‹ Four plays of ShakespeareChapitre 18 sur 69 · Scène II. — Le meme. Une Chambre dans le Palais du Duc · texte numérisé non relu

Scène II. — Le meme. Une Chambre dans le Palais du Duc

Turio, Protêe, et Julie entrent.

Tu. Sire Protée, que répond Silvie à mes avances ?

Pro. Oh, Monsieur, je le trouve plus douce qu’elle n’était;

Mais, cependant, elle s’offence de votre personne.

Tu. Quoi donc, que ma jambe est trop longue ?

Pro. Non, qu’elle est trop courte.

sc. II.] LES DEUX MESSIEURS DE VÉRONE 65

Tu, Je porterai une botte, pour la rendre un peu plus longue. Pro. Mais l’amour ne sera pas stimulé à ce qu’il abhorre.

Tu. Comment trouve-t-elle ma figure ?

Pro. Elle dit qu’elle est belle.

Tu. Non donc, la coquine ment ; ma figure est foncée.

Pro. Mais les perles sont blanches, et le proverbe dit,

“ Des hommes noirs sont des perles dans les yeux des belles dames.”

Jul. Il est vrai, de telles perles qui éteignent les yeux des dames,

Car j’aimerais mieux clignoter que les regarder Tu. Comment aime-t-elle mon discours ? [A part.

Pro. Mal, quand vous parlez de la guerre.

Tu. Mais bien quand je parle de l’amour et de la paix?

Jul. Mais mieux encore quand vous vous taisez. [A part. Tu. Que dit-elle de ma valeur ?

Pro. Oh, Monsieur, elle ne se doute pas de cela.

Jul. Elle n’en a pas besoin quand elle sait que c’est la lâcheté ? Tu. Que dit-elle de ma naissance ? [A part.

Pro. Que vous êtes bien descendu.

Jul. Vraiment d’un gentilhomme à un fou. \A part.

Tu. Considère-t-elle mes professions ?

Pro. Ah oui, elle a eu pitié.

Tu. Pourquoi?

Jul. Qu’un tel âne les posséderait. \A part.

Pro. Qu’elles sont donné en bail.

Jul. Voici le Duc qui vient.

Le Duc entre.

Duc. Comment donc, Sire Protée ? Comment donc, Turio ?

Lequel de vous a vu Sire Eglamour dernièrement ?

Tu. Pas moi.

Pro. Ni moi.

Duc. As-tu vu ma fille ?

Pro. Non plus.

Duc. Comment donc, elle s’est alors enfuit à ce paysan Valentin ;

66 LES DEUX MESSIEURS DE VÉRONE [acte v. Et Eglamour avec elle.

Il est vrai, car le moine Laurence les a tous deux rencontrés,, Comme il errait dans la forêt en pénitence ;

Il le connaissait bien, et dévina que c’était elle ;

Mais étant déguisée, il n’en fut pas sûr :

En outre, elle s’était proposée de se confesser À la cellule de Saint Patrice ce soir ; et elle n’y était pas : Ces apparences confirment sa fuite d’ici.

Alors, je te prie, ne perd pas le temps en parlant,

Mais montez bientôt à cheval, et rencontrez-moi

Sur le pied montant de la montagne

Qui conduit vers Mantoue, où ils se sont enfuits;

Dépêche toi, cher gentilhomme, et suis moi. [Il sort.

Jul. Eh bien, c’est donc comme ceci d’être une fille perverse, Qui fuit sa fortune quand elle la suit ;

Je la suivrai ; plus pour m’être vengé sur Eglamour Que pour aucun amour de la folle Silvie. [Elle sort.

Pro. Et moi je suivrai, plus pour l’amour de Silvie

Que pour la haine d’Églamour qui l’accompagne. [Il sort.. Jul. Et je suivrai plus pour contrarier cet amour,

Que pour aucune haine que je porte à Silvie,

Qui est partie pour l’amour. [Elle sort .

Scène III. — Les Frontières de Mantoue. La Foret. Silvie et les Proscrits entrent.

Ie Proscrit. Viens, viens,

Soyez patiente, il faut vous conduire à notre capitaine. SU. Mille malheurs encore que celui-ci M’ont appris à le supporter avec patience.

IP Proscrit. Viens, emporte-la.

Ie Proscrit. Où est le gentilhomme qui l’accompagna ? IIP Proscrit. Etant au pied léger, il nous a dépassé,

Mais Moyses et Valérie le suivent.

Va avec elle à l’extrémité oueste du bois,

Voilà notre capitaine : nous poursuivrons celui qui s’était enfuit,

Le buisson est entouré, il ne peut pas s’échapper.

Ie Proscrit. Viens, il faut vous amener À la caverne de notre capitaine ;

Ne crains pas ; il a un esprit honorable,

Et ne traitera pas une femme sans loi.

Si 7. Oh Valentin, je souffre ceci pour toi. [Tous sortent.

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