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Fat fait conspuer généralement par une apostasie insigne , comme Manuel et Gorsas ; soit qu’il se fat signalé en montrant le poing à la montagne, comme Kersai'nt , ou par une signature au bas de la pétition des vingt-mille comme Camus etLanthenas, ou par un commissariat mémorable , comme celui de Carra auprès du négociateur Dumouriez ; soit que les quarante-huit sections eussent demandé avec plus de cent mille signatures l’expulsion de quelques membres , comme atteints et convaincus d’avoir parlé et agi dans le sens de Dumourier et de Cobourg , tels que Lasource, Pontécoulant , Leliardi , Cham^on ; en un mot, dès qu’on avoit obtenu une.note d infamie et pris des patentes d’aristocrate , on étoit sûr d’être le jeudi prochain nommé sans faute président ou secrétaire de la Convention ?
Enfin, pour en venir au Socrate , au Phocion du côté droit , à Roland : n’est-ce pas un fait et un fait prouvé par leslettres trouvées sous les scellés du juste , que le vertueux ministre de la république étoit fauteur d’émigration et s’é toit ligué contre la république , avec tous les ci-devant nobles et les feuillans? Qu’on en juge par cette lettre :
<< Comment vous remercier , lui écrit-o&
de Montaniac , de vos offres affligeantes qui me feront rejoindre mon mari à Berlin. Signée , No a illes Lafayette , ??
Et cette autre lettre : et J'avois bien compris dès votre p iernier ministère, vertueux Roland, que nos principes étpîent communs . Signé , Montesquiou , Général de l’armée des Alpes.
Et celle-ci encore : Ne comptez-pas , mon
cher Roland , lui écrit-onde Lyon, sur les ci-devant nobles ; ils n’ont pas assez de résolution. Signé , Vitet , Maire de Lyon. 55
« Ge sont là des faits, je pense , et la chose parle de soi ; et tous les diamans du gardemeuble ne ti reroi en t pas le juste de cette aff faire et de' dessous le rasoir national.
Jérome Pëtion disoit coiïfidemment à Danton , au Sujet de cette apposition de scellés : Ce qui attriste ce pauvre Roland , c'est qu’on y verra ses chagrins domestiques et combien le calice du coeuage sembloit amer au vieillard et aitéroitla sérénité de cette grande âme. Nous n’avons point trouvé ces monumens de Sa douleur , mais bien des preuves multipliées qu’il avoit à sa s-olde un camp volant d’orateurs , pour présenter la bataille sur la terrasse, àu café Beauqueçne , au café Procope et par-
tout où ils trouvoient de ce qu’ils appeloient champions de Robespierre. Nous avons vu combien les comptes de Roland sont infidèles , puisqu'il ne portoit que 1200 livres, a l’article dépenses secrètes , ce qui lui valut alors tant de battemens de mains ; et la note seule de ce qu’il en a coûté pour circonvenir Gonchon , pour le rolandiser et lui faire lire une des deux pétitions du faubourg Saint- Antoine , cette note seule excède deux mille francs. Encore le recruteur Gadaul ajoutet-il tt qu’il perdses assignats, qu’il pensoit, la veille , tenir Gonchon sur la fin du diner , anais que le lendemain à jeun, l'homme à la pétition redevint plusjacobin que jamais , et qu’il n’y a pas moyen de le défr )quer. Il ne seroit pas meme sûr de lui présenter de l’argent. La délicatesse de Gonchon se cabre , il lui avoit offert d’être Lieutenant-colonel de la garde départementale, afin de l’engager à venir, au nom du faubourg St. -Antoine, présenter une pétition pour appuyer la motion Buzot , mais il a suffi de cette offre pour le persuader que la motion Buzot ne valoit rien , et il n’est plus possible de lui en reparler, u Combien d’autres découvertes curieuses on eût fait dam la levée de ces scellés , si , lorsque nous avotis
arrêté leur apposition , au comité des Vingtcinq, onn’eûtpas vu s’écouler l’instant d'après, une foule de députés qui ont couru mettre l’allarme au logis, rue de la Harpe , de manière M. et Mme Roland ont eu plus de six d’avance pour évacuer le secrétaire.
Mais étoit-il besoin de preuves écrites pour la ligue de Roland avec la. ci-devant noblesse ? On demande des faits ; mais n'en cxiste-t-il pas un , qui seul sera une tacbe éternelle à la majorité de la Convention , et la preuve de sa complicité , ou du moins combien elle étoit loin des idées républicaines et du sentiment de sa dignité ? Quoi ! Roland seul, car il ne faut pas compter ses deux acolytes Brissotins , osoit s’emparer du secret de l’Etat et des archives de toute la conspiration depuis 4 ans ! Il osoit fouiller seul, en visir , l’armoire de fer, et cela, lorsque la saine partie de la Convention , soupçonnoit qu’il devoit sortir du fond de cette armoire une accusation terrible contre Roland: lorsqu’il etoit notoire que ses amis Guadet, Vergniaux , Gensonné avoient transigé avec le roi, le 9 août; lorsque cette transaction ne se trouvoit point parmi les pièces ; lorsque dans cette histoire des intrigues contre-
révolutionnaires , on remarquoit des lacunes f précisément aux époques où on avoit accusé les Brissotins de trafiquer de nos droits avec la cour. Et la majorité de la Convention , qui s’effrayoit sans cesse d’une dictature chimérique , ne s’est pas levée , indignée , pour punir, par un décret d’accusation l’acte le plus dictatorial qu’on puisse imaginer. Et lorsque, ayant couru à la tribune avec des poumons trop inférieurs à mon zèle pour me récrier contre le vizirat de Roland , et que n’ayant pu obtenir la parole, j’étois obligé de me contenter de lui dire , à son banc de ministre : quelle confiance pouvons-nous avoir en un tel dépôt , le visir me répondoit avec hauteur : Que in importe votre confiance l Quelle arrogance à l'égard d’un représentant du peupie, dans un homme qu’on ne pouvoit excuser. d’avoir violé le greffe des trahisons de la cour, qu'en disant, comme on fit, que ce vieillard n’en avoit pas senti la conséquence , et en Je faisant ivre ou imbécile , pour ne pas l’avouer traitre. Mais l’excuse d’une si grande démence , valable pour un citoyen , n’étoit pas recevable pour un ministre. Aussi la loi de Solon égaloit au crime 1 étourderie ou l’ivresse de l’Archonte. “1
Mais* quand on se souvient que dès le lendemain du io août , tous les bons esprits sapperçurent que Fauteur du placard intitulé leS dangers de la victoire , battoit le rappel autoui de lui de tous les royalistes , de tous lès féuillans , et que cet auteur c'étoit Roland, répreuve en ayant été vue sur sort bureau , corrigée en entier de la main de sa Femme ; quand on se souvient de la sentinelle, espèce de chant du coq contre-signe ; de ses avis aux Athéniens ; de ses placards couleur de rose , et de la lettre d'un Anglais aux Parisiens , dans laquelle le ministrè de l’intérieur , comme cela a été prouvé juridiquement, sous le nom d’un Anglais , tenoitle même langage qu’auroit tenu Pitt , appelloit les proscriptions et lék ' fureurs du peuple, comme les fondateurs de la république , qu’il désignoit sous le nom de tyrans populaires , et ôsoit exhorter le peuple Français à reprendre son Caractère léger , et à retourner à ses vaudevilles ; quand on se souvient que c’est lui qui , le 23 septembre , terminoit ainsi son compte rendu à la Convention : il faut de la force; je crois que la Convention doit s'environner d'une force' armée et imposante , qu'une troupe soldée et fournie par les départ emens peut
seule atteindre ce but , et ouvroit ainsi la discussion sur une garde prétorienne ; quand on se souvient qu’il n’a cessé de souffler dans les'départemens le fédéralisme et la haine contre Paris , par des placards séditieux qu'il écrivoit à Dumourier, comme il est prouvé par la déclaration des deux députés Lacroix et Danton , qui ont lu la lettre: il faut nous liguer contre Paris ; quand une foule de députés attestent qu'ils ontété révoltés des propos tenus à la table de Roland , où on ne les avoit conviés que pour les faire entrer dans la coalition contre cette ville , et ses tribunes , ses sociétés populaires , ses pouvoirs constitués, sa députation, trop républicaines ; quand on se souvient qu il subornoit deux faux témoins contre Robespierre , Barbaroux et Rebec qui , qui affirmaient,, ce-
lui-ci en se frappant les deux mains sur la poitrine , que Panis. l ui avoit proposé de faire Robespierre dictateur ; quand on se souvient de son étude constante à perfectionner 1 art de renverser les républiques, et à suivre ’lù politique d'Auguste ( i ) ; quand on se souvient
fl ) Octave , pour devenir empereur , n’eut besoin que de renoncer au nom de Triumvir. Ii s’assuma de
qua l’aide des millions dojit il étoit bourré par le corps, législatif , Roland avoit commencé, dès le lendemain du 10 août, à monter sa grande machine de la formation de l’esprit public , et s’étoit ménagé , à sa nomination dans les corps électoraux, des médailles de députés , comme les rois avoient à Rome des chapeaux de- cardinal ; c’est ainsi qu’il avoit fait nommer J. B. Louvet à Orléans, Sillery àApiiens , Rabaud de Etienne àTroyes (2) ;
en un mot , quand il y a preuve écrite qu’il
de l’armée , en divisant, par l’intérêt etle numéraire , les solda'tsd’avec les citoyens : du peuple, en faisant hausser sons la répijblique , le pain qu’il fit baisser sous la monarchie ; def tout le monde y en criant contre les anarchistes et les factieux , et en faisant jouer V Ami des Lûix par le comédien Pylade , ce que Tacite , avec sa précision admirable , dit en trois mots : posito^ T’riumviri nernthe ", militera donis \ popvhim annonâ , cunctds ' duleedîrte otiï pèlexit.
(2). Il faut convenir que ce Rabaud 11’a point payé Roland d’ingratitude, et n’a point volé sa médaille» Chargé d’empoisonner l’opinion publique , il s’ est livré à. ce métier avec une ardeur infatigable, et «av.ec d’autant plus de succès , qu’il préparoit très-bien Un certain vernis de modération , dont il plaquoït son verd-de-gris, C’est lui qui a tenu la principale boutique de calomnie contre les républicains. Rédacteur, i la fois , du Moniteur, du Mercure et de la Chroniqne*
4toit ligué avec les ci-devant nobles , et que le patriarche , comme l'appelloient les amans
ces trois journaux étoient comme les trois gueules avec lesquelles ce Cerbère des Brissotins aboyoit tous les jours la Montagne < et jamais royaliste sournois n’a mieux mérité, que lui que le côté droit l’élevât à la présidence, et d’être le porte-sonnet de la coalition. II y a un trait de lui, qui le peiqt mieux que ne feroQ un gros livre. Robespierre étoit à la tribune, suant sanoet eau depuis une demi - heure ; et depuis, une demiheure, tapi dans un coin du marais, Rabaud fixant l’orateur, mordoit sa distribution et ses doigts avec des grimaces. Que voulez-vous donc , lui dit son voisin , avec votre pantomime , et quelle est votre but? Le prêtre qui croyoit répondre à un des siens , lui. dit : ne vois-tu pas , que , comme il n’y a pas moyen d’inter- Tompre , à cause du décret qui défend tout signe d’improbation ou d’approbation , si un regard de Robespierre pouvoit tomber sur ma grimace , cela brouillerait ses idées , et le ferait peut-être descendre de la tribune. Ce fait , peu important en apparence , montre à nu l’ame de ce Rabaud , qui est si reptile , si esclave si intrigant, si traître, si tartuffe , si Brissotin ; en un mot , car c’est la définition du mot Brissotin que je riens de donner, que, lorsque’à force de purger l’assemblée nationale de cette espèce d’hommes , on se demandera un jour ce que c’étoit qu’un Brissotin, je fais .la motion que , pour en conserver la plus parfaite image , celui-ci soit empaillé , et je m’oppose à ce qu’on le guillotine , si le cas y échet, afin de conserver l’original entier au Cabinet d’H^istoirc naiure-lle.
de sa Pénélope, enivré de leurs flagorneries, et enhardi par sa vieillesse , a osé de ses mains sexagénaires prendre les rênes abandonnées par Montmorin et Lessart , et se faire le cocher de la contre-révolution , aidé de ses deux laquais Clavière et le Brun , fun le plus hardi violateur du secret des postes et le Brissot de la finance, l’autre, plat valet, comme il est prouvé par ses lettres a Joseph II, et depuis chargé d’entretenir, aux frais de la nation , les journalistes détailleurs de l’opium Brissotin, tel que Carrier de Lyon , le Gorsas du. Midi ; qui ne voit, en joignant tous ces ressouvenus , que la descente si audacieuse de Roland seul dans l’armoire de fer, nétoit pas une étourderie du ministre à barbe grise , mais bien un coup de maître et un magnifique brissotement de toutes les pièces qui étoient à la charge de ses commençaux , brissotement qu; n est surpassé peut-être que parle coup d’essai que le vertueux avoit fait , à la mi-septembre # sur le garde-meuble?
Quand Barrington apprit à Botany-Bay le vol du garde-meuble , il dut s’écrier qu’il étoit vaincu par le vertueux ministre de la république. Quoique j'aie entendu dire à Brissot
dans le cômité de défense générale, que Roland mangeoit aussi le pain des pauvres , et qu’au sortir de son second ministère , il ne lui sevoit pas resté de quoi vivre , hi , lui Brissot , n avoit fait donner , par le conseil exécutif , une pension de mille écus à Ç ex-ministxe , comme la retraite de ses services dans les manufactures , il n'en est pas moins clair à mes yeux , et il sera prouvé à la postérité , que c’est le vertueux qui a volé le garde-meuble. Les voleurs ont été arrçtés et ont découvert leurs complices. On a retrouvé presque tout ce qu’ils avoient emporté , et ce recouvrement n’est pas monté à plus de 4 millions , et on n’a point retrouvé les gros diamans ; en sorte qu’il étoit facile de deviner qu’on avoit introduit cesvoleurs dans le garde-meuble, pour pouvoir en supposer le pillage , leur faire emporter les restes , et par-là couvrir le démeublement officiel qui en avoit été fait , et une grande opération de finance. Vous ave? entendu Fabre d’Eglantine qui a suivi la trace de cette expédition avec la sagacité qu’on lui -connoît , nous faire une démonstration qui suffiroit presqu’au Juré , que tout avoit été arrangé d avance pour une émission de filous dans le garde-meuble , qui n’étoieut que l’ar-
lière-garde des grands voleurs* Toujours est* il constant qu’on n’a retrouvé ni le Pitt , nî le Régent , ni le Sancy , ce qui supposoit un vol extérieur, dont le soupçon ne pouvoit appartenir qu’au ministre Roland , chargé de la surveillance du garde-meuble. Et l’observateur qui rassemble ces diverses présomptions et les indices matériels que fournit d'Eglantine , et les efforts de Roland pour soulever la France contre les députés républicains , en employant tant de presses, pendant trois mois , à apitoyêr sur le sort de Louis XVI , et son second ministère en entier, où on voit que , dès le lendemain du 10 août, il s’étoit appliqué à rallier autour de lui les constitutionnels et les débris de l’armée royale ; la méditation , dis-je , qui fait tous ces rapprochemens , ne doute pas plus que ne fera Thistoire qui aura retrouvé le Pitt et le Sancy, et suivi leurs traces ; elle ne doute pas que dans la déconfiture des royalistes , le 10 août, et dans leur désespoir dune contre-révolution à la Galonné et autrichienne , Roland ne leuraitprésentél’amorce d’une contre-révolution à Anglo-Prussienne , et à la Brissot, qu’il ne les ait engagés à prendre sa contre-révolution au rabais , et, de concert avec Louis
XVI captif, n’ait déménagé le garde-meuble , comme un riche supplément de la liste civile , pour corrompre ia convention, payer les 60,000 liv. de dettes de Dupiat , les 80,000 liv. de Barbaroux ( 1 ) , et pour venir au secours de la royauté agonisante , et étouffer la république au berceau.
Je supprime une multitude de faits. Qu’ajouteroient-ils à 1 impression d’horreur que font naître ces deux derniers contre l’hypocrisie des vertueux et des sages , car c’est ainsi qu’ils se nommoient entre eux, pour en imposer , comme des prêtres , au vulgaire , avec leurs encensoirs, et en se prosternant ainsi les uns devant les autres. ? Pour nous , ils nous appeUoient des royalistes , tandis qu’ils
( 1 ) u Barbaroux , dit le numéro 177 du journal de Marseille, qui n’avoit pour tout patrimoine, qu^un poignard , quand il est parti pour la Convention, a répondu aux Marseillois , qui s’étonnoientde ses deux secrétaires et des gardes de la Manche, qu’il étoit assez riche pour entretenir; que par le bienfait de la loi qui abolit les substitutions , il avoit hérité de 80,000 liv. , tandis qu’il est de notoriété publique, qu’il n’a jam-is eu, dans les deux mondes, deparens possesseurs d’une telle fortune. 11 est vrai que , pour dépaïser les curieux t il a dit que cette succession lui venoit d1 Amérique,
fetoient ligués avec les ci- devant nobles ; des agitateurs , tandis quils n ont cessé de prêcher une croisade contre Paris, et de souffler pour ranimer lâ cendre tiède de la royauté ; des désorganisât ours , tandis que leurs créatures * Üumourier et Beurnonville , désorganisoient l’armée , et queux-mêmes conspiroient la dé-* ^organisation de la république , en s'obstinant à. convoquer les assemblées primaires dans là Bretagne et la Vendée ; des partisans secrets de d'Orléans , tandis qu’eux-mêmes étoient là faction déclarée de Dumoürier et de d Orléans ; des assassins , tandis qu ils avoient Fait l'apologie de la Glacière d Avignon , qu ils ont fait périr tant de milliers de citoyens aux fron* tières, dans cette guerre qu’ils ont décrétée malgré nos cris; enfin, des brigands , dans le même tems qu’ils dévalisoient le gardemeuble. Non , il n'y a pas d’exemple dans V histoire , d’une faction plus impudemment hypocrite.
Mais , en dépit de leurs calomnies et des clameurs de cette autre espèce de mauvais citoyens, de ces royalistes, de ces faux patriotes, qui disent que la Convention a beaucoup promis et rien tenu ; qui nous reprochent nos querelles , et se demandent le soir, si les deux
partis se sont pris aux cheveux le matin , comme si les chiens dévoient vivre en paix avec les loups ; de ces royalistes déguisés , je le répété, qui ne pouvant s’empêcher de condamner le côté droit, cherchent à faire tomber le blâme sur les deux partis de 1# Convention , afin de nous donner un Louis XVII a la place de l’assemblée nationale ; en dépit de toutes ces clameurs , je vois s'elèver la colonne où la postérité plus reconnoissante, gravera le nom de. ces hommes courageux qui ont entraîné la majorité, et scelle avec le sang du tyran , le décret qui déclare la France république. Quelque mêlée qu« soit la Convention de traîtres et de scélérats , plus odieux que Desrues, je ne crains pa^ de soutenir qu rl n’y eut jamais d’assemblée dans l'univers, qui dut donner à une nation d’aussi grandes espérances. Qu’on considère de que! degré de corruption nous sommes partis. Qu’on considère, pour répéter ce que je citois encore dernièrement , qu’un homme qui navoit fait que voyager toute sa vie, répondoit, il n y a pas bien des années, u qu’il auroit bien voulu se fixer dans quelque ville ; mais quil n en avoit trouvé aucune où la puissance et le crédit fussent entre les mains
des gens de bien. 55 Par-tout l'homme était réduit à être enclume ou marteau , vcl prœda vei prœdc. Ce qui fais, oit; dire à un ancien : je ne vois point de ville . que je ne croie entrer dans une campagne infectée de lapeste, ou on n’apperçoit autre chose , que des cadavres qui sont dévorés et des corbeaux qui dévorent. Malgré les proclamations de Cobourg , et les calomnies des Zoïles de la révolution, il fautavouerpourtant que Pétrone, s il écrivoit de nos. jours, ne poürroit tenir le même langage. La représentation nationale s épure chaque année. De douze cents, bien peu sont sortis purs de rassemblée constituante, et leur nombre tamisé dans la Convention , est devenu plus petit encore. L’assemblée législative , moins 'nombreuse , a fourni plus de députés fidèles au peuple. La Convention en montre un bien plus grand nombre encore. Sans doute le quatrième scrutin épuratoire , donnera dans rassemblée une majorité permanente et invariable aux amis de la liberté et de l égalité , sur-tout lorsqu'il n’y aura plus un garde-meuble à piller, et un .Ciavière pour gardien du trésor public. I.es ta- Jeus. si nécessaires aux fondateurs de la république banc ni , ,11e manqueront pas à
1 assemblée des représ est impossible que les têtes dant quatre années de révolution e cordes civiles, dans un pays tel que 1 sans qu il ne s’y forme un peuple de politiques et de héros. Il est vent ion une foule de citoy remarqué encore que le ca on. reconnoîtroit bientôt gains a ti on de nos assemblées nan tert-p-lus favorable air développement du babil que du talent, et m la méditation avec la foibiesse de l’entendernent humain, pouvoit se faire à cette continuité de séances , sans aucune solution, et à, cette législature erf
poste et sans relais.
tah
perce dans les grande^ questions , 4u yn n
( 1 ;• L Assemblée naifdna'lé dé la république Fratl- ^ “****» à ^ baei.cur, que lorsqu'elle séjournera ou prorogera ses séances', selon la cb'fficLhe es temps; lorsqu’elle n’aura , par exemple , que trois ou quatre séances par semaine " et que Tes autres jours seront consacrés au travail des comités. On n'a jamai’s vu aucun peuple condamner les législateurs £ faire' des lûix, comme un cheval aveugle é tourner la meule jour et nuit. Q,»’on s<r souvienne qu’une seule loi, chez les Romains, étoit disemée pendant 27 jours , e't pcit'-
pas fait décréter , sans dèsempar'er , telle que celle de l’appel au peuple , du jugement de Louis XVI , etc. etc. Il suffiroit de la seule discussion dans le procès du tyran , pourven^ ger la Convention de ses détracteurs. Ceux qui ont détruit le prestige de la royauté ^ 'fie envoyé à l’échafaud un roi de France , parce ne sauroient être avilis dans peuples. Nous avons tenté une sublime , etçfôns laquelle il nous
fiant 19 à Athènes , et qu’il y a telle séance où. nous tendons 20 ou 3o décrets ; et on sera surpris de la far cilité de tant d’improvisateurs de législation , qui se précipitent tous les jours à la tribune , où on ne devroit venir qu’avec des idées dignes de la ré-vèlu’tion et de 1* majesté du peuple Français ; pendant que J. J. Rousseau avoue qu’il y a telle phrase qni luiia^coùté unjour ù rendre digne- de lui. Dans cet état de chose , on sent qu’on ne peut rien conclure du silence d’un député contre son mérite ; car le député pénétré de ses de voirs , n’a pas trop de tout son recueillement pour rem^ plir sa tâche ; je ne dis pas avec éclat et en orateur, mais obscurément, et par assis et levé, Cette permu-r nençe des séances tous les jours , est un des moyens les plus infaillibles pour déconsidérer l’assemblée nationale. On a compris que , quelque profonde que fût la superstition, et même en Basse-Bretagae , les prêtres auroient bientôt déconsidéré, leur religion , s’ils carillonnoient et messoient solemneljement tous les jours.
$eroit glorieux a jamais , même d'avoir succombé, celle de rendre le genre humain heureux et libre. Mais nous ne succomberons point , et cette nouvelle tempête qui menace la république Française r n’aura d’autre effet que, comme les vents sur un arbre vigoureux , d’en affermir les racines r lorsqu’il er* est battu avec le plus de violence. Le vice étoit dans le sang. L’éruption du venin au dehors , par 1 émigration de Dumourier et de ses lieutenans , a déjà sauvé plus qu’à demi le eorps politique ; et les amputations du Tribunal révolutionnaire , non pas celle de la tête d’une servante qu’il fallait envoyer k 1 hôpital , mais celle des généraux et des ministres traître^ ; le vomissement des Brissotins hors du sein de la Convention , achèveront de lui donner une saine constitution,. Déjà 365 membres ont effigie tous les rois
dans la personne de Louis XVI , et plus de 25 o membres s’honorent d’être de la Montagne. Qu’on me cite une nation au monde, qui ait jamais eu autant de représentans dévoués. Depuis près de 6oo- ans que les Anglais ont leur parlement , il ne leur est arrivé quune seule fois d avoir, dans le longparlement r une niasse de véritables patriotes et
uni Montagne ; et cette masse p qui fit de si grandes choses , ne s’élèvoit pas à plus de do membres. Et à Rome , Caton ; en Holnde, Barnevelt et les deux de W'ith, luttèrent presque séuis contre le génie et les victoires du Dictateur et du Stathouder.
Hâtons-nous d’ouvrir des écoles primaires ; c'est un des eûmes de la Convention, qu elles ne’soient pas encore établies. S il y avoit eu ans les campagnes , sur le fauteuildu curé un tuteur national, qui commentât le droit de urnme et l'almanach du Père Gérard , déjà ient tombés des têtes des BâS-Bretons la première croûte de la superstition . cette "galle de l’esprit humain; et nous n’aurionS au milieu des lumières du siècle et de tien , ce phénomène de ténèbres dans endée , le Quimpercorentin et le pays de Lanjuinais , où des paysans disent à vos ~ unmissaires : faites-moi donc bien vite guiltiner , afin que je ressuscite dans trois jours. De tels hommes déshonorent la guillotine, comme autrefois la potence étoit déshonorée ccs chiens qu’on avoit pris en contrede , et qui étaient pendus avec leurs Je ne conçois pas comment on peut condamner à mort sérieusement ces animaux
,à face humaine ; oïl ne peut que leur courir sus , non pas comme dans une guerre mais tomme dans une chasse; et quant à ceux qui ■sont faits prisonniers , dans la disette de vivres dont nous souffrons , ce qu’il y auroit de mieux à faire , seroit de les échanger contre leurs bœufs de Poitou.
A la place de collèges de grec et de latin, qu’il y ait dans tous les cantons des collèges gratuits d’arts et métiers.
Amenons la mer à Paris , afin de montrer avant peu aux peuples et rois , que le gouvernement républicain , loin de ruiner les cités , est favorable au commerce, qui ne fleurit jamais que dans les républiques, et en proportion de la liberté d’une nation et de l'asservissement de ses voisins; témoinsTviaCarthage, Athènes', Rhodes , Syracuse , Londres et Amsterdam.
Nous avons lrWité' tous les philosophes de TEurope à concourir à notre législation par leurs lumières ; Il en est un dont nous devrions emprunter la sagesse; c’est Solon y le législateur d'Athènes , dont une foule d’institutions sur-tout , semblentpropres às’aeeîiiiiater parmi nous', et qui semble avoir pris la mesure de ses ioix sur des Franchis. Montesquieu se récriait d’admiration -shf les Loix
fiscales d’Athènes. Là? celui qui n’avoit quef je nécessaire , ne payoit à l’état que de personne , dans les sections et les armées * mais tout citoyen dont la fortune étoit de di* Païens , devoir fournir à l’état une galère £ deu£, s’il avoit yingttalens ; trois, s’il en avoif trente. Cependant , pour encourager le cojar merce , £i^-on acquis d’immenses richesses , la loi n;e pou voit exiger d’un Beaujon ou d’uJ^ Laborde , que trois galères et une chaloupe. Ln dédommagement, les riches jouissoient d'uue considération proportionnée dans leur tribu, et étoient élevés aux emplois de larnunicipalité ~,et comblés d’iionneurs : celui qui *se pré tendo.it surtaxé par le département , avoit le d^oit d’échanger sa fortune contre celui qui étoit moins haut en cotte d imposition.
Là , il, y. avoit une caisse des théâtres et de l'extraordinaire des fêtes , qui servoit à payer $ux comédiens de la nation les places des citoyens pauvres. C étoient 1^. leurs écoles prir mairps,, ;qui ne valoient p^s ^os. collèges d’arts .et mé tiers,, quand la Convention les aura établis.
v Là , il n’y avoit d’exempt de la guerre quç quiconque équipoit un cavalier d'armes et de cheval etl’entretenoit , ce quidélivroitlecamp
dune multitude de boutiquiers et de riches bourgeois qui ne pou voient que lui nuire , et les remplaçait par une excellente cavalerie.
Là, çeuxd une tribu, d’un canton étoient en» rôles dans une même compagnie ou le même escadron. Ils marchoient , ils combattaient à côté de leurs parens , de leurs amis , de leurs voisins , de leurs rivaux ; en-sorte que personne n’osoit commettre une lâcheté en présence de témoins aussi dangereux.
La, il y -avoit pour tous ceux qui avoient bien mérité de la patrie , un prytanée , qu’il nous seroit si facile d’imiter et même de surpasser , en faisant un magnifique prvtanée de Versailles , et de tous les palais des' despotes pour les héros de la liberté qui les auront vaincus.
La , il y avoit une institution la plus touchante qui se soit jamais pratiquée chez aucun peuple. Le dernier jour de la fête de Bacchus, après la dernière tragédie , eu présence dû *enat , de l’armée et d’une multitude de citoyens, un héraut, suivi des jeunes orphelins, s adoptifs de la nation , les présentoir au peuple avec ces mots : Voici des jeunes »ens dont les .pères sont morts à la guerre, après avoir vaillamment combattus. Le peuple qui lés
avoit adoptés , les a fait élever jusqu’à l’âge de 20 ans; et aujourd'hui qu’ils ont atteint cet âge , il leur donne une armure complète , lès renvoie chez eux, et leur assigne les premières places dans les spectacles.
Je conviens que nous n’avons pas encore .transporté parmi nous toutes ces belles institutions ; je conviens que l’état des choses, en ce moment, n’est pas encore exempt de désordre, de pillage et d’anarchie. Mais poujvoit-pn balayer un si grand empire, qu'il ne se fit un peu de poussière et d’ordures ? La jnation a souffert, mais pouvoit-ori s’empêcher de l'amaigrir en la guérissant ? Elle a payé tout excessivement ; relier ; mais c’est sa rançon ^qu’elle paye , è-t* elle ne sera pas toujours ferahie. Déjà nous avons eu le bonheur de remplir le seuglçnt'je plus cher au 'cœur d’un citoyen , le seripentque faisoit le jeüriehomme à Athènes , dans la chapelle d’Àgraule , lorsqu’il avoit atteint l â:ge; de 1 8 ans : De laisser
sa patrie plus florissante et plus heureuse qu'il ne l' avait trouvée ; 55 Nous avions trouvé la France monarchie, nous lalaissons république.
Laissons donc dire, les sots qui répètent tous, les jours , icés vieux propos denos grandmerçs : que la république 11c convient pas à la
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France. Les talons rouges et les robes rouges , les courtisanes de l’Œil-de-bœuf et les courtisanes du Palais royal , la chicane et le biribi , le maquerélage e t la prostitu tion, les agioteurs, les financiers, les mouchards, les escrocs , les fripons, les infâmes de toutes les conditions -, et enfin les prêtres qni vous donnoient 1 absolution de tous les crimes , moyennant la dîme et le casuel ; voilà les professions , voilà les hommes , à qui il faut la monarchie. Mais , quand même il seroit vrai que la république et la démocratie nauroient jamais pu prendre, racine dans un état aussi étendu que la France, le dix-huitième siècle est, par ses lumières, hors de toute eomparaisoti avec les siècles passés; et si un peintre offroit à vos yeux une femme , dont la Ijeauté surpassât toutes vos idées , lui objecteriez-vous, disoit Platon , qu’il n’en a jamais existé de si parfaite ? Pour moi , je soutiens qu'il suffit du simple bon sens pour voir qu’il n’y a que la république qui puisse tenir àïfa. France , la promesse que la monarchie lui avoit faite en vain depuis deux cents ans : ta poule au pot pour tout le monde,.
P Oit - Scnptum.
Ce fragment ne conrieutpas peut-être la dixième partie dés faits de l’hrstoiie des membres du côté droit,, ia
plupart de ce$ faits , ou ayant été enveloppés d'épaisses ténèbres, et couverts d’un secret impénétrable, pu s’étant passés trop loin de ma lorgnette , et tout-à-fait hors de sa portée , c’est au temps et au hasard qu’il‘est réservé de nous révéler certaines anecdotes, comme celle, aussi certaine qu’étrange , que j’ai racontée dans le numéro 4 de la tribune des patriotes , sur la mort de Favras, C’estainsi que le temps nous apprendra comment leci-devant prince de Poix s’échappa de la Mairie, le lendemain du 10 août , et quel ange endormit ses gardes , et le softif de chez le maire Pétion aussi miraculeusement que St. Pierre è$ liens. Son valet de chambre apprendra sans doute à rhistoire , s’il dut ce prodige aux cent mille écus donnés à des gardiens en écharpe , comme on l’a dit dans le temps , et qu’elle est la véritable explication de ce phénomène, de celle-ci ou de cette autre que je me suis laissé donnerr, et qui n’est pas sans vraisemblance. Non seulement, comme tout le monde sait, et comme cela est si bien développé dans la septième lettre de Robespierre à ses commettais (lettre , quoiqu’on puisse dire , comparable à la meilleure des provinciales , pour l’atticisme et la finesse de la plaisanterie ) , Jérome Pétion ne vouloit point de la journée du 10 août, et récalcitioit de toute sa force -, non-seulement il avoit visité les postes du château’, ainsi que Rœdeaer , et donné la bénédiction municipale aux Suisses et aux chevaliers du poignard -, mais au moment de l’arrestation de Mandat 5 il fut meme accusé , à la Maison Commune, lorsque ce commandant général- trou- V.oit sur le perron le châtiment de son c/rime , de lu1 avoir signé l’ordre de faire feu sur le peuple, le cas de l'insurrection. échéant ; et je üen* de bon lieu, que
ést à cet ordre , stgnt Pètiçn , que Philippe Ko.aiîîe* a dirsàn sâlüt,. On prétend que , soit que cet ordre leu eût éié remis par Mandat , ou qu’elles se fussent fait livrer , n’importe comment, cet écrit précieux, des personnes qui touchoirnt de fort près lé ci -devant prince de Poix, avoient cet ordre dans leurs mains, lorsqu’elles vinrent solliciter Pétion de le mettre en liberté ; et comme le maire faisoît difficulté de prendre sur lui l’élargissement périlleux du capitaine des gardes, elles le déterminèrent , par un péril plus- grand , à sauter Je fossé, ét lui montrant ce papier, le menacèrent , s’il riè sauvoit son prisonnier de la guillotiue , de le condulre lui - même sous le fatal rasoir , par le moyen de cet écrit; et on a prétendu qu’alors Jérôme Pétion ne se le fit pas dire deux fois , et trouva une portç de derrière , par laquelle il fit sortir le capitaine des gardes , qui court encore.
J’ai même omis des faits dfe notoriété, tels que celui que Meaulle a articulé à la tribune , qu’il savoit de science certaine, que les meneurs du côté droit avoient voulu faire égorger la Montagne , dans le temps que 1 un d eux , Barbaroux , osa donner l’ordre au second bataillon de Marseille , de sortir de ses cazernes , et le requérir d’investir la Convention nationale , la veille du jugement du roi. Mais il suffit de ce que j’ai raconté r pour que le ppoçès du côté droit soit regardé comme fait et parfait; et il est évident, par exemple, que s or les pièces authentiques que j’ai citées , concernant Roland , il auroit dû être traduit au tribunal révolutionnaire , à 1 instant même où le scellé a eu livré au comité de sûreté générale ces pièces , d’après lesquelles sâ condamnation ne peut pas être douteuse. N’est-ce pa»
( So )
également une chose indigne, que ses complices de 'contre -révolution, responsables avec lui de tout le Saug qui coule dans la Vendée , Clavière et le Brun , soient encore dans le ministère ; et ai-je tort , d’apres
une négligence si impardonnable, d’accuser la molesse
du comité de salut public.
La Société, dans sa Séance du 19 Mai 1793, l‘an 2me de la République une et indivisible , a arrêté l’impression , la distribution et l’envoi de cet Ouvrage aux Sociétés affiliées.
Signé , BENTABOLE, Président ; Champertois , Vice-Président ; Coupe de rOhe , Duquesnoy , Sambat , Col n dre , • Députés , Prieur , Secrétaires .