‹ Four plays of ShakespeareChapitre 24 sur 69 · Scène I. — Le meme · texte numérisé non relu

Scène I. — Le meme

Antipholus d’Ephèse, Dromio d’Ephèse, un Orfèvre, et

Balthazar, un Négociant.

A?ît. E. Bon seigneur, Angélo, il faut nous excuser tous,

Ma femme me gronde quand je ne tiens pas l’heure :

Elle dit que je tardai avec vous dans votre boutique,

Pour surveiller la manufacture de son carcan,

Et que demain tu la rapporteras.

Mais voici un scélérat qui veut me contredire Il me rencontra et dit que je le battis,

Je le chargeai avec mille marcs en or,

Et niai-je ma femme et ma maison !

Toi ivrogne, toi, que voudrais-tu dire par ceci?

Dro . E . Dites ce que vous voulez, Monsieur, mais je sais ce que je sais ;

Que tu me battis au marché, que tu le fis c’est bien vrai.

Si la peau fut du parchemin, et tes coups d’encre,

Ta propre écriture te dirais ce que je pense.

Ant. E. Je pense que tu es un âne.

Dro. E. Vraiment, il apparait que c’est ainsi

Par les maux que je souffre, et les coups qu’on me donne m’ami,

Je dois ruer, étant rué; et quand je fis cela Tu t’éloignerais de mes talons, n’est-ce pas ?

Ant. E. Tu es triste, Seigneur Balthazar ; Dieu fasse que notre chair

Peut rapporté à ma bonne volonté, et votre bienvenue mon cœur.

94 la COMÉDIE DES ERREURS [acte iii.

Bal. Je fais bon marché de tes délices, et ta bienvenue m’est chère.

Ant. E. Oh! Seigneur Balthazar, ou comme chair ou poisson Une table pleine de bienvenue ne fait aucune moisson.

Bal. De la bonne viande est commune ; chaque homme donne.

Ant. E. La bienvenue est encore plus commune ; ce n’est cela que des mots, hélas.

Bal. Peu de viande et beaucoup de bienvenue rendent une fête joyeuse.

Ant. E. Oui, à un hôte avare, et une convive encore plus parsimonieuse.

Mais même que mes friandises soient pauvres, prends-les en bonne part :

Tu ne peux les avoir de meilleur cœur, même qu’avec plus d’art.

Mais, chut, ma porte est fermée à clef ; va dis leur de nous donner entrée.

Dr o . E. Madelon, Brigette, Marianne, Cécile, Julianne, Penthisilée !

Dro. E. [Dedans.] Momon, Courdan, chaponner, idiot, diable. Asseyes-tu au panneau, ou t’envas tu, car ta sotise m’accable. Conjures-tu pour des filles, que tu en demande un tel nombre,

Quand une est trop ? T’en vas tu de la porte dans l’ombre. Dro. E. Quel genre de portier es tu ? Mon maître dans la rue t’attend.

Dro. S. Laisse-le marcher d’où il venait, de peur qu’un rhume aux pieds il prend.

Ant. E. Qui parle en dedans? Ho ! Qui que ce soit, ouvre la porte.

Dro. S. Bien, Monsieur; je te dirais quand tu me diras pourquoi.

Ant. E. Pourquoi? — pour mon dîner; je n’ai pas dîner aujourd’hui, hélas.

Dro. S. Il n’est pas permis de dîner ici aujourd’hui ; viens encore quand tu pourras.

sc. i.]

Ant. E. Qui es-tu qui me barre ma propre porte, ho, donc, ho ?

Dro. S. Le portier pour le moment, Monsieur, et mon nom est Dromio.

Dro. E. Oh vilain ! tu as et mon office et mon nom.

L’un ne me porta jamais honneur, l’autre jamais renom.

Si tu as été aujourd’hui Dromio en ma place,

Tu auras changé ton nom pour un âne, ou pour un nom ta face.

Luce. [En dedans.] Sot, quel tapage qu’il y a là ? Dromio, qui sont ceux à la porte ?

Dro. E. Laisse entrer mon maître, Luce.

Luce. Vraiment non, quand il vient d’une telle sorte.

Ant. E. Entendez-vous, mignon ? Vous nous laissez entrer, j’espère ?

Luce. Je pense vous l’avoir demandé.

Dro. S. Et vous disiez non, pauvre folle.

Luce. Veux-tu dire à cause de qui ?

Dro. E. Maître, frappez bien à la porte.

Luce. Qu’il frappe jusqu’elle pousse un cri.

Ant. E. Vous pleurerez pour ceci si je fasse tomber la porte.

Luc. Il y a une paire de blocs dans la ville pour ceux de cette sorte.

Adr. [En dedans.] Qui est-ce a la porte qui fait tout ce bruit ?

Dro. S. Ma foi, votre ville est troublée de ces garçons jour et nuit.

Ant. E. Etes-vous là, ma femme ? — Vous devriez être venue auparavant.

Adr. [En dedans.] Votre femme. Monsieur fripon ! — fi, donc, allez vous en.

Dro. E. Si vous alliez en douleur, Monsieur, hélas, pour ce fripon.

Ang. Ici on a ni chair ni bienvenue, ou l’un ou l’autre nous voulons bien.

Bal. En discutant lequel fut le meilleur nous ne donnons rien.

Dro. E. Ils restent debout a la porte, maître ; donne leur la bienvenue au tien.

LA COMÉDIE DES ERREURS [acte iii.

Votre gateau ici est chaud, mais debout ici dans le froid vous vous êtes tenu ; —

Il rendrait un homme fou d’être ainsi acheté et vendu.

Ant. E. Va et cherche moi quelque chose : j’enfoncerai la porte.

Dro. A. Je romperai votre tête de coquin si tu rompes de cette sorte.

Ant . E. Va donc, va, emprunts-moi une pince de fer.

Bal. Aye patience, Monsieur, votre dessein est trop amer.

En ceci vous faites la guerre contre votre propre réputation Et entrainez dans les limites du soupçon L’honneur inviolable de votre épouse.

Votre longue expérience de sa sagesse,

Sa vertu sobre, ses années, et sa modestie,

Plaident de sa part, quelque cause inconnue à toi :

Et ne doutez pas, Monsieur, qu’elle vous donnera bonne raison

Pourquoi à ce temps les portes sont fermées contre vous. Soyez gouverné par moi, partez en patience,

Et allons tous au Tigre au dîner,

Et, vers le soir, viens seul

Apprendre la raison de cette étrange contrainte ;

Si, par force majeure vous offrez forcer une passage, Maintenant, au grand jour,

On fera de ceci une commentaire vulgaire ;

Et on croyera par la rumeur commune Ce que peut endommager Votre réputation encore intacte,

Et restera sur votre tombeau quand vous êtes mort.

Car la calomnie vit sur la succession.

Toujours logée quand elle a possession.

Ant. E. Vous avez prévalu, je partirai en paix,

Et en dépit de joie veux être gai.

Je connai une fillette d’excellent discours,

Jolie, et spirituelle, libre, mais aussi donc gentille.

Nous dînerons-là: cette femme dont je parle,

Ma femme (mais, je proteste, sans mérite)

SC. il] LA COMÉDIE DES ERREURS

M’a souvent grondé à propos d’elle ;

Nous irons dîner avec elle. — Allez chez vous,

Et cherchez la chaîne ; je suis sûr qu’elle est faite : Apportez-la moi, je vous prie, au Porc-épic ;

Car la maison est là : je donnerai cette chaîne (Si ce n’est qu’en dépit de ma femme)

A mon hôtesse là ; bon Monsieur, dépêchez-vous.

Puisque ma propre maison dédaigne de m’entretenir Je frapperai autre part, et ne me presserai pas de revenir. Ang. Je vous rencontrerai à cet endroit dans une heure.

Ant. E. Faites ainsi ; cette plaisanterie me coûtera quelque sueur.

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