Lesbich. Kymat., p
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Fig. 16. — Parpaing du mur, avec cuvette de tenon pour un montant de la grille.
Fig. 17. — Fragment d'un parpaing du mur (face intérieure) portant l'empreinte d'une colonne corinthienne.
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datation trop liaute. » Cette déduction me paraît moins assurée qu'à M. Weickert. Ce n'est pas, en effet, dans des temps plus récents que Ion trouve des exemples de cymaise à rapprocher de celle-ci; il faut au contraire remonter jusqu'au vic, et même au vne siècle a Éphèse ou à Néandria l ou même à Delphes, et, tout près de notre Tholos, au trésor voisin des Massaliètes, pour trouver des feuilles d'eau, qui, sans être identiques, témoignent d'une liberté de style analogue. Il ne faudrait pas conclure de ce rapprochement que le kymation lesbique des orthostates trahit une recherche d'archaïsme : l'aisance naturelle et l'originalité du dessin s'imposent avec trop d'évidence. Mais il est permis de constater, ici encore, le désir, exprimé d'ailleurs avec une mesure toute classique, de rajeunir les ornements consacrés par l'usage du dernier siècle, sans sortir du domaine traditionnel.
Le revers des orthostates n'est visible que sur une hauteur de 0 m 125 au-dessus du socle qui règne sur leur pourtour, à l'intérieur du sékos.
Le parement extérieur de cette assise, comme celui des autres assises du mur, n'est point dressé au til à plomb : conformément à la règle classique, le mur du sékos est incliné vers l'intérieur, suivant la ligne des colonnes. Le parement intérieur reste vertical, en sorte que l'épaisseur des orthostates n'est pas la même en haut et en bas : le rayon du cercle qui passe à leur pied, — abstraction faite, naturellement, du kymation lesbique, — est de 0m 01 plus long (im 10 au lieu de i"1 09) que celui du cercle qui définit leur sommet.
Parpaings du mur. — Un léger retrait, imposé aux assises qui les surmontent, détermine, selon la règle, un rebord d'un centimètre au sommet des orthostates.
Dix assises formées seulement de parpaings, comme il est naturel vu le peu d'épaisseur du mur, séparent les orthostates de la petite architrave. Un seul de ces parpaings nous est parvenu en bon état : il n'a d'ailleurs jamais figuré dans le mur, soit qu'il fût en surnombre, en prévision d'un accident, soit qu'il ait servi de modèle (fig. 13 et li). Onze autres blocs, actuellement rangés au nord de la Tholos, ont leur face extérieure à peu près intacte, entre lesquels trois seulement ont conservé une petite partie de leur face intérieure : encore n'est-ce point sur toute la hauteur.
Parmi la cinquantaine d'autres fragments plus ou moins importants, placés au voisinage de la ruine, et qui appartiennent certainement au mur du sékos, les plus intéressants, et d'ailleurs les plus rares, sont ceux qui nous ont gardé un morceau du parement interne, sur lequel on peut reconnaître l'empreinte d'une colonne de l'ordre intérieur engagé (fig. 17) 2. L'état dans lequel se présentent les restes du mur nous donne à penser que la Tholos fut incendiée avant ou peut-être après la dislocation de ses fondations : la combustion du plafond de bois, précipité en flammes au milieu et sur la paroi du sékos, aurait attaqué la face intérieure des parpaings, au point de déterminer sa destruction presque complète, lors de l'écroulement du mur3.
Un bloc en partie conservé (fig. 16), — il est brisé à droite de l'entaille, la face intérieure est détruite, — doit être restitué au-dessus de l'orthostate placé à gauche du seuil : comme celui-ci, il était entaillé pour recevoir le montant gauche de l'encadrement de la porte.
1. Éphèse : abaque d'un chapiteau ionique de l'ancien temple et couronnement de la base d'une « columna caelata », provenant de l'ancien Artémision (Durm. Handb. der griech. Archil., p. 303, fig. 281 et p. 319, fig. 301). Néandria : chapiteaux éoliques (Koldewey, Néandria, fig. 60 et 61).
2. Cf., p. 20, comment ces empreintes permettentde reconstituer ladisposition de la colonnade intérieure.
3. De même, au Trésor d'Athènes, dans le grand sanctuaire, le parement intérieur du mur du sékos fut, du côté Sud, détruit par un incendie.
L'inclinaison du mur (0'" 01 par mètre environ) détermine une forme particulière pour les parpaings de chaque assise : l'arc extérieur des blocs va en diminuant de longueur de bas en haut ; la différence entre les mesures extrêmes est, en moyenne, de 0m 04 pour une hauteur de 0m 37, qui est, à quelques millimètres près, celle de chaque assise de parpaings.
Architrave du mur. — Il est difficile de connaître les dimensions exactes des pièces de l'architrave du mur : on a pu, à l'aide de deux fragments, reconstituer l'une d'entre elles de manière à obtenir le développement de sa face extérieure : mais la cassure n'en permet pas une mensuration tout à fait juste et la face intérieure a complètement disparu.
La disposition des regulae, sur les blocs de l'architrave du mur, comme celle des métopes et des triglyphes, sur les blocs de la frise du mur, est identique à celle de l'entablement de la périslasis.
Frise. : — La frise du mur, comme celle de la colonnade extérieure, est un peu plus haute (0™ 404) que l'architrave (0 m 368).
Il va sans dire que l'incertitude des mesures prises sur les fragments conservés de l'entablement se trouve levée, avec le maximum de probabilité, par la reconstruction graphique du mur.
Couronnement du mur. — Il serait contraire à l'usage classique de faire reposer le plafond, comme le veut Pomtow, directement sur la frise du mur. Aussi bien, nous savons qu'elle était surmontée d'une assise de couronnement, dont la moulure terminale, en forme de bec de corbin, délimitait le cercle intérieur du plafond du péristyle : le même bec de corbin, sur le revers de la frise de la peristasis, borde le plafond vers l'extérieur. Les quelques fragments qui subsistent de cette assise ne nous donnent que la hauteur du parement tourné vers le péristyle : 0m 221. Ils ne nous ont conservé, dans l'épaisseur, que le côté extérieur, le rebord où prenaient appui les dalles du plafond ; cependant l'un de ces fragments nous montre que le lit d'attente, comme celui qu'on voit au revers de la frise extérieure, était ménagé, sur une largeur de 0m 19, dans l'épaisseur d'une assise plus haute : on y distingue, en effet, quelques traces de la paroi verticale de l'encastrement. Or ce rebord était plus large que le lit de pose du plafond ; de plus les fragments conservés du plafond ne portent point trace d'un lit d'attente : à eux seuls, ces deux faits suffiraient à démontrer l'impossibilité de la restitution du mur proposée par Pomtow 2 : le mur, s'il se prolongeait au-dessus du plafond, était moins épais d'au moins 0"' 10.
Nous serions réduits aux conjectures, quant à la hauteur totale de cette assise, au delà de l'encastrement, et plus encore quant aux assises qui la surmontaient, si nous n'avions découvert un curieux fragment, qui éclaire l'un et résout l'autre de ces deux problèmes. La matière de ce fragment, la courbure de sa face antérieure, la largeur et la forme du crampon, dont la trace subsiste sur la face supérieure, nous obligent à chercher sa place dans le mur ou au-dessus du mur du sékos de la Tholos. Voici les raisons qui nous le font restituer à l'assise de couronnement :
1° Sa hauteur (environ 0 m 141), ajoutée à celle du rebord (0m 221) donne la hauteur d'une assise ordinaire du mur : 0 m 3G2.
2° La distance qui sépare le lit de pose de l'encoche ménagée pour le levier sur la face postérieure des dalles du plafond est égale à la hauteur de ce fragment.
3° Une amorce du rebord, par quoi se continuait le bloc dont ce fragment provient, — et
bD
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qui est visible en a sur la fig. 18, nous autorise à opérer le rapprochement figuré sur la photographie. (La moulure de couronnement du fragment A est brisée.)
4° Le travail du marbre, piquetage léger, — est le même en a (fragment B) que sur la face supérieure de A; et ce détail est d'autant plus remarquable, malgré l'étroitesse de la surface a, que les faces antérieure et supérieure de B sont simplement épannelées, comme il est aisé de l'observer sur la photographie.
La hauteur totale, sinon l'épaisseur de cette assise, nous est donc connue. Reste à savoir ce qui la surmontait.
Or la façon dont est travaillée la face supérieure du fragment B ne permet pas que l'on y cherche le lit d'attente d'une assise de pierre. Mais il nous manque un témoin du reste de l'assise, — de la partie qui était située vers l'intérieur du sckos — ; l'on se retrouve, par contre, en terrain connu de l'autre côté du mur, avec les chapiteaux des colonnes engagées : il se trouve que la surface des abaques corinthiennes paraît bien n'avoir pas été travaillée pour recevoir le lit de pose d'un épistyle de marbre mais d'une architrave de bois, et celle-ci ne peut avoir supporté que le plafond de bois du sékos, — quelle qu'ait été d'ailleurs la forme de ce plafond.
On restituera donc, au-dessus du mur, une armature de bois, soutenant les poutres du toit, d'un toit vraisemblablement continu. Il faut, en tout cas, renoncer à élever, plus haut que l'assise de couronnement, un prolongement du mur de marbre, même diminué d'épaisseur, et qui serait couronné d'un chéneau que nous avons dû lui enlever déjà.
Le Plafond du Péristyle.
L'architecte de la Tholos adopta, pour le plafond du péristyle, les caissons en losange, inaugurés sans doute, par Ictinos à Bassae. En principe, dans les édifices de plan rectangulaire, la forme carrée des caissons résulte de l'entrecroisement des soffites et des traverses ; celles-ci n'ayant pas de raison d'être sur de petites portées, le losange introduisit une variante heureuse dans la décoration des plafonds : c'est aussi la figure qui s'accorde le mieux à la forme circulaire du nôtre. Les losanges, dont les angles sont de plus en plus aigus, à mesure qu'ils se rapprochent de la cella, sont construits sur des cercles concentriques et des rayons qui les traversent en diagonale, en sorte qu'ils convergent vers le centre de l'édifice. Il n'est pas douteux que cette décoration ait produit un effet beaucoup plus heureux que la riche mais laborieuse combinaison de trapèzes et de carrés qui ornait les plafonds de la Tholos d'Epidaure.
Comme il est de règle, chacun de ces caissons ou demi-caissons est encadré par deux moulures superposées et identiques ; elles sont en forme de talon, mais le profil en est plus relevé qu'à Tégée ou même qu'à Bassae.
Les bandeaux aux lignes brisées, qui courent entre les caissons, étaient décorés d'une double grecque, peinte sur le marbre, sans piquetage préalable. Quant à la surface encadrée et lisse des losanges, il semble bien qu'elle n'ait point reçu de décoration, si l'on excepte la rangée du milieu ' où brillait, au centre des caissons, une étoile à seize branches ; la gra-
1. Cette disposition a été retrouvée par M. Replat et respectée dans la reconstruction en plâtre de deux dalles du plafond, scrupuleusement exécutée par ses soins au musée de Delphes dès 1905. (Fig. 19.)
vure très profonde qui en dessine la forme est très irrégulière : la longueur des petites branches varie de 0 m 025 à 0 '" 0i2, celle des grandes de 0m 040 à 0m 062. Les branches sont en forme de fuseaux et l'intérieur en est strié ou quadrillé de traits profonds ou simplement creusé en biseau. Ce procédé inusité ' donne à croire que les étoiles étaient remplies de métal ou tout au moins d'une couleur assez épaisse pour dissimuler les inégalités de la gravure.
Le Seuil et la Porte.
Le seuil de la Tholos est, pour l'époque classique, avec ceux des Propylées de l'Acropole d'Athènes, l'un des mieux conservés et des plus intéressants que l'on puisse étudier2. Si l'on excepte, en elfet, ceux de quelques trésors ou édifices de petite dimension et d'ordre ionique, — trésor des Massaliètes et trésor de Siphnos par exemple, à Delphes, — l'on ne saurait guère signaler l'emploi du seuil de pierre, dans l'architecture grecque, avant le milieu du v° siècle. A. Egiue, l'encadrement de la baie de la porte était entièrement fait de bois, y compris le seuil ; de même à Delphes, au trésor d'Athènes ou au trésor dorique de Marmaria; et, chose plus curieuse, à Bassae même, dans la deuxième moitié du v° siècle. On peut dire qu'à cette époque, dans un édifice dorique, la porte, son encadrement et son seuil forment un ensemble indépendant, et qui comporte une technique constructive et une décoration spéciales. De cet ensemble, il ne reste que le seuil et, sur l'orthostate voisin, les encastrements destinés à recevoir la boiserie de l'un des piédroits de la porte.
Il n'est pas étonnant que l'on observe, dans le seuil de la Tholos, certaines particularités qui s'expliquent par l'emploi nouveau du marbre.
L'assemblage du seuil avec le mur est dissimulé par un couvre-joint, large de 0m 013, épais de 0m 018, qui s'applique contre l'orthostate à la manière d'une feuillure de menuiserie3. Un autre détail, peu satisfaisant à vrai dire, souligne l'indépendance de la décoration de la porte: c'est le raccord de la simple moulure dorique du seuil, — un cavet surmonté d'un talon — , avec le kymation lesbique des orthostates. La plinthe de calcaire bleu sombre étant arasée, sous le seuil, au niveau du dallage, la moulure du seuil se trouve de ce fait abaissée de 0m 05; actuellement, cette moulure est brisée aux deux extrémités, mais, si habile qu'ait été la transition imaginée par l'architecte, on ne pouvait pas ne point sentir la fâcheuse discontinuité des deux moulures.
Mais pourquoi la plinthe du mur fut-elle arasée devant la porte ? On a pensé, sans doute, que la saillie qu'elle forme sous les orthostates risquait d'être gênante en avant du seuil : il est évidemment plus facile, pour le franchir aisément, de poser le pied directement contre la moulure ; le seuil, en rapport avec les dimensions de la baie, était d'ailleurs d'une hauteur telle qu'il pût se passer de l'exhaussement de la plinthe.
1. L'étoile qui décore les caissons des Propylées, à Athènes, est très régulièrement dessinée : la surface des branches, soigneusement polie, se détache sur un fond légèrement piqueté.
2. Cf. Durm, Iiandb. der gr. Archit., p. 240, fig. 217, et Pomtow, l. I., p, 19j.
3. Ce couvre-joint fait songer à un détail analogue, imité aussi du travail du bois, que Daumet signale sur les vantaux d'une porte de tombeau en Macédoine (Heuzey et Daumet, Mis*, arch. de Macédoine, p. 230- 231 et pi. 21).
Fig. 21. — Fragments de l'architrave et de la frise du mur.
Fie. 22. — Le seuil et l'orthostat
ostate voisin.
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Haut de 0m382, il fut taillé dans un seul bloc de marbre blanc. L'arc de la face antérieure est long de 3 m 33, tandis que "la face postérieure, étant rectiligne, n'a qu'une longueur de 2m 802. La profondeur du seuil est de 1 m 390, dans l'axe de la porte.
A droite et à gauche du seuil, des rainures transversales ont été pratiquées pour recevoir les tableaux de bois de l'encadrement ' : les traces conservées, tant sur le seuil que sur l'orthoitate voisin, nous permettent d'en restituer, sinon la forme exacte et le décor, du moins l'épaisseur et la disposition.
Que les tableaux de la porte ne soient point perpendiculaires au mur de la cella et que les rainures destinées à la menuiserie tournent à angle aigu, on le comprend aisément : la baie a la même largeur sur toute sa profondeur, puisqu'elle est limitée, en plan, non point par des rayons, mais par deux lignes parallèles à l'axe de l'édifice, qui traverse le seuil en son centre. Un trait gravé le long de chaque rainure, à l'extérieur, indique que les tableaux de bois débordaient de 0 m 020 leur logement sur le seuil.
Les montants de son cadre réduisent à 2m 180 la largeur de la baie. Quelle en était la hauteur? Il faut la conjecturer d'après d'assez maigres données. Sauf un parpaing qui appartenait au piédroit de gauche, mais dont on ne saurait dire dans quelle assise il prenait place 2, aucun élément ne nous est parvenu qui appartînt aux parois de la baie. Il ne reste notamment rien du linteau. Heureusement, l'entablement qui couronne le mur nous imposp une limite certaine. Si nous plaçons le linteau immédiatement au-dessous de l'architrave en lui donnant, revêtement compris, une hauteur égale à l'épaisseur des jambages (environ 0 m 42), ce qui est normal, nous obtenons pour la baie une hauteur de 3"' 80 3. Ce chiffre, divisé par celui qui représente la largeur, ne donne pas une proportion tout à fait conforme au canon de Vitruve : 3,80 : 2,180 = 1,74 environ au lieu de 2. Mais le chiffre 2, purement théorique, n'a qu'une valeur de moyenne. Aux Propylées de l'Acropole d'Athènes, les trois différentes portes présentent trois rapports différents de la largeur à la hauteur : ils vont en diminuant de la plus basse à la plus haute, et celle-ci, qui joue, dans l'ensemble du monument, un rôle architectonique comparable à celui de l'unique porte de la Tholos, offre un rapport analogue: 7,378 : 4,185 = 1,70; de 1,70 à 1,74, la différence est minime. Pour obtenir un bon éclairage dans le sékos, il fallait en percer largement la paroi, dussent d'autres nécessités architectoniques, — hauteurs du linteau et de l'entablement, — ne permettre point de donner à cette ouverture toute la hauteur théoriquement souhaitable.
Est-il possible de restituer, avec quelque vraisemblance, la mouluration de l'encadrement ? Le parti pris nettement déclaré de s'en tenir à la formule dorique, hors le sékos, interdisait à l'architecte une décoration ionique. Il faut sans doute rétablir, en haut de la
1. Les parois de l'encastrement, sur l'orlhostate entaillé, sont simplement épannelées.