‹ Four plays of ShakespeareChapitre 56 sur 69 · Scène I. — Une Place Publique · texte numérisé non relu

Scène I. — Une Place Publique

Mercutio, Benvolio, un Page, et des Domestiques entrent .

Ben. Je te prie, bon Mercutio, retirons :

Le jour est chaud, les Capulets debout.

Si nous nous rencontrons, un combat suit ;

Maintenant, ces jours chauds, le sang s’excite.

Mer. Tu ressembles à un de ces hommes qui quand il entre les confins d’une auberge me claque son épée sur la table et dit, “ Que Dieu m’épargne le besoin de toi ! ” et par l’opération de la seconde tasse tire sur le tireur, quand, vraiment, il n’y a pas de besoin.

Ben. Suis-je semblable à un tel?

Mer. Viens, viens, tu es un aussi chaud Jack dans ta disposition qu’aucun en Italie ; et aussi vite ému d’être chagriné, et aussi vite chagriné d’être ému.

Ben. Et encore quoi ?

Mer. Eh bien donc, s’il y en avait deux tels, nous aurions bien vite nul, car un tuerait l’autre. Toi ! quoi, tu querelleras avec un homme qui a un cheveu de plus ou moins dans sa barbe que toi : tu querelleras avec un homme pour craquer des noisettes, n’ayant aucune raison excepté que tu as des yeux noisettes : quel œil excepté un tel œil trouverait une telle querelle ? Ta tête est aussi pleine de querelles qu’un œuf est plein de viande, mais cependant ta tête a été battue aussi cou vie qu’un œuf pour quereller. Tu as querellé avec un homme pour tousser dans la rue, parce qu’il a éveillé ton

ROMÉO ET JULIETTE [acte iii.

chien qui dormait dans le soleil. N’as-tu pas querellé avec un tailleur pour avoir porté son nouveau doublet avant Pâques? avec un autre pour avoir attaché ses nouveaux souliers avec de vieux rubans? Cependant tu veux me dissuader de quereller.

Ben. Et si je fus si prompt à quereller que tu es, aucun pourrait acheter le fief simple de ma vie pour une heure et quart.

Mer. Le fief simple ? O simple !

Ben . Par ma tête, ici viennent les Capulets.

Mer. Par mon talon, je ne m’en soucies pas.

Tybalt et les autres entrent.

Tyb. Suis moi près, car je vais leur parler.

Gentilshommes, bon soir : un mot avec un de vous.

Mer. Ne veux tu qu’un mot avec un de nous?

Couples-le avec quelque chose ; fais le mot et un coup.

Tyb. Vous me trouverez assez apte à cela, Monsieur, si vous me donnerez l’occasion.

Mer. Ne pourrais-tu pas prendre quelqu’ occasion sans le donner ?

Tyb. Mercutio, tu accompagnes Roméo, —

Mer. Accompagnes ! quoi, nous fais-tu des ménestrels ? Mais si tu nous en fais des ménestrels, attends entendre rien que des discordes : voici ma fadaise ; voici ce que te fera danser. Pardieu, accompagne !

Ben. Nous parlons ici dans un lieu public :

Ou retires-toi dans un endroit privé,

Ou donc raisonne froidement de vos douleurs,

Ou pars tu ; ici tout le mode nous voit.

Mer. Les yeux sont fait pour cela, qu’ils regardent ;

Je ne bouge pas pour plaire a personne, moi.

Tyb. Bien, la paix soit avec toi : voici l’homme.

Mer. Mais, pends moi, Monsieur, s’il porte ta livrée : Vraiment, va en avance, il te suivra ;

En ce sens vous pouvez le nommer homme.

SC. i.] ROMEO ET JULIETTE

Roméo entre.

Tyb. Roméo, l’amour donc que je te porte S’explique en ces mots — Tu es un vilain.

Rom. Tybalt, la raison j’ai à vous aimer Excuse beaucoup la rage appartenant A un tel salut : je ne suis pas vil ;

Adieu; je vois tu ne me connais pas.

Tyb. Ceci n’excusera pas les injures Que tu m’as faites ; alors tourne-toi et tire.

Rom. Je proteste, je ne t’ai jamais fait tort,

Mais t’aime mieux que tu puisses imaginer,

Jusqu’à ce que tu sacheras la raison :

Ainsi, bon Capulet, — un nom je tiens Aussi cher que le mien, — sois satisfait.

Mer. O soumission, vile, calme, déshonorable !

Je tire sur vous donc à la stoccata.

Tybalt, preneur de rats, marcherez-vous ?

Tyb. Mais, que veux-tu donc avoir avec moi ?

Mer. Bon roi des chats, rien qu’une de vos neuf vies ; je vais être hardi avec cela, et comme vous me traiterez en futur, je vais battre à sec les huit autres. Voulez-vous arracher votre épée hors de son fourreau par les oreilles? dépêchezvous, de peur que la mienne serait autour de tes oreilles avant que tu l’as arrachée.

Tyb. Je suis pour vous. \Tirant .

Rom. Gentil Mercutio, remets ton épée.

Mer. Viens, Monsieur, votre passado. [. Ils combattent .

Rom. Tire donc, Benvolio ; abats leurs épées.

Gentilshommes, honte sur vous, épargne cet outrage !

Tybalt, Mercutio, le prince défendit Qu’on se battit dans les rues de Vérone :

Tiens, Tybalt ! Mercutio. [Tybalt sort avec ses partisans.

Mer. Je suis blessé.

Maudit soient vos deux maisons ! C’est fini.

Va-t-il sans blessure ?

Ben.

[// tire.

Quoi, es-tu blessé ?

268 ROMEO ET JULIETTE [acte iii.

Mer . Oh, une raie, une raie ; vraiment c’est assez.

Où est mon page ? Appelle un chirurgien.

Rom. Courage ; le mal ne peut pas être beaucoup.

[Le Page sort .

Mer. Non, pas si profond qu’un puits, ni si large qu’une porte d’église ; mais c’est assez, cela servira : demande-moi demain, et vous me trouverez un homme grave.* Je suis poivré, je garantis, pour ce monde. Maudites soient vos deux maisons ! Parbleu, un chien, un rat, une souris, un chat, gratter un homme jusqu’à la mort ! un vantard, un fripon, un scélérat qui se bat par le livre d’arithmétic ! Pourquoi le diable nous séparais-tu? Je fus blessé sous votre bras.

Rom. Je pensais que ce fut pour le mieux.

Mer. Aide-moi me réfugier dans une maison :

Je m’évanouis ! Maudites soient tes maisons !

Elles m’ont tourné en viande pour les vers ;

Je l’ai bien rudement : vos maisons !

[Mercutio et Benvolio sortent.

Rom. Ce gentilhomme, l’allié proche du Prince,

Mon vrai ami, a reçu un coup mortel En ma faveur ; mon nom est terni Par la honte de Tybalt, depuis une heure Mon cousin ! O, douce Juliette,

Ta beauté m’a rendu efféminé Et a détruit l’acier de ma valeur.

Benvolio entre .

Ben. O Roméo, Roméo ; Mercutio est mort.

Cette âme vaillante désira le ciel,

Qui méprisa ici trop tôt le monde.

Rom. On commence par le sort noir de ce jour Le malheur qui va suivre donc à son tour.

Tybalt rentre.

Ben. Voici furieux Tybalt qui revient.

* Ici le mot anglais '* grave " veut dire ‘‘sérieux ” et “ un^tombeau.”

Rom. Vivant en triomphe ! Mercutio mort !

Va, va au ciel, oh douceur prudente,

Que la furie au jeux de feu soit donc mon guide ! Maintenant, Tybalt, reprends le vilain.

Que tu viens de me donner, car Pâme De Mercutio est élevé en haut,

Attendant ton âme pour l’accompagner :

Ou toi, ou moi, ou tous, deux doivent aller.

Tyb. Et toi, misérable garçon, son ami,

Ira avec lui.

Rom. Nous verrons cela.

[ Ils le batte?it\ Tybalt to?nbe.

Ben. Roméo, sauve-toi, sauve-toi !

Les citoyens sont levés, Tybalt tué !

Ne t’étonne pas, le Prince te condamnera À mort si tu es pris : va vite, donc, va !

Rom. Oh, je suis fou.

Ben. Pourquoi ne vas-tu pas ? [Roméo sort.

Les Citoyens, etc ., entrent.

Ie Cit. Où allait-il qui tua Mercutio ?

Tybalt, cet assassin, rompant la loi ?

Ben. Là couche ce Tybalt.

Ie Cit. Va avec moi;

Je te charge au nom du Prince, obéis.

Le Prince entre , suivi de Montague, Capulet, leurs jemmes

et d'autres personnes.

Prin. Où sont les commenceurs du chemaillis ?

Ben. Oh, noble prince, je puis vous découvrir Le régime malheureux de cette affaire.

Là reste l’homme, tué par jeune Roméo,

Qui tua ton cousin Mercutio.

Mad. Cap. Tybalt, mon cousin ! oh fils de mon frère !

O Prince ! O cousin ! mari ! c’est amer ;

Le sang de mon parent est donc versé !

Prince, comme tu es un homme plein de bonté,

270 ROMÉO ET JULIETTE [acte m.

Pour notre sang, verse le sang d’un Montague.

O cousin, cousin !

Prin. Dis-moi, est-ce su

Qui donc cette querelle sanglante commença ?

Ben . Tybalt ici, qui Roméo tua ;

Roméo qui le réponds bien doucement,

Disant comme la querelle fut légère,

Comme vous seriez fâché tout disant

D’un air amiable, d’un regard calme et humble,

Tachant vainement appaiser sa colère ;

Mais Tybalt, sourd à la paix, tire l’épée Contre la poitrine de l’hardi Mercutio :

Qui, tout aussi ardent, tourne point à point,

Avec un dédain martial abat La mort froide d’une main, et avec son autre La renvoyé à Tybalt, dont son addresse La repousse : il crie, tout haut, Roméo,

“ Tenez , amis ! amis , séparez-vous ! ”

Et plus vite que mots abats leurs épées Et se jette entre eux ; et dessous son bras Un coup envieux de Tybalt tua Le brave Mercutio; Tybalt fuya;

Mais bientôt revient à Roméo fâché ;

Qui or entretenait la sainte vengeance,

Et comme l’éclair ils s’engagent, avant que Je puisse les séparer, Tybalt est mort,

Et comme il tomba Roméo s’enfuit.

C’est vrai, ou que Benvolio périt.

Mad. Cap. Il est parent à Montague lui-même ;

L’amour le rend faux ; il parle comme il aime ;

Quelques vingtaine d’eux se battaient ici,

Et tout d’eux ne tua que celui-ci.

Je demande la justice, que tu dois rendre.

Roméo tua Tybalt ! sa vie prends.

Prince. Roméo le tua, lui Mercutio ;

Qui dois le prix du sang de Mercutio ?

Mon. Pas Roméo, Prince, il fut son ami ;

Et ne fait que doit faire la loi ici,

Prendre la vie de Tybalt.

Prince. Et pour cela

Sans doute exilé d’ici il sera.

Dans vos querelles j’ai un grand intérêt,

Car, n’est-ce donc pas mon sang qui est versé ?

Je vous punirai d’une si grande amende Que vous vous repentirez toute la bande :

Je serai sourd à tous les arguments;

Ni larmes ni prières les abus achetant :

Et pour cela ne vous en servez pas :

Que Roméo s’enva vite en tout cas,

Parceque, s’il est trouvé c’est son arrêt.

La clémence n’y sera qu’un meurtrier. [ Ils sortent .

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