L. = 0,245. H. max
32. CJ.2 Partie antérieure d'un couvre-joint associé à une tuile plate, cette dernière se
détachant vers la droite. Argile et technique identiques. H. hors tout or. = 0,12. H. or. du rampant = 0,08. L. or = 0, 138.
Par le nombre des éléments intacts, ce toit est le mieux conservé de tout l'ensemble delphique. Aussi, il a été possible de présenter la reconstitution d'une sima normale
(pi. 130), de la sima d'angle (pi. 131), de l'antéfixe avec sa tuile de rive (pi. 132), de la tuile faîtière (pi. 133) et de la tuile plate avec son couvre-joint (pi. 134). Le montage est des plus classiques : outre les systèmes d'emboîtage et de recouvrements habituels, on notera l'usage des chevilles : une au moins à l'arrière de chaque tuile plate, et une sous chaque antéfixe. L'ensemble, déjà très pesant, devait avoir toute la rigidité souhaitable. Les stries parallèles que l'on observe au lit de pose sont sans doute destinées à prévenir le glissement de la tuile sur la surface portante. Il faut relever à ce propos que, si l'on note au lit de pose des traces de sable, il n'y a, en revanche, aucun reste d'argile : les tuiles reposaient donc sans doute directement sur les lattes, comme il arrive fréquemment1.
La date de ce toit peut être fixée aisément par comparaison avec le toit du portique Sud de Corinthe, publié par 0. Broneer2, et avec celui de l'Asclépieion de la même ville3. Les ressemblances sont telles que l'on peut tenir pour assuré que ces différents ensembles sortent du même atelier et sont, à peu de chose près, contemporains. Or, l'Asclépieion de Corinthe date au plus tard de 300 av. J.-C, d'après l'examen des dépôts votifs. Quant au portique Sud, sa construction se place entre 337 (fondation de la ligue de Corinthe) et 323 (mort d'Alexandre) ; cette « fourchette », déterminée par Broneer, paraît sûre. Sa précision nous permet de hasarder une hypothèse sur la localisation du toit 81. En effet, à cette époque, les Delphiens construisent leur gymnase. Ce bâtiment est mentionné pour la première fois dans le compte de Damocharès/automne, si du moins l'on adopte une restitution très vraisemblable due à Bourguet (date : 334/3)4. Par la suite, le gymnase est pourvu d'un épimélète, Charès d'Athènes, qui, sous l'archontat de Caphis (327/6) surveille l'installation d'une conduite d'eau5. Comme le fait remarquer J. Jannoray, la construction du gymnase est sans doute, à ce moment, assez avancée6. On retrouve le même épimélète sous l'archonte Charixénos7 (326/325), puis sous Archétimos (320/319 ou 319/318)8, et enfin, d'après un fragment inédit (inv. 7202) qui m'a été signalé par Mr J. Bousquet, sous Dioclès, prédécesseur ou successeur d'Archétimos. Dans ce dernier texte, il est encore question des canalisations.
La « fourchette » chronologique pour la construction du gymnase a donc pour termes les années 334 et 319 au maximum. On admettra même volontiers que le gros œuvre était terminé bien avant cette dernière date ; en effet, après l'archontat de Caphis (326/327), le sanctuaire traverse une grave crise financière dont le point culminant
(1) Cf. A. Trevor Hodge, The Woodwork of Greek Roofs, 60-65.
(2) O. Broneer, Corinth I, 4, The South Sloa, p. 83-88 et 94-99, pi. 19-22.
(3) Cf. J. J. Coulton, « The Stoa by the Harbour at Perachora », BSA 59 (1964), 127 et fig. 13. C Roebuck, Corinlh XIV, The Asklepieion and Lerna, 137-138. Les mêmes éléments de comparaison permettent à Coulton de dater, avec beaucoup de vraisemblance, la stoa de Perachora du dernier quart du ive siècle.
(4) FD III, 5, n° 48, col. I, 1. 32-39, et p. 178. On a une liste de techniciens travaillant au gymnase, et peut-être aussi à l'hoplothèque, avec le montant des indemnités qui leur sont versées. Cf. aussi J. Jannoray, FD II, Le gymnase, 83 n. 1.
(5) FD III, 5, n° 58, 1. 36-39 et p. 226-227.
(6) J. Jannoray, o. c, 82.
(7) FD III, 5, n° 60 A, 1. 10 à 14, avec d'importantes restitutions empruntées au compte n° 58. Sur la date de Charixénos, cf. J. Pouilloux, BCH 75 (1951), 297.
(8) FD III, 5, n° 78, 1. 20-22 et p. 276-277. La date a été établie par les dernières recherches de Mr P. de La Coste-Messelière, qui a bien voulu m'en communiquer les résultats.
se trouve sous l'archontat de Théon (323/322)1. On peut douter que l'administration delphique ait pu, avec les faibles moyens dont elle disposait alors, faire faire au gymnase des travaux importants. On admettra donc, avec J. Jannoray, que l'essentiel de la construction a du être mené à bien entre 334 et 326. Après, il s'agit plutôt d'aménagements.
De toute façon, la coïncidence entre la date du toit 81 (337/323) et celle du gymnase (334/326 ou 319) est trop frappante pour que l'on ne soit pas tenté de les mettre en rapport : il est au moins possible que le toit 81 ait recouvert le gymnase. Sans doute, l'hypothèse reste invérifiable : aucun des fragments importants du toit 81 ne porte la moindre indication de provenance. D'autre part, les comptes nous apprennent que, sous Damocharès (en 334)2, puis sous Dioclès (vers 320)3, on travaille également à l'hoplothèque. Mais ce dernier édifice est encore trop mystérieux (nous ne connaissons ni son emplacement, ni, a fortiori, ses dimensions) pour qu'on puisse le faire entrer en ligne de compte. Dernière objection : le seul fragment retrouvé par J. Jannoray au cours des sondages qu'il a pratiqués dans la terrasse supérieure du gymnase appartient à une série différente, nettement plus tardive (A.187, Série 86,12, Inv. 6056)4. Mais, si cette pièce isolée appartient bien au gymnase, ce qui est loin d'être sûr, elle a dû faire partie de la couverture du xyste, ce qui laisse entier le problème de la couverture des bâtiments de la terrasse inférieure.
Toit 82.
A — Tuiles de rive.