partie supérieure endommagée
brisé en largeur.
9,5 (brisé)
brisé en hauteur et en épaisseur.
(4) On pourrait penser aussi à une barrière légère destinée à empêcher les visiteurs de s'approcher trop près des peintures et de les toucher. A la stoa Poécilé d'après Diogène Laerce, VII, 14, un autel central était entouré d'une barrière de bois. Mais la fouille n'a apparemment rien trouvé d'un tel autel à la lesché.
même restes d'une grande statue d'acrotère1, également en terre cuite. Les fragments de tuiles, très nombreux, sont très brisés. On peut les grouper ainsi que les couvrejoints correspondants en plusieurs séries de même que les terres cuites architecturales. Seule l'étude générale que M. Chr. Le Roy2 consacre à l'ensemble de la documentation delphique permettra de trancher des problèmes d'attribution et de chronologie. M. Chr. Le Roy a bien voulu confier au fascicule de la publication de Delphes un résumé de ses conclusions à propos des documents de la lesché : « De nombreux fragments de terres-cuites architecturales, appartenant à des ensembles très différents, ont été trouvés dans la lesché et ses environs immédiats. L'une des séries les plus notables est trop ancienne pour avoir appartenu à la lesché : il s'agit d'un profil « mégarien » portant en couleurs sombres sur fond clair une frise de lotus et palmettes, et datant au plus tard de la fin du vie siècle (PI. 71, 2). En revanche, avec une autre série, très abondamment représentée, nous possédons le premier toit de la lesché ; la sima est à profil en talon très raide, décorée d'une frise de lotus et palmettes de style « sévère », réservée en clair sur fond sombre (PI. 71, 1). L'ensemble appartient à un toit à deux pentes (la lesché n'était donc pas, comme le pensait É. Bourguet [Ruines de Delphes, 274], un édifice hypèthre), et date de 480 environ ».
Le monument restitué.
Les renseignements qu'apportent les textes antiques, joints aux données de la ruine et des pierres, ne permettent pas de restituer le monument avec certitude. D'autre part sa singularité, l'ignorance où nous sommes des caractères architecturaux particuliers à cette catégorie d'édifices constituent un obstacle non moins grave. Lorsqu'il étudiait les leschés en général, faute d'avoir trouvé dans les textes une définition suffisante de ce bâtiment, E. Bourguet était contraint de prendre la lesché delphique comme exemplaire typique3. Depuis lors on a parfois donné le nom de lesché à des édifices que les fouilles avaient révélés, mais sans pouvoir étayer cette appellation sur des critères assurés4. Il apparaît seulement à travers les textes que les leschés étaient assez vastes
(1) Les membres épars de cette grande statue en terre cuite ont été soigneusement rassemblés par L. Lerat et sont déposés au musée. L'étude et la reconstitution qui demanderaient les soins d'un technicien sont d'autant plus difficiles que cette terre cuite a brûlé.
(2) M. Chr. Le Roy, qui a soumis un mémoire à l'Académie des Inscriptions et Belles Lettres en 1959 sur l'ensemble de la documentation delphique, a bien voulu rédiger la note incluse dans le texte du fascicule. Je l'en remercie bien vivement. Ses conclusions sont importantes, puisqu'elles permettront sans doute de choisir entre les divers modes de couverture possibles pour la lesché.
(3) É. Bourguet, DA, s.v. Lesché; J. Ôhler, RE, s.v. Leschai ; dans sa thèse G. Leroux, Les origines de V édifice liyposlyle, p. 194, écrivait : « Des divers textes relatifs aux leschés, il ressort que ce n'était point des édifices, mais de simples et parfois de très modestes abris. Dans les villages de l'antiquité, elles jouaient apparemment le même rôle qu'aujourd'hui la maison du bakal. Toute sorte de logis pouvait au besoin se transformer en lesché. Les deux seules ruines pour lesquelles ce nom soit attesté n'ont entre elles aucune ressemblance. Sur le versant Ouest de l'Acropole d'Athènes, non loin de la fontaine dégagée par les fouilles allemandes et le long même de la route moderne, on a mis à nu les restes d'une maisonnette rectangulaire comprenant, à ce qu'il semble, une salle profonde et une antichambre. Devant son petit côté tourné vers la rue antique, une borne demeurée en place porte inscrite les mots HOPOZAE2XH2- A. Delphes la lesché des Knidiens, construction d'un tout autre caractère que les leschés de quartiers ou de villages, était un promenoir hypètre en son milieu, couvert en pourtour d'un large auvent sur colonnes. La première de ces deux ruines est insignifiante ; la seconde, d'un caractère exceptionnel ».
(4) Ainsi à l'Héracléion de Thasos, M. Launey, Le sanctuaire et le culte d'Héraclès à Thasos, p. 53. « Si au début de la fouille l'étroitesse de la construction a pu faire songer à une stoa, il est vite apparu que la façade n'était pas
pour contenir des assemblées relativement nombreuses, mais sans destination particulière : salles de banquets, comme en Béotie, salles de réunion encore où l'on bavardait à loisir, comme l'indique Pausanias en commençant la description de la lesché delphique1. Le monument de Delphes apparaît ainsi comme une salle hypostyle, que divisaient intérieurement deux rangées parallèles de 4 piliers de bois et qu'un mur plein fermait sur les trois côtés Nord, Ouest et Est2. Deux problèmes subsistent, également importants et difficiles. Comment s'ouvrait la lesché vers le Sud ? De quelle manière était-elle couverte ?
Bien qu'actuellement rien des fondations ne subsiste en place sur la face Sud de l'édifice, il est certain pourtant que de ce côté aussi le monument était fermé par un mur, puisque Plutarque mentionne l'existence d'une porte au moins — ce que la présence d'une colonnade eût rendu inutile. S'agit-il d'une ou de plusieurs portes ? Le texte de Plutarque ne permet pas d'en décider : si 0ôpou s'applique à une seule porte, il ne peut alors s'agir que d'une ouverture à deux battants. Peut-être, en ce cas, des fenêtres, symétriquement disposées de chaque côté de la porte centrale, complétaient-elles les ouvertures de la lesché sur la face Sud ? Deux raisons, de valeur inégale, invitent en effet à penser que les ouvertures de la façade Sud étaient assez nombreuses. La première, et la moins importante, vient du site même de la lesché. Il eût été bien illogique de choisir pour un monument une situation aussi dominante s'il avait dû rester aveugle ou presque, sur le paysage qui s'ouvrait devant lui. La seconde, au contraire, paraît plus décisive : Polygnote avait décoré les murs de la lesché d'une série de représentations qui assurèrent la renommée de l'édifice à travers les siècles ; celles-ci devaient être vues ; il fallait ainsi à l'intérieur du monument une lumière suffisante : plusieurs ouvertures sur la face Sud n'étaient pas de trop pour cela3.
On pourrait penser néanmoins que le problème de l'éclairage avait été résolu autrement. Tel était, entre autre, l'avis de É. Bourguet, lorsqu'il écrivait : « c'était une salle
constituée par une colonnade, mais par un mur percé de portes à intervalles réguliers ; M. Ch. Picard a proposé de donner à cet ensemble le nom de lesché qui lui convient certainement mieux que tout autre ».
(1) C'est apparemment la seule conclusion qui se dégage du catalogue établi par J. Ôhler. Y avait-il un lien architectural entre ces édifices, ou tiraient-ils seulement leur nom de l'identité de leur destination ? Je ne suis pas parvenu à entrevoir une solution, faute d'exemples assurés à comparer avec celui de Delphes.
(2) C'était la solution indiquée par Ë. Bourguet, DA, s.v. Lesché ; cf. Ruines de Delphes, p. 274-276 ; cette solution a été adoptée par D. S. Robertson, A handbonk of Greek and Roman architecture, 2e éd., p. 164 (ca 468-. 465), cf. p. 335 : « Another unusual building not later than the early fifth century is the lesché or club-house of the Cnidians at Delphi, a plain rectangular room, measuring externally about thirty-one by sixty-one feet which was probably entered by a door in the middle of one long side. Eight inner wooden pillars, on limestone bases, seem to hâve divided its interior into a central space and a surrounding passage : the inner face of the walls was adorned with paintings by Polygnotus. There was perhaps a complète roof with some sort of clerestorey scheme for the lighting ». De même, W. B. Dinsmoor, The architecture of Ancien! Greece, p. 206 : « The club-house or lesché of the Cnidians at Delphi was a simple rectangular structure with eight wooden columns, resting on square limestone plinths arranged on two rows of four, above the four central columns was probably a clerestorey or lantern by means of which the famous mural paintings of Polygnotus were lighted ».
(3) Si, comme on a de bonnes raisons pour l'admettre (cf. G. Roux, BCH, LXXVI, 1952, p. 184), la stoa d'Attale était une pinacothèque, ce portique ouvert à l'avant recevait une lumière abondante ; il en allait de même sans doute au Pœcile puisque c'était également un portique. Enfin la pinacothèque des Propylées avait deux fenêtres pour l'éclairer suffisamment en plus de l'ouverture de sa porte. Il convient de noter que si l'on accordait crédit à une mention d'Eustathe (Commentaire à l'Odyssée, XVIII, v. 328, la lesché de Delphes devrait apparaître comme une exception puisqu'il définit une lesché comme un àôupwrov o'ï>cy)u,<x.
rectangulaire qui recevait le jour par une ouverture pratiquée dans le toit a1. Cependant de même qu'il est sûr que la lesché ne servit jamais de salle d'exercices pour les athlètes, de même il paraît difficile qu'on se soit borné à en assurer l'éclairage par une ouverture répondant à une cour centrale qu'eussent entouré les huit piliers de bois. Deux raisons complémentaires militent contre cette solution. Les conditions atmosphériques ne permettent guère à Delphes une solution qui se fût recommandée à Délos par exemple ou sur tel autre site au climat sec. A Delphes au contraire, région de montagne, les pluies de printemps et d'automne sont nombreuses et violentes, les hivers, rigoureux, rarement exempts de neige. Laisser dans la toiture une baie ouverte qui eût fait de la lesché une cour à péristyle paraît d'autant plus malaisé qu'il ne subsiste nulle part à l'intérieur de dispositif susceptible de recueillir les eaux de précipitation. En outre la profondeur du péristyle ainsi supposé n'atteignait pas 3 mètres. Elle eût été, semble-t-il, insuffisante pour protéger pendant tant de siècles les peintures qui décorèrent l'édifice. Certes, quand Pausanias les vit, elles étaient, quelques-unes, bien effacées ; en outre on avait pu les réparer, comme on le fit à Thespies au ive siècle déjà2 ; mais pourquoi s'arrêter à cette seule solution d'une cour à péristyle si peu convenable à la conservation des peintures3 ? La disposition des piliers peut en effet aussi bien répondre à un lanterneau qu'à une cour à péristyle4. Solution qui résoudrait à la fois les problèmes d'éclairage posés par l'exposition des peintures et les difficultés que créaient les conditions climatiques, à Delphes. Est-il besoin, néanmoins, de faire cette hypothèse ? L'examen des terres cuites architecturales paraît bien montrer le contraire et, en définitive, tout dépend de la solution que l'on avait adoptée pour le mur Sud du monument. Sans doute le texte de Plutarque invite-t-il à exclure une colonnade puisqu'il mentionne les 0ûpoa par lesquelles on accédait à l'intérieur, apparemment grande porte à deux battants. Mais la présence de fenêtres ne saurait être rejetée a priori. Une colonnade même fermée par des grilles ne peut pas être exclue absolument ? R. Martin a suggéré de rapprocher de la lesché de Cnide un édifice de l'Héraion du Silaris « présentant une façade de cinq colonnes comprises entre deux travées centrales »5. Si cette dernière solution n'est pas plus assurée que les précédentes, sa possibilité montre pourtant que dans l'état actuel on ne peut guère décider entre les hypothèses.
Chronologie et histoire.
Si l'examen des ruines ne permet pas en effet jusqu'à maintenant de proposer une restitution certaine tant pour la façade méridionale que pour la toiture, il fournit assez de renseignements pour retracer l'histoire de l'édifice plus exactement qu'on ne l'a fait. Les seuls critères de technique architecturale invitent à dater la construction de la lesché de la première moitié du Ve siècle : les scellements en '— i que l'on observe sur les
(1) É. Bourguet, DA, s.v. Lesché, id., Ruines de Delphes, p. 274 : « le toit, très probablement ouvert au milieu était soutenu par huit piliers légers ».
(2) Pline, HN, XXXV, 123.
(3) L'étude en cours de M. Chr. Le Roy permettra peut-être de fixer plus exactement les caractères de cette couverture.
(4) D. S. Robertson et W. B. Dinsmoor ont suggéré l'un et l'autre cette hypothèse.
(5) Cf. R. Martin, Recherches sur l'agora grecque, p. 497, n. 2.
éléments en place répondent assurément à la date qu'indiquent les travaux exécutés par Polygnote. Mais les variations de techniques (scellements en |~~| au lieu des scellements en ' — i) et de matériau (emploi du calcaire grossier et du calcaire gris de Saint-Élie) imposent l'hypothèse d'une réparation considérable à un certain moment. Le rapport assuré qui relie la réparation de l'angle Sud-Est de la construction de l'analemma Sud permet de dater plus exactement cette réfection. Antérieure à 246/5, puisqu'à cette époque on grava le décret honorifique pour les deux Cnidiens Ariphrôn et Aristiadas à l'angle Sud-Est de l'édifice {GDI, 2758 ; G. Daux, Chronologie..., K 3) (PI. 69, 5), cette réfection ne pourrait être datée qu'approximativement en fonction de l'écriture sur la dédicace de l'analemma (PI. 62, 1). Une comparaison permet, semble-t-il, d'atteindre à une précision plus grande. Le rapprochement avec l'inscription du monument de Daochos (PI. 37, 1, V) conduit à attribuer les deux textes à des époques très voisines (même forme des mu, des omicron, des sigma, des pi) ; on les dirait gravées par la même main. De la sorte ,1a construction de l'analemma et les importants travaux de restauration que l'on constate au Sud-Est et au Nord-Ouest sont à dater de la dernière moitié du ive siècle et peut-être du troisième quart de ce siècle1.
Cette remarque permet aussi d'expliquer une anomalie que l'on n'avait jusqu'alors fait que noter. On n'avait en effet cessé de s'étonner de la technique architecturale que l'on constate sur le mur d'analemma au Nord de la lesché, surprenante assurément lorsqu'on datait ce mur de la construction du monument. Mais l'étude de la jonction des murs de protection à l'angle Nord-Ouest, en montrant que l'on doit distinguer le péribole du vie siècle, de l'analemma situé à l'Ouest de l'édifice cnidien, de même que du mur situé au Nord, fournit une indication qui, jointe à la certitude d'une réparation des angles Nord-Ouest et Sud-Est de la lesché dans la seconde moitié du ive siècle donne, semble-t-il, la solution des difficultés : à côté du péribole du vie siècle en appareil polygonal à joints courbes, le mur d'analemma Ouest répond certainement au temps où fut construit le monument, dans le deuxième quart du Ve siècle tandis que le mur d'analemma Nord correspond à la réparation de la fin du ive siècle. Les parties qui furent alors refaites se situent dans les régions les plus menacées de l'édifice : pour obtenir la surface plane où asseoir leur monument les constructeurs durent en effet creuser surtout à l'angle Nord-Ouest, remblayer davantage à l'angle Sud-Est ; sur le premier point, l'angle du bâtiment avait à subir plus fortement la poussée des terres qui le dominaient ; sur le second, les terres de remblai plus élevées risquaient de se tasser davantage et d'endommager l'édifice. La hauteur des fondations que les réparateurs donnèrent à cet angle lors
(1) Par une hypothèse séduisante J. Bousquet a proposé de reconnaître que dans la mention des comptes du IVe siècle {FD, III, 5, 62, 1. 13 sq.) la réfection du mur Nord du péribole par Pankratès correspond à la réparation que l'on constate dans le mur d'enceinte à l'arrière de la lesché (J. Bousquet, FD, Le trésor de Cyrène, p. 27-28). Il semble que J. Tréheux, Revue de Philologie, 1955, p. 61, note 1, ait rejeté trop vite cette hypothèse, car la date aussi bien que la dépense répondent bien au travail que l'on observe dans le mur Nord de l'enceinte. Sans doute la restitution àvw6e]v dans FD, III, 5, 62,1. 14, n'est-elle pas assurée, mais elle prend force par l'opposition avec xdcxwôev de la 1. 19, et la dépense telle que la calcule J. Bousquet répond bien à la longueur du mur refait au ive siècle dans cette région: ca 21 m. Cette rencontre de la chronologie, de l'observation topographique et des données du texte me parait donner grand poids à l'argumentation de J. Bousquet. Il faut noter en outre que l'on ne trouve nulle part ailleurs dans le péribole une autre partie restaurée au ive siècle qui puisse répondre aussi exactement aux données du compte delphique.
de leurs travaux, la complexité des scellements, des goujons, des ressauts aux lits de pose et d'attente qu'ils mirent en œuvre montrent assez combien ils voulurent éviter le renouvellement des dommages. Reste seulement un problème relatif au mur Nord : quand ils construisirent leur monument, les Cnidiens édifièrent-ils un mur d'analemma au Nord de la terrasse, contemporain de ceux qu'ils élevèrent à l'Ouest et sans doute à l'Est ? Se contentèrent-ils au contraire d'utiliser le péribole construit au vie siècle ? Cette seconde hypothèse semble plus vraisemblable, car on observe dans les parties hautes de l'analemma du ive siècle de grands blocs polygonaux à joints courbes, matériaux remployés pris à la construction que l'on remplaçait. En outre, les dommages auxquels on dut remédier à l'angle Nord-Ouest s'expliquent mieux si les constructeurs avaient cru pouvoir utiliser le mur du péribole comme analemma. Les menaces d'effondrement se produisirent au point où ils avaient déchaussé le plus profondément les fondations du péribole archaïque pour aplanir leur terrasse.
En définitive telle paraît être la chronologie des constructions et réparations : dans le deuxième quart du ve siècle les Cnidiens aménagèrent la terrasse où fonder leur édifice, conservant au Nord le mur du péribole archaïque, élevant, à l'Ouest au moins, un analemma pour contenir la poussée des terres. Dans la seconde moitié du ive siècle, des dommages survenus aux angles Nord-Ouest et Sud-Est contraignirent non seulement à réparer la lesché sur ces deux points, mais encore à bâtir au Nord et au Sud deux puissants murs de soutènement, le premier remplaçant le péribole archaïque, le second assurant la solidité de la terrasse vers le Sud, l'élargissant aussi et complétant l'édifice à l'avant par un terre-plein dominant le sanctuaire. L'emploi du calcaire gris de Saint- Elie pour les blocs supportant les piliers intérieurs conduit aussi à penser qu'on dut réparer au ive siècle une portion au moins, sinon la totalité de la toiture.
Qu'advint-il des peintures que portaient les parties endommagées de l'édifice ? Peut-être n'eurent-elles pas à souffrir, car il s'agit apparemment de réparations limitées, telles qu'on ne doit pas songer à une catastrophe détruisant partiellement la construction, mais plutôt à des travaux d'entretien et de consolidation, consécutifs à un démontage systématique. Certes, le stuc bleu, noir et rouge que les fouilleurs ont retrouvé en grande quantité et dont il subsiste encore des traces sur les éléments de pôros en place, montre que les murs intérieurs de la lesché étaient recouverts d'un épais revêtement coloré. Mais cela n'implique pas nécessairement que les peintures de Polygnote étaient sur fresques, inséparables de la paroi, comme on semble l'avoir implicitement admis. Deux textes de Synésios de Cyrène relatifs au Poecile valent d'être évoqués pour la lesché de Cnide1. La réparation importante que l'on constate au ive siècle dans la lesché crée en effet une grave difficulté, si l'on admet que les peintures de Polygnote étaient sur fresques, analogues à celles que l'on voit encore dans la décoration des maisons pompéiennes. Pausanias les a vues et décrites au ne siècle ap. J.-C. Sans doute avait-on pu les réparer ; mais il s'agirait en ce cas plus d'une réfection complète que d'une réparation partielle ; le Périégète eût été quelque peu dupe de son guide. Si l'on pense au contraire
(1) Synésios de Cyrène, Lettres, 54 et 135. Ces textes ont été cités par Judeich, Topographie v. Athen, p. 387, n. 4 ; par H. Thompson, Hesperia, XX, 1950, p. 327-329 ; et déjà rapportés à la lesché par R. Martin, Recherches sur l'agora grecque, p. 497, 2, et G. Roux, BCH, LXXVI, 1952, p. 183-184.
que les grandes représentations polygnotéennes étaient sur pinakes à Delphes comme au Poecile. toute difficulté est écartée. Il eût suffi de déposer les panneaux lors de travaux de reconstruction. Sans doute les éléments en place à la lesché de Cnide ne présentent-ils pas les particularités architecturales que G. Roux a si heureusement interprétées à la stoa d'Attale pour montrer que cette grande galerie abritait des peintures1. Mais le monument est si ruiné que l'on ne peut écarter cette éventualité a priori ; l'un des éléments en pôros porte en particulier sur une face intérieure une encoche propre à recevoir un goujon de métal ou de bois qui eût supporté la console où appuyer les tableaux2. Ainsi peut-on admettre sans invraisemblance que les peintures, médiocrement conservées3, que Pausanias décrivit lors de sa visite étaient bien celles que Polygnote avaient faites au ve siècle, réparées peut-être ici ou là, mais portant les traits originaux du maître thasien. Tant à cause de ce dispositif non observé jusqu'alors, que du démontage nécessité par la reconstruction du ive siècle, il paraît désormais préférable de croire qu'à la lesché de Delphes comme au Poecile d'Athènes Polygnote avait peint ses grandes évocations mythologiques sur des tableaux de bois.
Est-il possible enfin de découvrir les raisons qui valurent aux Cnidiens de consacrer dans le deuxième quart du ve siècle au plus tard un monument qui allait être l'un des ornements les plus longtemps conservés du sanctuaire ? Certes, les Cnidiens étaient des habitués du sanctuaire delphique. Dès la première moitié du vie siècle, ils avaient élevé dans le téménos d'Apollon l'un des trésors les plus délicatement ornés que l'on y vit jamais4. On connaît au moins deux autres offrandes enidiennes : celle de la base portant « Triopas et son cheval, Léto, Apollon et Artémis, Tityos enfin percé de flèches »5 ; celle d'un Dionysos colossal dont la base remployée a été retrouvée dans la parodos Ouest du théâtre6. Les caractères épigraphiques permettent de dater la seconde de la deuxième moitié du ive siècle. La première, complètement disparue, a été très diversement datée. P. de La Coste-Messelière a indiqué les diverses possibilités7. Il paraît vraisemblable de trouver avec lui dans cet ensemble une création du ive siècle plutôt que de l'époque archaïque, mais sans pouvoir en décider d'aucune manière. De la sorte on ne peut guère se fier qu'aux caractères architecturaux et aux indications sur la carrière de Polygnote pour fixer la date de la lesché ; les dates extrêmes de 468-447 indiquées par P. de La Coste-Messelière demeurent les seules précisions possibles8. Faut-il mettre plus exactement cette consécration en rapport avec la bataille de l'Eurymédon, comme
(1) G. Roux, BCH, LXXVI, 1952, p. 183-184, et fig. 25, pour le schéma montrant le système de fixation des panneaux peints sur le mur .
(2) Cf. ci-dessus, p. 130. Ce système d'accrochage eût été moins perfectionné que celui que G. Houx a décrit à la stoa d'Attale, mais l'épaisseur du stuc permettait de ménager les rainures où fixer les consoles et l'extrémité des goujons de soutien pénétrait, seule, entre les joints des blocs de pôros. Peut-être les entailles que l'on a constatées sur les parois du trésor XVI II répondent-elles à un dispositif analogue ?
(3) Pausanias le note lui-même : « figure indistincte... », cf. X, 28, 3.
(4) Cf. FD, III, 1, p. 150; non seulement la cité de Cnide, mais les Asclépiades de Cnide étaient des habitués du sanctuaire (cf. en dernier lieu J. Bousquet, BCH, LXXX, 1956, p. 579-591).
(5) Pausanias, X, 11, 1 ; cf. sur cette consécration, G. Daux, Pausanias à Delphes, p. 98.
(6) FD, III, 1, p. 81 sq.
(7) P. de La Coste-Messelière, Au musée de Delphes, p. 276, n. 1.
(8) Je n'ai pu discerner les raisons qui avaient conduit J. Defradas à la date plus précise de 458 av. J.-C. (J. Defradas, Les thèmes de la propagande delphique, p. 152).
le voulait U. v. Wilamowitz-Mollendorf1. L'hypothèse reste plausible. Elle trouverait une confirmation plus rigoureuse si l'on pouvait discerner dans les représentations peintes par Polygnote une tendance politique précise. Interprétation toujours subjective dans l'état de notre documentation. Néanmoins on s'est accordé à découvrir dans les sujets traités par Polygnote un « esprit dorien » qui ne serait guère de mise pour glorifier la ligue attico-délienne, et à Delphes la dorienne Cnide n'était pas tenue d'évoquer les événements récents qui la rangeaient aux côtés des Ioniens et de l'Attique2. Les tendances symboliques que l'on discerne dans la peinture de Polygnote ont assurément plus d'importance. On a justement remarqué le rôle de Néoptolème dans cette représentation, l'impiété de sa conduite après la fin des hostilités3. Qu'il faille ou non mettre l'édifice appelé lesché en rapport avec un culte funéraire4, il semble impossible de dissocier les représentations de Polygnote du culte héroïque que l'on célébrait tout auprès : rapport si naturel que Pausanias le notait immédiatement au cours de sa description. Le sens même n'en est pas douteux : Néoptolème demeure le héros maudit justement châtié. Polygnote à la lesché et Pindare dans son VIe Péan restent, comme on l'a dit, fidèles au même esprit « apollinien »5. Pour les Doriens de Cnide c'était non seulement plaire à Apollon que de justifier son action punitive, mais encore flétrir un traditionnel ennemi des souverains mythiques du Péloponnèse : tendances trop généralement valables pour apporter une indication chronologique. L'étude de la décoration peinte comme celle des caractères architecturaux recommande de laisser indéterminée la date où la lesché fut construite dans le deuxième quart du Ve siècle.
Il paraît également vain de vouloir trouver dans la consécration de l'analemma l'écho d'événements historiques particuliers. Certes, le fait que les Cnidiens s'intitulèrent encore 6 Sàfxoç atteste que la dédicace fut antérieure à 281, date où Cnide, occupée par Ptolémée, n'eût plus dédié en tant que peuple libre. Mais il est sans doute fallacieux de lier cette offrande à la « libération » de Cnide en 3326. Plutôt que la conséquence d'événements historiques, les travaux que firent alors les Cnidiens à Delphes résultèrent des dangers qui menaçaient leur consécration ancienne. Seule la renommée qui s'attachait à cette offrande grâce aux œuvres de Polygnote fut sans doute cause de la dédicace qu'ils firent graver pour commémorer leur construction nouvelle. Mieux vaut ainsi se fier aux approximations qu'indiquent la gravure de l'inscription ou les caractères architecturaux que chercher dans l'histoire si mal connue de Cnide une rencontre qui risquerait d'être fortuite. En tout cas entre la seconde moitié du ive siècle et le temps de Plutarque ou
(1) U. v. Wilamowitz-Mollendorf, Pindaros, p. 73.
(2) Ch. Dugas, REG, LI, 1938, p. 56.
(3) Ch. Dugas, REG, LI, 1938, p. 57; J. Defradas, Les thèmes de la propagande delphique, p. 152-153; C. Weickert, Abhandlungen der Akademie den W issenscha/len zu Rerlin, 1957, fasc. 8, p. 15, et p. 25, n. 24.
(4) F. Diimmler, Kl. Schrifien, II, 147 sq. Peut-être est-ce en effet cet aspect de la destination orientée vers un culte héroïque ou funéraire, qui ferait le mieux saisir l'unité originelle des édifices appelés leschés — plus tard peutêtre devenus simplement des lieux de rassemblement. Qu'on se rappelle seulement le rôle déterminant de ces cultes pour fixer à l'origine l'établissement de gymnases, de bibliothèques, cf. aussi l'académie de Platon. Les vraies raisons de l'établissement de la lesché seraient ainsi à chercher du côté de Néoptolème. C'est aussi dans cette direction qu'entraîne le commentaire de Paus.anias.
(5) J. Defradas, Les thèmes de la propagande delphique, p. 150-151.
(6) H. Pomtow, Sylloge3, 290, (apparat) : Anno igitur 332 Cnidus urbs oo;t6vou.oç facta est et magnam substructionem isodomon leschae in memoriam libertatis recuperatae exaedificavisse videtur.
de Pausanias l'édifice fut entretenu, les peintures conservées et le Périégète, féru de légendes et d'archaïsme, put les décrire à loisir.
Les problèmes que posent ces peintures sont innombrables et ils ont fait l'objet de très nombreuses études que G. Lippold, en dernier lieu, a signalées (RE, s.v. Polygnotos I) avec la plus grande objectivité et beaucoup de prudence critique. On semble presque constamment tenté de dépasser les limites que doivent nous imposer les incertitudes de la documentation, depuis la tentative de reconstitution proposée par Cari Robert. Nous ne pouvons même pas savoir exactement la disposition des peintures : Ch. Picard1 a proposé une répartition des peintures où, selon lui, Pausanias aurait lu la composition de Polygnote à l'envers. Mais même ce schéma sommaire ne peut être tenu pour absolument sûr. Nous ignorons tout d'abord s'il existait sur le mur Sud une seule ouverture ou plusieurs. Par suite nous ne pouvons savoir si le mur Sud portait des tableaux. En outre l'hypothèse de Ch. Picard sur le sens de la lecture2 suppose qu'il y avait succession des motifs et non simultanéité, ce qui est loin d'être sûr. Il est particulièrement notable qu'aux deux extrémités de Y Ilioupersis sont représentées des scènes de départ, qui ne supposent nullement une succession. On pourrait aussi bien songer à une composition par groupes autour de personnages centraux : ainsi Hélène, Néoptolème, Ajax, Anténor dans V Ilioupersis3. L'importance d'Anténor semble bien due aux liens qui l'unissent au Dorien Ménélas et c'est une légende dorienne que Polygnote avait illustrée pour les Doriens de Cnide. De même aussi la glorification d'Hélène4 célébrait le triomphe dorien en face de la malédiction qui accablait le fils d'Achille. Le lien même des deux sujets apparaît plus profond dès que l'on accepte de les considérer sous l'angle de leur rapport avec le culte héroïque de Néoptolème. Les fautes du héros justifiaient son châtiment dans l'autre monde, le rangeaient parmi les grands maudits de l'histoire humaine5. Tendance moralisante qui répond bien aux goûts de Polygnote, tels qu'on nous les a décrits6 ; orientation mythologique fort accordée aux traditions delphiques que Pindare révèle dans son Péan1, si défavorables au héros que le poète dut composer une véritable palinodie pour satisfaire la susceptibilité blessée des Éginètes8 ; intentions politiques enfin, non douteuses, bien faites pour glorifier une cité dorienne. La place du monument et la signification des peintures se rejoignent au moins pour faire apparaître les raisons qui conduisirent les Cnidiens à construire la lesché dans la région Nord du sanctuaire, même si notre ignorance de l'histoire nous dérobe, apparemment à jamais, la date exacte et le prétexte particulier de cette consécration.
(1) REG, L, 1937, p. 184 sq. ; cf. fig. 3, p. 185 pour le sens des lectures ; cf. l'appréciation de G. Lippold, RE, s.v., Polygnolos I, col. 1632.
(2) REG, ibid., p. 185-186.
(3) Sur le rôle de ces personnages et leur signification, cf. Ch. Dugas, REG, LI, 1938, p. 53-59.
(4) Cf. Ch. Dugas, ibid., p. 56 ; L. Ghali-Kahil, Les enlèvements et les retours d'Hélène, p. 92 et p. 136.
(5) Il n'y a pas ainsi rupture d'un tableau à l'autre, mais évocation du châtiment nécessaire dans l'au-delà. Cette peinture est ainsi une justification des traditions delphiques défavorables à Néoptolème.
(6) Cf. A. J.-Reinach, Recueil Millet, p. 86-154.
(7) Pindare, Péans, 117-120.
(8) Pindare, Néméennes, VII, v. 59-69.
La chronologie relative que l'on a cherché à établir en examinant chaque monument permet de suivre certains des changements qui se produisirent dans cette région du téménos depuis le milieu du vie siècle, date à laquelle elle fut annexée au sanctuaire d'Apollon jusqu'à la fin du paganisme, quand, oublieux des cultes antiques, les Delphiens construisirent des demeures profanes sur un sol depuis tant de siècles réservé aux seules divinités.
Les fragments du péribole qui subsistent assurent la date de ca 550 pour l'« annexion » de la région : aussi bien sur tout le côté Est au-dessus de la stoa d'Attale, qu'à l'angle Nord-Est, parfaitement conservé encore, qu'à l'Est et à l'Ouest de la lesché, reparaît l'appareil polygonal à joints courbes, caractéristique des aménagements delphiques lors de la grande réorganisation des Alcméonides. Une incertitude pourrait peser sur le tracé primitif de l'angle Nord-Ouest, puisque, tant au Nord du monument en calcaire gris de Saint-Élie que dans la région du théâtre, rien ne subsiste pour attester la présence du péribole archaïque. Or, non seulement celui-cire paraît aussitôt au-dessous du théâtre, mais les remaniements considérables qu'a imposés la construction du théâtre, les risques de destruction plus redoutables encore dans cette zone suffisent à expliquer l'absence de tout vestige archaïque. En fait il paraît assuré que les travaux du vie siècle avaient enclos complètement le vaste rectangle de la région Nord.
Les raisons de cet accroissement considérable apparaissent assez évidentes : là comme ailleurs (cf. F. Courby, Terrasse du temple, Le sanctuaire de la terre et des muses, p. 181- 185 ; P. de La Coste-Messelière, BCH, LXX, 1946, p. 271-287), Apollon affirmait sa suprématie en annexant le domaine des dieux anciens ; le téménos de Néoptolème, de Poséidon, l'enclos de la pierre de Cronos n'étaient plus désormais qu'une partie du domaine apollinien. A ces raisons religieuses — assurées — s'en ajoutaient d'autres, d'un autre ordre et non moins certaines. La réorganisation que suppose l'activité des constructeurs au cours de la seconde moitié du vie siècle imposait de déblayer certaines zones que l'on aménageait, de détruire aussi complètement les monuments endommagés, les offrandes désormais inutilisables. Or ces matériaux, ces objets ne pouvaient être rejetés sans sacrilège hors du domaine divin puisqu'ils y avaient un jour été consacrés. Dès lors il fallait trouver dans le téménos une région où les déposer sans gêner les aménagements nouveaux ; la zone Nord fut d'abord le dépôt de ces offrandes ruinées. Telle est la raison pour laquelle, aussi bien auprès du péribole Est qu'au-dessous de la lesché,
ou près de l'analemma du théâtre, on a retrouvé en abondance des dépôts de bronzes archaïques, tous antérieurs au vie siècle. Enfin dans un sanctuaire déjà exigu, et, malgré les difficultés de construire sur une pente aussi raide, on préparait ainsi de grands espaces pour les consécrations futures.
La place où fut édifiée la lesché de Cnide, la date semblent témoigner de l'ampleur de ces projets. La situer, dans la première moitié du Ve siècle, au long du péribole Nord, ce n'était pas seulement la placer au-dessus du téménos de Néoptolème, héros dont les peintures de Polygnote allaient évoquer la démesure, ou choisir le meilleur site pour observer le sanctuaire et la vallée, c'était aussi aller d'emblée au plus haut, dominer toutes les consécrations futures, obliger en outre à aménager les voies d'accès qui rendaient possible d'établir des offrandes devant lesquelles curieux et pèlerins viendraient à passer. Aussi bien peut-on rapporter à la fin du vie siècle et au début du ve la plupart des murs de terrasse qui jalonnent rampes et voies d'accès dans cette région. La voie Nord-Sud, qui aboutissait à l'angle Sud-Ouest de la lesché est encore marquée par le mur polygonal qui soutenait à l'Ouest la terrasse surplombant la rampe. La ligne que marque le mur archaïque fait de petits éléments arrondis situé au-dessus de l'offrande de Daochos répond-elle, comme il est possible, à l'enceinte du téménos avant 550 ? Elle était, en tout cas, construite à un changement de niveau. Aussi lorsque les constructeurs du Ve siècle arrivèrent au niveau de cette terrasse, firent-ils dévier à angle droit vers l'Ouest la voie Nord-Sud partant de la lesché. Une ligne de murs polygonaux marque encore jusqu'à l'angle Sud-Est du trésor XVIII le tracé que suivait ce chemin (PI. 56, 2, 3 ; 61, 1, 2) se raccordant ainsi à la région du « Potéidanion ».
Même si cette région Nord était un peu à l'écart des passages fréquentés, les terrasses ainsi aménagées furent certainement utilisées pour y placer des offrandes. On a longtemps tenu pour assuré que le groupe de l'aurige se trouvait au-dessus de la fosse où il fut découvert ; une telle opinion n'est sans doute pas aussi certaine qu'on le croyait. Il paraît sûr en revanche qu'une consécration importante occupait la terrasse dominant à l'Ouest la rampe Nord-Sud qui menait à la lesché, au-dessus du monument de Daochos : depuis que la rencontre de plusieurs blocs de calcaire gris inscrits a conduit à en étudier la dédicace1 on y a reconnu — non sans vraisemblance2 — une consécration des Messéniens3.
(1) G. Daux, Pausanias à Delphes, p. 181, n. 1 ; BCH, LXI, 1937, p. 67-72 ; depuis cet exposé fondamental une longue enquête n'a permis d'identifier qu'un seul autre fragment inscrit, et celui-ci ne porte qu'une lettre ; en revanche on a pu reconnaître un grand nombre de blocs appartenant aux assises inférieures de la base — ce qui confirme l'importance de la consécration, comme on l'avait supposé dès l'origine (G. Daux, BCH, Le., p. 67 : « une longue base »; p. 71 : «une base à deux ou trois degrés, longue de sept mètres environ, large de deux mètres au moins a été consacrée à l'époque ancienne par les Messéniens dans la partie haute du sanctuaire »).
(2) En vérité, aucun des fragments inscrits ne permet de lire intégralement le nom des Messéniens : le plus long fragment inscrit porte -aâvioi ; G. Daux, BCH, Le., p. 70, écrit : « Quant au nom du peuple qui est l'auteur de l'offrande, je ne vois pas quelle restitution on pourrait proposer autre que Meaaâvioi, suggérée par les lettres -cdcvioi ; elle est appuyée par la découverte du fragment XXw + vsOev : l'entraxe des lettres dans les deux lignes, si l'on tient compte de Viola de ['An6]XX<ùvi, impose trois lettres entre àvéôev et -aâvioi » ; mais cf. ci-après.
(3) La localisation du monument est certaine : non que tous les blocs aient été trouvés réunis ; 62 pierres que l'on peut songer à rapporter à cette construction sont au contraire éparses dans le sanctuaire et les différents dépôts : beaucoup étaient remployées dans la voie sacrée (plusieurs sont maintenant en bordure de la voie sacrée dans la région de l'aire) ; d'autres se trouvent dans les divers dépôts : près de la maison de l'École française, au-dessus de la route d'Arachova, près du prytanée, mais dès 1933 L. Lerat avait signalé à G. Daux l'élément inscrit inv. 4933, qui se trouvait alors dans le monument en fer à cheval (cf. G. Daux, BCH, Le., p. 69, n. 1) ; l'enregistrement à l'inventaire des blocs 4934 et 4935 (que G. Daux, Le., p. 69, signale comme n° d'inventaire effacé) montre que tous
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Fig. 12. — Blocs inscrits des Messéniens du haut (inv. 49.33 et 7027).
Fig. 13. — Blocs inscrits des Messéniens du haut [inv. 4034 et 5902).
144 CHAPITRE Vil
L'enquête épigraphique en rassemblant les documents inscrits, aujourd'hui au nombre de 6, a permis de déterminer certains caractères architecturaux (PI. 57 à 59). Plusieurs blocs dont le lit d'attente est suffisamment conservé [inv. 4933 (fig. 12 ; pi. 57, 2), 4934 (fig. 13 ; pi. 57, 3), 5839 (PL 58, 2), 5902 (fig. 13 ; pi. 57, 1), 7027 (fig. 12)] présentent en effet « aux joints des crampons de scellements peu profonds et en forme de queue d'aronde à peine évasée, sans è'jxëoÀov » (PI. 59, 2, 3)1. La plupart de ces fragments inscrits portent en outre de profonds encastrements circulaires pour sceller des statues de bronze. Grâce à cette double caractéristique on a pu rapporter avec certitude à l'assise porte-statues douze blocs inscrits ou anépigraphes, régulièrement hauts de 0 m. 305. La présence des scellements en queue d'aronde a permis d'emblée d'assigner au monument deux séries de blocs2, que l'enquête architecturale a pu déterminer plus précisément : la première — et la plus nombreuse (22 blocs), impose d'attribuer ces éléments à l'assise — ou aux
ces blocs inscrits ont été trouvés ensemble, et qu'on avait conçu dès la découverte la nécessité de les rejoindre pour une grande dédicace. Mais le document décisif est le bloc inscrit inv. 5902 que L. Lerat a retrouvé en 1935 (cf. G. Daux, BCH, Le, p. 69, et n. 1) ; enfoui sur la terrasse qui domine l'angle droit que décrit au-dessus du monument en fer à cheval la voie montant au Nord vers la lesché, ce lourd bloc a été retrouvé au milieu de beaucoup d'autres éléments anépigraphes provenant de la base même ; de même les blocs inv. 4933, 4935 qui gisent tout auprès sont entourés de beaucoup d'éléments anépigraphes provenant de cette même base. La concentration de ces divers éléments en ce point du sanctuaire, le fait qu'aucune pierre appartenant au monument n'ait été trouvée dans les régions sises au-dessus prouvent que cette offrande considérable se trouvait bien sur cette terrasse (G. Daux, BCH, Le, p. 71, n'a pas précisé le site exact de cette base « dans la partie haute du sanctuaire ». Il ne saurait y avoir de doute sur l'emplacement de cette offrande, après l'enquête architecturale).
(1) G. Daux, BCH, Le, p. 69. Ce même auteur continue : « c'est un type de crampon extrêmement rare, d'une efficacité douteuse et qui révèle une date élevée ». Peut-être est-il prématuré de tirer une indication chronologique de cette forme de scellements : à Thasos par exemple un mode de liaisonnement analogue se rencontre au monument circulaire de l'agora, que l'on ne peut dater plus haut que la fin du me siècle ou le début du ne s. av. J.-G. Mais les remarques sur le manque d'efficacité et la rareté d'un tel scellement sont assurées. Je n'en ai noté la présence à Delphes que sur un seul autre bloc ; j'avais pour cette raison pensé d'abord devoir le rapporter au monument, mais ses caractéristiques semblent interdire ce rapprochement, et la forme même du scellement n'est pas rigoureusement la même. Comme il s'agit d'un bloc inscrit, fin d'une longue dédicace, j'en donne ici la publication, d'autant que, trouvé hors du sanctuaire, il risque d'échapper à la publication topographique des inscriptions de Delphes depuis que M. G. Daux a renoncé à son projet de publier en un fascicule les trouvailles épigraphiques extérieures au sanctuaire (cf. BCH, LXXIII, 1949, p. 255, note). Inv. 7108, bloc de calcaire gris, brisé à droite, endommagé à la partie inférieure de la face inscrite, trouvé le 4 juin 1949 par G. Roux au Nord-Est du portique Nord- Ouest ; à la face supérieure deux scellements à 13 cm. 5 du bord (longueur de la queue d'aronde 11 centimètres) le bloc semble paré sur les deux faces, mais une seule est inscrite ; à gauche, anathyiose de 4 cm. 5 ; dédicace inscrite à 10 cm. 2 du bord supérieur de la pierre, en lettres de 3 cm. 3-3 cm. 4 de haut, en lettres espacées de 1 1 centimètres (la première lettre à gauche est à 5 cm. 2 du bord du bloc) ; 1 cm. 5 au-dessous de la dédicace on a gravé un décret de promantie en lettres de 1 cm. 1 de haut, avec 1 cm. 1 d'interligne ; dimensions du bloc en mètres : longueur: 0 m. 52 ; hauteur : 0,285 ; épaisseur : 0,77 (PI. 60).
AeXtpoî ëScoxav 'OXûvirwi 'OXuv7uà[8a aÙTWi]
xai èxyôvoi.ç Trpo^svîav, :rpou,avT£i[av upoeS]-
plav, àauXîav, àré — Xsiav tovtwv [xai xaXXa tL\jmx. oaa] [xa]l toïç aX[Xoiç 7rpo!;] — év[oiç xai. e'jEpyÉTaiç ÛTtàpxsi] '
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Noie critique: 1. 4 après octe-, 1. 5 après 7tpo£- il y avait une surface endommagée ou l'on n'avait rien gravé. La forme de Valpha à barre oblique inclinée du milieu de la haste gauche au pied de la haste droite est intéressant et pourrait indiquer une date assez haute pour la première ligne (peut-être le ve siècle ?). Les précisions chronologiques du décret de promantie ont malheureusement disparu ; l'écriture du deuxième texte ne paraît pas pouvoir être postérieure au me siècle.
(2) G. Daux, BCH, Le, p. 70-71.
assises inférieures1 ; la seconde constitue au contraire un ensemble plus cohérent et mieux déterminé : elle réunit douze blocs2 qui portent au lit d'attente, outre les scellements caractéritisques sur chaque face de joints à 0 m. 20-0 m. 22 de la face antérieure, une rangée de petits encastrements rectangulaires (fîg. 14 ; pi. 59, 3)2, profonds de 0 m. 05 assez régulièrement espacés (de 0 m. 105 à 0 m. 145) et de dimensions régulières (longueur variant entre 0 m. 130 et 0 m. 145, largeur de 0 m. 02 à 0 m. 125). Enfin la face antérieure visible est soigneusement polie. Un dernier bloc, répondant à l'angle postérieur gauche, soit de cette assise, soit de l'assise supérieure, présente deux encastrements de plus grandes dimensions (largeur : 0 m. 09 ; profondeur : 0 m. 07 ; aucun n'est complètement conservé
en longueur), à 0 m. 145 de la face visible.
Malgré le nombre des éléments retrouvés (46 sûrement identifiés) une particularité de construction interdit de reconstituer mécaniquement le monument : à part les blocs d'angle que la présence d'un scellement sur deux faces consécutives rend faciles à identifier et dont l'angle extérieur est taillé d'équerre, les autres blocs conservés complètement ont été, pour la plupart, taillés en biseau, au fur et à mesure des nécessités du montage, parfois même avec des rentrants ou des saillants, des joints courbes qui rappellent la technique des murs polygonaux archaïques3. S'il est ainsi difficile de replacer chaque bloc exactement à l'intérieur du monument, en associant les indications de l'architecture et de l'épigraphie on peut tenter de restituer l'ensemble. On a retrouvé en effet 5 pierres d'angle : aucune ne porte de rangée de petits encastrements ; une seule est inscrite4 : elle répond à l'angle antérieur droit de l'assise de socle. Inégalement taillée à l'arrière, elle mesure 1 m. 482 dans sa plus grande largeur, et la présence d'un scellement sur la face postérieure du bloc assure la place d'un autre bloc, au moins, en profondeur. Aucune des quatre autres pierres d'angles identifiées ne complète cet élément à l'arrière, ni ne répond à cette assise ; aucune ne présente les petits encastrements rec-
Bloc de la deuxième assise des Mt'ssrnii'iis.
(1) En effet le nombre de pierres présentant ce caractère s'élève à 22, ce qui peut faire douter de répartir une masse aussi considérable sur une seule assise, d'autant que les dimensions de l'inscription paraissent imposer des limites assez précises. En outre un certain nombre sont plus hautes : 0 m. 315 au lieu de 0 m. 305. Mais cette inégalité pourrait résulter d'une volonté de suppléer aux inégalités du terrain. Il ne semble pas, en se fondant sur les blocs retrouvés, qu'on doive supposer une assise uniformément haute de 0 m. 315 que surmonterait une assise de 0 m. 305. On observe la même différence de hauteurs sur des blocs qui appartiennent tous à la série suivante qui répond certainement à une seule assise.
(2) Leur hauteur est presque régulièrement de 0 m. 305 ; deux d'entre eux cependant mesurent 0 m. 315, un autre ne mesure que 0 m. 300, mais cette dernière mesure n'est due qu'à l'usure de la pierre, remployée comme beaucoup d'éléments de ce monument dans le dallage de la voie sacrée.
(3) On y pourrait trouver un indice chronologique pour dater cette base. Mais les problèmes que pose la date du monument sont très complexes, comme l'a fait valoir G. Daux, BCH, Le, p. 71
(4) C'est le bloc inv. 4934.
tangulaires caractéristiques d'une assise ; on en conclurait volontiers qu'aucune pierre d'angle conservée n'appartient à cette assise, à moins que ces rangées de petites cavités n'aient été interrompues aux extrémités du monument. On ne peut davantage admettre immédiatement que les 4 blocs conservés proviennent tous d'une même assise — - assise inférieure d'un monument à trois degrés. Bien que leur hauteur les rapproche deux à deux, la place des scellements interdit de les juxtaposer immédiatement. Cette constatation conduit à l'alternative suivante : ou supposer une assise de soubassement supplémentaire, ou — ce qui semble plus vraisemblable — supposer plus de deux blocs sur le petit côté du monument, du moins à l'assise inférieure. On est ainsi conduit à une largeur supérieure à 1 m. 85 pour cette assise inférieure. L'examen du bloc d'angle antérieur droit de l'assise supérieure conduit à une conclusion analogue : dans l'hypothèse — que la mesure des éléments rend vraisemblable — d'une base à trois degrés sensiblement égaux (degré inférieur, haut de 0 m. 310-315 ; degré intermédiaire 0 m. 305 ; degré supérieur : 0 m. 305) il faut compter une retraite à chaque degré. Il n'est pas possible d'en déterminer la valeur exacte dans l'état actuel des éléments ; cependant la présence d'un encastrement de stèle à 0 m. 235 de la face visible sur un bloc de l'assise inférieure, celle des petits encastrements de l'assise intermédiaire à 0 m. 105 du bord de l'assise à laquelle ils sont parallèles, imposent déjà du premier au troisième degré de réserver une retraite de 0 m. 801. La profondeur maximum du bloc d'angle supérieur conservé est de 1 m. 482 ; on est ainsi conduit pour le petit côté à une largeur supérieure à 2 m. 28. Selon un procédé fréquent dans ces constructions, à l'élément sensiblement plus profond (1 m. 482) que large (0 m. 765) que représente le bloc antérieur droit de l'assise supérieure devait correspondre à l'arrière un autre plus large que profond. La dimension des autres blocs d'angle conservés fait penser que cet élément mesurait entre 0 m. 60 et 0 m. 70 de large. On serait ainsi amené à penser que cette base mesurait au minimum entre 2 m. 80 et 2 m. 90 de large à l'assise inférieure, si elle n'avait que trois degrés comme on le suppose, entre 2 mètres et 2 m. 10 à l'assise supérieure.
Pour déterminer la longueur du monument on ne peut se fonder que sur la restitution de la dédicace, ainsi que l'a fait le premier éditeur2. Il importe par suite de reprendre l'examen des éléments inscrits et de la restitution graphique :
lnv. 4933 ; dans le sanctuaire, à l'Ouest du monument en fer à cheval, bloc de calcaire gris brisé en deux fragments qui se rejoignent ; écorné à la partie antérieure, mais l'arrière de la pierre est conservé ; au lit d'attente scellement en queue d'aronde à 0 m. 25-0 m. 275 de la face antérieure ; trou d'encastrement arrondi (de 0 m. 12 de profondeur) pour une statue ; dimensions en mètres : largeur conservée à l'avant : 0 m. 898 ; largeur postérieure complète : 1 m. 178 ; profondeur complète : 0 m. 797 ; hauteur : 0 m. 305 ; porte des lettres de deux lignes de dédicaces ; à la première ligne 0ico (Ihéla n'est conservé que dans la partie droite ; iola, seulement à la partie inférieure de la haste) ; ligne inférieure cravi. (de l'alpha on ne voit que la haste gauche à cause de la cassure du fragment en deux parties) (fîg. 12).
(1) Ce n'est qu'un minimum, car sur certaines pierres de l'assise portant la rangée de petits encastrements on constate sur une largeur de 0 m. 20 en arrière de la face antérieure un piquetage plus fin qui devait répondre à la partie visible du bloc. Enfin sur ce monument aussi, comme il arrive assez souvent, et particulièrement, à l'époque archaïque, on peut croire que les scellements restaient visibles. Ces constatations amèneraient ainsi à accroître encore la largeur de l'édifice de près de 0 m. 20. On atteindrait ainsi — voire on dépasserait — une largeur de 3 mètres pour l'assise inférieure du monument.
(2) G. Daux, BCH, Le, p. 70.
Inv. 4934 ; dans le sanctuaire, au-dessus du monument en fer à cheval ; bloc de calcaire gris qui se plaçait à l'angle droit antérieur du monument, légèrement écorné à l'avant à droite, mais conservé dans toutes ses dimensions ; sur le côté gauche à 0 m. 25-0 m. 275 de la face antérieure, scellement en queue d'aronde ; sur la face arrière taillée en biseau (ou simplement cassée) à 0 m. 222 du bord droit scellement en queue d'aronde ; trois trous d'encastrement pour statue : l'un sur le côté gauche, de forme arrondie (profondeur 0 m. 10) ; un deuxième, rectangulaire (profondeur : 0 m. 05) ; le troisième, arrondi, sur le joint arrière (profondeur 0 m. 08) ; enfin un trou de pince au niveau du scellement placé sur le côté gauche, à l'avant ; dimensions en mètres : 0 m. 747 xl m. 482x0 m. 305 ; lettres des deux lignes ; première ligne : ioia ; deuxième ligne : ot, (fig. 13).
Inv. 4935 ; au musée ; fragment brisé en trois morceaux qui se rejoignent ; le fragment de gauche se trouve au-dessus du monument en fer à cheval, un peu à l'Est de 4934, brisé en deux en profondeur, conservé presque sur toute la hauteur est brisé à gauche ; la face antérieure est écornée à gauche en bas, le lit d'attente manque, mais on distingue le fond d'un trou d'encastrement pour statue ; lettres des deux lignes : de la première un iota; de la deuxième, partie gauche d'un pi; les deux autres fragments (au musée, sans n°, à côté de 5839) qui se complètent, sont brisés de toute part (sauf à la face antérieure) et se placent exactement à droite du premier fragment ; lettres des deux lignes : première ligne : omicron (l'éclat qui coupe le fragment en deux, coupe l'omicron en diagonale) ; deuxième ligne : hypsilon; dimensions maximum : fragment de gauche : 0 m. 32x0 m. 26 x 0 m. 60 ; fragments de droite : 0 m. 415x0 m. 175x0 m. 41.
Inv. 5839 ; au musée — trouvé dans le dallage de la voie sacrée au voisinage du grand autel — fragment brisé à gauche, à l'arrière et en dessous ; au lit d'attente, à 0 m. 25-0 m. 27 de la face inscrite ; scellement en queue d'aronde ; sur la cassure à gauche trou d'encastrement pour une statue ; une seule lettre de l'inscription appartenant à la deuxième ligne : alpha, dimensions en mètres : 0,446x0,335x0,305.
Inv. 5902 ; dans le sanctuaire ; au Nord du monument en fer à cheval, trouvé par L. Lerat en 1935 dans la fouille de la région Nord ; bloc de calcaire gris complet, portant à droite et à gauche, au lit d'attente un scellement en queue d'aronde distant de la face antérieure, à gauche de 0,27 à droite, 0,255-0,275, trois trous de scellements pour statues : deux, circulaires (profondeur 0 m. 06 ; 0 m. 065) ; le troisième, rectangulaire (de 0 m. 05 de profondeur) ; à l'avant, deux lignes de l'inscription : première ligne XXto (le sommet du deuxième lambda endommagé) : deuxième ligne : veGev (fig. 13).
Inv. 7027 ; dans le sanctuaire ; identifié en 1947 parmi les blocs entassés lors de la grande fouille à l'avant du mur polygonal, devant le monument de Daochos1 ; fragment brisé partout, sauf à droite, au lit d'attente et à la partie supérieure de la face inscrite (angle droit) ; au lit d'attente, un scellement en queue d'aronde à 0 m. 26 de la face antérieure ; dimensions maximum en m. : 0,16x0,305x0,78; de l'inscription une seule lettre : hypsilon endommagé à gauche (fig. 12).
En possession de ces données, G. Daux a restitué l'ensemble du texte. Il a proposé la formule suivante :