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Four plays of Shakespeare

Si l’amour n’enchainât pas ta jeune vie Aux regards doux de ta bien aimée honorée Je t’aurais persuadé de m’accompagner Parcourir le monde avec moi et voir ses merveilles,

Au lieu de t’endormir chez toi

Et de perdre la jeunesse dans l’oisiveté.

Mais comme tu aimes, aime encore, et prospère y.

Prot. Voudrais-tu partir ? Cher Valentin, adieu !

Pense à ton Protée quand tu verras peut-être Quelqu’ objet digne d’attention dans tes voyages :

Si tu rencontrais le bonheur

Désire le partager avec moi, et dans le danger,

Si jamais le danger t’arrive,

Recommande tes malheurs à mes prières les plus saintes, Parceque je voudrais bien être ton intercesseur, Valentin. Val. Et prie donc sur un livre d’amour pour mon succès. Prot. Sur quelque livre que j’aime j’intercéderai pour toi.

Val. Ah, cela sera sur quelque légère histoire d’un amour profond,

Parcequ’il était amoureux pardessus les oreilles.

Val. Cela c’est vrai, car tu dépasses dans l’amour les bornes, Mais tu n’as jamais traversé à la nage l’Hellespont.

Val. Non, certes, je ne le ferai pas ; à quoi cela sert-il ?

Prot. Quoi?

4 LES DEUX MESSIEURS DE VÉRONE [acte i.

Val. Etre amoureuxj où, les gémissements n’achètent que le mépris,

Les soupirs profonds du cœur que des regards réservés,

Un instant trop court de plaisirs pour vingt longues nuits blanches et ennuyantes.

Si même gagner, peut-être un gain sans profit ?

Si perdu, alors un lourd fardeau gagné.

Pourtant, ce n’est qu’une folie achetée avec l’esprit,

Ou l’esprit vaincu par la folie.

Prot. Alors, quant à vous, vous m’appelez fou.

Val. Eh bien, quant à vous, je crains bien que c’est vrai.

Prot. Vous êtes en querelle avec l’amour,

Je ne suis pas l’amour.

Vai. L’amour c’est votre maître, parcequ’il vous a maîtrisé.

Et il me semble que celui qui est accouplé avec un fou Ne serait pas inscrit comme un sage.

Prot. Néanmoins, on dit que, comme dans le bouton le plus doux

Demeure le chancre mordant,

Ainsi l’amour mordant se trouve dans les plus beaux esprits. Val. Encore, les écrivains disent que comme le bouton le plus avancé

Est détruit par le chancre avant qu’il pousse,

Ainsi, l’esprit jeune et tendre est ruiné par la folie,

Détruit dans le bouton,

Perdant sa verdure dans ses fleurs,

Et les effets heureux des espoirs de l’avenir.

Mais, pourquoi perdre du temps en te conseillant %

Qui est votif du désir amoureux ?

Encore, adieu : mon père sur la route M’attends pour me voir embarquer.

Prot. Et c’est là que je te ramènerai, Valentin.

Val. Cher Protée, non, partons.

Donnes-moi de tes nouvelles à Milan,

Dis moi de tes succès dans l’amour, et autre chose Qui t’arrive durant l’absence de ton ami ;

Et moi, je te raconterai aussi les miennes.

sc. i.] LES DEUX MESSIEURS DE VÉRONE

Prot. Je te souhaite chaque bonheur à Milan !

Val. Et toi pareillement chez toi ! et ainsi adieu.

[Valentin sort.

Prot. Il cherche l’honneur, moi l’amour ;

Il quitte ses amis pour les honorer plus ;

Je quitte moi-même, mes amis, et tout pour l’amour.

Toi, Julie, toi m’a métamorphosé ;

Toi a causé la négligence de mes études, la perte de mon temps,

Faire la guerre avec les bons conseils, mettre au néant le monde,

Enfaiblissant l’esprit avec la rêverie, soulevant le cœur avec la mélancolie.

Speed entre.

Speed. Je te salue, Sir Protée ! As-tu vu mon maître ?

Prot. Il vient de partir d’ici s’embarquer pour Milan.

Speed. Je parie vingt contre un qu’il s’est déjà embarqué ;

Et j’ai joué la brebis en le perdant.

Prot. Vraiment un mouton souvent s’écarte du troupeau Si le berger s’éloigne pendant quelque temps.

Speed. Alors, vous êtes de l’opinion que mon maître est un berger, et moi un mouton ?

Prot. C’est cela.

Speed. Eh bien, alors mes cornes sont ses cornes, soit éveillé ou endormi.

Prot. Une sotte réplique, et de la manière d’un mouton.

Speed. Ah, cela me prouve encore être un mouton.

Prot. C’est vrai, et ton maître d’être un berger.

Speed. Non, je puis nier cela avec des preuves.

Prot. Je gage que je le prouverai avec une autre.

Speed. Le berger cherche le mouton et non le mouton le berger ; mais moi je cherche mon maître, et mon maître ne me cherche pas, alors je ne suis pas mouton.

Prot. Le mouton suit le berger pour son fourrage, le berger ne suit pas le mouton pour sa nourriture, mais tu suis ton maître pour les gages ; ton maître ne te suis pas pour les gages ; comme cela, tu es un mouton.

6 LES DEUX MESSIEURS DE VÉRONE [acte i.

Speed. Encore une telle preuve me forcera de crier “ baa.”

Prot. Mais assez de cela ! As-tu donné ma lettre à Julie ?

Speed. Oui, Monsieur, moi, un mouton égaré, lui ai donné ta lettre, et elle, un mouton lacé, ne m’a rien donné pour mes peines.

Prot. Ici, il n’y a pas assez de pâture pour tant de moutons.

Speed. S’il y a trop de moutons, vous ferez bien de les tuer.

Prot. Non, tu t’égares là, ce serait mieux de te mettre en fourrière. Mais venez donc, ouvrez la matière en bref. Qu’a-t-elle dit ?

Speed. Ouvrez votre bourse, de sorte que l’argent et la matière soient immédiatement enfantés.

Prot. Eh bien, Monsieur, voici de l’argent pour vos peines. Qu’a-t-elle dit?

Speed. Vraiment, Monsieur, je pense que vous ne l’obtiendrez guère.

Prot , Eh, pourquoi pas ? Tiens-tu cela d’elle-même ?

Speed. Ah, Monsieur, je n’ai pu rien apprendre d’elle-même, non, pas autant qu’un ducat pour avoir apporté la lettre; et, m’ayant été si dur que lui a porté tes vœux, je crains qu’elle se montrera aussi dur à toi en se révélant. Ne donne-t-elle que des pierres, car elle est aussi dure qu’une pierre.

Prot. Quoi, n’a-t-elle rien dit ?

Speed. Non, même pas autant que “Prends cela pour tes peines.” Pour les preuves de ta générosité, je te remercie, tu ma’s donné un teston, et en récompense, désormais portes tes lettres toi-même, et ainsi, Monsieur, je t’envoye à mon maître.

Prot. Va, va, donc, sauve ton vaisseau Qui ne peut pas périr, t’ayant embarqué :

Etant destiné à une mort plus sèche à terre.

Je vais envoyer un meilleur messager ;

Je crains que Julie ne voudrait daigner mes vers,

Les recevant d’un courrier si vil.

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