LE GARDIEN DU SÉRAIL
Mérite une mention spéciale ; ce subalterne a ce qu'on appelle un regard
8i FOYERS ET COULISSES
d'aigle. Une fourmi n'entrerait pas dans le théâtre sans qu'il ne la vît et ne lui demandât aussitôt où allez-vous ? Il n'est pas de consigne plus difficile à braver que celle qui interdit l'entrée des artistes des Bouffes à tout étranger à ce théâtre. Impossible de se faufiler dans ce mystérieux couloir souterrain de la rue Monsigny si on n'a pas sur soi un passe-port en règle bien et dûment paraphé par la direction. Il faut dire aussi que le concierge des Bouffes est un vieux de la vieille, et que M. Comte l'a engagé plutôt comme factionnaire que comme portier. On dit même que la direction va faire installer une guérite à la place de la loge.
BOUFFES-P.^RISIENS 85
Et maintenant à qui le tour'?... personne ne réclame... Bon! c'est que tout le monde est content. Je n'ai plus qu'à écrire le mot fin au bas de cet opuscule, en réclamant, selon l'antique usage, toute l'indulgence du public pour les fautes de l'auteur.
A ceux qui lui reprocheront de n'avoir rien prouvé, ni rien inventé, il répondra en s'inspirant d'un poète de la jeunesse :
Rien n'appartient à rien, tout appartient à tous. Il faut être ignorant comme un maître d'école Pour se flatter de dire une seule parole Que personne ici-bas n'ait pu dire avant vous.
Henry Buguet
Fin octobre 1873.
Imp. RiCHARD-BERTmER, 18 & 19, pass. de lOpéra. PARIS