‹ Fourier; sa vie et sa théorieChapitre 45 sur 66 · S XVIII · texte numérisé non relu

S XVIII

Formule générale du mouvement.

. . . S'habilaer à ne voir , en mouvement , rira de petit ni de grand ; raisonner sur la naissance, l'accroissement, le déclin et la mort des astres aussi fronleraent que sur les phases de la vie d'un homme ou d'un insecte.

FOL'RIKR.

11 n'y a qu'une science, celle du mouvement; il n'y a qu'une loi , celle qui pousse les corps à l'équilibre par l'attraction; il n'y a qa'on principe, celui de l'harmonie qui suppose un nombre d'êtres divers et hiérarchiques, distribués les uns par rapport aux autres , en Grmipes et Siuss de Groupes.

J. Lechsvalikr.

S^éclairant toujours du flambeau de Fanalogie , Fourier applique à la marche des Sociétés Fobservation que Ton peut faire des lois du mouvement dans tout ce qui a vie , ou d'une manière encore plus générale, dans tout ce qui se meut, a Le mécanisme de Funivers, dit-il, et de toutes ses parties est dualisé, sujet à des âges d'harmonie et de subversion * : nous voyons ce double effet dans les planètes

* Mais pourquoi de la suhver^ûti^ du mal^ à dose quelconque? et d'où vient le mal dans l'univers? Question au sujet de laquelle on est réduit à répéter riiumbic aveu de Voltaire : a Je demeurerai toujours un peu embarrassé sur » l'oritjinc du mal ; mais je supposerai que le bon Oroniazc, qui a tout fait, n'a » pu faire micu:(. r C'clail aussi à peu près , je crois , l'opinion de Fourier.

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et comètes. Les comètes , qui sont aujourd'hui en mécanisme subversif et incohérent, passeront un jour à Félat d'harmonie comme les planètes. !l en est de même des sociétés humaines qui aujourd'hui sont dans Page de subversion, fausseté et discorde, âge d'extrême jeunesse; elles passeront bientôt à l'âge d'harmonie et d'unité. » Nouv. Mondôy p. 527.

Pour Fourier, les astres sont eux-mêmes des êtres vivants*, distribués dans les espaces célestes, comme le sont les productions naturelles que nous observons sur la terre, par Séries de groupes , séries d'un ordre plus élevé toute fois et qu'il nomme mesurées^

^ Les observations d'Hcrschel no permettent plus de douter que les astres na soieut , comme d'autres êtres , soumis à la naissance et à la mort 11 y a des étoiles dont l'intensité lumineuse va en augmentant , d'autres dont l'intensif va en diminuant; il y a des étoiles perdues ou dont la lumière s'est complètement éteinte; enfin , par l'observation de ce qui se passe au sein des nébuleuses , il est établi que nou$ assistons à la formation de véritables étoiles, ( V'oyes la notice sur William Herschel , par M. Ara^o , dans l'Annuaire du bureau des longitudes pour 1842.)

* Cette distribution elle-même se modifie incessamment , toujotirs suivant la loi sériaire; on lit à ce sujet dans la notice de M. Arago , déjà citée :

a Presque partout où des étoiles rapprochées entre elles se sont offertes à nos regards en dehors des limites apparentes de la voie lactée , nous avons reconnu qu'elles fendent à se grouper autour de plusieurs astres ; qu'elks sem-. blent obéir, comme les divers corps de notre système solaire, à une force attractive ; que cette force enGn a déjà produit dans certains groupes arrondis des effets de concentrations très-considérables. Pourquoi les étoiles de la grande nébuleuse, dont nous faisons partie, auraient -elles échappé plus que les autres à ce genre d'aetion ?. . . Les étoiles , loin de paraître uniformément distribuées sur toute l'étendue de 1* voie lactée , ont offert à Herwbel , ariné de ses télescopes , 157 groupes distincts , circonscrits , qui ont pris place dans le catalogue des nébuleuses, sans compter 18 groupes situés sur les limites, sur les bords de cette même zone

X Aucune portion de la voie lactée n'a offert à Herschel des indices plus manifestes, et sur une ])lus grande échelle, du mouvement de concentration des étoiles , que l'espace qui sépare ^t y du Cygne. En jaugeant cet espace sur une largeur d'environ 5 degrés, Herschel a reconnu qu'on pouvait y compter 331 mille étoiles. Cet immense groupe offre déjà une sorte de division : 165 mille étoiles paraissent marcher d'un côté , et 165 mille de l'autre. »

Faisons remarquer , à ce propos , qu'aucune des vues cosmogoniques de Fourier n'a été démentie par les découvertes modernes de la science , et que plusieurs d'entre elles se conGrment au contraire de jour en jour par des observations positives. A l'appui de ce que nous avançons , nous pourrions citer l'opinion professée aujourd'hui par M. Arago lui-même , sur la constitution physi-

tt L^harmonie et la subversion , continue Tautour du A^ouveau Monde y sont sujettes à des degrés, le simple y le mixte, le composé , et autres degrés secondaires. Dans les planètes d* ordre simple qu'on nomme satellites, les habitants peuvent se contenter d'un bonheur simple et modéré; mais dans les planètes lunigères, comme Saturne, Herschel, Jupiter et la Terre , Fhumanité est faite pour le bonheur ou le malheur composé, double jouissance ou double disgrâce.

n Le but du mouvement est de donner au bien , aux âges d'harmonie , une durée septuple au moins de celle du mal, qui a sou rang assigné dans Tordre général. On ne peut pas éviter qu'il ne règne aux deux extrémités de carrière d*un homme, d'une nation, d'un globe, d'un univers.

» Le mouvement est lié, et son lien se forme par le mode ambigu que les philosophes n'ont pas voulu distinguer, quoiqu'il règne dans tout le système. C'est par obsti nation à le méconnaître que la philosophie tombe sans cesse dans les écarts systématiques, prenant l'ambigu, les transitions ou exceptions, pour des bases de système. » (Voyez la note 3.)

La science tout entière est dans ces principes généraux; aussi convient-il d'y insister, en citant après le Maître quelques-uns des principaux disciples.

et Tout mouvement a un commencement ^ une ascendance, un APOGEE, un déclin, une Jin; les divers mouvements sont liés et s'engrènent les uns dans les autres par des TRANSITIONS OU mouvements ambigus, qui tiennent à la fois de l'un et de Vautre, de celui qui fmit et de celui qui

que du soleil , soit dans ses cours publics de l'OhMervatoire , soit dans sa notice sor Heracbel. Ce {{raiid astronome croyait le soleil habité; M. Arago admet qu'il est du moins habitable , rt que le noyau solide de l'astre pimt ne pis être très-chaud , malgré l'incandescence de son atmosphère lumineuse extérieure.

Combien n'a*t-on pas fait de railleries sur Fonrier pour avoir osé parler ^e l'existence des Solnriensf

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commence. Les deux extrêmes de chaque mouvement ont pour caractère rirrégularilé ou mieux I'exception, qu'il faut compter, en moyeii terme, à un huitième, sauf modifications accidentelles. L exception (relativement aux êtres sensibles et rationnels bien entendu) constitue la douleur, le mal; et le mal représente Tessor d'un mouvement qui cherche son équilibre ou qui Fa perdu. » J. Lechevalier, Etudes sur la Science sociale, p. 29.

(£ Quelle que soit, » dit de son côté M. Considérant, u quelle que soit la nature d'un Etre, qu'il soit animé de forces quelconques, végétatives ou animales, sa puissance vitale varie incessamment; elle a un commencement, et si elle est en train de croître, elle atteindra un terme qu'elle ne pourra dépasser, décroîtra peu à peu et fera nécessairement une fin.

» Puis, si vous considérez l'univers comme un grand TOUT, vous concevrez encore que la somme des accroissements des Êtres qui vont en augmentant de puissance vitale, doit balancer la somme des décroissements de ceux qui sont en mouvement de diminution. Rien ne sort du néant, rien n'y rentre : le grand Tout, fini ou infini, n'augmente ni ne diminue; la somme de la force universelle, comme la somme de la matière universelle, reste constante. Celte force, individualisée dans des myriades d'êtres différents, croît chez les uns, décroît chez les autres. La jeunesse prend, la vieillesse rend; la naissance balance la mort , la mort permet la naissance , la naissance et la mort ne sont que les transitions extrêmes d'une existence à une autre existence. « Destinée sociale , t. I, p. 137.

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