‹ Fourier, sa vie et sa théorie (volume 3)Chapitre 6 sur 36 · L4 caiTiOBR · texte numérisé non relu

L4 caiTiOBR

Groupe d'amitié :

fia massa critiqua /a«#(iMfttaaMitt Tfaidivida.

Gronpe d'ambition :

J^e supérieur critiqua graveimmt l'inférieur.

Groupa d'anonr :

L'individn excuse tweu^Ument l'individu.

Gronpe do famille :

I^a masse excuse inàtUgemment l'individu.

' Entre amis tout «ft oomouin ; aipitié ait égalité, Pviiii««v%.

Il ne faudrait pas se prévaloir de ce qur se fait dans la société actuelle contre Fexactitude de tel ou tel de ces caractères. En Civilisation, le devoir et la prudence sont d'ordinaire en plein désaccord avec les impulsions de la nature. Ainsi, dans le groupe de famille, par exemple, les pères et mères ne peuvent constamment céder aux enfants ni les excuser en tout, comme ils y sont naturellement portés : les convenances de Féducation obb'gent le père à tenir r enfant dans la dépendance et le respect*, et à lui adresser de fréquentes remontrances, presque toujours mal accueillies. Mais dans le régime sociétaire, les pères et mères, affranchis de cette pénible tâche, peuvent se livrer sans danger au gâtement dont llnfluence est contre-balancée par la critique efficace des compagnons de travaux et des supérieurs industriels de leurs enfants, a La nature, ayant voulu, dit Fourier, que la critique s'exerçât par les deux groupes majeurs (amitié, ambition), nous a donné de la répugnance pour celle qui vient des deux groupes mineurs (amour, famille) : ceux-ci ne sont faits que pour aimer et flatter; ils deviennent haïssables quand ils s'adonnent à moraliser et à censurer; ils sortent de leurs attributions. La critique, étant attribut essentiel des deux groupes majeurs d*amitié et d'ambition, n'est jamais désobligeante de la part de ces deux groupes , lorsqu'ils sont régulièrement organisés suivant la loi des Séries passionnelles. Cependant la Civilisation, société construite à rebours de cette loi, est obligée d'employer sans cesse l'un des deux groupes

I Faisons à ce propos une remarque snr an trait de mœors de notre société.

L'on sait que du tutoiement universel, mis ches nous en usage par la République de 93 , il n'est resté qu'une chose, le tutoiement réciproque du père et du fils, qui s'est introduit dans presque tontes les familles, et même dans les plus antipathiques aux idées républicaines. En adoptant cette coutume, les pères et mères ont cédé à une tendance naturelle de l'affection de famille ; mais , comme dans l'ordre actuel il y a incompatibilité entre plusieurs de ces tendances et le rôle imposé aux pères vis-à-vis de leurs enfante , certains partisans des vieilles mœurs ont prétendu, non sans quelque apparence de raison , que l'emploi du TU familier k l'égard des ascendants était une des causes qui ont contribué à aftaiblir parmi nous l'antorité paternelle et le respect filial.

THÉORIE SOaÉTAIRE. 333

mineurs, celui de famille, à critiquer et remontrer Tenfant Il en résulte double contre-sens au lien domestique : d'une part, irritation et rébellion secrète de Tenfant, qui suit la loi de nature en dédaignant la critique du père et du précepteur; d'autre part, gêne et frustration du père qui, remplissant à regret ce pénible devoir, n'en recueille pour salaire que l'indifférence ou même Faversion de l'enfant Ces inconvénients disparaissent pleinement en Harmonie, où l'enfant, fréquentant une trentaine de groupes et de séries , y rencontre une foule d'amis et de sectaires trèssévères sur son impéritie ; leur franchise dispense bien le père de remontrances.

n Chacun des groupes est produit par l'impulsion de deux principes ou ressorts; l'un spirituel S, l'autre matériel M, dont voici le tableau.

Groupe d'amitié on hypomajtur :

S. Affinité spiritaelle de garactéiks.

M. Affinité matérielle de penchant» indu$trielt.

Groupe d'ambition on hypermajewr:

S. Affinité spirituelle , ligue pour k gloibb. M. Affinité matérielle , Hgue pour Vintérit.

Groupe d'amour on hypermineur :

M. Affinité matérielle par le charue des sens. S. Affinité spirituelle par les lien» du caur.

Groupe de famille ou kypomineur:

M. Affinité matérielle par cohsamoiiinité.

S. Affinité spirituelle par adoption.

„ ^ en identité.

Essor DES GROUPES 1 en contraste.

On voit, à la priorité alternative des deux lettres S et M, que le ressort spirituel tient le premier rang dans les deux groupes majeurs d'amitié et d'ambition, et que le ressort matériel domine dans les deux groupes mineurs d'amour et de famille. En général, l'homme a la supériorité dans

$94 WCOWDii: PARTIS.

les 4eM9 groupes majeur^; h femme di^np les iew groupe» il^i^eyrs» Cette division, qu'on retrouve partout dam 1^ créai tipn (exemple, les deui^ se^es), se fonde sur la natiire et 1q r4le différents des groupes : les premiers ont un domf^iqç pouriûnsi dire illimité; les affeetionç que les deux derniers produisent s^exercent dans un cercle beai^coup plus étroit.

Fourîer appelle groupe simple celui qui n'est stimula que par l'un des deux ressorts. Les groupes simples, ^outet-Uf sont d'ordinaire lien mépris(ible en domipance dii mft-!' tériel ; lien de duperie en dpminance du spirituel,

Les tableau]( que nous venons de transcrire exigeraient peut-être pour quelques lecteurs des commentaires qui ne peuvent trouver place ici. Ces compaentaires se présenteront d'ailleurs d'eux-mêmes à quiconque aura pris la peine de méditer un instant ces tal)leaux, et voudra ensuite en chercher la justification dans la vie réelle, au dedans comme autour de lui. Ainsi, par exemple, eette formule : essor des GROUPES en identité, ei| eoH^roête, exprime que dans les groupes les liens s'établissent, foit par similitude, soit par opposition contrastée de penchants, de manières d^être. C'est un fait d'observation journalière en amitiét en amour.

Passons au S*" but de PAttpaetieii ; Méemnésme des caractères et passions.

Trois passions président à oe mécanisme et forment, sous le nom de mécanisantes ou distribt.tives, un 3'^ ordre de passions dirigeant le jeu des dev^^ autres :

1° La Cahaliste, sentiment de l'émulation, goût de l'intrigue, principe et 4n)e des di^isidenceg, des coteries. Elle est pour l'esprit humain yn besoin si impérieux, qu'à défaut d'intrigues réelles, il çn cherche avidement de factices au jeu, au théâtre, dan$i tes roip^ns. u L^ ç^b^liste, disait Fourier, est le sel mental des actions humaines, » C^estelle

THéotns 9ocn^AiRE. tas

qui iiispii^, fiuicite, anime Ibs efforts paf legquelg on cherclia k surpasser ses rivaux. L'artiste, le savant, rbomme 4'État lui doivent presque toujours une grande part de leur renomuiée,

^ La PapiUonne on Alternante, besoin de variété périodique, de situations contrastées, etc., qui est une loi générale de la nature. Dans les oeoupations ordinaires, oe besoin se fait seqtir modérément d'heure en beure, et vU vement de deux en deui beures. S'il n'est pas latisfiiit, rbomme tombe dans la tiédeur et Temiui.

3' La Campoêite, enthousiasme résultant de plusieurs e](citations simultanées , sorte d'ivresse ou de fougue aveugle qai natt de l'assemblago de deux plaisirs an moins, un des sens, un de Tâme. La Composite est le principe des aeeordê, comme la GabaUste est celui des êiseordê, non moins nécessaires que les premiers à Fbarmonle sociale.

Ces trois dernières passions n^ont pas dVmploi normal dans l'état social actuel, et elles y deviennent une source incessante de désordre : aussi les regarde-t-on comme des vices. Pourtant ce n*est que leur Intervention qui établira Faccord des passions affectives entre elles et avec les passions sensitives.

Récapitulant cette analyse que nous venons de faire des passions, nous trouvons cinq SensiHveê, quatre Affeetivet et trois Diêtrihutiv&s, formant en tout douze passions ra-i dicales dont la tendance collective est I'UnitAisme ou passion de TUnité, c^est-à-dire de Tordre, de l'accord universel. C'est le sentiment le plus élevé dont l'homme soit suscep-f tible; il comprend F amour du bien public et de l'Humanité, ainsi que toutes les nuances du sentiment religieux.

. L^s ()Quze passions Iqndi^ment^es pro4uiseBt par leur

mélange et leurs diverses combinaisons des passions mixtes en grand nombre.

La dominance d'une ou de plusieurs passions est ce qui constitue le caractère de chaque individu. Le titre du caractère s*apprécie par le nombre, la nature et F intensité des passions dominantes. Il faut au moins deux passions animiques pour former un caractère quelque peu élevé.

L'intérêt d'un roman, d'une pièce de théâtre, tient communément à la lutte d'une passion de cet ordre contre une ou plusieurs autres. Un caractère dans lequel les Distribntives dominent les Affectives tourne presque inévitablement au mal dans la société actuelle, u Une femme à dominantes d'amour, de cabaliste et de papillonne sera conmiunément très-vicieuse en civilisation. » {Nouveau Monde, p. 407.)

La connaissance des caractères, indispensable pour le bon classement des individus, jest aujourd'hui impossible » tous les caractères étant plus ou moins fiiussés par les tentatives de répression dont ils sont l'objet dès le jeune âge et par l'absence des conditions de leur franc et naturel développement Les caractères ne sont pas, d'ailleurs, produits au hasard , mais dans une juste proportion avec les besoins du régime social, qui est la destinée de l'homme, c'est-à-dire du régime sociétaire, ( Voir la note 2 de la 2*^ partie, sur l'échelle ou gamme des caractères.)

Avant d'entrer dans le détail des dispositions de ce régime, faisons remarquer que tous les mobiles passionnek de l'homme ont bien été passés en revue dans l'analyse qui précède. Il n'y a pas, en effet, une seule action humaine, le cas de démence excepté *« qui ne doive être rapportée à l'influence d'un ou de plusieurs de ces mobiles comme principe. Quant à certaines manières d'être , telles que la colère, la haine, l'envie, l'avarice, etc., auxquelles on donne communément le nom de passions, ce ne sont là que des effets de quelqu'une des passions énumérées, effets presque toujours dépendants des obstacles que celles-ci éprou-

I Peut-être qu'à la rigueur nous ne devrions pas admettre d'exceptioa , les actes de l'aliérip lui-même ayant leur cause première dans le système passionnel.

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vent à se satisfaire. Pourquoi nous àrrive-t-il, par exemple, de nous laisser emporter à la colère ou de concevoir, de nourrir quelque animosité haineuse ? N'est-ce pas d'ordinaire parce que nous aurons été, ou parce que nous nous serons crus contrariés, froissés, lésés dans nos tendances, soit de Tordre sensitif , soit de Tordre affectif, soit même dans le plus noble de nos sentiments , celui de la justice et du droit? De ce que nous ne considérons pas comme primordiales, comme existant par elles-mêmes ces dispositions de Tâme, la colère, la jalousie, etc., qui finissent par devenir habituelles et par imprimer leurs traits aux caractères, il ne s'ensuit nullement que nous méconnaissions la grande et déplorable influence de ces vices sur la conduite des hommes et dans les rapports sociaux. Mais nous disons que, pour en prévenir le développement, pour parer aux fâcheux effets qu'ils produisent dans la société , il faut remonter aux mobiles essentiels et primordiaux desquels dérivent et dépendent ces habitudes vicieuses; il faut voir leur raison d'être dans Tabsence des conditions d'essor harmonique des passions à leur état normal.

Maintenant que nous avons reconnu les puissances auxquelles Thomme obéit spontanément , avec plaisir et bonheur pour lui-même, tâchons d'arranger les choses de manière à n'avoir à réclamer de lui que par l'intermédiaire de ces puissances et sous l'empire de leur influence vraiment magnétique, toute Tactivité dont la Société a besoin de sa part pour être riche, florissante et prospère. Cette condition , qui transforme en plaisirs la plupart des travaux utiles, et qui seule résout par cela même la question de liberté, si mal comprise encore après tant de débats, ne peut s'obtenir que dans l'organisation désignée par Fourier sous le nom de séries de groupes.

Mais, avant de décrire l'organisation dont il s'agit et de faire par conséquent la synthèse de l'attraction passionnelle, il convient de parer à quelques objections ^jrévuea.

Après avoir pris connaissance du chapitre qai précède , beaucoup de lecteurs se croiront en droit peut-être de me reprocher qu'il ne répond pas à tout oe qui est compris dans le précepte de l'iatlque lagçsse que je loi ai donné pour épigprapbe ; Connais4ot toÎMiiéme, Tou( l'boipnie, il est vrai, nW pM 4<ibs r^ttraftion : il y a pbez li^i antre chofe ; il y « fà^^ lui de? fucuUés doqt l'é» tude doit popopiéter la notion de Fétre humain , piaîs p'est point indispensable, comme l'est celle des impulsions ou analyse pas* sionnelle, à la constitution de la vérité sociale. Telles spnt : ).<> la faculté de connaître et déjuger^ ou Fintelligence , Fesprit, la raison; S^ la faculté d'agir physiquement^ ou la puissance musculaire , la motilité.

Mais ces faeultés-ci ne sont que des moyens : les passions seules sont les ressorts qoi font mouvoir l'homme, et les impres-* sions qui s'y rapportmit sont le pHQoipe puiqiie dp tonte l'iieti-r vite qu'il déploie.

Quelque élevé qne soit le râle de l'intelligeuce , quelque supériorité que l'homme ait par elle sur les animaux, le Sentoieitt, le DésiR , en d'autres termes, l'Attraction passionnelle , n'en est pas moins le fond, l'essence véritable de l'âme humaine; et l'homme n'est pas moins supérieur aux animaux par la nature et le degré de ses attractions que par son intelligence elle-même.

Gelle-cî1tWau, l'enorgueillir de sa puissance, elle n'est, comme k corps , qu'un instrteent au service du Désir , de la Passion. L'intelligence, en effet, es| de m natnre une faculté absolument Hfiutref qui n'est mise en jeu que sons le stimulant de l'Attrac-* tion, mpbile de tous nos actes , soit intellectuels , soit pbysiqpes.

Nous admettons , sans souscrire aux conséquences matérialistes qu'en tirait l'auteur , la justesse de cette proposition do physiologiste Broussais : c Les émotions de la sensibilité devieiment les mobiles de nos actes de toute espèce, t (De Firritation et de lafoUe.)

Volontiers dirons-nous comme M. de Lamennais : c Connais tre, aimer, agir, voilà tout l'homme i (E$s, sur l'Indiff.y tome I). Mais nous admettons un rapport hiérarchique entre ces trois facpltés. Ar^Kn^ si Ton comprend par là toutes les impressions

THÉORIK âOCllCTAlRË. 239

pftssionitdies, aimbr, od in\êûx sfcsrm, jèfKôùtER attrait, priihe et commande les ûënt anîtén ttiodes de ttaniféstatioii âë la fié.

Qaimt à la fatneii^ âéùhiiloû de M. de Boiiald : c L'hmdfné est nne intelligence seiHrle piir des oi^gacres, « elle (ftriet ôe tfsà est le principal dans Thdmme, il serait beaficanp phiS jdSte de difé ; L'homme est irae coiiiiriaaisoif de Déstrs (ou Pilssioivs) Servis par une intelfigence et tnl col^s.

De cette erreur sur le rang aè cÈàcuh des ordres de facali<$s qoi MÀt datis rh<ytaitié , décOdlàit une aatr£ erretft* biéii plus fâcheuse sur leurs kntUftUi tënpêt^vet.

Ainsi, tandis que le hut de notre destinée sociale éUût marqué d'une façon immuable par Fattfaction passionnelle, qui nous sol- Ucifé incessamment ters fui , Flnteltigence , qui avait pour tâche de découvrir les moyens d'atteindre ce bat , riotellîgence , foulant aux pieds les instincts cle noire nature et rebelle à la volonté de Dieu révélée par les tenilances de FAttraction, tlntefligence, disons -nous , s'est avisée, elfe, cTàssignè^ à notre destinée un autre but , un but arbitraire , en vue duquel éîle a pi'étendn refaire et façonner à son gré le cœtir de Thomme. ËIIc s'est pfésomptueusement arrogé le droit de décider que telle chdse serait bien ou mal, sdivtfitt ijue cette chose étaif en accord ou en désaccord avec ce but chimérique qu elle avait rêvé.

L'histoire de k fritte des Titansf cotif rë Jupiter, telle ée h désobéissance du premier homme danâ te paradis tèttestréf, Miii autant de mytb«» ei(»rimaftt cefte transgression àë FlAfeAîgence humaine, infidèle à sa mission, qui était, quant à Fordrtf âës MH passieimels connue 4 Fégar d de loas Jes antres oi^ës ié laits , qui était, âisom^netn», êe saisir les ftipports des ehoses, M Hkfd de s'arroger le droit de les décréter. LÎntelligenee a prévari^ en ^oulast se foire directrice arbilraHre do rnoofeineift prtssîonnel : de là ses longs égarements, ses mépritet eneere subsistantes sur la destkiée sociale de Fhomme et siir les voies à saivre pmnr ht réaliser. (Vofea ki note d^ sur la Ghvte, à k fei de cette S* partie de Fouvrage.)

Du nsoment ^'eUe Mtn^pait ainsi «me des ottrtbMioM de IHetf,à ^ui sesl il appartient d'étabfâr les rapports des choses f ùtt ée créer les lois ( les lois du monde social aussi bien que ceHes êti tmaéë àlfttériet)^ FiataMigeiM iMmifiMp tdnbait nésessaîMfmAnit

dans le faux , et elle ne pouvait manquer d*y rester aussi longtemps qu elle persisterait dans cette nsorpation insensée.

Néanmoins, nous pensons avec Descartes (Princip. philos. y pars 1, §§ 30 et 43) que Flntelligence est infaillible quand elle ne prononce que sur ce qu'elle aperçoit clairement et éUsHncte" ment. Tous nos faux jugements , sans exception, proviennent de ce que nous prenons ou acceptons pour vraies des choses dont nous n'avons pas assez de connaissance.

N'ayant voulu, d'ailleurs, en donnant cet Appendice, qu'aller au-devant d'un reproche d'omission qu'on pourrait nous adresser, nous ne tenterons pas d'analyser ici les facultés de l'Intelligence, qui est elle - même une faculté synthétique , un ensemble de facultés diverses. Cette analyse est l'objet spécial de VIdéologie. Or l'Idéologie , ainsi que nous l'avons déjà fait remarquer, n'a point directement trait à la détermination du système social naturel, tandis que cette autre partie de la Métaphysique qui traite des Passions, c'est-à-dire des forces virtuelles, des ressorts actifs de nos âmes , et que Fourier a véritablement créée , est la base essentielle de cette détermination et fournit la donnée fondamen* taie du problème. (Voyez le tableau des sept garanties que l'Attraction établit entre Dieu et l'Homme. Théorie de l'Unité univ., t II, p. 240, 2« édit.)

Pour terminer par des définitions qui rendent plus nette encore notre manière de voir, nous dirons :

Llntelligence est la résultante des forces qui sont en nous pour connaître.

La Volonté peut être considérée comme la résultante des forces qui sont en nous pour sentir, pour être impressionné attractivement ou répulsivement.

Cette distinction n'a pas pour objet de scinder ce qui est essentiellement UN , l'homme agissant avec le concours de ses facultés diverses. Ainsi, d'une part, l'Intelligence n'entre jamais en exercice que sous Tinfluence d'un stimulus passionnel ; et, d'autre part, il n'y a réellement volonté qu'avec l'intervention de l'Intelligence qui pèse les motifs de détermination , qui apprécie les sollicitations et les actes par lesquels nous nous disposons à y répondre.

C'est, répétons -le, c'est toujours en vertu d'un attrait que

THEORIE SOCIETAIRE. 241

rhomme agit, attrait direct ou indirect, on même inverse (répugnance] , attrait pour un bien présent , ou pour un bien ultérieur que lui montre Tlnteliigence. La volonté de l'honmie n est influencée en définitive que par des motifs tirés de son organisation passionnelle. Un désir ne fléchit jamais que devait un autre désir ; car , encore bien que celui-ci , pour s*éveiller dans Fàme , puisse avoir besoin du secours, de l'intermédiaire de la réflexion, il ne laisse point pour cela d'être un désir, d'être une impression de nature passionnelle. Un homme ne difîère d'un autre homme à cet égard, et l'homme, en général, ne diffère des animaux que par la faculté de combiner un plus grand nombre de désirs , et d'être déterminé par des désirs dont les objets sont plus éloignes on placés dans une sphère plus haute : c'est un privOége qu'il doit tout à la fois , et à la richesse plus grande de son clavier passionnel , et à la supériorité de son intelligence , deux conditions qui sont corrélatives dans les Êtres.

Quant à cette liberté que Ton revendique quelquefois pour l'homme comme un des signes de sa grandeur, liberté qui consisterait à vouloir pour le plaisir de vouloir , autrement , à se déterminer sans motifs , nous la trouvons, une idée singulièrement inepte. C'est aussi l'avis de Voltaire : « Nous nous figurons, dit-il, que noui avons le don incompréhensible et absurde de vouloir, sans autre raison, sans autre motif que celui de vouloir, i (MétapL, ch. xi. Le phiL ignorant)

La Lt^er/^ consiste à pouvoir accomplir les actes auxquels nous sollicitent nos attractions , ces voix intérieures qui sont autant d'échos de la voix de Dieu même et les interprètes de sa volonté par rapport au mode des relations sociales. L'honmie est d'autant pldà libre qu'il est plus à même de suivre toutes les impulsions de sa nature, sans en contrarier aucune. Le malaise moral qu'il éprouve dans l'état actuel tient moins peut-être encore à l'impuissance où il est de donner essor à ses attractions , qu'à l'impossibilité où l'homme sent bien qu'il se trouve de donner cet essor à quelques-unes sans en froisser et en étouffer d'antres également impérieuses. {Guerre interne de rhomme avec luimême, situation que fait à chacun le régime civilisé.)

Le jR^mor^^f est justement cette réaction d'un sentiment qu'on a méconnu et violé pour en satisfaire un autre. Aussi , plus une

I4i SfiCCfiîDE PARtlË.

nature e^ (fun titre paMÎôMfel élevé, tsrré, mianeé, plus, on ie c6ttçoit, elle feéht ^ri^cef^ble dé tëmtftàêi Le seMiment qui proâdt celtii-d petd âttàûëtïn se îaHâer Mt ttae opinion faniMè, coinitte il arrivé, pat exettfAe^ quand oit èrtfit qné tel ou tel acte indifréfeût ësi Jfîfé ùttetné à ht Ditii^ié.

Synthèse de fAUraction passionnelle. — Application des passions à t industrie, ou principes abstraits de V Organisation du travail

'travail agr^ailo et plaisir nfilt , voilÀ en deux mofa lavitfilbciéteiftf.-

J. LBCBBvaunt.

I^rends un ralbot

(Gonieil dono^ par l'antenr du Koran au riche qui 8* ennuie.)

LludnsfrlêF, dtfnt la plus litige dee«ptîon de ce mat, compteftd tdns les emplois de Faeti vite de rhonimé ayati^ poar objet d^ assurer oit d*émbé!lif son existence. Elle est vraiment là destinée de thommé sur la ferre ; c^est par elle que ce roi de la création est appelé à faire régner dans son domaine Tordre et Tabondance.

Lès sodétés humaines éprouvent encore aujourd'hui, sur toute la surface du Globe, un malaise diversement senti , diversement manifesté , niais qui partout .consiste principalement dans FinsufBsance des objets de Consommatiea pour la satisfaction des besoins de la masse. Ces objets sont le produit da concoors de Tindustrie de Thomme avec les forc^ de la natare. Gelles-cî ne lorA point défaut ; èelle-lâ tnaivqtie sonvdùt à remplir sa tâche, parce qtl'elle à pour caractère général d'être répugnante^ et d'autant plus répugnante en quelque sorte qu'elle devient mécanî-quement plus puissante et plus perfectionnée chez les peuples civilisés.

Or, il s'agit de diriger Factivité humaine vers Findustrie

pr^dtfptive, et de faire qu>U0y4éplpie spQa|4pémP4t toute «on énergie. Pour cela, il faiflt tpouv^r ie$ arnorces qui aient prise si^r toms les hommes ; il faut mettre en jeu ia puissance qni parle ince$sainment 4 touj$ : Tattrait, h t^n^ dance au plaisir, à l^ satisfaction des sens et de râme*.l4e procédé d*organisalion industrielle de Fourier s^adresse uniquement 4 ce ressort qu'aueune morale philosophique ou religieuse , qu'aucune tyrannie de Tboinme n'a pu bp? ser au cœur de ses seniblables.

Voyons ionc , d'après Fourier, quelles (conditions réclament, dans le mode d'exercice 4e l'industrie , i&m Torga^ nisation du travail et de^ travailleurs, les passions que nous avons reconnues former le clavier passionnel de rhomme, pour qu* elles soient mises en jeu, pqur qu'elles trouvent essor et satisfaction dans l'exerpice de çett§ môme industrie.

Conformément aux exigences des passions si^mitivei qvA tendent au double luxe, interne et exterilfi» Q|i ftanté ^i richesse, il faut que les ateliers réunissent la salubrité, I4 propreté et l'élégance { qu'ils soieqt embellis d^ tçnt le luxe que chacun d'eux comporte dans sa spécialité ; qu'il n'y ait non plus,^sûit dans l'extérieur, soit dans les manières des travailleurs, rien de grossier ni de repoussant, Il faut enfin qne, par la récompense qui s'y trouve atta» chée, le travail assure le bien-^être de celui qui l'exécute , et lui fournisse le moyen de s'élever au luxe de consom^ mation , de participer aux joui^pai^p^s que le travail prér pare. Cette dernière cp^dition se trouva remplie avec équité par la participation du travailleur au bénéfice pro^ portionnellement k son concours, participation qH'i:pg4 aussi le principe ou ressort matériel de deux paçalQoa dç Tordre animique, Y Ambition et V4^Uié,

Suivant les passions de ce deuxième* ordre, les quatre Affectives qui tendent aux groups^i le travailleiir ne doit jamais être isolé; il faut, au contraire, le plaper au mi-

lieu (Fune compagnie agréable de coopérateors sympathiques avec lesquels il puisse former et entretenir des liens affectueux. Il faut, en outre, le stimuler par Tappât de distinctions et de grades à conquérir. Ce dernier aspect du groupe nous fait toucher en quelque sorte à Tune des passions du troisième ordre ou DistrUmtwes , lesquelles exigent pour leur essor la formation de la Série ou plutôt des Séries de Groupes. Remarquons d'ailleurs que tout est si admirablement lié dans l'organisme passionnel de rhomme , que les conditions exigées par chacun des trois ordres de Passions concourent à la satisfaction de celles des deux autres ordres. L'unité est partout écrite dans les œuvres de Dieu.

Aussi les trois buts ou foyers de FAttraction passionnelle, qui sont, comme on Fa vu, le Luxe, la réunion des individus en Groupes libres, et la distribution régulière (Série) ou mécanisme des Groupes , sont dans une dépendance réciproque et ne peuvent être atteints que concurremment.

Insistons un peu sur ces deux expressions de la Théorie sociétaire : Groupe, Série.

Le Groupe, envisagé sous le rapport de Findustrie , est la réunion d'un certain nombre de personnes pour Fexercice d'une fonction. II faut que cette réunion soit parfaitement libre et résulte seulement des sympathies qui existent entre ces différentes personnes et de leur inclination ou passion commune pour le travail qu'il s'agit d'accomplir ensemble. Les détails de la fonction se répartissent entre les membres du groupe suivant les goûts et les aptitudes de chacun. Il y a de la sorte une responsabilité propre pour chaque membre ; mais il se trouve en même temps affranchi de toutes les parties du travail qui ont pour lui peu ou point d'attrait : il peut se reposer de la confection de celles-là sur des coopérateurs pleins de zèle et intéressés comme lui au succès de l'ensemble.

THEORIE SOCIETAIRE. 245

La SÉRIE * est Taffiliation de tous les groupes opérant sur une même branche de travail, comme serait la culture

^ Série est an mot fort hcareuMment choin par Foorier poar remplacer ceux de Sectes progressives qu'il employait d'abord. Ce mot désigne on assemblage , nne réunion de choses ayant des caractères communs et des caractères différentiels , et disposées dans un certain ordre suivant les rapports ou resseorblances qui existent entre elles : c'est ainsi qu'on dit la série antiiMiie , la s^rie végétale, pour indiquer l'ensemble des groupes d'animaux ou de végétaux qui constituent les deux règnes organiques.

Selon Fourier, les penchants, les goûts natnrdi de Thomme, les Passimu enfin , sont pareillement assujettis à la distribution par Séries , et pour que ces forces incoercibles de leur nature puissent s'exercer harmonieusement, sans se heurter entre elles, sans produire le désordre , le mal . il faut qu'elles rencontrent un milieu disposé lui-même conformément k l'ordre sériaire , c'est-àdire qu'il falit que ce milieu (qui est la forme sociale) offre des fmictîons distribuées par Séries, soit quant à leur ensemble, soit quant aux nuances divereea de chacune d'elles considérée en particulier.

L'ordre sériaire appliqué à l'organisation sociale exige donc que toutes les professions soient reliées entre elles , et que dans chaque profession les détaik divers qu'elle comporte soient distribués de façon à pouvoir être exécutés par un certain nombre de personnes reliées entre elles aussi Par la première dit* pontion, vous évites de confiner aucun individu dans l'intérêt exdusif , dans U pratique routinière d'un seul métier; par la seconde, vous écartes du travail ViMoletnent et la eomplicaUon, les deux conditions qui ont le plus de part à l'ennui et au dégoût que le travail inspire communément

• Le Procédé Sériaire n'est antre chose que le procédé général de classification » qui coittiste , comme on sait , à diviser les ordres en genres , les genres en " espèces, les espèces en variétés, etc. Fourier a découvert les fumes générales » et les admirables propriétés sociales de ce procédé , qui a été jusqu'ici em- » ployé seulement à mettre de l'ordre dans les études ou dans les abstractions, » mais qui jouit aussi de la propriété de mettre de l'ordre dans les faits d'in- » dustrie , d'activité et de relations , en un mot dans' tons les Faits de Vie aux- » quels on sait l'appliquer. » ( Manifeste de l'École sociétaire « 2" édit. , p. 96. )

Suivant nous , disciples de Foorier, l'Association ne peut s'établir que par la distribution sériaire de tous les genres de travaux et do tous les travailleuri au sein de la Commune industrielle ou Phalange. La Phalange elle-même n'est qu'une Série composée , de même que les termes supérieurs de l'Association seront des Séries de Phalanges , et ainsi de suite jusqu'à la haute Série collective qui formera le gouvernement unitaire du Globe. Ainsi sera réalisé , daai l'ordre des faits sociaux, ce qu'on avait remarqué depuis longtemps dans l'ordrt des faits natureb , « que tout s'élève par tene sorte d'échelle à l'unité , a emiita per scalam quamdam ad unitatem ascendere. (Pensée do Parméuide et de Platon, que Bacon cite en leur faisant un sujet de reproche d'avoir laissé cette vérité à l'état purement spéculatif.) [De augm. scient.» lib. 3, c 4.)

D'après l'explication contenue dans cette note , on devra peu s'étonner de nous voir employer quelquefois comme équivalentes ces locutions : Organisation sériaire , Ordre sociétaire , Association , Harmonie. La première de ces expressions se rapporte plus au moyen , au mode ; les trois dernières , an but , au résultat que nous avons en vue.

2V6 PECOXPli: PARTIE.

d'i^n fruit, parpxemple. Pe ce rappri^oh^Ynent de« groupes dans la Série pait optr^ eux une émulftUûQ qvi rivalité qui double leur ardeur (Gabaliste). L'effet passionné sera d'autant plus sûrement et plus vivement produit, qu*il y aura plus d'analogie entre le« produits de deux groqpç» voisins^ et qu^il pourra ainsi s* établir entre eux plus de termes de cQpaparaison, Dfi là le principe d'prdonner les groupes d'une Série par nuances très-rapprechées, autrement d^en former une écf^elle compacte',

Les Séries enfin doivent être en dertain nombre et eB« grenéçs de telle sorte qu elles offrent 4UX travailleurs la faculté de passer d'une série à une autre, e'e4t->à<ndire de changer d'occupation au ipoQieQt où ils sentent leur ar<r deur se ralentir pour le genre de travail auquel ils étaient d*abord livrés {Papillonne^ « Cette passion, la plus pros* crite de toutes, est oelle qui produit iéquilibr^ s^ait^ire ; la santé est nécessairement lésée, si lliomnie se Uvre dousa heures cliaque jour, pendant deg mois et de^i APPées, 4 up travail uniforme qui n^ exerce pas successivement tontes les parties du corps et de Tç^prit, h», variété des fonctions et la brièveté des séances ont encore l'avantage de multi^ plier le^ )iep4 affectueux « de corriger ce quil y aurait d'exclusif dans l'esprit de eorps , enfin de faciliter l'accord

des associés sur }e poiqt capital de U répartition de3 béné*fioes. »

Les dispositi^AS qui précèdent assurent donc l'essor dei deux des Distriln^tives , la €abaHste ou Emulatîve, la Papillonne ou Âlteroaple. Quant 4 la troisièn^e, la Composite ou Enthousiasme^ elle tîe.pt surtout à !a faculté de ne choisir de chaque travail que la partie qu^on aime passionné-* ment (exercice parcellaire). Mais beaucoup d'autres circonstapces concourent à la développer au sein des grandes réunions sociétaires, où rien nVst omis de ce qui peut exalter le travailleur, en agissant h la fois sur ses sens et

THKOWB »OCWTAWP. W

sur son âme. « Il faut , dit Fourier, que cette passion s'applique à tous les travaux sociétaires , que la Composite et la Gabali^te y remplacent (çs vils ressorts qu'on met en jeu dans rindustrie civilisée, le besoin de nourrir ses enfants, la praipte de maurir de f^iin , ou d'être mis en Féqliifiion dans les dépôts de meiidiçUé, » (iV. ^f, ind,^ p. 87.)

L'influence des ressorts passionnels mis çn jea par le mécanisme sériaire n'est pas ^i\jette à faire défiiut, comoie celle des mobiles sur lesquels on a spéculé jusqu'ici pour décider l'homme au travail ; elle est aussi l^^ucoup plus grande. Enfin, par ses avantageuses e^mhipaisons, le mév canisme sériaire est lui-^iiiôiiie une admirable source de puissance et d'éconon^ie. Fourier disait aireo raison qu« u la Série est à nos moyens actuels d'économie oe que le cric est au bras de l'honome, une force déanple. »

Ajoutons ici quelque 'indications élém^Btfiires.

Un Qroupe, çn niéçAniq^e sociétaire, doit être de s^t personnes au nioiqs, et contenir trois subdivision^, dont la moyenne soit pliis forte que les extrêmes qu'elle doit tenir en balance, Le Groupe de sept fournit les trois divisions 2, 3, S, appliquées à trois parcelles d'une fonction. Maiai un Qrpqpe serait mieux ^auilibré avec

là Sectaires , divisés par 4 -— 5 — 3 16 — par2,3 — 9,3,2— 2,2

Chaque Groupe a un ou plusieurs chefs , des adeptes et des apprentis.

Il faut un engrenage de Séries au nombre de 45 à 50 au moins, pour que l'on puisse tenter une approximation de lien sociétaire et d'attr^iction industrielle,

§iv.

L'industrie sociétaire et l'industrie morcelée,

Llndustrie, d'après la définition que nous avons donnée de ce mot, embrasse le travail domestique, agricole, manufacturier, commercial, les fonctions de renseignement, Tétude et Femploi des sciences et des beaux-arts. Nous pourrions ajouter le travail administratif, en tant qu'il n'est pas appliqué à la guerre, fait anormal, symptôme de subversion qui doit disparaître dans Tordre social harmonique. Maïs pour bien distinguer sa Théorie des prétentions de certains réformateurs qui s'attaquent toujours à l'administration, Fourier omettait à dessein cette branche , qui , malgré de nombreux abus , est encore , grâce à son organisation centralisée et hiérarchique, la moins imparfaite des industries dont la bonne gestion importe au bien-être de tous. Les plus influentes sous ce rapport sont sans contredit : 1° l'industrie domestique ou ménage ; 2° l'industrie agricole ; 3° commerciale ; 4° manufacturière. C'est donc à introduire la réforme dans ces dernières fonctions et à les bien organiser qu'il faut s'attacher aujourd'hui ^. Cela ne veut pas dire cependant qu'on ne doit pas tenir compte de l'influence qu^exerce le pouvoir politique et administratif qui est en possession de faire la loi et les règlements concernant foutes les branches de travail laissées à l'activité des particuliers. Si ce pouvoir comprenait la question sociale, il serait facilement en mesure d'en préparer, d'en amener l'heureuse solution.

^ L'Ecole sociëtairedistingne lef BMments de la vie sociale en deux catégories :

10 Les Eléments réglés et ordonnés;

2° Les Eléments non réglés et libres. {îAbre» quant aux prescriptions directes do la loi , car l'état de liberté incohérente on ils se trouvent n'est pas la liberté réelle qui est iMifarahle de l'ordre. Or ces derniers éléments, qui sont ceux de la vie industrielle, ne sont pas coordonné*.)

Les Eléments do la première catégorie, au nombre de quatre, sont: l'Elément civil , l'ElémoDt politique, l'Elément moral , l'Elément religieux.

Dans Fexercice de Tindustrie, il ne peut exister que deux méthodes : Fétat morcelé ou culture par familles isolées, telle que nous la voyons; ou bien Tétat «od^toîr^^ culture en nombreuses réunions, qui conndtraient une règle fixe pour répartir équitablement à chacun selon les trois facultés industrielles, capital, travail et talent.

Ces quatre Blëments sont ordonnas , régis par des lois. Le Légistatenr soa« vcrain , représentant la Volonté collective , a seul le dh»it de toaclier à ces éléments et de modifier les lois qui les goavement.

Relativement à ces Eléments ordonnés, nous constatons an Dboit de Critique théorique et un Dbvoib A'Obéitsaneê pratique, droit et devoir dont noos formulons . pour l'Ecole sociétaire , les conséquences en ces termes :

En tant qu'Ecole dogmatique, dans ses écrits, dans ses livres, dans ses enseij^nements intellectuels adressés à la Société , l'Ecole sociétaire n'entend nullement renoncer à son droit de critique des faits , des dispositions et même des principes et des dogmes qu'elle peut trouver vicieux dans le domaine actuel des quatre éléments ordonnés :

En tant qu'Ecole pratique, pour les expériences relatives à l'épreuve de sa Théorie , l'Ecole sociétaire proclame le respect des Lois et des Règles en question , et reconnaît même qu'il est particulièrement de son devoir do donner & la Société l'exemple de l'obéissance la plus scrupuleuse à ces Règles et à ces Lois.

Les Eléments non réglés et non ordonnés , c'est-à-dire les éléments dont les relations et les formes ne relèvent d'aucune prescription légale ou religieuse particulière , sont au nombre de six : V Agriculture, la Fabrique , le Ménage , les Beaux- Arts, les Sciences, le Commerce.

Tontes les opérations, toutes les transactions relatives à ces six Eléments sons absolument libres. Les prescriptions et règlements de tontes sortes qui les concernent n'ont point pour objet de régler leur action , leur mode d'exercice en tant qu'Eléments industriels , mais seuloment de donner dos garanties aux intérêts généraux de salubrité , dé sécurité et à certains intérêts de propriété publique et particulière. Du reste', les Lois et les Mœurs ne s'opposent , dans aucune société civilisé* , à l'adoption de telles formes , de tels procédés , de telles méthodes qu'il peut plaire aux citoyens d'employer pour opérer dans le domaine de ces Eléments.

Enfin il est un dernier Elément de la vie sociale , l'Education , qui participe des deux genres que noos venons d'analyser. *

L'Bducàtùm, en effet, est en partie réglée, en partie libre. Il est facile do reconnaître que ce qui, dans l'Education, est laissé à la liberté la plus entière, correspond précisément aux Eléments non réglés ; nous voulons parler de l'enseignement professionnel en général

Les Expériences du Procédé sociétaire ne pouvant et ne devant porter sur rien autre que sur les Eléments libres et non ordonnés , la Commune sociétaire no diffère des autres Communes que par les dispositions particulières qu'elle adoptera pour le règlement des faits et des relations qui se rapportent aux six Eléments libres. {Manifesu de l'Ecoie sociétaire, p. 129 et suivantes de la 2'* édition. )

mù}mff P4RTI^*

Voici les centrastes que présentent ces deux méthodes :

L'industrie 8(^<taibb oj^re :

1. Par les plus grandes réunions possibles dans chaque fonction ;

.2. Par séances de la plus courte durëe et de la plus grai^de va^iëté ;

3. Par subdivision la plus détaillée f affectant un groupe do travailleurs k cbaqoe Quance de (oactian ;

Par l'iTTB ACTION , le charme.

L'industrie uoacBLiB OMrp :

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