‹ Fouilles de Delphes (volume 4)Chapitre 185 sur 257 · PAR · texte numérisé non relu

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Jean DUCAT

Les fragments de sculpture décorative en terre cuite trouvés à Delphes ne se laissent que malaisément et toujours hypothétiquement rapprocher de « toits » connus. En effet, les numéros d'inventaire font le plus souvent défaut1, ainsi par conséquent que toute indication de provenance. Or, c'est la provenance qui serait le premier critère objectif permettant de regrouper les fragments. On sait qu'à Delphes les objets ont beaucoup « voyagé », dévalant en général la pente rapide du sanctuaire, et quelquefois aussi la remontant ; mais il n'en est pas des sculptures en terre cuite comme de celles de marbre : elles ne sont guère utilisables comme matériau de construction, et ont dû dans beaucoup de cas s'enfouir là où elles étaient tombées2. Malheureusement, ces fragments, en général pauvres et dispersés, n'ont pas toujours reçu beaucoup d'attention ; ou bien — et il semble que ce soit le cas le plus fréquent — des numéros d'inventaire mis au moment de l'entrée au Musée se sont effacés depuis.

Un cas fait exception : celui des fragments trouvés près du temple d'Athéna à Marmaria, « entre le mur polygonal du fond et le temple de pôros », dit l'inventaire du Musée (A. Contoleon), qui précise : «Tous ces fragments3 ont été trouvés vers le coin Nord-Est du Temple de pôros, les uns dans le temple, les autres à l'extérieur, mais près des colonnes »4. Appartiennent à cet ensemble les numéros 4353, 4358, 4364, 4370,^4371, 4376, 4377, 4379. Malheureusement, parmi tous ces numéros, un seul s'est conservé, le 4379. Pour certains autres fragments, on dispose toutefois d'un indice sûr : il s'agit de la planche XXX des Sculptures Grecques de Delphes (ici : Album), qui a été composée et titrée par Homolle lui-même5. De toute façon, l'exception de Marmaria n'est pas aussi

(1) Sur 70 fragments, 9 seulement ont conservé leur numéro d'inventaire.

(2) Ce qui ne signifie pas pour autant : tout près de leur lieu d'origine.

(3) Il y a toutefois, ici encore, un doute. Le texte dit ôXoc xà ucôpiva àvTixeî|i.eva alors qu'il s'agissait quelques lignes plus haut de 7rr)Xiva. Il doit d'agir d'un lapsus entraîné par la proximité de Trojpivoç vaéç.

(4) Ces indications reprennent celles du Journal de Fouilles, période du 11 juillet au 7 août 1901, p. 571 sqq.

(5) Renseignement communiqué par P. de La Coste-Messelière. — Les indications du Journal de Fouilles sont également précieuses, mais trop souvent ambiguës, quand elles ne sont pas accompagnées de croquis. Toutefois, les descriptions et les dimensions qu'il donne ont permis de restituer à un certain nombre de fragments leur numéro d'inventaire ou leur provenance : de façon sûre pour 2, 3, 8, 9, 16, 31, 60, 70 ; possible pour 11, 38 ; très douteuse pour 19. C'est aux carnets de fouilles de P. de La Coste-Messelière que je dois l'identification, assurée, de 44.

nette qu'il semblait, et certains fragments demeurent douteux, alors qu'une indication de provenance eût été décisive.

Dans ces conditions, le plus prudent était de publier à part, dans le fascicule des terres cuites architecturales, tout ce qui est décoration plastique, sauf les gargouilles. Il n'est d'ailleurs pas évident a priori que tous ces fragments proviennent de la décoration d'édifices : de même qu'à Halai, Olympie et Corinthe, l'existence d'ex-voto indépendants et de grandes dimensions en terre cuite, sans être absolument démontrée, ne peut être exclue. Un argument toutefois paraît militer à Delphes pour l'interprétation de ces sculptures comme architecturales : c'est le peu de variété dans les objets représentés (essentiellement : Nikès, Amazones?, guerriers, sphinx, chevaux), et le fait que ces types sont attestés par ailleurs comme ayant décoré des édifices, soit sous forme d'acrotères, soit dans les sculptures des frontons1.

On notera enfin qu'à une exception, seulement possible, près (n° 66), tous ces fragments sont archaïques, et que terre et technique permettent d'affirmer dès l'abord leur origine corinthienne.

Bibliographie

Notre but n'est ici que de présenter et d'illustrer les fragments trouvés à Delphes. Des références à des trouvailles d'autres sites ne seront donc fournies que dans la stricte mesure où elles peuvent contribuer à la compréhension exacte d'un fragment, qu'il s'agisse de le dater ou plus simplement de l'identifier. De ce point de vue, les publications les plus utiles sont les suivantes :

Publications de sites.

— Calydon.

Dyggve-Poulsen, Das Laphrion, p. 135 sqq. Abréviation : Calydon. Rhomaios, Képa^ot, -njç KaXuSûvoç, p. 39-80.

— Corinthe. S. S. Weinberg, Hesperia 1957, p. 289 sqq. Abréviation : Weinberg.

— Halai. H. Goldman, Hesperia 1940, p. 443 sqq. Abréviation : Goldman.

— Olympie.

Olympia III p. 34-44, pi. VII-VIII.

Kunze, III Olympiabericht, p. 110-132.

Kunze, 100. Winckelmannsprogram, p. 27-50. Kunze, V Olympiabericht, p. 103-127.

Kunze, Deltion 17, 1961/2, pi. 142-143.

Études.

Pour la décoration plastique en terre cuite en général, on ne peut se référer qu'à Van Buren, Archaic Fictile Revelmenls. Mais on dispose heureusement sur Corinthe des solides études de Payne [NC, p. 248-262) et Weinberg (l. c).

(1) Il n'est pas nécessaire de citer d'exemple de Nikè ou de sphinx. Pour les chevaux, ils sont présents dans de nombreux frontons archaïques (attelages) ; ils peuvent figurer aussi comme acrotères, soit seuls (du moins en Grande-Grèce), soit montés par des cavaliers ou des cavalières (trésor des Athéniens). Les Amazonomachies sont bien attestées comme sujets de frontons : cf. à Corinthe, Weinberg n° 8.

Bibliographie des terres cuites architecturales de Delphes.

Les sculptures en terre cuite de Delphes sont pratiquement inédites. Seules les Nikès de Marmaria ont une bibliographie relativement abondante. Van Buren, Payne1 et Weinberg2 semblent avoir vu de nombreux fragments, mais ne font évidemment allusion qu'à quelques-uns.

Les planches XXX et XXXI de l'Album présentent nos fragments 1, 22 ; 2, 3, 4, 6, 10 ; plus deux exemples de coupes de la terre, au vrai assez confus. Ces planches, en couleurs, n'ont pas été distribuées dans tous les exemplaires.

Deonna, Les statues de terre cuite en Grèce, 1906, p. 40-43, donne des terres cuites de Delphes la liste la plus complète qui en ait été publiée. On trouvera ici, à propos de chaque objet identifié, la référence à cette liste. Mais certains objets semblent avoir disparu. Ce sont :

9. Fragment de plinthe avec la partie antérieure d'un pied gauche humain.

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