DISCOURS DU MINISTRE
dynastie dont les destinées sont confondues avec les vôtres! Aimez cette France, dont la fortune est aujourd'hui celle de la liberté et de la paix du monde ! Mais dans votre dévouement à cette noble patrie, retenez bien l'enseignement de cette journée : n'oubliez jamais que c'est la forte discipline deTàme, Ténergie persévérante qui font les grands caractères et perpétuent les grandes nations.
DISCOURS
raONONCÉ
A|J^ ^]D]^RAILLE9 PE 91. GHARLfl^ LOY$pI^
MAItU OI COMrilIRCBS ▲ L'icOLI MOIMAUI,
Le 29 juin 4819.
JNe craignez pas, messieurs, que je vienne troubler votre douleur par une vaine formalité. Je ne veux dire qu'un dernier adieu à celui que nous avons tant aime et que nous pleurerons toujours.
Mon cher Loyson, nos cœurs sont devant ton cercueil dans la disposition où toi-même aurais voulu qu'ils fussent. Nous y apportons une douleur que le temps ne pourra ni effacer ni distraire, mais que la raison et la foi éclairent. Oui, Tintervalle qui semble nous séparer n'a point de réalité pour ton âme et pour la nôtre. Le coup qui t'enlève frappe tes amis plus que toi-même. Tout ce qu'il y avait de meilleur en toi, tout ce que nous avons aimé et honoré, est et sera toujours. Les révolutions du temps et de l'espace, les troubles de la nature, ce phénomène d'un jour qu'on appelle la vie, a cessé pour toi ; mais l'immortelle existence t'a recueilli dans son sein : reposes-y en paix^
FUNÉRAILLES Dfi M. CHARLES LOYSON. 63
pauvre jeune homme; ta journée a été dure, que ton sommeil soit doux I
Il est vrai, tu n'as paru qu'un jnstaiit.sur la terre, mais pendant cet instant si court et si tien rempli, tu as cru à la sainteté de Tâme, à celle du devoir, à tout ce qui est beau, à tout ce qui est bien, et tu n'as cessé de nourrir dans ton cœur les seules espérances qui ne trompent point. Ta vie a été pure, ta mort chrétienne. J'ai besoin de me souvenir que c'est là l'unique éloge que ta pieuse mode|5tie voulut recevoir. JVfon silfsnce est la dçrnière preuve de mon dévouement. O le meilleur des fils et des frères, le plus sûr des amis, noble esprit, âme tendre, jeune sage, combien ne faut-il pas que ton ombre m'impose, pour arrêter ainsi le cri de mon cœur et de mes plus chers sentiments !
Encore un mot, mon cher Loyson. J'ai la con-
fiance que tu as été jusqu'à la fin fidè^î à l'amitié, et qu'à tes derniers instants, où nos consolation^ te manquèrent, tu n'as pas cetie de croire que tu avais été et seras toujours présent à ceux qui tç connaissaient, et particulièrement à celui auquel tu aurai? dû survivre^ et que tu n'attendras p|is longtemps.
DISCOURS
PBOHOMCt