‹ Fourier et Napoléon, l'Égypte et les cent jours, mémoires et documents inéditsChapitre 30 sur 34 · Les noms égyptiens des plantes les plus communes · texte numérisé non relu

Les noms égyptiens des plantes les plus communes

4. Examiner le passage d'Hérodote sur le vût^fafs^ des Hiéniciens.

5. Examiner le passage ancien de rinégalité du niveau de la noer Rouge et de la Méditerranée.

6. De même le passage de Strabon qui rapporte que dans les temps les plus anciens il y avait trente-sii^ nomes en Egypte.

7. Système numérique tiré de la langue égyptienne et comparé à la numération grecque.

8. Peut-on connaitre le nom égyptien du lotus, deSotbis, d'obélisque?

9. Le texte de la procession de Ptolémée Pbiladelpbe> dans Athénée.

DocuMBHT n*" XIV. [Page 2i6.)

Mesuresprises pw le maréehai Masséna contre les troupes impériales débarquées de VUe d^Elbe,

Extrait du Journal du département de PIsère, n* 29 , da 8 mars 1815 , qui ne fût pas distribué (Suprà, page 220.)

Communications officielles du préfet du département de risère à ses administrés.

Une lettre de M. le maréchal prince d^Ësling , datée de Marseille du 4 mars 1815 « et adressée à M. le lieutenant général comte Marchand , annonce que M. le lieutenant général comte Miollis, parti avec le 83* régiment et six com-

L £GTPT£ £1 L£S CfJMT JOUBS.

pagDies d'étile du 58" , est à la poursofte de Bmiaparte. Le-

i*estant du 58* suit le même mouvement, et leur but commun est de couper, s'il est possible, la marche de Tennemi. Cette dépêche est terminée ainsi : « Je ferai tous mes efforts pour favoriser vos mouvements et vous seconder de tout mon pouvoir. »

Signé : le maréchal dne de Bivou, gouvemenr de la 8* division militaire , prinee

d*EsLINO.

La dépêche de M. le Maréchal est accompagnée d'une lettre de M. le oomte de Bouthiilier, préfet du département du Yar , qui porte que la force de renneml est de mille hommes; que son département, où le passage a en lieu, est

aussi tranquille que possible , et que cet événement n'a fait écarter personne de son devoir.

Certifié conforme aux lettres ci -dessus, déposées en nos archives, À Grenoble, ce 6 mars 1815. Le préfet, Fouanuu

DoGUMBiiT fd^ XV. {Page S43.)

Sur le titre de comte conféré à Fourier.

C'est dans le décret impérial du lâ mars 1815, contenant la nomination de Fourier a la préfecture du département du Rhône , que son nom parait pour la première

fols précédé du titre de comte. Fourier le prit dans ses actes administratifs et dans sa correspondance fiimiiière. Dans le décret du 6 avril, qui régularisa la liste générale des préfets de l'Empire, le nom de Fourier D*est précédé d'aucun titre. Enfin dans le décret du 10 juin de la même années, qui accorde à Fourier une penrionde retraite de 6,000 francs , à compter du premier juillet suivant, son nom est

34^ l'ÉGVPTE liT LKS CIÙN T JOURS.

sans tttre , mais il est désigné avec celui de comte dans le rapport du ministre de Tiatérieur, CarDot, qui a servi de motif à ce décret.

Il devait exister , de la décision Impériale qui a élevé Fourier du rang de baron à celui de eomtei deux actes offtdelà, savoir, le décret Impérial par lequel se manifesta la volonté souveraine, et les letires patentes conférant le titre et enregistrées en cour royale. On ne trouve aucune trace du brevet; les papiers du gouvernement des cent jours ont été peu ménagés, et la liste générale des dotations, titres et m^orals accordés par l'Empereur , ne présente qu'un trèspetit nombre de nominations pour la fin de Tannée I81S et les premiers moisde 1814 (quatre, depuis le moisdejuin 1813, y compris M. Léon de Perthuis au titre de baron, et M. Louis Marie de Mesgrigny au titre de comte, le même jour 82 novembre). Une autre liste des titres de propre mouvement renferme très-peu d'actes des neuf derniers mois de l'Empire, et le nom de Fourier ne se trouve que pour son titre de baron. ( Décret du 3 décembre idÙ9 , Lettres patentes du titre, du 26 avril 181o.) Enfin une troisième liste, celle des lettres patentes accordées par ie Roi et portant collation de titres concédés par brevets de l'Empereur et non suivis de Lettres, est également muette à Tégard de Fourier. Terminons en faisant remarquer que, dans l'acte qui loi confère le titre de baron , il est désigné par les prénoms de /oseph- Jean - Baptiste , autre variante à ajouter à celles qui sont déjà mentionnées dans ie premier chapitre de cet ou-> vrage.

l'É6TPT£ et les cent JOUHS

DoGUMKHT XVI. (Page 249.)

Notice des opérations militaires exécutées dans les dé-

pariements de l'hère cl des Hautes- Alpes , du 4 au 3 1 mars 18iô.

La garoSson de Marseille se composait du 58™*^ et du 83"°* régiments de ligne; les généraux Gardanneet Loverdo

commandaient dans le département.

Le 4 mars, le 58'"^' sortit de Marseille, accompai^né par environ 400 hommes de la garde urbaine pour aller à la poursuite de l'Empereur. Cette troupe arriva à Gap le 9 , d'où le général Ghabert se retira pour se porter sur Corps : mais sur la nouvelle que ce général fit répandre à Gap , qu'il arrivait avec huit cents hommes et du canon, les Marseillais se retirèrent en désordre; ils arrivèrent à Aix le 22, et attendirent en cette ville un nouveau renfort qui ne tarda pas d'y arriver; il se composait du 83°*^ et d'environ 900 Marseillais pris un peu partout.

Cette colonne, composée d'environ trois mille hommes, partit d'Aix le 24 et se dirigea sur Sisteron, où elle arriva le 26. Le lendemain, la troupe se partagea eo deux colonnes; l'une se dirigea sur Gap, où elle arriva le même jour, et l'auto prit la route de Veynes et Serres, pour aller déboucher par la Croix-Haute, et faire vraisemblablement sa jonction à la Mure.

Le 29 mars, le ôS"'^ laissant à Gap environ 400 Marseillais, et étant en quelque sorte Instruit par les journaux de ce qui se passait, alla coucher à Saint-Bonnet le même jour. Lorsque le général Chabert eut pris positton à Corps , il donna ordre

aux gardes nationales de Vizille et de la Mure de s'y réunir. Le même jour, la garde nationale de Vizille, composée d'environ cent hommes, à la téte desquels se trouvaient les plus riches propriétaires y Yint coucher à la Mure.

35o l'égypte et les cent jolbs.

Le lendemain 30, la garde nationale de la Mare, com*

posée d'environ deux cents hommes (parmi lesquels se trouvaient également les principaux habitants), se joignit à celle de Vizille et à une compagnie du 5*" qui avait été envoyée de Grenoble avec deux pièces d'artiilerie. Cette petite armée arriva à Corps, sar les 10 heures da matin. De suite le général Ghabert fit prendre position dans le défilé qui conduit de Corps à Aspres, la garde nationale de la More occupant les avantpostes.

La petite armée qui se trouvait réunie sur la place de Corps , à deux heures après midi, pouvait s*élever à environ cinq cents hommes* Mais le général Gliabert ayant appris par des gendarmes venant de Serres « qui avaient traversé les monta* gnes du Dévolui, que la colonne marseillaise se dirigeait sur Mens, fut obligé, pour ne pas étretoamé, de partager sa petite armée ; en conséquence, le colonel Lespinasse et le major du 5"'*^ furent détachés avec 100 hommes de troupes de ligne, une pièce de canon etiagarde nationale de Vizille, pour aller prendre position au pont de Cogoet , qui se trouve à environ trois quarts de lieue au-dessous de la Mure. Mais ils avaient déjà été prévenus par les gardes nationales de la Motte. Ces braves paysans s*étaient levés spontanément, ils avaient barricadé le pont, et près de 100 hommes se trouvaient dans le défilé armés de toutes pièces.

Du côté de Corps, la position n'était pas moins bien gardée; on avait placé la pièce de canon qui restait, un peu audessus de la croix d' Aspres, de manière à Iwlayer toute la route; cette pièce était soutenue par la gnrde nationale de la Mure. Soixante hommes de la garde nationale de Corps s'étaient postés au sommet de la montagne avec des pioches, pour lancer des pierres qui auraient été plus funestes que l'artillerie ; mais tous ces préparatifs devinrent inutiles ; sur les quatre heures et demie on apprit que le 58"*' avait laissé les Marseillais à Gap, et qu'il venait se ranger sous

L*ÉGTFrB ET t.KS CENT JOURS. 35 1

les aigles impériales. En effet, on vit arriver une heure après le général Gardanne.

Le lendemain, le $8"* arriva à Corps sur les la heures da

matin. La garde nationale de la Mure rentra le même jour.

La colonne qui était partie de Sisteronle 29 déboucha dans le Trièves Le 31 au soir.

Le lendemain, le générai Gardanne envoya un parlementaire au général Lovondo, pour lui faire part de ce qui se pas» sait» et rengager & se ranger sous les aigles ; on Ignore quel a été le résultat de oetteeonférenoe; mais plusieurs personnes, entre autres deux officiers du 83""^ assurent que le jour de leur départ le général Loverdo avait donné des ordres pour se diriger sur Montéiimart.

DocoMBiiT XVIL [Pages 2SS et 3tO.)

Notice des recherches sur les calendriers des peuples

oncieHs*

Les mémoires indiqués dans ces passages étant inédits, nous en donnerons ici une idée, tirée de l'Exposé même des travaux de la classe d'histoire et de littérature ancienne de l'Institut , depuis le f Juillet 1814 jusqu'au 30 Juin 1815, rédigé par M. Baunou :

Dans une dissertation sur les calendriers comparés de plusieurs peuples anciens , lue le 19 mai 1815, M. Champoiiion-Figeac, correspondant de l'Institut, faitol>server l'influence qu'exercèrent sur les divisions du temps, adaptées aux usages civils, les conquêtes d'Alexandre, celles des Romains, et rétablissement du diristianisme. D'autres causes, moins considérables, ont concouru à varier ces divisions , et h compliquer Tétude si importante des anciens calendriers. Point de système complet de clironologic , sans une connaissance précisedesdivenes années dvlles, des idées que

35!1 L ÉGYm ET LES CENT lOURS.

chaque peuple avait conçues soit de la révolutloo solalie^ soit âe la combloaison de cette révolution avec les phases lunaires, soit de quelques autres périodes. Il y a des monuments, des livres qui peuvent éclairer dans ces recherches ; M. Champollioii cite burloul i Alnaagesle de Ptolémée, et en montre Texactitude, en rapportant sur le calendrier julien quatre observations astronomiques indiquées selon le calendrier égyptien dans oe grand ouvrage. M. Halma, qui en publie une traduction accompagnée du texte , rend un Im» portant service aux lettres et aux sciences.

Entre ces calendriers proprement dits, rien n'est plus précieux que le recueil découvert en 1715, par Jean Masson, et connu sous le nom de Hémérologe de Florence. Il en existe dans cette ville deux manuscrits , et un troisième à Leyde. Masson le fit imprimer d'après les deux premiers , et II parait que l'édition qu'il en a donnée n'était point connue loi*sque, sur une copie envoyée de Florence, et faite, à ce qu'il semble, avec peu de soin, on inséra l'Hémérologe dans la collection des Mémoires de l'Académie des Inscriptions et Belles-lettres (Tome XLYI).

Mais les trois manuscrits eux-mêmes ne sont pas exempts de fautes et de lacunes; il était donc à propos de restaurer ce monument, et M. Champollion-Figeac s'est livré à ce travail : il a mis sous les yeux de la classe TUémérologe rétabli, corrigé, complété. Son mémoire indique les sources , expose les motilb des rectiflcations et additions qu*il y a faites.

Dressé pour l'usage de l'année fixe de 365 jours et un quart, l'Hémérologe, tel qu'il nous est parvenu, est, par cela même, incomplet; la concordance qu'il présente ne s'applique immédiatement qu'aux années communes , et rien ne montre comment on raj^fOfHrlait aux années bissextiles. G*est ce qi^e M. Ghampoliion se propose de déterminer dans

L'F.GYFre ET LES CENT JOURS.

une «itre partie de ce mémotre , où U explique l'iuage qu'on peut fairede rfiémérologe devenu eonipiet , pour fixer, avec

précision , un grand nombre de dates anciennes. (Extrait textuel, pages 65, 66 et 67 du Rapport de M. Daunou.)

DocoMBNT M*" XYIU. (Page 302.)

Ordre du jour de la place de Paris au sujet de la capitu lation avec les alliés , le ^ juillet 1815.

Ordre du Joar du 4 juillet 1815, donné par le général

DoDzelot.

Une convention a été faite avec les généraux (ennemis, mot effaioé ) des puissances alliées pour arrêter Tef fusion du sang.

Les citoyens de Paris doivent être sans alarme, et rester

dans l'attitude a la fois paisible et ferme qu'ils ont gardée au milieu des dangers.

La police de la ville est conûée à la garde nationale et À la gendarmerie municipale sous mes ordres comme gouverneur de Paris.

Continuer à garantir de toute atteinte les personnes et les propriétés, empêcher tout rassemblement tumultueux, faire taire toute espèce de cris qui peuvent exciter des disseusioos, ne laisser arborer , en aucun lieu , par qui que ce so^t, d'autres couleurs que les couleurs nationales, voilà les devoirs qui sont imposés de nouveau à la garde nationale.

Je me repose de leur accoinpîisbcment sur le zèle des citoyens qui la composent et sur le dévouement de ses chefs.

sa

354 L*i6TPTB KT LES GEMT JOURS.

DoGUMBiiT N*» XIX. (Page 269.)

Préférence déclarée de Napoléon pour toute» les aristd-

eratle».

Dès que Napoléon fut élevé au trône impérial , il s'occupa atteDtivement de se faire une cour et d'en rétablir autour de sa persoBuerétiquette, réiéganoe, le luxe et Téclat. Dès le mois de mai 1804 , il fit demander à la Bibliothèque uatioDale tous les volumes manuserits qui avaient été a Tusage du prince de Condé, grand maître des cérémonies de France : UD code tout entier fut rédigé pour le nouveau souverain; ce oode régla minutieusement tout ce qui concernait les appartements , les levers et les couehers de l'Empereur ; les audiences et les présentations; la du^Ue, les repas» les bals et concerts, le service d*honnenr, les parades, les cérémonies publiques , les voyages , le serment et le dcuU des personnages du plus haut rang. Les habitues de l'ancienne cour donnèrent à la nouvelle leurs souvenirs, leurs manières et leur expérience : Napoléon adopta les usages qui lui semblèrent les plus dignes de sa toute-puissance.

L'Empereur était accompagné aux offices de TÊglise par le grand aumônier qui lui présentait son livre d'heures, le livre des Évangiles et la paix à baiser ; qui assistait aux festins impériaux pour la bénédiction et les grâces.

Bans les repas en grand couvert, le grand maréchal du palais prenait les ordres de l'Empereur ponr le moment du service. La tablé était placéesur une estrade et sous un dais , ^ avec deux fauteuils ; le couvert de TEmpereur à droite, celui de l'Impératrice à gauche; la nef et le cadenas de l'Empereur à droite de sou couvert, la nef et le cadeoas de l'Impératrice à gauche, et sur la table même.

En petit couvert, on les plaçait sur des tables de desserte.

l'kgtptr et les cent jours. 355

Le grand maréchal prévenait qae Unit était prêt; ie gvand chambellan présentait à laver k TEmpereur , le grand écnyer olllrait le fetuteull , le grand maréchal présentait la serviette, le grand aumônier Ijcinssait le dîner et se retirait; les pages faisaient le service. Les carafes d'eau et de vin étaient sur un plat d*ory le verre sur un autre plat d'or et à la droite du couvert. Le premier préfet versait Fean et le vin dans le verre, qui était offert par le grand maréchal. Les maîtres d*h6tet portaient les plats, découpaient les mets et faisaient offrir par les pages. Le grand chambellan faisait verser devant lui le cafc dans la tasse destinée à TEmpereur, un page la lut remettait sur un plat d'or, et le grand chambellan l'odhiit après U repas. Le grand maître prenait laservtette des mains derBm* pereur, le grand écuyer retirait le fauteuil , et le grand chambellan donnait À laver. Aux petits couverts, les grands of* Ûciers de la couronne étaient moins empk^és.

L'heure du d^'euner était donnée la vdlle par l'Empereur avant son coucher. Fdur tous les repas , le servtee de la cuisine et celui de roffice étaient apportés couverts, ainsi que Feau, le pain et ie vin. Un maître d'hôtel gardait la table dès qtt*elle était posée et il ne devait pas la quitter. On plaçait une serviette sur hinappeà laplaceoà devait être mis leoouvert de l'Empereur. Cette serviette était rejetée de ta moitié de sa longueur sur le couvert pour le couvrir entièrement. Le préfet de service visitait tous les joui's les cuisines, caves y offices, argenteries, fourrières et magasins; il devait bien connaître tontes les personnes employées.

Le maître de ta garde-rot>e était chargé de fxms les objets qui la composent: habits , linge, dentelles, chaussures, grands et petits costumes; cordons et colliers des ordres ; diamants et bijoux. S*il assistait à la toilettedel'Emperenr, il lui passait lui-même son habit « lui attachait le cordon ou collier des ordres; il présentait son épëe, son chapeau et ses gants

356 L ÉGYPTJî ET LES CENT JOURS.

lorsque le grand ehambeltan était absent. An coucher, il dé*

tachait les colliers, et recevait Tépée, le chapeau et les gants en l'absence du grand chambellan.

A Tarmée, le grand écuyer accompagnait toujours r£mpcreur; il portait son épée en l'absence da connétable; si le cheval de l'Empereur était tué ou venait à tomber, le grand écuyer relevait l'Empereur et lui donnait son cheval. Dans les défilés ousur unpontétroit, le grand écuyer suivait l'Empereur, prenait son cheval s'il mettait pied à terre, il devait être prêt à le soutenir au besoin. Il avait sous ses ordres un porte-arquebuses chargé d'entretenir, charger et décharger les pistoletset les armesdes voitures de l'Empereur. Le grand écuyer donnait la cravache, présentait le bout des rênes et rétrier gauche à l'Empereur, quand il montait à cheval. L'é* cuyer de service portait ti l'armée la cuirasse de TErapereur, et le revêtait de ses armes le jour d'une bataille, si le grand et le premier écuyer étaient absents. Dans les mêmes circonstances, il ramassait ce que TEmpereur à dieval laissait tomber.

Quand TEropereurse servait de sa voiture de cérémonie, il montait derrière la voiture autant de pa^^es qu'on pouvait y en placer, et six autres derrière le cocher. A la nuit, les pages de service attendaient l'Empereur à la porte du vesti* bule , portant un flambeau de poing de dre blanche. Porteurs d*nn ordre, même verbal, de l'Empereur ou des princes, les pages devaient le rendre directement à la personne que l'ordre concernait, fût-elle malade et même gardant le lit.

Le colonel général de service ne devait jamais quitter l'Empereur depuis que S. M. sortait de son appartement Jusqu'au moment cà elle y rentrait; 11 mardiait toujours de^ rière elle, et qui que ce soit ne pouvait passer entre, afin que rien n'empêchât le colonel général d'avoir toujours la vue sur la personne de l'Empereur. Il l'accompagnait au con-

l'iÉGTPTE F.T LKS CJÏMT JOUBS.

seil d*État et y restait Jusqu'à ce qu'il on sortit L'Empereur était, hors dn palais, sous la garde unique du colonel fzénéml qui répondait de sa personne, et devait pourvoir a sa plus grande sûreté; à l'armée il devait faire éclairer sa marche ; dans les bivouacs et les reconnaissances, il couchait dans Ift tente de r£mpereur.

Dans ses palais , l'Empereur étant couché ^ l'aide de camp de service était chargé de la paide de sa personne, couchait dans la pièce voisine, dont la porte était formée en dedans par un verrou, et personne ne pouvait y entrer. Une dépêche pressée était reçue à la porte par l'aide de camp qui la refermait au verrou , grattait ensuite à la porte de la chambre où l'Empereur reposait.

Les aides de camp recevaient le commandement de l'Empereur le chapeau à la main et le répétaient; ils te rendaient aussi le chapeau à la main , a i'offîcier auquel lis le portaient, et quel que lût son grade. Il était écrit en principe que rien n'était au-dessous des aides de camp pour le service, qu'il n'y en avait aucun, quelque iat\irieur qu'il fût, dont ils ne pussent être chargés. Us devaient pourvoir aux. feux^ à l'eaude- vie, aux vivres de campagne quand rËmpereor vivait de l'ordinaire du soldat.

Le palais des Tûileries était distribué en appartement de représentation, en appartement ordinaire de l'Empereur, divisé aussi en appartement d'honneur et en apparlemeut intérieur. Celui-ci se composait d'un cabinet de travail , d'un arrière^abinet, d'un bureau topographique etd^onechambre à coucher. Le gardien du portefeuille tenait la porte de ^a^ rlèfe-cabinet , et n'y laissait entrer ({ue par l'ordre de l'Empereur. Quant au cahinet de travail, personne ne pouvait le traverser, ni y entrer sous quelque prétexte que ce fut, à moins d'y être appelé; et on devait se retirer si l'Empereur venait à en sortir. Le gardien du portefeuille ftisalt tout le

358 l/ EGYPTE ET LFS CEUiT JOURS.

service da cabioet; il tenait tous les verrous rermés et ii*oovrait A qui que ce fllit.

Le lever et le coucher étaient marqués par le moment où l'Empereur sortait de son appartement intérieur, ou y rentrait. Les grandes et les petites entrées étaient strictement réglées ; rËroperear pouvait en priver par une lettre aa grand chambellan, qui faisait rayer la personne désignée de la liste remise à rhnissier. Les formalités , an sujet des présentations , et des cercles pour faire la cour, étaient nombreuses et strictes.

A la chapelle , outre les grandes solennités, l'Assomption, (jour de la naissance de l'Empereur), Noël, Pâques et la Penteoftte, Il y avait aussi des cérémonies extraordinaires, telles que la bénédiction des deiges an Jour de laParification , les Gendres, les Rameaux, le lavement des pieds le jendi saint, l'adoration de la croix le vendredi saint, la bénédiction du cierge pascal et celle de l'eau le samedi saint , la bénédiction de l'eau le samedi de la Pentecôte , la Fête-Dieu, et autres qui pouvaient être Instituées.

Dans toutes iescérémoniesau palais, on avait liiérarebiquement réglé l'usage des fauteuils, des chaises, des tabonrets et des pliants, d'ordinaire, il était défendu aux hommes de s'asseoir, à moins que l'En^pereur ne leur en envoyât la permission par un de ses officiers.

Aux bals, cercles et conoerts, les princes et les princesses ne pouvaient être invités que par une lettre écrite à la main et portée par un valet de chambre de FEmpereur. S. M. se tenait dans la salle du tr6ne ; on devait s'abstenir, par res* pect pour le trône, de faire jouer dans la salle où il est placé; les hommes et les dames devaient saluer le trône en traversant cette salle. Si l'Empereur parcourait les salons, les personnes occupées à Jouer ne se levaient point et n'interrompaient pas leur Jeu , à moins que l'Empereur ne s'approchât SI l'£mfereur voulait jouer, le chambellan de jour avertissait les per-

l'Egypte kt les cent jodhs. 3Sq

wnaoÊà désignées par S. M.; si l'Empereor avait voalu damer, le premier chambellaii, ou le maître de la garde*robe,

ou le chambellan de jour devait s'approcher et recevoir son ëpée et son chapeau , prendre les ordres sur les personnes désignées pour danser avec lui, et les inviter.

Dans l'appartement d'honneur , si l'Empereur avait besoin de quelque chose, le chambellan de service le remettait à on prince de la famille impériale, qui le piisentait lui-même à l'Empereur; et l'honneur de ce service appartenait au prince le premier par ordre de naissance. Les rafraîchissements étalent apportés par des pages et présentés par le chambellan de service.

L*Empercur et T Impératrice entraient seuls dans le salon de l'Empereur; aucune autre personne n'y entrait sans y être * appelée, le chambellan môme devait en faire demander la p^mission par un huissier; en régie générale, personne, quel qu'il fût, n'avait le droit d'entrer dans la pièce où se trouvaient l'Empereur et l'Impératrice.

Les huissiers , les valets de chambre et de livrée étaient hiérarchiquement échelonnés.

Dans les voyages, un officier de chaque service partait au moins vingt-quatre heures d'avance pour s'assurer que tout était disposé conformément aux goûts de S. M. et a l'étiquette. Durant les relais, ou si l'Empereur s'arrêtait dans une ville, la gendarmerie ne devait pas entourer sa voiture, ni empêcher le peuple d'approcher. L*écuyer devait veiller a ce qu'on ne fit pas de poussière , qu'on n'éclaboussât pas la vdture de l'Emperenr, et il devait lui-même y faire attention ; les voituresdevaient marcher à soixante pas de distance, celle de l'Empereur à cent pas, en avant et en arrière. S'il y avait beaucoup de poussière, les voitures marchaient à une plus grande distance, l'escorte de l'Empereur derrière sa voiture , ainsi que les courriers et les coureurs; il ne devait y avoir devaut au-

36o l'ÉGYPTE KT LKS CfcNT Jour<s.

cuB homme à cheval. L'écuyer devait exiger du silence de l'escorte , être circonspect et fci nie au besoin pour les personnes qui approchaient la voiture de S. M, , mais toujours avec ménagement et sans rudoyer qui que ce lut j les voitures devaient être attelées trois quarts â*hearo avant Theure indiquée pour le départ. On devait éviter le bruit des chevaux et des y<Hture8 dans la me où l'Empereur était logé. Une note attachée dans riutérieur de sa voiture lui désignait les noras et les distances des relais.

Dans les deuils, la longueur de la queue des manteaux était ainsi fixée : pour TEmpereor, cinq pieds ; le prince impérial, quatre pieds; les frères de rEmpereor, trois pieds et demi ; les autres princes, deux pieds ; les ministres et les grands officiers civils et militaires, trois à quatre doigts; pour toute autre personne, point de queue» le manteau ne deiraitdescendre que jusqu'à la cheville.

Le cérémonial pour la réception d*un ambassadeur ordonnait que lorsque TEmpereur le congédiait , Tambassadeor se retirât sans se retourner.

L'esprit qui dominait dans toutes ces solennelles formalités, révèle la nécessité de mettre des bornes au zèle ardent des serviteurs de l'Empereur, de les contenir dans les iiiui* tes de leurs attributions personnelles; Taide de camp seul était bon à tout, s'il était seul auprès du souverain ; bon au service le plus élevé comme au plus inférieur : et Theureux soldat corse, parvenu à la couronne impériale renouvelée de Charlemagne après mille ans, vivait obsédé des soins que lui rendaient nuit et jour les Montmorency , Mortcmart , Montesquiou, d'Aubusson, Talleyrand, Angosse, RadziwiU, Kergariou , Turenne, Noailles, Braneas, Ghabrillant, Gontault, Narbonne, et tant d'autres personnages d'illustre nom dans l'ancienne monarchie française.

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