‹ Fouilles de Delphes (volume 4)Chapitre 221 sur 257 · Sans numéro. PI · texte numérisé non relu

Sans numéro. PI

Patte antérieure.

Patte munie d'un boulet, et, à l'opposé, d'un ergot. Sous le boulet, sur un quart de la circonférence, vers l'extérieur, sont disposés 4 sillons délimitant autant de tendons (un par doigt).

Au-dessus de l'ergot, du côté externe également, se trouve une arête de chair très prononcée, correspondant au tendon du cinquième doigt. Tout en haut se trouvent deux sillons moins marqués, en V. L'ergot est peint en noir ; le reste est réservé. La surface a une couleur ivoire légèrement rosé ; l'intérieur est rougeâtre.

Le membre est sur toute sa longueur percé d'un canal de 1 cm de diamètre, au tracé légèrement courbe.

Longueur 14,4.

Diamètre inférieur de 4 à 4,9.

A part l'extrémité inférieure, cette patte ressemble beaucoup à une patte de cheval ; il en est de même à Corinthe (Weinberg 33)1.

La terre a bien le même aspect que dans les nos 40-42 ; mais on a quelque mal à imaginer que cette patte, très soignée plastiquement, puisse se rattacher à l'épaule 42.

Tous ces fragments, s'ils vont ensemble, reconstituent un sphinx d'assez grande taille, fait d'une terre rougeâtre, assez soigné plastiquement (le style des pattes est bon) mais décoré d'une façon un peu hâtive. La terre et la technique évoquent Nikè III.

Fragments isolés.

44. N° inv. 7987 (aujourd'hui effacé) ; trouvé par P. de La Coste-Messelière dans la fouille de l'« Hermeion » entre le 11 et le 23 juin 1923 (cf. BCH 1923, p. 518-519). PI. 94.

Fragment d'aile droite, sans doute assez près de sa naissance. On y voit une partie de la zone des grandes plumes et l'amorce de celle des écailles. Les deux zones sont séparées par un

(1) On comparera aussi la patte de cerf FD IV 3, p. 34, flg. 9, n° V. P. de La Coste-Messelière a fait remarquer que ces membres de cerfs étaient en réalité la transcription de pattes de chevaux (/. c, p. 36, n. 7 et 9).

Fig. 4. — Fragment 44. En pointillé, tracé de l'arrachement au revers.

ressaut, qui suit la limite inférieure de la bande frontière. En bas se trouve conservé sur 5 cm le bord, rectiligne, de l'aile.

Les écailles étaient de grande taille (longueur 2 cm) ; le centre est rougeâtre, le contour noir, assez négligemment tracé.

La limite entre les deux zones est figurée par une bande rouge ornée tous les 2 cm d'un cercle réservé (diamètre 6 mm). Elle est bordée de fdets réservés, puis de traits noirs. Elle est presque droite, mais l'on voit aux deux extrémités l'amorce des deux courbes inverses.

Les plumes de la première rangée sont dessinées au trait noir. Celles de la deuxième rangée ont la partie médiane (largeur 1,1) rouge, le reste réservé, et le contour au trait noir.

La terre comprend d'abord une couche d'argile, épaisse de 1 cm (en deux épaisseurs, l'une ivoire, l'autre plus brune), très fine ; à l'intérieur, elle est jaune-rosé, dure, fine également.

Le revers est brut. On y voit l'arrachement de la partie du dos comprise entre les deux ailes, avec la couverte d'argile fine sur une seule face (fig. 4).

Hauteur 13,5.

Longueur 12.

Épaisseur : corps 3 ; aile 1,7.

On pourrait songer à rapprocher ce fragment de ceux qui ont été attribués au sphinx IV, notamment de 42 à cause de la forme des écailles ; mais la terre est très différente (jaune et non rougeâtre), et les écailles sont bicolores (intérieur rouge, contour noir), alors qu'en 42 elles sont monochromes.

Il s'agit donc d'un autre sphinx, où il y a peu de détails plastiques, mais dont la décoration peinte paraît très soignée. Elle ressemble beaucoup à celle de Weinberg 33, qui toutefois n'a pas les points réservés sur la bande séparant les écailles des plumes.

Les circonstances de la trouvaille peuvent donner quelques indications sur la date de ce fragment. Il provient en effet d'un remblai (« mélange d'éclats de schiste, de poudre de pôros jaune et de tessons », dit le rapport de P. de La Coste-Messelière : c'est, typiquement, l'aspect du remblai antique) contenant, avec quelques fragments de skyphoi protocorinthiens à files de hérons, une masse de tessons corinthiens (de style corinthien moyen ou récent) et attiques (« petitsmaîtres » et « corinthianisant »).

Ce remblai était recouvert d'un « béton » d'époque romaine. C'est au contact de ce béton qu'ont été trouvés les seuls objets non archaïques : fragment inscrit « de la fin du ive s. » ; relief hellénistique publié par J. Marcadé, Mon. Piol 50, p. 42, fig. 23. On a également trouvé à un endroit indéterminé un flacon de verre d'époque romaine. Je ne pense pas que ces intrusions puissent jeter de doute sérieux sur la date du remblai dans son ensemble ; on peut donc raisonnablement affirmer que notre fragment n'est pas postérieur à 540 environ.

Fragment d'aile gauche. On distingue :

— en haut, à gauche, l'extrémité de la première rangée de plumes. Elles sont réservées (couleur jaune très clair, vif), avec un filet orange au milieu, et se détachent sur un fond noir mat ;

— ailleurs, les grandes plumes. Elles sont alternativement oranges et noires ; le filet central et la bordure sont toujours réservés. Elles ont entre elles une très légère différence de niveau (de l'ordre du demi-millimètre), chacune recouvrant comme il est normal sa voisine du bas.

Le bord antérieur n'est pas conservé. Le revers est brut, et nettement convexe. La terre est fine partout ; elle est jaune-verdâtre, sauf, au centre, une zone rose clair épaisse de 8 mm.

Hauteur 12.

Longueur 6.

Épaisseur env. 2,2.

La curieuse et brillante polychromie de ce morceau n'a aucun parallèle exact. Le style est très évolué ; les plumes n'ont aucune raideur.

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