ÉQUILIBRES SOCIAUX
Aooo^mB sus &▲ savA»Ti«iov.
De tout les problèmes à résoudre sur l'art d'a»- Bodar, le plos imporiaot 4lait mIuI de U répartition proportionnelle aux troii faciiltéi industrielles , qui sont Capital . Travaii et ro/ml ; l'art de Mtisfalre efaaeun , koniae . femme on enfant, sur ces trois genres de prétentions. . .
Le lien sociétaire serait rompu dès le premier inventaire , ai ehacnn ne m trwfait pM éqiiitablement rétribué ; le mécontenteroeoi de la classe lésée fausserait tontes les relations.
FocRin . journal /« Hif. inâ,
l/action de chacun profite n tous, et l'action de tous profite à chacan.
F. LAtfiwAis . Utrt au Pfuplf.
Condilioni préalabks de raccord en réparlHUm.
\ou8 avons tracé les dispositions primordiales du rA- ({ime sociétaire: transformations du ménage conjugal en grands ménages combinés de 1,800 personnes environ; exercices des travaux en séances courtes et variées par des réunions nombreuses, organisées en Groupes et Séries, de manière à développer chei les travailleurs Fémulation et Tenthousiasme. Il reste & nous occuper des moyens qui devront assurer Taccord au sein de ces masses associées, raccord, par exemple, sur la question capitale de la répartition dos bénéfices.
THEORÏF SOCIRTAIRK. 295
f^ première condition de cet accord, c'est rabondance, r*est une quantité de produits telle que chacun ait lieii d'être satisfait de la part qui lui reviendra. Ceux qui ont pri^tendu établir le règne de la fraternité parmi les hommes là où régnait en môme temps la misère, misère toujours imminente sinon toujours présente pour le grand nombre, ceux-là méconnaissaient le preinier principe de la concorde sociale. Il y a, dans les besoins qui manquent de moyens de satisfaction, un germe de discorde plus puissant que toutes les morales, plus fort que toutes les bonnes résolutions des individus. Pour n'éprouver ni envie ni inimitié à l'égard d*autrui, il faut (ce n^est pas la clause unique, mais c*en est une essentielle), il faut que chacun soit largement pourvu , il faut le bien-être général.
L'augmentation de richesse susceptible de procurer les moyens de ce bien-être général résulte du fait seul de l'Association. Les économies que celle-ci réalise et les changements avantageux qu'elle apporte dans les conditions d'exploitation du sol, suffisent, sans même qu^l soh besoin de spéculer sur les prodiges du travail devenu ATTRAY.^XT, pour garantir cet accroissement de richesse. 11 est admis par des agronomes d'une grande autorité (l'Ecossais Patullo et François de Nfeufcbâteau entre autres), qu'un meilleur arrangement des propriétés, qui remédierait aux inconvénients de leur morcellement et de leur enclavement réciproque, qui réunirait autant que possible, on un seul tenant, les portions de terre possédées par un même homme ou cultivées par un même chef d'exploitation agricole, doublerait, et même quadruplerait dans bien des contrées, le produit qu'on retire du sol. Tout ce que nous avons d'hommes compétents en cette matière ne professcnt-ils pas, d'un autre côté, que la culture alterne généralisée aurait une influence non moins heureuse sur la production ? Eh bien ! la combinaison phalanstérienne procure immédiatement ces deux avanta<i^es.
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lies terres de la Phalange, avons-nous dit precêdeniment, seront exploitées comme domaine d'un seul kommo. Mais à quelles conditions ? Sera-ce que la propriété individuelle aura dû venir s^abimor et se perdre dans une communauté inique autant qu'impossible ? Non assurément. Nous apportons au contraire à cette propriété dos garanties nouvelles, en même temps que nous faisons disparaître tous les obstacles que sa forme actuelle oppose au progrès, obstacles plus grands pour Tagriculture que pour les autres industries. Aussi, de toutes, Tagriculture est-ello relativement la plus arriérée. Dans une entreprise sociétaire, rapport de chacun en capital quelconque, terre on argent, est représenté par des actions qui lui donnent un droit proportionnel sur T avoir total de la société. Un champ n^est plus dès lors celui de Pierre ou de Paul qui en tire parti comme il peut et comme il sait, mais une partie du grand domaine, à la gestion duquel la société applique les moyens de tous, sauf à répartir ensuite le produit à chacun suivant son droit de propriétaire et de travailleur.
Mais pourra-t-on décider le capital et le travail, dont rhostilité et les déûances réciproques sont si vives aujourd'hui, à former le pacte d'alliance qui est la condition sine quâ non de l'Association? Oui, du moment que les droits du capital comme ceux du travail auront leur garantie, l'union s'opérera. Elle ne sera peut-être dans le principe qu'une alliance de raison, de nécessité, plutôt que d'inclination. Mais il arrivera ensuite ce qui arrive dans certains mariages de raison où, par une exception heureuse, outro les avantages positifs qu'on avait en vue, on rencontre tous les charmes inespérés d'une sympathie de cœur et do caractère. Quoi qu'il en soit, la substitution de l'exploitation sociétaire à l'exploitation morcelée aurait sur les progrès de l'agriculture une influence tout à fait décisive. La routine, si bien cantonnée aujourd'hui chez le petit propriétaire et le petit fermier aussi pauvres qu'ignorants, no
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survivrait pas un jour û celte transformatioa de la propriété terrienne en propriété actionnaire. Pour la direction de ses travaux de culture, chaque Phalange appellerait des agronomes expérimentés. Supposez la France couverte d'Associations agricoles du genre de celle que nous proposons , quel avenir pour les élèves de nos écoles de Grignon et de Roville, qui, avec le morcellement, trouvent k grand* peine l'occasion d'appliquer d'une manière tant soit peu large les théories qu'on leur a enseignées !
Voilà donc l'accroissement du produit assuré par des causes dont l'influence a pu, même dans l'ordre actuel, être appréciée expérimentalement en plus d'une circonstance. Mais où se trouve le véritable trésor de l'ordre futur, où il Y a pour lui une mine d'or inépuisable, c'est dans l'attraction industrielle , qui fera de chaque individu , du riche comme du pauvre, un coopérateur passionné à l'œuvre de la production. Aussi, faire naître cette attraction qui lève d'un seul et même coup toutes les difficultés sociales, voilà, non sans raison, l'objet dont Fourier se préoccupe le plus. N'a-t-il poursuivi qu'un but chimérique? Le travail attrayant ne serait-il qu'un beau rêve?... Mais songez que ce qui donne en général au travail ce caractère pénible et répugnant qu'il présente, ne consiste essentiellement ni dans l'action physique ni dans l'action intellectuelle que le travail exige. N'y a-t-il pas des plaisirs, — la chasse , la danse , l'cscrinio , — qui donnent lieu à autant d'effort musculaire que la plupart des œuvres de métiers? des jeux, tels que celui d'échecs et quelques autres, qui exigent non moins de contention d'esprit que la plupart des occupations de cabinet? Pourtant ni les uns ni les autres de ces exercices ne cessent pour cela d'être des amusements, des plaisirs. Quelle différence présententils donc avec ces autres choses qui , sans demander plus d'effort de la part de celui qui les exécute, ont cependant co raract(M*e pénible, attribut du travail dans nos Sociétés
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civilifées, et inspirent de la répugnance, à tel point qu*on est convaincu généralement qu*il ne se trouverait personne pour les exécuter, si des nécessités impérieuses, les premiers besoins de Texistence, la faim en un mot, n*y contraignaient le grand nombre ? Pourquoi là plaisir , et ici peine ? Ce n'est point apparemment parce que de ces oc* cupations les unes procurent un résultat utile, et que les autres sont purement futiles. La raison de cette différence de manière dont elles nous affectent, la voici :
Dans les jeux ou plaisirs , il y a liberté : liberté de s*y livrer ou de s'en abstenir, liberté d'option sur le genre d*nmusement, sur les personnes en compagnie desquelles ou le prendra, sur la durée de chaque séance qu'on se gardera bien de prolonger depuis le matin jusqu'au soir, comme une séance d'atelier ou de labour ; il y a enfin des rivalités actives qui vous tiennent constamment en éveil. — Dans le travail, toutes ces causes d'attrait sont remplacées par autant de causes de répugnance : la contrainte k tous égards ftu lieu de la liberté ; une monotonie mortelle :iu lieu de celte variété qui renouvelle les forces de l'homme; l'isolement , au lieu de ces rapports soit d'affection , soit d'émulation, dont il a besoin. Mais transportez dans les travaux productifs, au moyen de l'organisation sériaire, tout ce qui peut y être transporté des dispositions aux- ((uelles les Jeux et les parties de plaisir doivent leur charmr, et vous aurez rendu les premiers attrayants comme les seconds, vous leur aurez donné la même puissance de séduction et d'entratnement ; vous aurez assuré l'application de toutes les forces humaines à l'œuvre créatrice de ici richesse sociale, et déterminé un prodigieux accroissement de celle-ci.
Nous appuyons sur les garanties diverses de cet accroissement de la richesse, car il est un préliminaire indispensable h Tarrord sur la répartition.
THKORIK SOCIETAlKi:. m
§ Xlll.
Claêsement hkrarckique.
Avant d'indiquer comment s'effectuera entre les membres d'une Phalange le partage des bénéûces, il Gonvieul de donner une idée du mode suivant lequel se formera la hiérarchie dans les dilTérents ordres de travaux; car lu hiérarchie est un des termes de l'équation qu'il s'agit d'établir. \ulle part les soldats ne sauraient être rétribués à l'égal des chefs. Tout est qu'une juste proportion soit observée entre les récompenses des uns et des autres et leur concours respectif au succès de Tœuvre commune.
Dans l'Ordre sociétaire, c'est l'élection qui confère les grades et l'autorité, mais l'élection exercée par des individus compétents et intéressés à faire de bons choix. — Compétents, car ce sont des collaborateurs qui prononcent sur des candidats qu'ils voient journellement à l'œuvre : un Groupe étant affecté à chaque variété d'un travail, de même qu'une Série de Groupes l'est à une branche entière d'industrie, chacun est électeur dans les Groupes et Séries qu'il fréquente; mais il n'a droit de suffrage que là, et par conséquent ne vote que sur les choses de sa sphère ^
' Le droit d« «offrage it'cti mC pwi moins psr cek même onhenH!! d nnlventelleMent i^iM|«é , ce qw'eiigeat Wmn «woium l'autre refaite et I'qihIc fraction. « Cette unité u'exlsle qu'autant qu'une dicpoûtion satisfait eu plein leii personna^s de tont sete et de tout âge qn'elle eotremet , qu'elle tooche direr teneal on iadirccienctti ijadite coadition est violée daas to«les les UbmtiH civiliséeii, notamment dans le système électoral qui oxclnl les U9/I00^' de U popolalion. • [Xoat. Monde, page 283.)
I'd des pl«s anoieas partisaus de Foorier, M. Cdbet (de Dijon) , s'expriufe ainsi sur le même sujet , dans un important ouvrage qu'il a publie en 1 842 et qnl se termine par une exposition étendue de la Tfaéone sociétaire :
u Chaque humain étant considéré comme nne unité dans la somme des tolontés qui forment le concert de l'association, il faut que sa volonté se produist* on se manifeste : l'expression de la volonté , c'est le vote. Celai qui n'est pas intcrossc dans l'intégralité des faits sociaux n'est pas sociétaire ; celui qui dauH chaqiM* actf defassociafîon, nr penl pas dire om» on mom, n'est pai» «ocîétaîre lîl»n'.
— Intéressés à faire de bons choix, car la part individuelle de chaque membre dans le bénéfice est partout en raison de la part collective du Groupe, de la Série, et celle-ci dépend sensiblement de la valeur des chefs et sous-chefs et de leur plus ou moins habile direction. Quelqu^un voudrat-il, pour un motif particulier, faire prévaloir la médiocrité sur le mérite ? non-seulement il lui serait difficile de faire épouser ses préventions par les autres membres de son Groupe et de sa Série , mais il agirait en cela contre son propre intérêt.
D'autres considérations militent encore en faveur dcFélection des plus capables. Par amour-propre et esprit .de corps, on veut que la corporation dont on fait partie tienne un rang distingué parmi les corporations rivales. Celles-ci en outre sont là , prêtes à critiquer les mauvais choix et à en profiter pour attirer à elles le talent méconnu ou mal apprécié.
^i Les droits du mérite, dit à ce propos M. Victor Considérant ^ , sont bien garantis là où Ton se dispute les hommes d'un mérite naissant, où Ton s'arrache ceux d'un mérite reconnu.
» Si bien qu'en Harmonie, l'enfant de l'homme le moins fortuné, le moins influent, le plus obscur, peut entrer partout, porter la tête haute, et, s'il a plus de mérite réel, monter plus haut que le fils du plus puissant. 11 y a pour lui justice, aide, protection, secours. Tout cela est assuré. Il ira jusqu'au bout par la force même des institutions : il en est des individus mis dans le mécanisme sériaire, comme des lettres mises à la poste ; tout arrive à destination, indépendamment de Forigine. Nul ne peut être intercepté. La justice distributive est à l'abri de l'influence des personnes ; elle résulte du mécanisme social, de l'arrangement des choses, de l'institution. »
C'est donc le vote qui doit régler tous les actes de la vie sociétaire. » Traité de ta Science de l'homme, tome III, page 367. Paris, fhei BaiUière, me de l'Ecole de Médecine , 1 7 , et à la librairie Phalanstérienne , quai Voltaire . 25. * Dtstinée sociale , lome 11 , page 289.
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Mais les illusions de Tamour- propre permettrotil-elles que chacun se trouve bien jugé? — Dans un milieu où chaque jour on fait ses preuves les uns à côté des autres , on sait bientôt à quoi s* en tenir sur son propre compte. L'opinion de la masse corrige la trop bonne opinion que rindividu aurait de lui-même. G*est dans ce concours de tous les instants avec ses pairs, et dans le jugement quHls portent sur vous, que se trouve le repiède à la présomption, et aussi à cette timidité qui retient souvent Tessor de facultés éminentes.
Qu'il soit fait justice des prétentions mal fondées; rieu de mieux. 11 ne faut cependant pas que ce soit au prix du bonheur des individus , aux dépens de la bonne harmonie (|ui doit régner entre eux. C'est ce qui arriverait infailliblement si le concours n'avait lieu que sur une seule branche de travaux et de connaissances; en un mot, si la pluralité des fonctions ne ménageait deux ou ti^ois succès pour un échec. Il est d'observation, d'ailleurs, que chacun est en général porté à priser plus le triomphe dans la partie où il excelle. Un maître d'armes , un maître d'écriture ou de danse sont souvent plus fiers de leur supériorité dans leur art, que ne le seront de leurs succès les plus importants un grand capitaine, un savant, un pocte.
Et puis, dans la Phalange, où tout le monde prend part à des travaux variés et nombreux, chacun se trouve, selon la fonction du moment, tantôt capitaine, tantôt soldat, ici sergent, là caporal, pour me servir des dénominations hiérarchiques de l'état militaire. Il s'ensuit que le supérieur n'a jamais d& dédain pour l'inférieur; celui-ci jamais de haine , jamais de jalousie pour le supérieur , auquel il commandera à son tour dans les choses où il prise le plus les premiers rôles. Voilà la véritable égalité. C'est un système de compensations qui satisfait tous les amours -propres et qui n'a rien de chimérique. Bichat l'a dit avec raison : « IVotre supériorité dans tel art v
!ii.>tii-t' presque toujours par 0.^ lutrcs. » (Recherche» sur la
1 |iitf«liou de hiérarchie que dans le
\. . , j^rporations dont chacune élit seule
Ceux-ci varient dans le même Groupe
Srrie, suivant les parties différentes de la
\r. |i«/ape ou de la Série qu^il s^agit d'accomplir.
', ^^^oiu.ut'uicut le chef de théorie et le chef de pra-
l'utv tvtte hiérarchie est en outre essentiellement
,^^^'• ^^ ^ré des réunions qui la votent, et dont les in-
jf^^Kf^^ \^ convenances se trouvent, par Teffet même de
^..^.«kbinaison sociétaire, à peu près constamment d'ac-
f^ Avcc Tintérôt collectif de la Phalan[^c.
Chaque Groupe, chaque Série a son comité chargé de ^«^Heraux intérêts particuliers de la corporation, de tenir U comptabilité et la correspondance.
La Phalange entière a une Régence chargée de diriger les affaires courantes et de pourvoir au service général. Celte régence n'est que le délégué de \ Aréopage, qui est lui-môme une autorité d'opinion , et qui se compose des chefs de Série, de membres des trois tribus les plus avancées en âge , des actionnaires principaux et de certains dignitaires en titre de caractère passionnel.
L'Aréopage n'a point de statuts à faire ou à maintenir, tout étant réglé par l'attraction. Il prononce sur les affaires importantes : moisson, vendanges, constructions, etc. Ses aiis sont uccueiilis comme boussole d'industrie, mais ils lie sont pas obligatoires, l^es décisions de la régence no deviennent non plus déliflitives que par l'assentiment de^ Séries , sauf lorsqu'il s'agit de la constatation de certains faits, tels que l'établissement des tableaux de population « par exemple. La régence préside les assemblées générales, celles de Bourse où se règlent les séances de travail , celles de linaiice où Ton arrête les comptes de la Phalange, etc.
THKORIK SOCIÉTAIHK. :m
Je m'abstiens d*énuinérer ici ce que Fourier nomme la hiérarchie de souveraineté en titre passionnel, hiérarchie (|ui comprend, à tous ses degrés, dans la Phalange d*a-> hord, et successirjfïment dans chacun des termes supérieurs de r Association humaine et de la division géographique, seize couples souverains, savoir:
Quatre couples en titre d'Cnitéisme, couples sociaux par excellence, et un couple en titre de chacunerdes 12 passions radicales.
Fourier dit couple aGn d^exprimer qu*il y a pour toute souveraineté deux individus, un de chaque sexe : mais cela nMmplique nullement qu*ils soient époux Tun de Tautre. Il y a même tel sceptre qui appartient toujours à Tâge împubiM*e, le sceptre d'amitié, par exemple. L'enfance est le temps de la vie où cette affection domine. Rien encore ne fait diverition aii sentiment d'amitié; Tâme lui appartient tout entière; il inspire les plus beaux dévouements.
I^s titres de souveraineté s'élèvent successivement depuis celui de YUnarque ou Baron, qui correspond & une seule Phalange, jusqu'à VOmniarque ou empereur d*Unité, qui préside au gouvernement du Globe entier. — Mais ce sont là des dispositions d'avenir sur lesquelles il serait oi-* seu\ et inopportun d'insister aujourd'hui *.
En principe , aucune des autorités de l'Harmonie ne conservera le droit de recourir à la contrainte pour faire exécuter ses vues. L'emploi de la contrainte devient inutile du moment que l'Association embrasse complètement et unit harmonieusement dans un même faisceau toutes les variétés de forces et de tendances que présente l'Huma-
* J'expose ici le fystème do Foarier , sous la réserve de ma propre opinioa , en fait de consfitntion hiérarchique de la société. Qu'on prenne garde cependant que, malgré Icun dénominations féodales, les institutions harmoaiennii,. dont il est ici question , sont essentiellement républicaines , puisque les loaveminefés à tous le« degrés sont conférées par l'élection , la souveraineté à titre familier étant seule exceptée. Or, celle-ci ne donne anx penonnagM qui tn mhI revêtus aucune autorité sur les choses politiques et industrielles. C'est simplement une affaire de pamde el de Hassement au point de vue c^énéaloc^îa^n» .
nitc. il doit élre entendu toutefois que les pouvoirs sociaux ne désarmeront qu^au fur et à mesure qu*on acquerra par le fait la certitude que les infractions aux lois de la sociabilité sont rendues impossibles, ou réduites à des exceptions si rares qu* elles son^ rangées parmi les cas de folie et traitées en conséquence.
La perspective de cette absence de tout agent coercltif , est un des aspects de la Société barmonienne auxquels les esprits civilisés se font le plus difficilement, et cela se conçoit sans peine , d'après l'exemple de ce qui se passe sous nos yeux. Pourtant certains grands génies avant Fourier semblent n'avoir pas reculé absolument devant une pareille perspective. Témoin cette pensée si remarquable de Bacon :
tt Tous les pouvoirs, toutes les formes de gouvernement » établi ne sont que des suppléments à la justice; et si la n justice pouvait s'exercer autrement, on n'aurait plus be- ') soin de tout cela. » De la dignité et de V accroissement des sciences, 1. VI, ch. 3.
En dépit des préventions dominantes, nous pensons qu'on pourra un jour faire régner la justice sans l'intervention du gendarme et du bourreau.