‹ < > fourmis de la Suisse notices anatomiques et physiologiques, architecture, distribution géographique, nouvelles expériences et observations de moeursChapitre 22 sur 139 · AP AS: NAT · texte numérisé non relu

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veillante et si désintéressée, Je ne donne maïntenant qu'un résumé succinct des quelques

résultats auxquels je suis arrivé, ne pouvant malheureusement plus les accompagner de figures. Je me réserve de compléter plus tard ces recherches, et d'y. ajouter les figures qui sont indispensables :

À, Antennes. Les antennes des fourmis contiennent un gros nerf, un tronc trachéal et des muscles. Pour disséquer ces parties, il faut avoir des instruments très fins, tels que des aiguilles à cataracte, et de fortes loupes à dissection sont presque indispensables, Les muscles, très forts dans le scape et dans le premier article du funicule, disparaissent

à peu près complètement dans les derniers articles : il n'y en a plus trace dans le

dernier, Dans les articles du funicule, le nerf antennal forme des renflements glanglionnaires, Le dernier article ne renferme plus qu'une masse ganglionnaire dans laquelle se terminent les derniers rameaux du tronc trachéal ; le nerf lui-même paraît finir déjà dans l'avant-dernier article. Cette masse ganglionnaire se compose de nombreux noyaux sphé-

riques forts petits, entourés d'une faible quantité de protoplasma. Elle ne peut être que nerveuse, car elle fait immédiatement suite à un gros tronc nerveux dont on voit des

ramifications au milieu d'elle dans l'avant dernier article; mais elle ressemble plutôt à certaines parties des ganglions de la chaîne centrale qu'aux terminaisons nerveuses ordinaïires. Es 1°) Dans l'intérieur de l'antenne se trouvent deux sortes d'organes chitineux découverts et sommairement décrits par Hicks en 1859 (Trans. Linn. Society), et qui paraissent êtie en rapport avec la masse nerveuse ganglionnaire dont je viens de parler, laquelle n'a pas été décrite : ; Vers le tiers postérieur du dernier article de l'antenne se trouvent à l'intérieur 5 à i2 tubes chitineux longitudinaux, allongés, tronqués en arrière, ramincis en avant, et se continuant chacun en un canal chitineux fort étroit et très long. Ce canal décrit quelques zizags, et aboutit finalement vers le tiers antérieur du dernier article à une ouverture

annulaire du squelette chitineux externe (peau). Cette ouverture n'est point surmontée.

d'un poil. Chez quelques antennes de Lasius flavus $ conservées dans du vernis de Damar, les organes entiers sont restés remplis d'air, ce qui m'a permis de les observer avec une grande netteté dans leur position naturelle, sans disséquer l'antenne : l'anneau extérieur, ie long canal et le tube chitineux étaient pleins d'air. Ces organes sont réunis sur toute leur longueur en un seul faisceau, serrés les uns contre les autres et même enchevêtrés, silués près du côté dorsal du dernier article de l'antenne au tiers antérieur duquel ils s'ouvrent à l'extérieur, Mais en outre on en trouve quelques-uns isolés dans les autres articles du fouet (funicule) de l'antenne. Lorsqu'on dissèque l'antenne, les longs canaux se cassent, et les tubes chitineux demeurent en connexion avec la masse nerveuse ganglionnaire dont il est très difficile de les isoler. Si l'on y réussit, on voit presque toujours encore quelques lambeaux blanchâtres, très probablement de nature nerveuse, attenant à l'extrémité postérieure tronquée et à la face longitudinale concave (interne) du tube chitineux. Ce tube chitineux est lui-même de nature compliquée ; il renferme un second tube (poil transformé) dans son vide intérieur, lequel vide est ordinairement rempli d'air dans son tiers ou ses deux tiers antérieurs, En outre il présente à l'extérieur trois arêtes, lesquelles se terminent postérieurement chacune par une légère protubérance

. qui dépasse la surface tronquée. Enfin le tube entier est concave du côté de la masse nerveuse intérieure, convexe du côté externe, Pour observer les détails de sa structure, un très fort grossissement est nécessaire. Ces tubes sont entièrement intérieurs, et ne tiennent à la peau (squelette chitineux externe) que par le long canal sus-mentionné ; il est facile de s'en assurer par la dissection, Il m'a été impossible de trouver un élément cellulaire glanduleux entourant ce tube chitineux (M. le professeur Leydig me rendit . attentif, lorsque je lui montrai ces organes, aux glandes unicellulaires du vagin du Carabus auratus dont la cellule renferme un tube chitineux qui se continue en un long et étroit conduit de sortie chitineux: (Müller's Archiv 1860 Taf. II Fig. 4). Je suis arrivé au - contraire à la conviction que la surface convexe (externe) du tube est libre ; son extrémité postérieure et sa face concave me paraissent en connexion directe avec la masse nerveuse, sans que je puisse l'affirmer positivement,

| Vers l'extrémité antérieure du dernier article de l'antenne, près des ouvertures …—. annulaires des organes précédents, se trouvent, toujours à l'intérieur de l'antenne, cinq ou … six organes chitineux épais qui ont presque exactement la forme des bouchons des bouteilles de vin de Champagne. Ils communiquent directement avec la peau chitineuse par « leur extrémité antérieure arrondie qui est claire et brillante, Le col court et rétréci qui suit celle-ci corréspond au long conduit de sortie des organes précédents, Vient ensuite - le corps, élargi de nouveau, qui correspond au tube des organes précédents, et qui paraît avoir une structure analogue. Quelques-uns de ces organes se trouvent aussi isolément dans les autres articles du fouet de l'antenne. Les organes en bouchon de Champagne paraissent être en connexion avec la masse ganglionnaire de l'antenne, et sont à l'ordinaire remplis d'air, comme les précédents.

Ces deux sortes d'organes intérieurs pourraient à la rigueur être des glandes ; cependant je ne puis le croire, vu que je n'ai pas vu de cellule à leur base; or rien n'est

facile à voir comme les cellules glandulaires chez les insectes, On ne comprend guère non plus à quoi serviraient des glandes au bout des antennes. Les organes que nous venons de décrire sont extrêmement constants et se retrouvent presque sans modifications chez les trois sexes de toutes les espèces de fourmis que j'ai examinées /Dolichoderinae, Camponotinae et Myrmicinae.

2° Viennent ensuite trois sortes d'organes extérieurs :

Leydig (Müller's Archiv 1860 T. VIII. Fig. 7) a découvert que, sur l'antenne de la Formica rufa %, surtout vers l'extrémité, se trouvent, à côté des poils ordinaires étroits et pointus, des massues ou poils très épais, transparents, chbtus au bout, Ces massues sont implantées dans de larges canaux-pores qui apparaissent à leur base comme autant de disques transparents. Leydig les nomme « massues olfactives » {Riechkolben), et considère les autres poils appointis comme des poils tactiles, Ces derniers sont implantés dans des canaux-pores beaucoup plus étroits ; ils se distinguent des poils ordinaires du reste du corps par leur uniformité, leur délicatesse, leur moins forte chitinisation, Mais une troisième sorte d'organes a échappé à Leydig : je dois leur dévouverte au Polyergus rufescens 8 chez lequel ils sont d'une netteté remarquable grâce à la transparence de la chitine. Plus tard, en 1883, Karl Kraepelin les a appelés «plaques pores» {Porenplatten). Ce sont des poils très larges, mais appointis à l'extrémité, qui, au lieu d'être dressés

comme les organes précédents, sont entièrement couchés dans une fossette longitudinale allongée de la peau chitineuse, Le tiers où le quart postérieur du fond de cette fossette est percé d'un large canal ovale (canal-pore) dans lequel s'implante la base du poil qui forme un coude en cet endroit, Le poil lui-même a trois arêtes, et présente en outre un second contour intérieur qui me paraît devoir correspondre à un second poil renfermé

dans le premier. Ce dernier caractère fait ressembler à première vue ces organes aux tubes:

des organes intérieurs que nous avons décrits plus haut. Ils ressemblent aussi beaucoup

aux organes superficiels de l'antenne d'un Ophion décrits par Leydig {(Müller's Archiv 1860,

T. VIII. Fig. 8). Ils sont très développés chez les abeïlles, mais présentent chez les fourmis des transitions avec de plus simples poils olfactifs couchés, c'est-à-dire adjacents. |

Je n'ai pu (en 1874) observer la continuité d'aucun de ces organes chitineux extérieurs avec la masse nerveuse ganglionnaire intérieure ; je suis cependant persuadé qu'elle existe, De même que les organes intérieurs, ces organes extérieurs sont surtout abondants aux derniers articles de l'antenne, et manquent complètement au scape et au premier article du fouet, Mais ils varient beaucoup chez les divers genres de fourmis, C'est le P. rufescens qui présente les trois sortes d'organes externes le plus nettement différenciés, Ils sont aussi forts distincts chez les Formica et lès Camponotus. Chez le Lasius flavus ,

il n'y a pas de massues olfactives. Les poils couchés à double contour sont très allongés

et ttès nets chez le Bothriomyrmex meridionalis. Chez d'autres fourmis ils sont moins

distincts des poils tactiles et des massues, moins nettement enfoncés dans leur fossette:

Icngitudinale, Je ne puis m'étendre ici sur ces différences, mais ce que je puis déjà aîfirmer en thèse générale, c'est que les fourmis à bon odorat {Tapinoma, L. emarginatus) se distinguent par une grande abondance de ces organes sensoriels externes, mais nullement par une grande différenciation de leur forme. Chez ces mêmes fourmis, les organes sensoriels internes décrits plus haut ne sont par contre pas plus abondants que chez les autres ; chez les (ÿ, ils paraissent même être en général moins abondants que chez les 8,

Il me semble évident que tous les organes sensoriels extérieurs sont des poils modifiés avec leur canal-pore, Je vais même plus loin, et je crois qu'il en est de même des organes intérieurs, lesquels me paraissent être des poils qui se sont peu à peu enfoncés dans l'intérieur de l'antenne, Le fait que les organes extérieurs couchés à double contour sont déjà enfoncés dans des fossettes, et que les organes intérieurs en bouchon de Champagne touchent la face interne de la peau vient à l'appui de cette opinion.

J'avoue que la découverte de ces divers organes m'a fait un grand plaisir, vu qu'elle vient confirmer anatomiquement d'un côté les faits physiologiques montrant que les antennes renferment de beaucoup les sens les plus importants des fourmis, et de l'autre les observations de mœurs montrant l'admirable variété des procédés et des habitudes de ces

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insectes, Mais d'autre part, je ne me dissimule pas que ce n'est qu'une ébauche ; le plus .

difficile reste à faire : étudier les rapports histologiques de la masse nerveuse avec chacun de ces organes, ainsi que la fonction physiologique de chacun d'eux.

B. Autres organes. Pour abréger, je ne ferai ici qu'énumérer mes résultats et JE points où ils diffèrent de ceux des auteurs.

1° Le canal excréteur des tubes libres de la glande vénénifique des Camponotinae a bel et bien une foule de petits canaux latéraux (ramifications allant évidemment chacune

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» à une cellule) comme le décrit Leydig (Müller's Archiv 1859 p. 59), et n'est point simple

2 comme le dessine Meinert (1 c. PL III, fig. 12).

- -2° La vessie à venin des Camponotinae possède une musculature circulaire trans-

. versale très distincte qui passe par-dessus le coussinet, Le milieu de la paroi antérieure de la vessie seul n'a pas de muscles, vu que, tout autour, les fibres circulaires jusque là parallèles s'anastomosent entre elles en formant des anses. Sur le coussinet, les fibres

- musculaires sont plus minces que sur le reste de leur parcours, L'enveloppe péritonéale . de la vessie à venin ne possède des trachées que là où elle couvre le coussinet.

3 Le jabot n'est point privé de musculature comme le prétend Meinert, Il a au

- contraire un réseau de muscles striés très nets, quoique très fins et très ramifiés : ces muscles

se laissent distinguer en. longitudinaux et transversaux. J'ai vu aussi un tronc nérveux

se rendre à la surface du jabot et s y ramifier, Ces faits ont été observés chez le L. flavus

Set la F. rufibarbis 8.

4 Le réseau musculaire de l'estomac est plus serré, mais plus si encore que celui : ie jabot. | e 5° La glande accessoire de la vessie à venin chez la F. rufibarbis 8 possède de belles cellules épithéliales moitié polygonales, moitié arrondies, à contours distincts ; je ne puis . donc donner raison à Meinert qui prétend que les contours des cellules sont indistincts,

En outre Meinert a vu, chez la F. fusca ® seulement, un très fin réseau musculaire à

* la surface de cette glande ; il n'a pu le voir chez la F. rufa $, Je vois distinctement

. chez les F. rufibarbis 8 et pratensis 8, ainsi que chez le L. flavus $, un réseau musculaire » très serré et extrêmement ramifié à la surface de cette glande.

6° De la paroi postérieure du jabot, à une certaine distance de l'insertion du gésier, partent des fibres musculaires striées isolées (L. flavus et F. rufibarbis &) qui vont s'attacher directement à la périphérie de la boule du gésier, De cet endroit se détachent de

nouveau d'autres fibres musculaires isolées qui vont se fixer de la même manière à la.

parci antérieure de l'estomac. Ces fibres musculaires sont entièrement libres, tendues comme

les cordages d'un navire, éloignées les unes des autres. Ce singulier fait n'est pas encore

décrit à ma connaissance. # 7° La structure microscopique des tubes ovariaux chez les 8 des F. rufibarbis et L. flavus est presque identique à celle de ceux de la F. fusca © décrits et dessinés par Leydig (Eïerstock und Samentasche des Insekten) ; on yÿ voit aussi un fil terminal renfermant des

noyaux carrés ; les œufs mûrs ont le même aspect. Les deux ovaires sont plus solidement :

unis entre eux à leur extrémité qu'au vaisseau dorsal auquel ils ne EUR que par quelques tendons étroits.

8° Meinert (1 c. PL I; fig. 1, d) dessine et décrit sous le nom de corpora incerta

deux corps sphériques situés de chaque côté de l'œsophage, derrière le cerveau, et renfermant de nombreuses et belles cellules.

9 Les poils hérissés du corps, qui sont ordinairement simples et pointus, sont tronqués à l'extrémité et souvent même renflés chez le genre Leptothorax, comme l'a montré Mayr, Mais en outre, chez ce même genre, ils sont dentelés irrégulièrement, ce que Mayr ne paraît pas avoir vu, Chez certains genres exotiques, ils sont en spatules, en cuiller ou

. encore multifides.

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