y. pi. I : au Sud du grand autel), comme la vieille enceinte polygonale; la largeur atteint, à ce niveau, 1 '"60 (au Sud). L'élévation nous montre un appareil polygonal, à joints vifs, parfois courbes ou à crochets, sans petites pierres de remplissage, moins fini sans doute que celui qui soutient la terrasse du temple d'Apollon, digne pourtant de l'importance du sanctuaire d'Athèna Pronaia à l'époque classique. Les pierres, en beau calcaire du pays, n'atteignent pas la longueur des plus grands blocs du vieux mur polygonal ; ici la moyenne est à peu près l)m80. Elles sont mieux travaillées, plus régulières, et forment parfois, comme près de l'escalier Sud, des sortes d'assises horizontales. La face extérieure, ravalée avec soin, présente des aspérités laissées à dessein.

1. Déblayer n'était point dans les habitudes des Anciens — ni même des Orientaux d'aujourd'hui : il est tellement plus facile délaisser sur place les décombres hâtiveménl aplanis; ainsi le niveau < 1 1 1 sol monte sans cesse. Cf. Th. Homolle, BCH,XXV (1901), p. 459 (terrasse d'Apollon).

2. Le péribole néo-polygonal est conservé : à l'Est, sur une longueur de-22m 80 (jusqu'au mur hellénique, portes non déduites) ; au Sud, de 146 m 65 (pans coupés et escalier compris) ; à l'Ouest , de 21 m 90 (jusqu'au gradin de l'angle N.-O.) ; au Nord de 37 m 45 (niche du temple en tuf: 9™ 50+ 18™ 40 -f- 9m55) ; soil un total d'environ 228 m 80.

Le dos de la mui'aille (:fig.J 66) est complété, dans la partie inférieure, par un blocage ; à ce niyeau; l'épaisseur du mur est voisine de l '" il). En haut, l'intérieur est appareillé comme la lace extérieure.

•La crête du mur était couronnée par une assise de 0 '" 22 de hauteur, formée de dalles, en calcaire du Saint-Elie, plus finement dressées, et juxtaposées à angle droit. Cette hande régulière, courant en haut du mur à niveau d'appui, devait être d'un effet agréable à l'œil1 : nous pouvons encore le- -vérifier à l'extrémité .Nord du péribole Ouest, où trois de ces dalles sont demeurées en place - (fig. 67); Il en reste également trois in situ à l'Ouest de

Fie. 67.

Dalles de couverturj.du mur neo-pol.ygqnâl pôribplc occidental).

l'escalier* le mur avant ici extérieurement environ '1 m 30 de hauteur en élévation, dalle supérieure comprise, sa hauteur, à l'intérieur, eut été. d'environ ()'"!)(): on pouvait s'v appuyer comme à un balcon, ou même s'v asseoir. On ne voit aucune trace de grille. A l'angle Nord-Ouest du sanctuaire, le gradin voisin, non vertical !v. fig. 67), montre clairemeut que la dalle constituait l'assise supérieure du mur ; sur ce point, le sol antique devait, a l'intérieur du sanctuaire, se trouver, par rapport à cette assise horizontale, à la même hauteur (pi au Sud.

Si l'on se propose de faire, sans s'attarder longuement, le tour de l'enceinte néo-polygonale, en partant de l'Est du sanctuaire, on rencontrera d'abord les ruines éparses d'une

!. l'jé ^i.uiil mur polygonal soutenant la terrasse du temple d'Apollon était, de même, couronné de deux < > 1 1 trois .'ismm's analogues .'

2. Hlles mesurent respectivement, en partant du Nord, I m 07 de longueur sur 0 ™ SI de largeur ; 0 m 68 sur II '"SI ; 1 "'01 sur 0 m 80.

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Fig. 69. — Plan de la porfe X.-E.

LE SANCTUAIRE D'ATHÈNA PRONAIA 03

porte monumentale : celle par laquelle entrèrent, à six siècles d'intervalle, Hérodote et Pausanias. L'angle Nord-Est de l'enceinte, dont elle forme le côté oriental, est, de notre point de vue, très instructif (fig. 68), et il n'a pas, semble-t-il, été observé de près par la plupart des topographes de Marmaria. Le plan provisoire de 1901 s'arrêtant à l'Est du grand autel, on a souvent placé, par erreur, sur ce point, la porte orientale, en prenant pour murs antiques, et même archaïques', de petits soutènements modernes sans intérêt. Seul A.-D. Kéramopoullos2, qui a étudié attentivement sur place Marmaria, a noté que la porte était à l'angle Nord-Est, contre le grand mur hellénique et sans liaison avec lui. Mais il en a conclu à tort : ce qui a peut-être (souligné dans le texte) constitué une parastade de la porte est une adjonction postérieure au mur isodome (fig. 68, à gauche). Nous allons voir que, bien au contraire, la porte fait partie de l'enceinte du vr" siècle, et que le grand mur hellénique n'est pas lié avec elle, parce qu'il fut construit un siècle et demi plus tard.

Les sondages opérés en 1920 et 1921 dans la terrasse orientale de Marmaria ont en effet permis de restituer de manière certaine le tracé du petit côté Est de l'enceinte : ils ont montré que le grand mur néo-polygonal, que l'on connaissait antérieurement au Sud du temple en tuf, se poursuivait vers l'Est-Nord-Est, puis, après un angle presque droit, remontait vers le Nord jusqu'à la porte Nord-Est. L'appareil du mur (en fondations, sur la fig. 68) est polygonal, avec des décrochements motivés par la très forte déclivité : c'est, sans contestation possible, le même que celui que nous avons décrit plus haut, et désigné sous le nom de néo-polygonal. La fig. 69 montre qu'il n'y a pas, qu'il n'y a jamais eu de liaison entre ce mur et le soutènement hellénique au niveau des fondations, ni du seuil, ni même probablement au niveau de la porte elle-même : le mur hellénique arrive obliquement, et ses pierres ne présentent aucune trace d'anatlryroses ; l'angle Nord-Ouest du pied-droit Nord, d'autre part, est orné d'une cannelure verticale qui n'a pas dû être masquée (fig. 70). Le mur néo-polygonal Est se poursuivait sans nul doute vers le Nord ou le Nord-Ouest, et devait se raccorder à un autre mur polygonal qui court parallèlement au côté Nord des petits bâtiments de la terrasse dominant les autels (v. pi. I).

Le mur néo-polygonal Est était percé de deux portes symétriquement disposées, l'une au Nord-Est, l'autre au Sud-Est. Celle du Sud-Est est insuffisamment connue, le terrain n'ayant pu être exproprié ; on voit seulement qu'elle était moins large que l'autre, puisque le pied-droit Nord se trouve à 3 mètres de l'angle extérieur du péribole.

La porte principale de l'enceinte classique, celle qui vit passer le flot des pèlerins, était à l'angle Nord-Est. Elle mesurait, au niveau du seuil, 2 "' 68 d'ouverture, et devait, en conséquence, avoir autour de 5 mètres de hauteur totale. Du pied-droit Sud, il ne subsiste que les fondations. Au Nord, deux pierres de l'élévation sont in situ, dont l'une, de 0 ,n 62 de hauteur, eut deux de ses angles vers l'Ouest brisés et ré ares dans l'antiquité3; un

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