‹ Foyers et coulisses (volume 2)Chapitre 13 sur 38 · ASIE · texte numérisé non relu

ASIE

Du lin fond d'une forai indienne. Vous expédie troisième pigeon du bungalow, sorte de caravansérail en ruine — ù peu de dislance de Calcutta. Serons à Calcutta dans quelques instants. On nous promet un éléphant. Arrêt dans la nécropole des Rajahs dans le Brundel-Kund (entre 10 V 25' et lie 5' long. E., 7- 7 lut. X. et 40 12' lat. S.)

Figurez-vous un vaste cimetière dont les monuments reproduisent toutes les fon-

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taincs de l'architecture indoue; quelques

arbres de l'espèce des ifs s'élèvent entre les mausolées. Temps de plus en plus beau, magnifique clair de lune. Une procession conduit la veuve qu'on va brûler, au bûcher sur lequel repose le corps de son royal époux, revêtu de ses plus beaux habits, viennent d'abord les fakirs, sortes de convulsionnaires à demi nus, hurlant, gesticulant et criant.

Puis les prêtres coiffés de mitres et vêtus de longues robes chamarrées.

La foule les entoure, laissant entendre une étrange mélopée interrompue à intervalles égaux par des coups de tam-tam.

Ensuite les porteurs de torches et les fanatiques, tatoués, affublés de longues queues qui contournent trois ou quatre fois leur taille, cabriolant, miaulant, glapissant. Les musiciens, tambours, cymbaliers, joueurs de trompes.

Les bayadères précèdent, en dansant, la déesse Kali, déesse de l'Amour et de la Mort; une statue à quatre bras, ayant autour du cou un collier de tètes de morts, et à ses flancs, une ceinture de mains coupées. Enfin l'éléphant, le fameux éléphant qu'on avait tant vanté, tant annoncé, calme et grave, ne se doutant pas de l'impression qu'il cause surnos compagnons de voyage. Sur le dos dupachyderme une petite pagode dans laquelle la veuve est couchée. Ce

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sacrifice imposé à la femme qui a perdu son mari me faitl'effel d'agacer beaucoup

deux de nos plus hardis voyageurs, Meilhac et Halévy, qui comprennent le veu

d'une façon tout à fait différente.

Calcutta {cinquième pinçon). Perdons beaucoup de temps dans les Indes. Rien à signaler. Tout le monde s 3 porte bien.

Bornéo.— Joli pays, mais trop de serpents 11 y en a partout, dans les arbres, dai.s 1 îs fleurs, dans les broussailles. Ils sifflent, bondissent, se tortillent. Les quatre serpents de la Rochelle, a dit Duquesnel. Heureusement qu'à coté des serpents nous avons les charmeuses; il paraît que rien ne produit de l'effet sur les serpents comme de chanter faux.

Très-jolies, les charmeuses, et leur fête est tout à fait réussie. M"e Berthe Legrand une charmeuse aussi, et qui n'a pas charmé que des serpents refuse obstinément d'aller plus loin. Nous la laissons à Bornéo; prévenez sa famille.

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