CHEVAUX
Comme les Nikès, les sphinx archaïques en terre cuite obéissent, dans leur décoration comme dans leur rendu plastique, à des schémas toujours répétés, mais laissant place à une certaine variété. Comme nous l'avons observé, si le corps, la queue, les griffes sont d'un félin, les pattes antérieures sont nettement chevalines. Les ailes sont naturellement en faucille ; leur taille est considérable par rapport au corps. La poitrine est toujours couverte d'un corselet d'écaillés, stylisation de petites plumes. Dans chaque région, les écailles vont dans un sens déterminé ; de façon générale, elles ont tendance à se diriger de l'avant vers l'arrière. Elles se continuent sur la base de l'aile, où une bande en relief marque la séparation d'avec les plumes. Dans les exemplaires qui semblent les plus anciens, cette bande est décorée de trous1 forés à intervalles réguliers (sphinx III) ; puis ces trous deviennent de simples cercles réservés (sphinx II, fragment 18) ou disparaissent complètement (sphinx I). Quant aux grandes plumes, elles sont dans un sphinx particulièrement soigné (sphinx I), détaillées chacune en relief, et se recouvrent, très logiquement, à la façon des tuiles d'un toit ; mais elles sont plus généralement peintes seulement. Dans la première rangée, toutes les plumes sont semblables (réservées) ; dans l'autre, elles sont toujours polychromes. Les sphinx les plus anciens semblent être ceux où le rendu plastique est le plus détaillé. Toutefois, la seule indication chronologique objective est celle qui concerne le fragment 44 (avant 540), et nos connaissances ne nous permettent pas encore de proposer une chronologie sûre pour la décoration des sphinx de terre cuite.