DES VIEILLARDS, DES ASSEMBLEES DANS LES TEMPLES ET DE LA CENSURE
Les hommes qui auront toujours vécu sans reproche, porteront une écharpe blanche à soixante ans. Ils se présenteront à cet effet dans .le temple , le jour de la fêle de la vieillesse, au jugement de leurs concitoyens j et , si personne ne les accuse , ils prendront l’écharpe.
Le respect de la vieillesse est un culte dans notre patrie. Un homme de l’écharpe blanche ne peut être condamné qu à l’exil.
Les vieillards qui portent l’écharpe blanche doivent censurer , dans les temples , la vie privée des fonclion-
Tiaires et des jeunes hommes qui ont moins de vingtun ans.
Le plus vieux d’une commune est tenu de se montrer dans le temple tous les dix jours , et d’exprimer son opinion sur la conduite des fonctionnaires.
Les citoyens s’assemblent dans les temples pour y examiner la vie privée des fonctionnaires et des jeunes hommes au-dessous de vingt-un ans ^ pour y rendre compte de l’emploi de leur revenu , pour y déclarer leurs amis. C’est le plus âgé qui préside. On ne peut discourir longuement ^ on ne peut déclamer ^ on doit déclarer les faits précis , nus , par respect pour le lieu où l’on est et par respect pour l’égalité.
Celui qui frapperait ou injurierait quelqu’un dans les temples serait puni de mort.
Ceux qui ne sont pas membres du souverain , se retirent des temples avant que l’on vote.
On n’écrit point ce qui se passe dans les temples.
Les fonctionnaires accusés dans les temples par les vieillards , n’y peuvent parler ^ mais leur réponse , écrite par eux-mêmes , est lue avec décence par un de leurs amis j el, sans discussion, le peuple prononce si le renvoi devant les tribunaux criminels aura lieu ou non. — S’ils sont convaincus de mauvaise vie, ils sont bannis.
Tout ce qui tendrait à rendre les mœurs féroces ou molles , doit être censuré dans les temples ^ mais on n’y doit nommer, ni censurer personne , qui ne soit revêtu de l’autorité , ou qui ne soit âgé de vingt-un ans.
Les femmes ne peuvent être censurées.
Celui qui censurerait nominativement quelqu’un hors les cas prescrits par la loi , serait banni sur la demande de la personne intéressée devant les tribunaux.