‹ Fouilles de Delphes (volume 3)Chapitre 135 sur 148 · Le mur de tuf se fût trouvé à 3 m 50 de la tholos · texte numérisé non relu

Le mur de tuf se fût trouvé à 3 m 50 de la tholos

3. A l'angle rentrant : 8 m 3 1 en 14 assises. Hauteurs respectives des assises, en commençant par le bas : (1) 0'u6:; ; (2) 0'»66; (3 0 '" "»9 ; (¥) 0m60;(3) 0 ™ fit) : 6 0"T,:i; 7 0 »> 58 ; SiO1".".!); (9) 0mi;0;M0j 0mr>7: Il 0m60; (12)0m50; (13) 0m58; 14 0m">6.

LE SANCTUAIRE D'ATHÈNA l'IinNAIA

ration, seules les assises inférieures sont de hauteurs régulières; les autres comportent des décrochements, localisés sur certains points (par exemple, à o mètres environ à l'Ouest du redan), cpii ont pu subir une réparation (plusieurs bouclions visibles). Les deux assises inférieures sont sommairement dégrossies : la suivante est à bossage ' ; les autres à cadres plus finement dressés et refends ciselés autour des joints. Les pierres, en calcaire du pays, ont des longueurs variant de 0m80 à I1" 10. Les joints sont quasi uniformément verticaux. Us ne tombent régulièrement l'un au-dessus de l'autre, qu'aux endroits, espacés de i '" 40 à l'"uO, où le mur est formé, dans l'épaisseur, de grands parpaings qui constituent, en arrière de lui, de puissants contreforts. Entre les contreforts, le mur est intérieurement renforcé par des rangées de moellons étagées en "radins (lig. 11!) .

Kig. 120. — Amorce de petit mur oblique, à l'extrémité occidentale du soutènement hellénique Nord-Ouest,

Les deux extrémités du mur hellénique Nord-Ouest montrent qu'il ne s'est jamais prolongé ni à l'Est, ni à l'Ouest. A l'Ouest, le bord gauche des pierres n'est pas ravalé, et l'on remarque, au pied du mur, une amorce de fondation d'un soutènement oblique (tig. 120) : ce débris a pu faire partie soit d'un mur en pan coupé, analogue à celui du Sud- Ouest, soit de l'ensemble des petits murs qui soutenaient le chemin en lacets montant, derrière le bâtiment aux deux chambres, vers la sortie Nord-Ouest (tig. 121).

L'extrémité orientale du mur hellénique Nord-Ouest montre de même que, ce soutènement ne s'est jamais prolongé plus à l'Est : les blocs ne sont pas ravalés jusqu'à leur extrémité orientale ; de plus, les fondations, qui n'auraient pas pu être détruites comme le haut du mur, s'arrêtent au Nord de la tholos lig. 122), et le grand soutènement hellénique fait place à une extraordinaire mosaïque de matériaux de remploi, disposés sans aucun souci

I. Saillie moyenne du bossage de la 3e assise : 0m08. Fouilles de Delphes.

LE SANCTUAIRE DAT II EN A PRONA IA

d'art, ni même de solidité (fig. 123) '. La réparation, ou, plus exactement, puisque initialement le mur s'arrêtait là, le pan de mur rajouté date d'une époque très tardive. Les assises inférieures sont nettement plus négligées que le haut, ce qui donne à penser cjue le terrain devait être, au moment de sa construction, plus haut que le niveau du sol antique. La lon-

ECIXLLE.

jr.r.Ai.

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F*iy . 122. — Extrémité orientale du mur hellénique Nord-Ouest.

gueur de ce pan de mur est d'environ 5 mètres (en comptant une pierre no.yé.e dans le soutènement moderne, à l'Est). La hauteur totale atteint actuellement environ 3 'n 50 à l'Ouest; elle est plus faible à l'Est. Gomme le soutènement hellénique diminuait également de hauteur de l'Ouest vers l'Est, et prenait une direction oblique analogue à celle du vieux mur de tuf, on doit conclure qu'il n'existait pas, dans l'antiquité, de mur, à la place où l'on a

1. Certaines pierres paraissent provenir du mur hellénique Nord-Est (pierres à bossages, avec ravalement inachevé).

construit, lors de la fouille de 1901, celui qu'on voit aujourd'hui (v. pi. I) ; mais qu'un chemin, soutenu peut-être par la partie orientale du mur de tut', menait par une pente douce vers la route du haut, même après la construction du mur hellénique Nord-Ouest.

A l'Ouest du temple en calcaire, il ne semble pas qu'un monument quelconque vint remplacer le bâtiment à deux chambres. Le Sud-Ouest du sanctuaire est aujourd'hui désert. On voit seulement, près du péribole néo-polygonal, et à environ 1 I mètres à l'Ouest de l'escalier méridional, deux fragments de murs, dont le parallélisme avait d'abord fait supposer l'existence, sur ce point, d'un portique. En réalité, deux petits bâtiments rectangulaires, adossés

Pig. 123. — Pan de mur. postérieurement ajouté à l'Es) chi soutènement Nord^Ouesh

au péribole, se sont succédé sur cet emplacement. Celui de l'Ouest est le plus ancien : il mesure environ "i "' oO sur le côté parallèle au péribole, et 4 m 60 sur l'autre, avec de petits murs de moellons deOm 40 de largeur, irrégulièrement conservés; en face de son coté Ouest, les pierres du mur néo-polygonal présentent quelques traces d'un ravalement sommaire. Le bâtiment de l'Est accuse une période tardive, basse époque romaine ou byzantine; il mesure 0 mètres de largeur, sur 3 mètres de profondeur. Dans la maçonnerie de ses murs, larges de 0 m 50 à 0 m GO, et conservés, à l'angle Ouest, sur environ 0 m 60 de hauteur, sont encastrés des fragments de tuiles. Il ny a trace ni de murs intérieurs, ni de moyens d'accès ; les murs étaient peut-être en brique crue, à partir d'une certaine hauteur, ou en mauvaise maçonnerie. Le toit, en appentis, a dû prendre appui sur le mur d'enceinte.

La place de ces bâtisses sur la partie remblayée de la terrasse indique qu'elles devaient

Fis. 121. — Le mur hellénique Nôrd-Esl (en avant, le mur tics autels).

Fig\ 125. — Le glissement des terres a sectionné le mur hellénique \<>r<l-Ksl

être légères. Il semble difficile d'y voir les restes d'ateliers1, utilisés, par exemple, pendant la construction de la tholos, ou de remises où l'on aurait abrité les offrandes précieuses, pendant l'édification ou la réfection d'un des monuments voisins. D'après l'aspect de leurs fondations, elles paraissent plutôt avoir servi d'habitation ou de hangar à une époque tardive .

A part la bordure de stèles dont on entoura le groupe des deux trésors 2, il ne subsiste dans le reste du téménos aucun vestige de l'époque hellénique autre que le grand soutènement Nord-Est (fig. 124). Primitivement, ce mur se poursuivait en ligne droite, pendant une quarantaine de mètres, à partir de la porte Nord-Est. Mais, à une époque tardive, le même glissement, qui a désarticulé le temple en tuf, l'a brutalement sectionné en deux tronçons3 (fig. 125). Le travail de ravalement des pierres, commencé à l'Est, n'ayant pu, pour une raison que nous ignorons, être mené jusqu'à l'extrémité occidentale, ets'étant arrêté à peu près à hauteur de l'éboulement, l'aspect des deux fractions du mur est assez différent (v. fig. 12i) : de cette apparence différente, et de l'orientation modifiée par le glissement, on avait conclu à tort qu'il existait deux murs distincts. En réalité, un examen attentif montre que les deux assises supérieures du tronçon Est présentent les mêmes bossages et tenons que les pierres du tronçon Ouest ; bien plus, on voit, à la limite atteinte par l'ouvrier qui dressait la face des blocs, l'amorce du travail indiquée sur une pierre par une bande verticale déjà ravalée (fig. 126). Le mur devait donc, dans la pensée du constructeur, être tout entier fait de grands blocs, dont la face, dressée avec soin, était ornée de fines ciselures dégageant les joints. Le tronçon occidental montre encore des bossages pouvant aller jusqu'à 0"' 14 de saillie, ainsi que des tenons pour le levage et la mise en place. Les blocs, en calcaire du pays, atteignent souvent lmS0 de longueur ; ils sont plus longs et moins hauts que ceux du mur hellénique Nord-Ouest. Les assises, assez régulières, comportent quelques décrochements à l'Ouest, où le mur atteint

1. Cf. les ateliers en briques crues, construits pour le travail des pièces d'architecture, signalés dans les comptes des naopes (E. Bourguet, L'administration financière du sanctuaire pythique au IVe siècle av. J.-C, p. 101,.

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