‹ Fouilles de Delphes (volume 3)Chapitre 143 sur 148 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Avant de quitter Marmaria, jetons un dernier coup d'œil sur la jolie terra'sse bordée d'oliviers (fig. 145).

Vis. 1 15. — État actuel de la terrasse de Marinai

armaria.

A force de disserter sur les énigmes du sanctuaire, on finirait par négliger de goûter le charme du lieu. Résignons-nous à ignorer les autres motifs qui présidèrent au choix du site :

sa beauté est la seule raison qui ne nous échappe pas. Moins grandiose, moins célèbre, moins cosmopolite, moins encombré aussi, semble-t-il, que le sanctuaire d'Apollon, le domaine d'Athèna était d'un abord plus simple, plus cordial ; le pèlerin arrivant par voie de terre ne manquait pas de s'y recueillir quelques instants avant de poursuivre vers l'oracle d'Apollon dont le Hiéron, jusqu'alors masqué par l'éperon du Logari, lui apparaissait dans toute sa majesté.

Au reste, l'ancienneté des deux lieux de culte semble bien avoir été la même. Les plus vénérables objets découverts reportent à la période créto-mycénienne. Mais la première grande époque des sanctuaires correspondrait aux temps de l'hégémonie continentale, dite du « mycénien récent » (I 100-1200) ' . Ensuite, après avoir connu quelques moments troubles et difficiles, les deux cultes grecs d'Apollon et d'Athèna dominèrent sans rivaux ; ils se développèrent brillamment et parallèlement, le vainqueur de Python conservant toujours la prééminence. On a distingué, pour Marmaria, trois grandes périodes historiques, caractérisées chacune par un temple nouveau et un péribole spécial : ces constructions marquent les époques où les finances de Delphes étaient prospères -, et l'on pourrait sur ce point maintenir un parallèle constant entre les deux grands sanctuaires delphiques. Ils ont vécu côte à côte, et connu les mêmes heures de prospérité, de détresse et d'abandon.

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