‹ Fouilles de Delphes (volume 4)Chapitre 84 sur 257 · S.23 PI. 35 et 36 ; fig. 7 et · texte numérisé non relu

S.23 PI. 35 et 36 ; fig. 7 et

Angle d'un rampant gauche, avec extrémité de la sima, gargouille en tête de lion et base d'acrotère. Pas de n° d'inventaire visible, mais correspond à Inv. 4388 : « tête de lion

Vie SIÈCLE 97

(gouttière) d'argile, appartenant sans aucun doute à l'angle d'un fronton ; couronnée d'une étroite plaque horizontale, sur laquelle se trouve un ornement gravé en creux en forme de feuilles successives ; elle se termine par un rebord peu élevé, aux parois droites ». Ce fragment a été catalogué dans la semaine du 27 au 31 juillet 1901, pendant la « fouille du secteur situé au Nord-Est du temple en tuf de Marmaria, entre ce dernier et le mur du péribole ». De même, dans un carnet postérieur, Homolle note, au milieu d'une liste de terres cuites architecturales : « 4388 : tête de lion, gargouille ; à l'intérieur du temple ; antéfixe et corniche en terre cuite peinte » (Fonds Homolle, dossier 3859). Malgré cette concordance, je crois qu'il y a là une erreur de Homolle, causée par une lecture trop rapide de l'inventaire grec. En effet, selon cet inventaire, le n° 4387 (une inscription) a été trouvé « dans le tas de déblais devant la petite porte de l'ancien musée ». Pour 4388, aucune provenance n'est donnée. Pour 4389 enfin, on précise à nouveau « dans l'angle Nord- Est du temple en tuf ». On ne peut donc rien tirer de l'inventaire grec. Le Journal de la Fouille signale des trouvailles de terres cuites architecturales nombreuses (cf. ci-dessous toit 45), mais ne mentionne pas explicitement notre fragment. Il en va de même dans les rapports adressés à Homolle par Sotiri, contremaître de l'École française, pendant la fouille (rapports conservés, ainsi que les premières analyses qu'en faisait leur destinataire, dans le Fonds Homolle, dossier 3883). Rien n'atteste donc explicitement qu'Inv. 4388 ait été trouvé à Marmaria. Je ne crois même pas qu'il ait été trouvé en 1901, en même temps que 4387. On relève en effet sur le Journal de Fouille, à la date du 7 juillet 1896, la note suivante : « au bas des thermes romains, gargouille : gueule de lion, cubique ; sur les côtés, moulures et décorations polychromes. Non catalogué à l'éphorie ». Cette description, dans l'état actuel des collections delphiques, ne peut s'appliquer qu'à S.23. Sans pouvoir apporter de preuve formelle, je suis persuadé que cette tête de lion a été cataloguée après coup, en 1901, au moment des trouvailles de Marmaria, parce qu'un examen superficiel a pu faire croire qu'elle appartenait au même toit (la même négligence a abouti à la même confusion, mais cette fois amplement prouvée, pour S.27 : cf. ci-dessous). En fait, elle ne vient pas de Marmaria et a été trouvée en 1896.

Argile jaune, couverte chamois. Dimensions : côté du fronton, L. = 0,19. H. or. = 0,22. Côté de la gargouille, L. = 0,23. H. = 0,22. Côté fronton, tout le haut est brisé. Il était percé d'un canal longitudinal (diamètre = 0,027). Sur le bandeau inférieur court une frise de palmettes et lotus renversés semblables à ceux de S.189 (entraxe = 0,082). Volutes et lotus sont tracés au compas à pointe sèche, tandis que les palmettes sont dessinées à main levée. La palmette extrême n'est pas absolument verticale, mais orientée vers l'angle du fronton. A gauche, la tuile s'arrête suivant l'axe d'un lotus. A la base, une baguette très endommagée (H. or. = 0,02), avec les restes d'une frise de rectangles rouges. Au soffite, une bande rouge (larg. or. = 0,025). Sur la face latérale, le mufle de la tête de lion a entièrement disparu. Il reste la crinière, une parcelle de l'œil gauche (un point noir surmonté d'un arc de cercle) et l'oreille, largement ouverte, bordée de petites hachures rouges (L. or. = 0,045. H. or. = 0,06). La crinière est traitée en longues mèches (L. or. = 0,075 en haut), divisées en minces filets parallèles ; elles rayonnent de part et d'autre de l'axe vertical de la tête, marqué au sommet du front par une ride profonde. Les mèches semblent légèrement plus froncées sur la moitié droite de la crinière ; ceci pourrait indiquer une légère inclinaison de la tête de lion vers la droite, donc vers la sima rampante, comme le pense S. Stucchi (o. c, 24). Mais il faut remarquer, en revanche, que la ride centrale qui partage le front et la crinière est légèrement inclinée en sens inverse, ce qui impliquerait que la tête est tournée vers la gauche et le long côté (cf. pi. 36). Je crois que, avec une pièce aussi mutilée, il faut être extrêmement prudent et se garder de conclure : à supposer que la tête de lion n'ait pas été absolument perpendiculaire au plan de la sima, il est impossible de déterminer de quel côté elle « regardait ». Partant du coin inférieur gauche de la gargouille, on a l'amorce de la tuile de rive (H. or. = 0,05. L. = 0,025), décorée d'une tresse simple à noyau noir, bande alternativement noire et rouge bordée de crème. L'entraxe ne peut être calculé exactement, mais devait être voisin de 0,04. La face supérieure porte la base de l'acrotère. Brisée à droite, elle se présente comme une plate-forme de 0,20x0,14 (largeur or.), avec des rebords larges de 0,0225.

Côté de la tête de lion

Côté du rampant Fig. 7. — S. 23, socle d'acrotère, vue en plan (éch. y2)

Fig. 8. — S. 23, socle d'acrotère, coupe AB (éch. y2).

Vie SIÈCLE 99

Comme l'a reconnu S. Stucchi, le rebord du socle est un peu plus haut vers l'arrière, du côté de la tuile de rive, que vers l'avant, du côté du fronton, pour l'observateur placé face au rampant (H. maximum du rebord = 0,0225. H. minimum près du rampant = 0,019). Dans le même sens, le socle s'enfonce par rapport à la base de la tête de lion, à laquelle il n'est pas tout à fait parallèle. La hauteur de la tête de lion est de 0,231, à l'angle droit, et de 0,24 à l'angle gauche, pour une largeur de 0,235, soit une différence de près de 4 %. Toutefois, cette inclinaison vers l'avant du socle d'acrotère ne peut être considérée comme volontaire, et il est probable que la plinthe supportant la figure sculptée devait rétablir l'horizontalité. En effet, puisque c'est le petit côté du socle qui prolonge le fronton, on peut en déduire que la figure d'acrotère se présentait de face pour le spectateur regardant l'entrée du temple. Dès lors, l'inclinaison de la plate-forme dans le sens longitudinal aurait eu pour seul effet de faire « piquer du nez » à la figure sculptée. Il en résulte que l'inclinaison du socle d'acrotère est sans doute le fruit d'une maladresse. Sur le socle lui-même, une bande de 0,012 de large, longeant le bord sur les longs côtés, a été lissée à la spatule. Quatre trous ont été pratiqués dans la plate-forme, approximativement disposés aux quatre angles d'un rectangle de 0,12x0,07 avec des variations de quelques millimètres. Avant que l'argile soit sèche, on a également tracé au compas quelques graffites maladroits en forme de rosace (fig. 7-8). L'intérieur du bloc est presque complètement évidé ; la cavité affecte une forme approximativement rectangulaire.

3. S.24 Inv. 2349. JdF, 277. Trouvé par A. Contoléon pendant l'hiver 1894-1895, à

l'occasion de travaux pour l'entretien et l'établissement des voies Decauville, dans le secteur du trésor des Athéniens fouillé en 1893. Fragment du bas d'une tuile de rampant droit. Argile jaune, couverte ocre. L. = 0,13. H. = 0,07. Même décor que S.23 : en bas, une baguette ornée d'un damier (la longueur des rectangles varie de 0,034 à 0,038) ; au-dessus, fragments de deux feuilles de palmette et de deux pétales de lotus. La feuille centrale de la palmette est un peu plus mince que sur S.23 (0,02 contre 0,022). Comme pour S.23, les feuilles de lotus et les rectangles de la baguette inférieure sont tracés à la pointe sèche, la palmette est dessinée à main levée.

4. S.25 Inv. 4388 (sur ce numéro, cf. ci-dessus S.23). Fragment du haut d'une sima.

Même argile et même couverte que les précédents. L. = 0,26. H. = 0,11. Profil et décor identiques. Il subsiste le listel supérieur, le bec de corbin et un fragment de tore.

5. S.26 Inv. 2350. Trouvé en même temps que Inv. 2349 (S.24). Fragment du bas d'une

tuile de rampant gauche. Même argile et même couverte que précédemment. L. — 0,23. H. = 0,09. Il reste la baguette inférieure (H. = 0,022) et, sur le bandeau, des fragments de lotus et palmettes renversés. Le pistil du lotus a la forme d'un losange, alors que, sur la frise supérieure, en S.25, il a la forme d'une goutte. De plus, les feuilles centrales de la palmette et le pistil du lotus sont munis d'un axe vertical tracé à la pointe sèche. Le peintre n'a du reste pas respecté la symétrie de part et d'autre de ces axes. Cette pièce est manifestement d'une autre main que les précédentes. On peut se demander si elle n'appartient pas au fronton opposé.

6. S.27 Porte le n° 4385 sous lequel l'Inventaire de l'éphorie mentionne un certain

nombre de terres cuites architecturales trouvées à Marmaria, près de la Tholos, dans la semaine du 25 au 31 juillet 1901 (cf. série 42, S.29 et A.13). Mais le fragment a été dessiné par Tournaire avec la mention : « Delphes, août 1894 ». C'est donc après coup, et à tort (sans doute à cause de la ressemblance superficielle existant entre S.27 et S.28), que l'on a donné à S.27 un numéro qui, en fait, ne lui revient nullement. Le lieu de trouvaille du fragment est inconnu : il est, en tout cas exclu que ce soit Marmaria dont la fouille n'avait pas commencé en 1894. Fragment du haut d'une sima. Même argile, même couverte que les précédents. H. = 0,11. L. = 0,15. Le listel, la doucine et le tore sont décorés comme sur S.25.

7. S.190 Trouvé par J. Bousquet dans les thermes de l'Est en septembre 1950. Fragment

du haut d'une sima, très mutilé. L. = 0,14. H. = 0,08. Argile, couverte et décor identiques à ceux des fragments précédents ; il reste le haut d'une palmette sur le tore.

8. S. 191 Fragment du bas d'une tuile de rampant gauche. Même argile que précédem-

ment. L. = 0,15. H. = 0,125. Il reste la baguette inférieure (H. = 0,02) décorée comme ci-dessus de carreaux rouges, noirs et crème (long côté = 0,032 à 0,035).

9. S.224 Fragment du bas d'une sima, brisé de tous côtés. Argile rouge. L. = 0,105.

H. — 0,10. Restes d'un lotus.

GFB, 150 (27), n° 118, fîg. 90 en haut. Partie supérieure d'une antéfixe. Argile jaune-rose, épaisse couverte crème. L. = 0,153. H. = 0,125. Palmette à sept feuilles, quatre rouges et trois noires, au-dessus d'un cœur rouge en éventail. Les deux volutes latérales, noires, sont fortement plongeantes. Elles sortent d'un mince bandeau rouge flanqué de deux yeux noirs sur fond crème bordé de rouge. Au-dessous, on a le départ des deux pétales noirs du lotus et du pistil rouge. Les feuilles de la palmette retombent très souplement au-dessus des volutes.

L'association de A.45 avec cette série de simas, déjà indiquée par Van Buren, est hypothétique. Je la propose plutôt exempli gratia: il y a en effet une différence sensible dans la couleur des deux couvertes. Cependant, antéfixe et sima sont probablement contemporaines ; les volutes sont tout à fait semblables et les feuilles des palmettes ont la même souplesse. Un fragment semblable a été trouvé sur l'Acrocorinthe1.

Page 1