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Fouilles de Delphes

J'ai tout lieu de craindre que le lecteur de ce fascicule topographique ne soit déçu. En présentant la région Nord du sanctuaire delphique il m'est bien rarement arrivé d'aboutir à des certitudes ; j'ai dû bien plus souvent remettre en question des problèmes que l'on tenait pour résolus. A tout le moins, me suis-je efforcé de le faire aussi précisément que je le pouvais. Sans doute les renseignements dont on dispose paraissent-ils constamment insuffisants au gré de nos exigences. Il y aurait cependant grande injustice à s'en prendre à ceux qui, à la fin du siècle dernier, consacrèrent tant de peines à la grande fouille. Certes, leur méthode n'était pas la nôtre, ni, tout compte fait, leur dessein. Ils en étaient encore à la quête du document majeur. Ailleurs leurs contemporains n'ont pas travaillé autrement. Sans doute même ont-ils droit plus que d'autres à l'indulgence. En regard de fouilles en terrain plat où les éléments d'architecture et de sculpture ont été ensevelis sur place, ils devaient, eux, déblayer une pente raide où les pierres ont dévalé, où l'œuvre des hommes avait ajouté pendant des siècles aux dommages et à la confusion. La partie Nord du sanctuaire, la plus haute, a plus souffert que les autres de ces conditions de la ruine ; et l'on ne peut qu'admirer la perspicacité dont témoignent les premiers exposés de Th. Homolle sur la topographie de cette région, en un temps où le déblaiement n'était même pas achevé. Les fouilles complémentaires, plus récentes, n'ont guère concerné que les couches profondes. On ne pouvait en attendre de progrès considérables pour la topographie à partir de l'époque archaïque.

Quand j'ai entrepris cette étude, voilà plus de dix ans, je savais qu'à aucun moment je ne serais abandonné à mes seules forces. Cette attente n'a pas été trompée. Avant de commencer mon travail, j'avais à ma disposition, outre le dossier de la grande fouille, les notes abondantes et précises que L. Lerat avait amassées en vue d'une publication d'ensemble. Il ne me les a pas seulement communiquées avec une totale libéralité ; de 1946 à 1954, il est revenu à Delphes presque chaque année prendre part aux recherches, les faire profiter de sa méthode rigoureuse et de ses connaissances. Quand un chapitre était rédigé, il l'a relu en ma compagnie devant les monuments ; à une heure où je n'étais plus à Delphes, il a accepté encore de prendre sur ses séjours delphiques, si réduits, pour relire dans son ensemble le manuscrit achevé. Sans lui, ce livre n'eût jamais été écrit. De son côté, M. P. de La Coste-Messelière a constamment tenu à ma portée les trésors de sa connaissance de Delphes : en présence des monuments du sanctuaire, au cours de nombreux entretiens au château des Ousches, il a critiqué mon exposé, l'a relu, corrigé, amélioré. Devant la dette de gratitude que j'ai ainsi contractée, je ne

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