NAINS ATTACHÉS A LA COUR UANGLETERRE
Au xvi« siècle, la mode des nains existait surtout en Angleterre : Ce pays semble avoir été de tout temps le pays priviligié des nains dont plusieurs ont acquis une véritable célébrité.
Parmi eux nous citerons tout d'abord Jeffrey Hudso?i, né en 1616 à Oakham dans le Rullandshire. 11 ne semble pas appartenir à cette famille de rachitiques qui composent la presque totalité des nains que nous avons déjà mentionné : « quoique nain de la plus petite stature, il n'offrait rien de contrefait ni dans sa taille ni dans sa physionomie. Sa grosse tête, ses longues mains et ses pieds étaient à la vérité disproportionnés à son corps et sa taille était plus épaisse que ne l'auraient exigé les règles de la symétrie ; mais l'effet qui en résultaitélait plaisant sans avoir rien de désagréable. S'il eut été un peu plus grand, il aurait même pu passer pour avoir de beaux traits. Dans sa vieillesse, ils étaient encore frappants et expressifs, et ce n'était que la disproportion considérable qui se trouvait entre sa tête et son corps qui les faisait paraître bizarres et singuliers, effet
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qn'augmontaioiit encore ses moustaches, qu'il s'était plu à laisser croître de manière qu'elles allaient presque se confondre avec sa chevelure grise '.»
JelTrey, s'il faut en croire ses biographes eut beaucoup d'aventures et du meilleur monde. D'ailleurs il le méritait et faisait honneur à celles qui lui accordaient leurs faveurs. Il avait de l'esprit, était courageux et dévoué. Nommé capitaine de cavalerie, au commencement de la révolution d'Angleterre, il fut du nombre de ceux qui accompagnèrent la reine Henriette quand elle se réfugia en France. C'est à cette époque que se place un duel qui l'a rendu fameux et a prouvé une fois de plus qu'il savait se faire respecter des railleurs. Un jour un certain gentilhomme, appelé Crofts, se permit de le plaisanter ; mais Jeffrey lui fit comprendre qu'il ne goûtait nullement ce procédé. Le gentilhomme le traita alors du haut de sa grandeur : le nain lui envoya ses témoins : un duel s'en suivit : l'arme choisie était le pistolet. Arrivé sur le lieu du combat, Crofts tire de sa poche une seringue ; Jeffrey lui tourne le dos, rentre chez lui et lui adresse de nouveau ses témoins, chargés cette fois d'instructions telles, que son adversaire dut renoncer à renouveler la plaisanterie ; il se rendit donc sur le terrain ;