VIII . MAHA-KARUNA-PUNDARIKA-SUTRA
Remarques préliminaires. — Systèmes philosophiques du Vedanta et du Sankhya. Le Vedanta poursuit V absorption, l'union intime, le Sankhya la séparation, l'isolement; le Bouddhisme poursuit la suppression, l'extinction du Karma, de l'acte moral cause des existences (p. 154) intimement lié au Nidàna (p. 155). Cette suppression s'opère au moyen de la science manifestée par la loi (p. 155). L'ignorance est la cause du Karma, la science celle de la loi : la séparation de la loi et du Karma, par la science triomphant de l'ignorance, est le principe du Nirvana et de la morale négative et restrictive du Bouddhisme. — L'origine des choses ne peut être attribuée à une personne (p. 156-157).
Traduction. — Bhagavat ordonne à Ananda de préparer son lit de mort (p. 158). Il annonce son Nirvana prochain. Lamentations d' Ananda (p. 159), blâmées par le Buddha qui se couche sur son lit. Arrêt de toutes les fonctions des êtres, plantes, fleurs, animaux (p. 160), corps célestes, êtres infernaux. Tremblements de terre. Malaise des dieux (p. 161). Brahma troublé se rend auprès du Buddha et vient l'interroger (p. 162-3). Brahma reconnaît le Buddha comme créateur (p. 163). Il déclare ne pas savoir par qui il a été lui-même créé. Il reconnaît n'être pas l'auteur de la destruction des mondes et de leur création (ibid.) des demeures célestes, des saisons des êtres divers (p. 164), de leurs sensations, de leurs phénomènes moraux et sociaux, bonnes et mauvaises mœurs, causes de dommages, maladies (p. 165), des douleurs de la séparation, des travaux, des mauvaises actions (p. 166), des tueries, des actions impures, des maux qui ont une cause apparente ou occulte, des conditions changeantes de l'existence (p. 167), de la perversion de voies diverses, des saveurs (p. 168) du cercle de l'existence (p. 169). Il reconnaît avoir cru à tort qu'il était l'auteur de toutes ces choses et demande quelle en est la vraie origine (p. 169).
Le Buddha répond qu'elles viennent du Karma et de la cause du Karma, l'ignorance, etc. Le mélange du Karma et de la loi produit les êtres ; la séparation de la loi et du Karma en empêche la production. La loi se montre quand il paraît des Buddhas (p. 170) qui font voir que les composés sont comme une image, un rêve, sans permanence ni réalité (p. 171-3). Ceux qui sont pénétrés de cette vérité renoncent au monde et se font moines, qu'un Buddha ait apparu ou non (p. 173). Çâkyamuni a passé par toutes les épreuves nécessaires et ainsi obtenu ses succès (p. 174). Eloge du Buddha. Brahma le reconnaît pour maître et se soumet à ses ordres (p. 175). Le Buddha donne ses instructions à Brahma et lui confie la direction du monde. Le grand Brahma, jusque-là rebelle à la loi bouddhique, lui était désormais gagné (p. 175).