S.31 + S.32 PI. 43 et
GFB, n° 160, p. 92(83). GM, 34 pi. 18,n°18. Deux fragments se raccordant, complétés par des restaurations en plâtre. Sima faîtière d'un rampant droit conservée sur presque toute sa longueur, brisée à droite, et en bas. Argile rose, couverte crème. L. = 0,62. H. or. = 0,145. Profil corinthien : de haut en bas, un listel (H. or. = 0,015), un tore très saillant (H. or. = 0,05), un bandeau plat ; la base est brisée (H. probable = 0,015). Il n'y a pas de canal longitudinal. Le listel est décoré de rectangles alternativement rouges, noirs et crème (leur longueur varie de 0,024 à 0,032). Sur le tore, frise de lotus et palmettes, en crème sur fond noir (entraxe = 0,056). Les palmettes ont sept feuilles fines et bien détachées, le cœur a la forme d'un écusson renversé. Les pétales du lotus, unis à la base, se rejoignent au-dessus des palmettes. Le pistil est losange. Lotus et palmettes sont unis par des volutes minces (épaisseur = 0,035) en S très plat. Sur le bandeau vertical, même motif, mais renversé : sous chaque lotus, une palmette et vice-versa. Le décor est dessiné à main levée, sans qu'il soit fait usage du compas. Il y a quelques irrégularités, spécialement dans les cœurs des palmettes et les pistils des lotus, mais on n'observe pas d'inclinaison nette et régulière de l'ensemble du motif. A l'extrémité gauche, la tuile est taillée obliquement : la tranche fait avec le plan supérieur un angle de 70°. On en déduit la pente approximative du toit : 20°. Ce chiffre est relativement élevé ; à titre de comparaison, aux trésors de Cnide, de Siphnos, « éolique anonyme », d'Athènes et « dorique » (Marmaria), la pente1 est voisine de 15°. Sur la face supérieure, un E est grossièrement gravé : il s'agit d'une lettre de pose, indiquant que cette plaque, la dernière du rampant, était la cinquième. On en déduit la longueur minimum du rampant : 0,62x5 = 3,10. Ces données permettent de calculer la longueur minimum du fronton : L. = (3,10 Xsin 70°) x2 = 5,828 m., soit environ 20 pieds. Ce chiffre est évidemment conjectural. Mais il conviendrait très bien pour la largeur en façade d'un trésor2.
B — Antéfixes (reconstitution pi. 125).
Partie supérieure d'une antéfixe. Le noyau est fait d'une argile rose chargée en grains de tuileau ; au-dessus, on a une couche d'argile jaune-vert à grains noirs ; la couverte est en argile jaune-vert pure et fine. L. = 0,125. H. = 0,155. A l'arrière, traces d'arrachement du couvre-joint. Restes d'une palmette à sept feuilles larges au-dessus d'un cœur losange, rouge bordé de crème, de la spirale gauche, à œil rouge, et du bandeau central rouge bordé de noir. Dans le champ, à la naissance de la spirale, une fleur adventice à trois pétales.
Petit fragment d'antéfixe. Même argile, même couverte que ci-dessus. L. = 0,142. H. = 0,07. Il reste quatre feuilles de la palmette.
4. A.50 Fragment de palmette. Argile jaune, couverte crème. L. = 0,065. H. = 0,11. Le dessin est le même qu'en A.49, mais le relief est nettement plus faible : il s'agit probablement de la même matrice, mais elle avait été, cette fois, moins fortement pressée sur l'argile.
5. A.51 Fragment de palmette. Argile rose, couverte crème. L. = 0,133. H. = 0,122. Le moule est le même qu'en A.49. Il reste cinq feuilles et la naissance d'une volute.
(1) Cf. Mus. Delphes, 486.
(2) Le trésor de Cyrène a précisément 20 pieds en façade : cf. J. Bousquet, FD II, Le Trésor de Cyrène, 34.
Ve SIÈCLE 123
GFR, 157 (65). Partie inférieure d'une antéfixe munie de son couvre-joint. Argile jaune à grains, couverte crème. L. or. = 0,177. H. = 0,10. Décor : deux volutes en S, fines et allongées, terminées à leurs deux extrémités par des spirales centrées autour d'un œil rouge sur fond crème. Dans le champ, à la naissance de la spirale supérieure, une fleur adventice à trois pétales. Au centre, une petite fleurette renversée, peinte (et non moulée) à cinq feuilles sous un cœur en écusson, rouge, bordé de crème sur fond noir. On a pu raccorder exactement, sur frottis et estampage, A.42 et A.39, ce qui permet de reconstituer l'antéfixe dans son intégrité (pi. 125). En dehors même de l'identité des matrices, on peut noter plusieurs ressemblances : la couleur du fond et le fait que la peinture a parfois mordu sur les éléments en relief destinés à rester réservés.
7. F.22 Fragment de tuile faîtière. Argile jaune. L. = 0,08. H. = 0,095. Épaisseur
maximum = 0,035 à la base. Restes de peinture rouge sur la tranche. Il subsiste des fragments de trois feuilles latérales d'une palmette peinte, crème sur fond noir. L'allure générale des feuilles ressemble beaucoup à celle des antéfixes A.49 et A.50.
L'association de cette antéfixe avec S.31 est simplement possible. Je tiens les deux pièces pour contemporaines, mais rien ne permet d'affirmer que A.39 va avec S.31 plutôt qu'avec S.179-S.180 (série 49) ou avec S.114 (série 51).
Série 51.
Deux fragments se raccordant pour former l'extrémité gauche d'une tuile de rampant droit. Argile jaune à grains, couverte crème. L. totale = 0,415. H. or. = 0,178. Le profil comprend, de haut en bas, une baguette (H. = 0,023), un ove (H. = 0,06), un bandeau oblique rentrant (H. = 0,05) et enfin un bandeau saillant vertical (H. = 0,045). Le décor est crème sur fond noir. Sur la baguette, un astragale (entraxe = 0,03 à 0,032), sur l'ove et le bandeau une double frise de palmettes et lotus droits et renversés (entraxe = 0,055 à 0,06). La frise inférieure est presque totalement effacée. La palmette a neuf feuilles ; les pétales du lotus sont soudés à la base, et munis d'un rehaut brun figurant le calice ; le pistil est en losange. Sur le bandeau inférieur, traces de méandre. Quoique très épaisse (épaisseur maximum or. = 0,112), la sima ne possède pas de canal longitudinal. Le revers de S. 115 à gauche, est refouillé et forme un recouvrement antérieur de 0,105 de large.
2. S. 109 Fragment d'un haut de sima. Argile, profil et décor identiques à ceux de S.114.
L. = 0,185. H. = 0,085. Seule la baguette et l'ove sont conservés. L'examen du revers montre comment la sima a été façonnée : on a plaqué les uns contre les autres des paquets d'argile sans prendre la peine de rendre l'ensemble homogène ; le corps même de la sima est tout crevassé et fendu, et n'a aucune solidité. Cette facture négligée explique aussi l'absence de canal longitudinal.
3. S. 116 Fragment de la partie inférieure d'une sima. Argile et profil semblables.
L. = 0,17. H. = 0,105. Le décor, identique à celui des fragments précédents, est presque totalement effacé.
Sébie 52.
Angle inférieur d'un rampant droit. Peut-être à identifier avec JdF, 29 octobre 1893 : « Entre le mur inscrit ( = polygonal) et le temple, corniche ornée de palmettes sur trois
côtés ». GFH, n° 173, p. 95 (94), fig. 92-93. Argile jaune à grains, couverte crème. L. = 0,355. H. or. = 0,15. Profil : de haut en bas, une baguette brisée, un talon à saillie très accentuée (H. = 0,08). et un bandeau vertical en saillie légère (H. = 0,05). Décor : sur le talon, double frise de lotus et palmettes, droits et renversés, crème sur fond noir (entraxe = 0,038). Le lotus a les pétales serrés, réunis à la base et ne s'évasant qu'aux extrémités, et un pistil losange. La palmette a neuf feuilles minces et souples. Le cœur est noir, bordé de crème. Une volute mince réunit lotus et palmettes. Aucun des motifs n'est absolument perpendiculaire au lit de pose de la tuile : tous obliquent légèrement vers la gauche. Le bandeau inférieur en saillie porte un méandre double (entraxe = 0,068) à crochets noirs. Le carré central, bordé de rouge, a un damier à quatre carrés noirs et cinq carrés crème. La face latérale droite (L. = 0,133) porte un décor identique. Le soffite, enfin, est décoré sur une largeur exceptionnelle (au moins 0,105) d'une frise de lotus et palmettes du même style, mais légèrement plus grands (entraxe = de 0,065 à 0,067). Les lotus ont trois étamines au-dessus d'un cœur très effilé, rouge bordé de crème ; la palmette d'angle est inclinée à 45° par rapport à l'axe de la frise, et le champ libre entre elle et le lotus voisin est occupé, à droite et à gauche, par une petite palmette à quatre pétales entre deux volutes. La face supérieure de la tuile a été biseautée. Deux canaux longitudinaux traversent la sima, un sur chaque côté. A l'intérieur des canaux ont été recueillis des débris décomposés, peutêtre du bois. La face latérale se termine par une tranche verticale, munie d'un cadre d'anathyrose : une sima latérale venait sans doute s'y appuyer. Il faut cependant noter que le bandeau droit latéral est perpendiculaire au lit de pose, alors qu'on attendrait un angle aigu.
2. S.199 Fragment de sima. Argile jaune, couverte crème. L. = 0,21. H. = 0,075. Le haut de la sima a totalement disparu ; il subsiste seulement un fragment du soffite décoré de lotus et palmettes semblables à ceux de S.33.
Série 53.
Simas isolées.
Extrémité droite d'une tuile de sima latérale, probablement de profil corinthien. Argile rose pâle peu granuleuse, couverte blanchâtre. L. = 0,122. H. = 0,092. Il ne reste qu'un fragment du bandeau inférieur, qui fait ici avec le lit de pose un angle de 80° (ce qui donnerait pour le rampant du toit une pente d'environ 10°). Décor : une palmette renversée à sept feuilles, tracées de façon assez molle. A droite et à gauche, faibles restes du lotus dont les pétales sont doublés par une longue étamine. Bande rouge au lit de pose (largeur = 0,03). La tranche droite est coupée verticalement. L'arrière est brisé, mais on y distingue l'arrachement de la tuile plate, ce qui donnerait à la sima une épaisseur de 0,095 à ce point ; au-dessus, restes d'un canal longitudinal.
Petit fragment du bas d'une sima corinthienne. Argile jaune, couverte jaunevert. L. = 0,09. H. = 0,05. Il reste la baguette inférieure, brisée, et des fragments d'un lotus étroit, à pistil losange. La sima est relativement mince (épaisseur = 0,025).
Coin inférieur droit d'une sima. Argile jaune à grains, couverte crème, L. = 0,18. H. = 0,05. L. face décorée = 0,055. Au-dessus d'une baguette (H. or. = 0,015) décorée d'une triple frise de losanges allongés, alternativement noirs et rouges sur fond crème, restes d'un bandeau vertical décoré d'une frise de lotus et palmettes renversés ; le lotus est très ouvert, fin et effilé. Sur la tranche droite, l'ergot destiné au couvre-joint est mince et en faible saillie ; la face latérale est lisse, sans anathyrose. Bande rouge au lit de pose. Il s'agit probablement d'un fragment de sima latérale.
Ve SIÈCLE 125
Série 54.
Anîéfixes isolées.
Coin inférieur gauche d'une antéfixe munie de son couvre-joint. Argile jaune, couverte crème. L. = 0,125. H. = 0,07. Il reste une partie du pétale gauche du lotus, et l'extrémité en spirale de la volute gauche. La partie gauche de l'antéfixe adhérait à la tuile de rive aujourd'hui brisée.
Coin inférieur gauche d'une antéfixe. Argile jaune fine, couverte jaune très fine. L. = 0,065. H. = 0,09. Il reste l'extrémité de la volute gauche, mince, avec une spirale simple, enroulée vers le haut, autour d'un gros œil central, et l'extrémité du pétale gauche du lotus, crème souligné de noir. Entre eux, une feuille de remplissage, le tout en relief jaune sur fond noir. Au-dessous, un listel rouge en légère saillie (H. or. = 0,017).
B — Classement et chronologie des simas de profil corinthien décorées en « figure rouge » (clair sur sombre)
La révolution technique qui, vers 530, introduit dans le décor de la céramique le procédé à « figure rouge » a son équivalent exact, quelques dizaines d'années plus tard, dans le décor architectural. Nous avons vu qu'un bâtiment aussi important que le temple d'Athéna à Marmaria était encore, vers 500, décoré en « figure noire ». Ce décalage s'explique aisément : nous sommes à Corinthe, non à Athènes, et les artisans locaux ont certainement longtemps hésité à suivre la nouvelle mode1. Le nouveau procédé n'entraîne sur le moment aucun changement dans le schéma décoratif : on continue à peindre les mêmes doubles frises de lotus et palmettes alternés, droits en hauts et renversés en bas2. L'évolution des profils traduit, en revanche, quelque hésitation. On voit en effet se produire, avec S.31, un phénomène de retour en arrière : la moulure supérieure n'est pas un ove, mais un véritable tore, que l'on ne s'attend pas à trouver à cette date. Il s'agit, comme l'a noté L. Shoe, d'une résurrection du profil ancien, mais les proportions ont changé3 : le tore est proportionnellement beaucoup moins développé par rapport à la hauteur totale de la sima. Le dernier avatar du profil corinthien est représenté par la sima S. 114 : au bas du bandeau principal, apparaît un second bandeau en légère saillie, portant un méandre, Cet élément se comprend très bien dans le cas d'un profil en talon continu, comme S. 33, où la moulure a besoin d'être soulignée, et appelle en quelque sorte une base. Au contraire, dans le cas du profil corinthien, cette adjonction donne un profil
(1) Pas autant, toutefois, que les potiers : ceux-ci n'auraient commencé à imiter la céramique attique à figure rouge que vers 400 (R. M. Cook, Greek Painled Pollery, 189). Inversement, on note qu'à Athènes les simas décorées en « clair sur sombre » font leur apparition dès la fin du vie siècle ( (E. Buschor, TdA I, 23-24, simas 10 et 11).
(2) Athènes se montre en l'espèce encore plus conservatrice que Corinthe puisque, dans le style qui lui est propre, elle continue à utiliser le schéma jusqu'à la fin du ve siècle (E. Buschor, TdA I, 44 :1a dernière sima à double étage est la sima XXII datée d'environ 400).
(3) GM, 34, pi. 18 n° 18.
en ligne brisée, dont l'effet est peu harmonieux. Il s'agit du reste d'un compromis sans lendemain : avec S. 33, le talon, encore très droit et saillant, s'impose définitivement.
D'une façon générale, le style « corinthien à figure rouge » ne semble pas avoir été très répandu. En dehors de Corinthe et de Delphes, je n'en connais qu'une imitation provinciale, en l'espèce un fragment de profil semblable, trouvé par L. Heuzey à Héraclée d'Acarnanie, mais décoré d'une seule frise de lotus et palmettes droits1. A Corinthe même, la sima S.252 est le pendant exact de S. 179 à Delphes, à croire que les deux pièces ont été peintes par la même main ; Corinthe S. 27-27a3 serait plus proche de Delphes S.31-S.32. Quant aux antéfixes, il n'est pas possible de prouver formellement qu'elles étaient associées à ce type de sima. Mais, typologiquement, elles leur correspondent étroitement : ce sont les premières transpositions en clair sur sombre des antéfixes à lotus et à volutes du vie siècle : les feuilles des palmettes ont la même raideur et la même sévérité. Un bon exemple de ce passage d'une technique à l'autre est donné par les deux antéfixes de Calaurie4. On pourrait encore rattacher au même groupe une antéfixe d'Argos5, une antéfixe et une tuile faîtière de l'Héraion voisin6, et quelques antéfixes de Corinthe7. D'autre part, la persistance du schéma à palmettes et volutes sans lotus (type A.39-A.42, toit 50) est attestée par l'antéfixe en marbre peint du temple d'Aphaia à Égine, daté de 495-4858, et par une antéfixe de Calydon9.
Il n'existe pas, à l'intérieur de ce groupe, de point de repère qui permette d'en fixer la chronologie absolue. Le temple en tuf de Marmaria nous donne un terminus post quem et permet de faire coïncider le début de la série et celui du ve siècle. En revanche, je ne crois pas que les premiers profils en talon, du type de la Lesché de Cnide (ci-dessous
(1) L. Heuzey, Le Mont Olympe el VAcarnanie, 382; E. Pottier, Mon. Piot 6 (1899), 135-136. GFR, 3 et 92 (82) n° 159, fig. 2.
(2) Corinlh, 24 fig. 22, 73. GFR, 90 (76) n° 153.
(3) Ibid. 23, fig. 21 et 69. Cf. aussi S. 28 p. 23 fig. 19.
(4) S. Wide et L. Kjellberg, AM 20 (1895), 272 fig. 4 et 5 ( = G. Welter, Troizen und Kalaureia, 44, pi. 31, b et c) ; GFR, 42, 151 (35) et 155 (56), pi. VI fig. 16 ; Koch, 87. C. Weickert, Typen der archaischen Architektur, 149-150. Les deux antéfixes sont presque jumelles. Weickert les compare aux « vases bilingues » et pense que, appartenant à un toit unique, elles alternaient sur les longs côtés du bâtiment. Van Buren estime au contraire que, bien qu'elles soient, sur le plan chronologique, très voisines, elles appartiennent à deux couvertures distinctes. Il n'est guère possible de trancher en faveur de l'une ou l'autre hypothèse ; je ne connais aucun autre exemple de décor « bilingue », mais cela ne prouve rien : à toutes les époques, il arrive en effet que le décorateur joue de l'alternance des couleurs (cf. ci-dessus la sima de Corfou, toit 27, et ci-dessous les antéfixes des séries 85 et 86). D'autre part, les deux antéfixes présentent, malgré tout, quelques différences : l'antéfixe décorée en « figure noire » a une palmette plus fine, avec la feuille centrale dominant nettement les autres. Sur l'antéfixe en « figure rouge » les pétales du lotus sont plus élancés, et le pistil est remplacé par trois petites étamines. Ces variantes n'impliquent pas forcément un décalage chronologique. Elles indiquent simplement que les deux antéfixes ne sortent pas du même moule. Mais, là encore, on ne peut en tirer de conclusion : il n'y aurait rien d'étonnant à ce que l'exécution d'une série ait été partagée entre plusieurs artisans. En fait, l'intérêt de ces antéfixes est ailleurs : on a vu que la palmette la plus fine et la plus allongée est celle de l'antéfixe en « figure noire », qui est soit légèrement plus ancienne que l'autre, soit sa contemporaine. Il y a là une confirmation de ce qui a été dit ci-dessus p. 109 : à la fin du vie siècle on trouve simultanément des palmettes plus ou moins lourdes ou plus ou moins fines, sans que ces variantes aient une signification chronologique.
(5) W. Vollgraff, Le sanctuaire d'Apollon Pylhéen à Argos, 18, fig. 14.
(6) Ch. Waldstein, The Argive Heraeum, I, pi. 23 b et 23 h, p. 130.
(7) Corinlh, A. 6 et A. 8, 13 fig. 6 et 7 ; A. N. Stillwell, Corinlh XV, 2, The Potiers' Quarler, The Terracottas, 281, n<> 62, pi. 58.
(8) A. Furtwângler, Aegina, pi. 47, p. 40-41. Sur la date du temple cf. W. B. Dinsmoor, Architecture of Ancient Greece2, 105-107.
(9) Laphrion, 193 et pi. 24, E.
toit 56), soient postérieurs à la disparition des profds corinthiens. Au contraire, il semble bien que les deux types ont coexisté pendant quelques années. Le profil de S. 114 (série 51) ne constitue pas en effet une transition entre le type corinthien et le type à talon, mais un compromis entre ces deux formes, qui tente de conserver les traits essentiels de l'une (le tore supérieur) et de l'autre (le bandeau inférieur en saillie). Il en va de même pour S. 33. L'examen du décor corrobore cette hypothèse : les lotus de S.33 sont nettement plus évolués que ceux de la Lesché de Cnide, et se rapprochent de ceux de S.44 (toit 58). En revanche, le décor de S. 114 est très proche de celui de la Lesché : le méandre a fait son apparition sur le bandeau inférieur, et la frise de palmettes et lotus a la même sévérité. Enfin, les lotus très ouverts et les palmettes encore raides de S. 31 révèlent une antériorité certaine, plus nette encore pour S. 179. Finalement, je placerais S.179 (série 49) autour de 490 ; S.31 (toit 50) entre 490 et 480 ; S.114, à peu près à l'époque de la Lesché, c'est-à-dire vers 470, et enfin S.33 (série 52), dans le second quart du siècle, mais plutôt vers 460 : à cette époque, le profil de cette sima n'est plus qu'un anachronisme ; ses faibles dimensions montrent qu'elle devait appartenir à la couverture d'un petit édifice.
Dans un tout autre ordre d'idées, je ne voudrais pas achever l'examen de ces toits du début du Ve siècle sans évoquer le problème de la couverture du trésor des Athéniens. Pour deux monuments dédiés par Athènes dont nous avons probablement la toiture, l'« ancien trésor » (série 26) et le Portique (série 66), les antéfixes sont de style purement attique, tranchant sur la masse de la production corinthienne. Il n'est pas pensable que la couverture du Trésor ait failli à cette règle et n'ait pas été, elle aussi, de style attique. Or, aucun des fragments en terre cuite que l'on peut assigner au début du Ve siècle (ou même à la fin du vie, si l'on adopte la date haute), ne peut être attribué aux ateliers d'Athènes. Je suis donc amené à confirmer sur ce point l'opinion de J. Audiat1 : la couverture du Trésor, tout au moins en ce qui concerne les simas, et, éventuellement, les antéfixes et tuiles de rive, était très probablement en marbre.
C — La fin du style sévère : profils en talon raide
Toit 55.