Sur V Education
Les enfans appartiennent à leur mère jusqu’à cinq ans, si elle les a nourris, et à la république ensuite, jusqu’à la mort.
La mère qui n’a point nourri son enfant a cessé d’ètre mère aux yeux de la patrie. Elle et son époux doivent se représenter devant le magistrat , pour y répéter leur engagement , ou leur union n’a plus d’effets ci vils.
L’enfant , le citoyen appartiennent à la patrie. L’instruction commune est nécessaire. La discipline de l’enfance est rigoureuse.
On élève les enfans dans l’amour du silence et le mépris des rhéteurs. Ils sont formés au laconisme du langage. On doit leur interdire les jeux où ils déclament, et les accoutumer à la vérité simple. Les enfans ne jouent que des jeux d’orgueil et d’intérêt \ il ne leur faut que des exercices.
Les enfans mâles sont élevés , depuis cinq jusqu’à seize ans, par la patrie.
Il y a des écoles pour les enfans depuis cinq ans jusqu’à dix. Elles sont à la campagne. Il y en a une dans chaque section et une dans chaque canton.
Il y a des écoles pour les enfans depuis dix jusqu’à seize ans. Il y en a une dans chaque section et une dans chaque canton.
Les enfans , depuis cinq ans jusqu’à dix, apprennent a lire, à écriie, à nager.
On ne peut frapper ni caresser les enfans. On leur apprend le bien , on les laisse à la nature.
Celui qui frappe un enfant est banni.
Les enfans sont vêtus de toile dans toutes les saisons. Ils couchent sur des nattes et dorment huit heures.
Ils sont nourris en commun et ne vivent que de racines , de fruits , de légumes , de laitage , de pain et d’eau.
Les instituteurs des enfans, depuis cinq ans jusqu’à dix, ne peuvent avoir moins de soixante ans, et sont élus par le peuple parmi ceux qui ont obtenu l’écharpe de la vieillesse^
L éducation des enfans, depuis dix jusqu’à seize aiss, est militaire et agricole.
Ils sont distribués en compagnies de soixante. Six compagnies forment un bataillon. Les instituteurs nomment, tous les mois, le chef parmi ceux qui se sont le mieux conduits.
Les enfans d un district forment une légion. Ils s’assemblent, tous les ans, au chef-lieu, le jour de la fête de la jeunesse. Ils campent et y font tous les exercices de 1 infanterie , dans des arenes préparées exprès.
Ils apprennent aussi les manoeuvres de la cavalerie et toutes les évolutions militaires.
Ils apprennent les langues.
Ils sont distribués aux laboureurs, dans le temps des moissons.
Depuis seize jusqu a vingt-un ans, ils entrent dans les arts et choisissent une profession qu’ils exercent chez les laboureurs , dans les manufactures, ou sur les navires.
Tous les enfans conserveront le même costume jusqu’à seize ans 5 depuis seize jusqu’à vingt-un ans, ils auront le costume d’ouvrier-, depuis vingt-un jusqu’à vingt-
cinq, celui de soldat, s’ils ne sont point magistrats.
Ils ne peuvent prendre le costume des arts, qu’après avoir traversé , aux yeux du peuple , un fleuve à la nage , le jour de la fête de la jeunesse.
Depuis vingt-un ans jusqu’à vingt-cinq , les citoyens non magistrats entreront dans la milice nationale , mariés ou non.
Les instituteurs des enfans jusqu’à seize ans, sont choisis par les directoires des districts, et confirmés par la commission générale des arts nommée par le gouvernement.
Les laboureurs, les manufacturiers, les artisans, les négocians, sont instituteurs.
Les jeunes hommes de seize ans sont tenus de rester chez les instituteurs jusqu’à vingt-un ans, à peine d’être privés du droit de citoyen pendant leur vie.
Il y a, dans chaque district, une commission particulière des arts, qui sera consultée par les instituteurs et donnera des leçons publiques.
Les écoles seront dotées d’üne partie des biens nationaux
Ce serait peut-être une sorte d’instruction propre aux Français, que des sociétés d’enfans, présidées par un magistrat qui indiquerait les sujets à traiter, et dirigerait les discussions, de manière à former le sens, l’ame, l’esprit et la cœur.
Les filles sont élevées dans la maison maternelle,
Dans les jours de fête, une vierge ne peut paraître en public, après dix ans, sans sa mère, son père, ou son tuteur.