THOL
Ier TEMPLE, en TUF (dicim. urJLér.)
Fig. 15. — Comparaison dos cannelures des édifices doriques de Marmaria.
On a donc adopté, en tenant compte des nombreuses empreintes laissées par les tambours sur le stylobate, les dimensions moyennes suivantes :
diamètre inférieur moyen :0 m. 930 (entre cannelures) et 0 m. i)9o (entre arêtes); diamètre supérieur moyen : 0 m. 710 — 0 m. 745 —
Les colonnes, divisées en quatre tambours de hauteurs irrégulières ', sont trapues, lourdes;
1. Voici les hauteurs des tambours, aux 3 colonnes conservées :
Ë. Angle. N.
Fouili.es de Delphes.
FOLULLKS DE DELPHES
aucun galbe n'atténue l'inélégance de leur fût ; aucune inclinaison ne semble avoir allégé la silhouette d'ensemble de la colonnade. Les cannelures, au nombre de vingt, bien qu'elles ne soient plus aplaties comme celles du premier temple ou du trésor dit de Sicyone, présentent encore une courbe assez tendue (fig. 15).
La colonne est couronnée d'un chapiteau (fig. 16 et 17), de forme déjà presque classique (haut. 0 m. 60), dont l'échiné, légèrement renflée, est séparée du gorgerin par quatre anne-
Fig. 16. — Chapiteau du deuxième temple en tuf.
lets. Deux filets, dont un porté par le chapiteau, limitent le lût à sa partie supérieure.
L'abaque, de faible hauteur (0 m. 20). mesure ! m. 228 de côté, 1 m. 2(>."> aux angles du péristyle.
Entablement pi. X. Hestauration de l'ordre).
La restitution de l'entablement est, dans l'ensemble, hypothétique. Pourtant, les sondages de 1922 ont heureusement permis de retrouver un bloc de corniche (fig. 18 et 19), et un fragment de triglyphe, qui sont des guides précieux, et autorisent, en une certaine mesure, la tentative de restauration. Ajoutons un petit fragment d'architrave avec taenia et gouttes (haut. 0 "' 31 ; long. 0 m 26), conservé dans la salle de la Tholos au Musée de Delphes, et qui provient, selon toute vraisemblance, de ce temple (fig. 20).
Le lit d'attente des chapiteaux, qui présente deux doubles trous de pince, montre qu'il y avait sans doute deux blocs d'architrave juxtaposés (fig. 17, d). D'autre part, la surface portante, isolée du bord du chapiteau par un bandeau, en retrait de quelques millimètres, donne une épaisseur totale de 0 m. 97 environ.
Du triglyphe, la largeur est donnée par le mutule. Le profil des canaux peut être restitué
LES TEMPLES DE TUF
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Fig-. 17. — Chapiteau du deuxième temple en tuf.
KnriLLHS DE DELPHES
grâce au fragment retrouvé (fig. 19, d). Les métopes, encastrées, étaient peut-être sculptées ; un fragment de plaque en tuf, classé avec les débris des sculptures en poros de Marmaria1, pourrait appuyer cette hypothèse.
Le bloc de corniche, par ses dimensions (long. 1 m. Il; 1. restit. 1 m. 23; haut. 0 m. 50; prof. 1 m. 10) confirme la régularité de l'ordonnance, et permet de tenter une restitution de l'ordre. Le larmier porte encore, entre les mutules, des traces de couleur rouge posée sur le stuc ; les gouttes étaient peintes en bleu.
Fig. 18. — Bloc de corniche.
Le temple de Marmaria, comme proportions en plan (rapport de la longueur à la largeur: 2,078), serait à rapprocher de l'Hécatompédon 2 d'Athènes ou du Métrôon d'Olympie 3. Ses dimensions exactes sont voisines de celles des temples d'Assos ', du Sounion (temple de Poséidon) ', d'Egine0 surtout. Le diamètre inférieur de la colonne, en particulier, est presque le même qu'au temple d'Aphaia (0 m. 99) ; mais le fût est beaucoup plus trapu, la colonne d'Egine mesurant 5 m. 27, contre seulement i m. 58 à Delphes. Les modules (5,37 à Egine, 4,00 à Marmaria) ne sont plus en rien comparables. Les rapports des hauteurs doivent donc être pris ailleurs que dans ces temples habituellement rapprochés du nôtre.
1. N° 4918 du Musée de Delphes. Sans indication certaine de provenance. Vestiges d'un relief indistinct.
2. 113 ni. 44X21 m. 34. Th. Wiegand, Porosarchiteklur, p. 116.