‹ Fragments, extraits du KandjourChapitre 9 sur 295 · PREFACE XI · texte numérisé non relu

PREFACE XI

La lecture est seulement rendue plus facile et plus commode. Presque toujours j'avertis dans les préambules qui précèdent les divers articles que les divisions et leurs intitulés sont le fait du traducteur et ne figurent pas dans le texte original. Mais il était utile de prévenir le lecteur d'une manière générale, comme je le fais ici.

La nature de ce volume, les circonstances dans lesquelles il a été formé ne permettaient pas d'y faire entrer autre chose que des traductions du tibétain. Cependant il était impossible de n'y pas intercaler des traductions du pâli, quand les textes tibétains correspondent à des textes pâlis dont ils s'écartent à peine. Une de mes visées principales dans mes études sur le Bouddhisme ayant été de rapprocher des textes qui proviennent de littératures différentes, et spécialement des textes pâlis et tibétains, je ne pouvais guère me dispenser de donner parallèlement la traduction des textes tibétains et pâlis dont l'identité est presque complète. Aussi n'y ai-je pas manqué. Mais il est des textes en langues diverses trop dissemblables pour être traduits parallèlement, trop semblables pour qu'on néglige de les rapprocher les uns des autres. Ne pouvant les introduire dans un recueil de fragments du Kandjour, et ne pouvant me résigner à n'en tenir aucun compte, je me suis décidé à les mettre à la suite en appendice. Il n'est pas un des textes dont se compose cet appendice qui ne puisse être rapproché utilement d'un ou de plusieurs des textes tibétains dont la traduction forme le gros du volume.

Sauf le premier des articles qui composent Y appendice (article formé de plusieurs versions parallèles dont une était connue par la traduction du Lalitavistara de M. Foucaux), tout y est nouveau. Du moins, je n'ai publié auparavant la traduction d'aucun de ces morceaux, et je ne sache pas que quelque autre m'ait devancé en cela.

Le système de transcription que j'ai adopté est celui qui est esquissé dans la préface de l'analyse du Kandjour et du Tandjour insérée dans

le tome II des Annales du Musée Guimet. Je ne donne donc pas ici mon alphabet. Je rappelle seulement que le principe de ce système est une simplification de la transcription aussi grande que possible. On n'y emploie en général qu'une seule lettre romaine pour rendre une seule lettre de l'alphabet original ; on utilise toutes les lettres de l'alphabet romain en leur donnant les valeurs qu'elles peuvent avoir dans quelqu'une des langues européennes. On n'emploie des lettres pourvues de signes accessoires destinés à en changer la valeur qu'en cas d'absolue nécessité, ce qui fait qu'elles sont peu nombreuses.

Ce recueil de fragments du Kandjour et de quelques autres textes bouddhiques est sans doute imparfait à bien des égards. Il s'en faut que tout y soit absolument nouveau. Même, parmi les traductions qui y paraissent pour la première fois, il y en a dont le sujet était déjà connu par des analyses insérées dans les ouvrages qui ont été publiés sur le Bouddhisme. Malgré cela, nous aimons à croire qu'il ne sera pas dépourvu d'intérêt et qu'on y apprendra quelque chose. Le Kandjour est si peu connu et il est si vaste que les efforts faits pour ajouter à ce qu'on sait ont peut-être le droit de réclamer quelque attention. Il est vrai que l'étendue de ce recueil ne doit pas faire illusion : les mêmes textes y sont répétés bien souvent ; même parmi ceux qui diffèrent le plus, certains développements reviennent fréquemment dans des termes identiques. Bref, les redites y abondent, tant pour le fond que pour la forme. Si l'on réussissait à condenser tout ce qu'il contient d'original en supprimant ces répétitions multipliées, on arriverait à composer un recueil d'une masse bien inférieure à celle de la compilation existante, mais peut-être tout aussi instructive. Le volume que nous offrons au lecteur n'a certes pas la prétention d'être cet abrégé. Pour faire convenablement un tel travail, il faudrait avoir lu tout le Kandjour, et en avoir extrait plus de matériaux que nous ne l'avons fait. Nous ne cacherons pourtant pas que, dans notre pensée, ce volume pourrait

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