‹ Fragments de l'histoire religieuse et civile de la Paroisse de Saint-Nicolas [microforme]Chapitre 56 sur 85 · NOUVEAUX BESOINS · texte numérisé non relu

NOUVEAUX BESOINS

Dans l’excursion qu'il venait de faire parmi ks tribus sauvages, habitant la côte-est de l'Ile depuis Victoria jusqu'aux mines de charbon de (olvilletown, l’Evêque de Vancouver s'était rendu compte des nécessités apostoliques de son diocèse. La moisson était abondante, mais les ouvriers manquaient: pourvoir ces pauvres idoêtres de prêtres et de missionnaires, tel devait

donc être maintenant le but principal de ses forts. :

A cette fin, rien ne devait être épargné:

Brrières, lettres, supplications, recommandations ;

tout fut mis en jeu. Malgré les bonnes dispositions apparentes de ces sauvages, notre apôtre

ts ses branches, —La pension et l'instruction, y compris le blanchissage, h musique, le dessin et la peinture,s'élevaient à au-dela de cent piastres

Mr année, ce q ui donne une idée du prix élevé des choses nécessaires à h rie,

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savait parfaitement que les tribus, demeurant 4 une grande distance, soit sur les côtes de l'ile Vancouver, ou sur les côtes de la terre ferme jusqu'aux établisséments russes, se ressentaient plus ou moins de l'influence des blancs, et étaient, en outre, naturellement portésè une grande immoralité, encore augmentée par ce contact, ainsiqu’à la barbarie, à la cruauté, à la soif du gain etau désir du pillage. La présence de l’homme de la Prière était donc absolument nécessaire pour obtenir par la grâce de Dieu, toute puissante dans son action, la conversion de ces infidèles, en dissipant les épaisses ténèbres de leurs esprits abrutis par la dégradation la plus profonde, « Non! s'écrie le saint Evêque, '- parole de « l'homme ne peut rien ici que pour prier; la “ main du Dieu-Fort peut seule amollir ces “ cœurs endurcis, et c’est bien le lieu de vérifier “ jei les paroles du glorieux précurseur de Jésus : « Je vous déclare que Dieu peut faire naître de “ ces pierres mêmes des enfants à Abrahan. ”

Aussi s’efforça-t-il de diriger dès lors vers ces endroits les missionnaires séculiers dont il pou-

vait disposer.

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MGRŸDEMERS 289

Aucun prêtre n’avait pu encore se rendre dans la Nouvelle-Calédonie. Les tribus de ce pays, étant de mœurs plus douces et mieux disposées à recevoir la bonne nouvelle, devaient être évan-

gélisées par les Oblats qui étaient attendus bientot.

Les Canadiens donnaient, de leur côté, beauwup de consolations.

Ajoutons qu'au point de vue matériel, cet été de 1856 avait été très défavorable : le thermo-

| mètre s'était tenu à quatre dégrés au-des-

sous de la moyenne ordinaire, et la récolte du blé se trouvait, en conséquence, manquée. Il est bien vrai que l’on avait, depuis un an, découvert les mines d'or de la rivière Tête-Plate et de Kamloops : mais si les gages qu’y obtenaient les Canadiens s'élevaient de quatre à vingt piastres par jour, selon les veines, d’un autre côté, ils se voyaient forcés de payer jusqu’à vingt et trente piastres pour un sac de farine.

Au milieu de tous ses travaux et de ces diffcultés, Mgr Demers écrivait, dans sa grande humilité : “Je n'ai pas de consolation ‘humaine

à attendre, je n'ai pour me soutenir que Îa pensée d’être ici par la volonté de Dieu, décidé de mon côté à l’accomplir et à faire un peu de bien, suivant la mesure des moyens mis à ma portée. Je dois me contenter de planter et d’arroser une terre qui donnera du fruit in tempore suo, quand Dieu le voudra.”

Puis, il recommande de nouveau son œuvre au zèle et à la charité des fidèles du Canada : ‘“ Puisse mon faible travail leur inspirer, s'il est possible, une nouvelle ardeur pour cette œuvre admirable de la propagation de la Foi qui, de l’ancien monde où Dieu l’a fait surgir pour le bien et l’honneur de son Eglise et la gloire de son saint nom, est passée dans le nouveau, afin que lui aussi contribue, par le contingent de ses aumônes et par le dévouement de ses frères, à répandre la connaissance de Celui qui, étant la lumière, éclaire tout homme venant en ce monde!

“Oh!puissent les chrétiens comprendre l'importance et la nécessité de cette œuvre pour la conversion des infidèles d’un côté, et de l’autre les immenses avantages spirituels qu’elle peut leur procurer ! Puisse cette œuvre se répandre par

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toutl’univers, et partager ainsile beau, le glorieux titre de catholique, comme la religion sainte qu’elle est destinée à soutenir et à propager ! ”

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