‹ Fourier, sa vie et sa théorie (volume 3)Chapitre 22 sur 36 · î SEœXUE PAR11K · texte numérisé non relu

î SEœXUE PAR11K

Société s'aluogujt, s'ose et se déprave, comme nous en voyons des exempKm dans Fétat actuel de Barbarie musulmane, d'une part, et dans celui de la CiviHsation chrétienne, ^*autre part, chez les peuples européens les plus avancés.

Passons rapidement en revue hs caractères principaux «des quak« premières périodes sociales énumérées dans i-abnéa pv^édeot. Nous nous arrêterons davantage »ur la eioqttième, dite Civilisation.

Mais , avant d'esquisser le ^tèlfie historique de Fourier, disons quelques mots d'une objection élevée contre sa théorie du peint de vue historique précisément.

On a prétendu que la doctrine phalanstérietrae était en «omplet désaccord avec les traditions de l'Humanité et qu'elle donne un démenti à tout le passé historique.

L'objection repose sut ttne confusion qui va s'édaircir •par un exemple tiré d'une autre science.

'Que dhraitmn d'un homme qui rejetterait les idées qu'on a aujourd'hui en astronomie, par ee motif qu'elles ne s'accordent pas avec les idées qui dominaient avant Co« pernic et Galilée.

La Théorie de Fourier se trouve, vis-^à-vis des faux systèmes qui ont prévalu en matière sociale, dans la môme situation que la théorie des astronomes du xvi* et du XVII* «iècle vis-à-vis des hypothèses mal fondées de leurs devanciers*

Pour le jugement à porter sur le nouveau système astronomique , il ne s'agissait pas de cîhercher si ce système «'accordait ou non avec ceux qui l'avaient précédé, mais bien de s'as^uror s'il suffisait à l'explication des phénomènes célestes observés dans tous les temps.

De même pour la Théorie sociétaire : il ne faut pas lui demander Taeisord avec tdlle ou telle vue arbitraire de la philosophie, avec les principes systématiques de telle ou telle législation , avec l'erreur de quelque nature qu'elle soit, qui se trouve érigée en préjugé moral ou autre ; ce

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qu'il faut examiner daos la confrontation de cette théorie avec l'histoire, c'est si elle n'est point en contradiction avec les manifestations passionnelles , avec la conduite effective des hommes considérés soit individuellemenl, soit collectivement, dans les positions diverses qui leur étalent faites au sein de sociétés subversives , et si plutôt elle ne rend pas très-bien compte de ces manifestations et de cette conduite. Toute Thistoirc , hélas ! n'est pour ainsi dire qu'un long et douloureux commentaire de la thèse de Fou* rier sur la récurrence des passions comprimées.

Les fausses hypothèses des astronomes ne pouvaient empêcher, on le conçoit, raccoraplissement vé^li^r im phénomènes célestes, parce que c'est là un ordre de fiiiti. qui échappe à l'action de l'honmie ; mais il n'en eal point de même des faux principes relatifs à la constitution de l'ordre social, chose sur laquelle l'homme a une iaflaenc* qui, heureusement, n'est pas absolue, mais qui est cepeiif dant directe et essentielle. Car l'homipe est chargé de dé<* couvrir et de réaliser lui-môme sa destinée sociale. C'était la tAche de son intelligence, tâche dans hiqnelle il réussit ou il échoue suivant que ses vues sont justes ou erronées, c'est-à-dire suivant qu'elles sont conformes ou bien contraires au plan de la nature par rapport aux Sociétés humaines.

La part de l'homme étant ici beaucoup plus grande, on conçoit que l'influence des systèmes arbitraires qu'il aura embrassés puisse aller jusqu'à troubler et entraver l'ordre naturel du développement des faits sociaux. Pourtant il y a encore ici une limite à l'empire que la raison humaine égarée peut exercer contre le droit des autres facultés de la nature humaine. Les Passions, par leur réaction incessante contre la règle fausse , ont justifié dans tous les temps l'idée-mère de la Théorie de Fourier. Les décrets des législateurs n'ont jamais pu prévaloir contre la puissance indomptable que I>ieu avait mise au ccaus ^

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rbomme pour des fins à lui connues. Aussi esUil vrai de dire, avec M. Jules Lechevalier, que « c*est Fétude de » THumanité comme être passionnel qui donne la clef de » Fhistoire, et non pas Fbistoire qui donne la clef des desn tînées hmnaines, n

§xx.

Première Période sociale.

Edénisme. D'accord avec la Genèse et les traditions de la plupart des peuples, Fourier admet quMl y a eu un état primitif de bonheur, dans lequel Thomme a pendant quelque temps vécu à Forigine. Les premiers humains ne purent vivre ainsi heureux et en paix qu'à la faveur d'une organisation plus ou moins imparfaite du régime des séries PASSIONNELLES, hors duqucl les passions s'entrechoquent de manière h produire inévitablement la discorde et entraîner par suite tous les fléaux. Certaines circonstances favorisèrent l'établissement de ce régime , naturel effet de la Sociabilité de Fhomme, qu'aucun genre de contrainte n'avait encore ni entravée, ni faussée. Fourier signale parmi ces circonstances l'absence des préjugés, des préjugés sur l'amour notamment; l'abondance des productions alimentaires qui ne coûtaient presque aucun effort et suffisaient amplement aux besoins des hommes encore peu nombreux ; l'ignorance des signes représentatifs de la richesse, qui ne consistait guère qu'en fruits et autres substances difQciles à conserver, inutiles à accumuler. Celte époque, dans la vie de l'espèce, répond à celle de la vie de l'individu, pendant laquelle il trouve une nourriture toute préparée (le lait) dans les seins maternels. Mais de même que F individu acquerra par une crise douloureuse (la dentition) les instruments d'une alimentation plus substantielle , de même il faudra que Fespèce crée avec don-

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leur, au milieu de la longue crise des Sociétés incohérentes , SCS grands leviers d'action, Tindustrie, les arts et la science. — Bientôt les ressources fournies par la nature aux premières générations d'hommes sans le concours de l'industrie, ou du moins avec le seul concours d'une industrie inexpérimentée, dépourvue des notions les plus indispensables; ces ressources ne suffisant plus aux besoins d'une population croissante, la bienveillance mutuelle cessa, les Séries se désorganisèrent, et chacun s'isolant de plus en plus avec sa famille, l'homme tomba dans l'état sauvage (5).

Sxxr.

Deuxième Période sociale.

Sauvagerie. Absence de toute industrie régulière, imprévoyance à peu près complète, règne de In force individuelle et de la brutalité, voilà l'état sauvage. Les faibles, et par conséquent les femmes, sont asservis. Chaque homme, du reste, participe au conseil de la horde, et exerce toute l'influence que peuvent lui mériter sa vigueur, son adresse et toutes ses autres qualités appropriées au but qu'elle se propose. Il jouit en outre de sept droits naturels dont les lois privent en tout pays le peuple civilisé, et dont voici l'énumération : cueillette, pâture, chasse, pêche, ligue inté" rieure, vol extérieur^ insouciance. Aussi les avantages de la Civilisation ne sont pas une compensation suffisante pour le Sauvage; il meurt plutôt que de se plier à nos coutumes. Il est arrivé souvent, au contraire, que des matelots civilisés, qui se trouvaient en contact avec des peuplades sauvages, se sont réfugiés au milieu d'elles et y ont vieilli sans regret de la société qu'ils avaient quittée ^ —

1 Délivré du jong tyrannique de la société , je compris alon le charme de cette indépendance de la nature , je compris pourquoi pas un sauvage ne s'est fait Rnropéen , et pourquoi plusieurs Européens se sont faits sauvages. Chatku-

aao SËGOXDE PARTIK.

I<a seule forme de commerce en Sauvagerie , est le troc , échange d'un objet contre uq autre, sans emploi de monnaie ni d'aucun autre signe représentatif de la valeur.

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