‹ Fouilles de Delphes (volume 4)Chapitre 116 sur 257 · P.16 PI · texte numérisé non relu

P.16 PI

Inv. 5453. J. Pouilloux, FD II, La région Nord du sanctuaire, pi. 70, 7, à droite.

Coin avant gauche d'une tuile plate. L. = 0,45. H. = 0,07. Profondeur = 0,285. Mêmes caractéristiques que ci-dessus. Restes, à l'avant et au revers, de la gouttière destinée à recouvrir l'arrière de la tuile suivante (largeur = 0,035).

22. P.23 Inv. 5453 ; marqué « Knidier ». J. Pouilloux, o. c, pi. 70, 7, à gauche. Trouvé

dans la Lesché. Coin avant droit d'une tuile plate. Même argile et mêmes caractéristiques que P.16. L. = 0,43. Profondeur = 0,38. H. = 0,07.

Malgré le nombre de fragments recueillis, il n'a pas été possible de recomposer entièrement une tuile plate, ni même d'en retrouver la profondeur exacte. On en est donc réduit à déterminer les proportions par le calcul : chaque tuile, on le sait, s'amincit d'avant en arrière ; connaissant l'épaisseur de la tuile à chaque extrémité, on devrait théoriquement, en calculant le coefficient d'amincissement, pouvoir déterminer la profondeur de la tuile. En fait, les tuiles ne sont pas fabriquées de façon uniforme; le coefficient d'amincissement varie considérablement d'une pièce à l'autre. Il est de 1/25 en P.8, et de 1/43 en P.16. En supposant une épaisseur égale aux extrémités postérieures de chaque tuile, on aboutirait à une longueur théorique de 0,35 (pour P.8) et 0,80 (pour P.16). Seule reste donc possible la méthode des moyennes : en partant du coefficient d'amincissement moyen (calculé sur six fragments), soit 1/33,5 ; de l'épaisseur moyenne à l'avant de la tuile (calculée sur trois fragments), soit 0,064 ; et de l'épaisseur moyenne à l'arrière de la tuile (calculée sur deux fragments), soit 0,047, on aboutit à la formule suivante :

Profondeur = — - — = 569, soit environ 0,57 m. Bien entendu, ce résultat

ne donne qu'un ordre de grandeur. On peut cependant remarquer que, par une coïncidence encourageante, la sima intacte S.90 (toit 81) a une profondeur de 0,54 : on admettra donc pour les tuiles de la Lesché des dimensions voisines.

Pour terminer, quelques fragments de couvre-joints complètent ce que l'on sait de ce toit (numéros CJ.3, CJ.6 et CJ.8). CJ.6 et CJ.8 sont liés à une tuile plate. CJ.3 est indépendant. En voici la description :

23. CJ.3 Deux fragments se raccordant d'un couvre-joint indépendant, non soudé à une

tuile plate. J. Pouilloux, FD II, La région Nord du sanctuaire, pi. 70, 6. Argile jaune à très gros grains. L. or. = 0,195. H. or. = 0,08. Profondeur = 0,41. Longueur or. du rampant = 0,107.

Il est aussi sûr qu'on peut l'être en pareille matière que ce toit est celui de la Lesché de Cnide. Tous les éléments dont la provenance est connue (et ils sont, par exception, relativement nombreux) proviennent de la Lesché même ou de ses abords immédiats. S'ils n'appartenaient pas au toit de ce monument, il faudrait supposer qu'ils ont été systématiquement transportés d'un autre secteur du sanctuaire pour être remployés dans le remblai de la Lesché. Mais, en pareil cas, on aurait dû trouver des éléments de ce toit ailleurs : on reconnaît en effet un toit « désaffecté » à la dispersion de ses éléments. D'autre part, bien que de nombreux fragments provenant de toits divers aient été recueillis près de la Lesché1, il n'est pas possible d'y retrouver un second groupe aussi cohérent et bien représenté que celui-ci. Cet ensemble se présente comme un toit normal à deux versants, avec simas sur les frontons et tuiles de rive sur les longs côtés. Ce manque d'originalité pourra surprendre. On sait en effet que la Lesché renfermait des peintures dues à Polygnote de Thasos2. La nécessité d'assurer à ces œuvres un éclairage qui permît de les admirer a conduit É. Bourguet à supposer que le bâtiment recevait le jour par une ouverture pratiquée dans le toit3. On aurait donc eu, ou bien un toit à noues (la Lesché se présenterait alors comme un édifice à péristyle intérieur), ou bien un lanterneau. Mais il faut bien dire que rien, dans l'état actuel de notre documentation, ne justifie cette hypothèse. Le toit est, on l'a vu, à deux versants, et aucun fragment ne permet de supposer l'existence d'un lanterneau. Si donc il y avait dans la Lesché une disposition particulière qui laissait entrer à flots la lumière, ce n'est pas dans le toit qu'il faut la chercher4.

(1) Cette densité de terres cuites architecturales a été notée par les derniers fouilleurs : L. Lerat, BCH 59 (1935), 276 ; J. Pouilloux, o. c, 122 et BCH 74 (1950), 325-326.

(2) Cf. J. Pouilloux, o. c, 139.

(3) E. Bourguet, DA, s. v. Lesché. Id., Ruines de Delphes, 274.

(4) J'ai donné un résumé de ces conclusions dans l'ouvrage déjà cité de J. Pouilloux, 132. La solution la plus vraisemblable est indiquée par R. Martin, RE G 75 (1962), 239 (Compte rendu de l'ouvrage de J. Pouilloux) : « L'auteur repousse avec raison l'hypothèse d'un dispositif hypèthre ; c'est dans les ouvertures du mur Sud qu'il faut évidemment chercher les sources de lumière nécessaires à cette galerie célèbre par les peintures de Polygnote ».

Ve SIÈCLE 133

Série 57.

Extrémité droite d'une tuile de rampant gauche. Argile jaune, couverte crème. L. = 0,30. H. or. = 0,155. Profd : de haut en bas, un listel, un talon fortement saillant, un bandeau en saillie légère. Décor très endommagé : sur le listel, un astragale (entraxe impossible à déterminer), sur le talon, frise de palmettes et lotus (entraxe = 0,06). Les palmettes ont neuf feuilles assez écartées les unes des autres, légèrement retombantes, au-dessus d'un cœur en écusson renversé, rouge bordé de crème. Le lotus est convexe à la base et évasé vers le haut. En dessous partent deux volutes qui se terminent sous les palmettes voisines par des spirales opposées. Sur le bandeau, méandre simple : crochets noirs, carré à damier noir et cadre rouge. Au sofïite, une mince bande rouge.

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