DISCOURS DE RÉCEPTION, ÉLOGE DE M. FOURIER
TListoire. Nos pères, messieurs, ont fait la rëvolution française, et ce serait une insulte à leurs mânes de vouloir recommencer leur ouvrage; mais ils nous avaient laissé l'honneur et comme imposé le devoir d'achever la révolution qu'ils nous léguaient, en lui donnant un gouvernement digne d'elle. Les deux puissances immortelles de la France, le roi et le peuple, le génie de la monarchie et l'esprit des masses, se sont rencontrées: elles ne se sépareront plus* Ces généreuses institutions, achetées par tant de sang et de larmes, sont enfin remises à la garde d'un prince loyal et dévoué à la patrie. Reposons-nous à l'ombre du trône national , dans une concorde puissante qui nous permette d'ajouter à la liberté un peu de gloire^ car c'est une parure qui lui sied bien , et il n'est si doux d'aimer la France et de la servir que parce qu'on sent que ses intérêts se confondent avec ceux de l'humanité entière^ et que sa grandeur est l'espérance du monde.
LUE À L'àCÂDÉHU FBINÇIISB, ^
dans une de ses séances particulières.
Dans un discours qui devait embrasser beaucoup d'objets, sans dépasser une demi-beure, j'ai dû cboisir, entre les divers travaux scientifiques de M. Fourier, celui qui, par sa célébrité et son originalité, met le nom de son auteur parmi les noms immortels. Je n'ai parlé que de la théorie de la chaleur ; et encore n'en ai- je pu dire qu'un mot: je me suis borné à indiquer la place qui lui appartient dans l'histoire des grandes découvertes. Je voudrais aujourd'hui la. faire un peu mieux connaître^ et^ sans entrer dans les profondeurs mathématiques de cette théorie, qui seraient inaccessibles à mon ignorance, la considérer du moins et vous la présenter dans ses résultats les plus frappants et dans ses grands rapports avec le système du monde.
Quand on essaie de se rendre compte de la chaleur répandue sur notre terre, rien de plus naturel que d'en chercher d'abord le principe dans le soleil. C'est en effet le soleil qui, en paraissant ou en
se retirant, produit les variations de la chaleur pendant le jour, la fraîcheur des nuits, la différence des saisons et celle des climats, et les phénomènes de tout genre que cette différence amène à sa suite. G^est le voisinage du soleil qui allume les feux de Téquateur, comme son éloignement hérisse les pôles de glaces. C'est encore le soleil qui, échauffant la surface de la terre, en tire les trésors de la vie végétale et animale. C'est la chaleur forte, mais variable, qu'il dépose dans les premières couches, et la chaleur plus faible, mais plus constante, des couches qui suivent, c'est cette chaleur nourrie et accumulée par les siècles, qui, dans sa répartition inégale, s'ajoute à l'inégalité de la chaleur solaire pour entretenir et fixer la différence des saisons et des climats. En un mot, des faits aussi variés qu'éclatants proclament la puissante influence du soleil sur la chaleur de la terre et sur sa distribution. Aussi le genre humain à son berceau l'a -t-il salué comme le père à la fois de la lumière, de la chaleur et de la vie. La science a fait comme le genre humain ; aussitôt qu'elle s'est occupée delà chaleur, elle l'a rapportée au soleil. Et le soleil est certainement une cause de ce grand phénomène; mais est-il la seule? La science, dans sa faiblesse et dans sa témérité, a d'abord répondu oui; plus avancée et plus circonspecte, elle a fini par répondre non.
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Si la Qhale^r de la terre venait uniquement de celle du soleil^ elle aurait ce caractère tiëces* saire de décroître sans cesse à mesure qu'elle s'éloigne davantage de sa cause ; et c'est aussi ce qui s'observe jusqu'à une certaine profondeur. Mais au delà; c'est un fait incontestable que la chaleur s'élève toujours, comme le prouvent les çources d'eau chaude^ la chaleur des mines, les fçux des voleans. Et cette chaleur nouvelle ne s'épuise pas comme la première, en s'éloignant de la surface : à mesure qu'on s'enfonce dans les ^bîmes du globe, elle s'accroît dans des proportions gigantesques. Ces proportions ont été mesurées. Trente-deux mètres donnent un degré entier ; de sorte que l'on est conduit à admettre, au centre de la terre, un brasier immense.
Voilà donc un foyer de chaleur différent du soleil. Au lieu d'un seul principe, en voilà deux, n y a plus : des raisons puissantes portent à penser que la chaleur propre de la terre, indépendante de celle du soleil, n'a pas toujours été distribuée comme elle l'est aujourdhui, qu'elle n'a pas tou* jours é\é ramassée dans le centre de notre terre, i^ais qu'autrefois elle l'a embrasée tout entière, et que d'abord ee globe lui-mcme a été une matière enflammée qui, se refroidissant avec le temps, a peu à peu permis à la vie de paraître à la surface. Ainsi nous sommes ramenés à l'idée de Descartp*-
^ -vT'
et de Leibnitz i, que la terre est une espèce de soleil à moitié éteint. Buffon, au dix-huitième siècle, s'empara de cette idée, qui était passée presque inaperçue, et la développa avec la puissance de son admirable talent; mais, passant tout à coup d'une extrémité à l'autre, comme auparavant on n'avait vu dans la chaleur de la terre qu'une émanation de la chaleur solaire, Buffon n'y reconnut plus qu'une émanation affaiblie du feu central ; et il en vint jusqu'à prédire que le refroidissement du globe, qui d'abord avait produit la vie, s' augmentant avec le temps, la détruirait, et réduirait peu à peu les régions intermédiaires et celles de l'équateur lui même à l'état des régions polaires : triste, mais rigoureuse conséquence du nouveau principe considéré exclusivement. Grâce à Dieu, ce n'est là que la menace d'une hypothèse. S'il est vrai que notre terre est une planète refroidie, que ce refroidissement a été et est encore la condition des phénomènes de la vie, et qu'il doit aller sans cesse en augmentant, il est vrai aussi que ce refroidissement est d'une lenteur qui peut rassurer les imaginations les plus craintives, et que, fût-il arrivé demain à son dernier terme, les phénomènes de la vie qui se passent à la surface de la terre n'en souffriraient presque aucune altération, parce
1 Descarlcj r }*<ifjt soleil éteint dont la surface seule est refroidie, î.eihnilz : Tontes It$ i.1;o^Hl\s sont de pelits soleils encroûtés.
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que le soleil serait encore là, cl que le soleil joue un très-grand rôle dans la production de ces phénomènes. Voulez-vous savoir, en effet, combien à peu près cette matière enflammée que fut la terre à son origine, a pu mettre de temps à se refroidir dans un degré appréciable? Supposez-la échauflFée à telle température qu'il vous plaira d'imaginer, et devinez ce qu'en ce cas il lui faudra de temps pour se refroidir tout juste autant que le ferait en une seconde une sphère d'un mètre de diamètre semblablement composée et semblablement échauffée? Quel nombre d'années répond, pour notre terre, à la seconde pour cette petite sphère? douze cent quatre-vingt mille années. Voilà pom* nous l'équivalent de cette seconde. Jugez combien de secondes pareilles il a fallu à notre globe de feu pour arriver au refroidissement actuel! Et ne vous étonnez pas de ces nombres. Le temps est relatif à l'espace, et les siècles sont à leur aise dans un système planétaire qui a plus de douze cent millions de lieues d'étendue. L'univers est vieux si l'homme est jeune. Que de temps, que de révolutions il a fallu pour préparer à ce merveilleux personnage une scène stable où il pût déployer librement son génie ! L'homme désormais n'a plus rien à craindre pour sa demeure : d'une part, la durée et la stabilité de notre îrlobe résident dans les condilions mêmes du système solaire, et la vie qui se dé-
yeloppe à sa surface n'a besoin que du soleil; et d'une autre part, l'action de la chaleur intérieure, qui pourrait bouleverser cette surface, soulever les mers en montagnes, ou convertir les montagne en vastes bassins, cette action perturbatrice, pu plutôt ordonnatrice, a presque partout cessé; et l'immense foyer contenu dans les entrailles de la terre n'exhale plus qu'une chaleur à peine sensible. Les siècles sans doute pourront modifier encore la chaleur des couches inférieures, mais à la surface tous les grands changements sont accompUs, et nulle déperdition de chaleur ne peut causer aucun refroidissemeut de climat. Depuis l'Ecole d'Alexandrie, la température de la surface terrest|*e n'a pas diminué, par suite du refroidissement progressif de la terre, de la trois-centième partie d'un degré; et cette influence à peine sensible que conserve la chaleur centrale sur celle de la surface, pour la diminuer de moitié, il faudrait trente mille années. Nous n'habitons, il est v^:ai, que des débris de révolutions de toute espèce, mais ces débris, nous pouvons les habiter avec sécurité. Les monuments de la société humaine p'ont plus yien à redouter que des hommes. Et encore les révolutions humaiQes, comme f:;elles de la nature, $oîit-relles aussi dc^ pas calculés d'avance par l'ét^ruel géomètre vers un état meilleur et un ordre plus beau.
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Nous avons reconnu deux foyers de chaleur, Fun sous nos pieds, l'autre sur nos têtes, et la théorie de la chaleur doit admettre deux principes au lieu d'un seul ; ni Fun ni l'autre exclusivement, mais tous les deux combines et réunis. Mais n'y a t-il pas d'autres principes encore? La vraie science ne peut répondre à cette question qu'en recherchant si les deux principes admis épuisent l'explication de tous les phénomènes observables^ et s'il n'y a pas encore quelques phénomènes, inexpliquables par ces deux principes, et qui en demandent un nouveau. Une observation délicate, dirigée par un raisonnement sévère, atteste Texisteiice de pareils phénomènes.
Si la chaleur centrale agit k peine à la surface, cis'il faut rapporter au soleil presque toute la chaleur qui s'y observe, il ne reste plus, aussitôt que le soleil se retire, pour expliquer les phénomènes de la vie qui subsistent, que le peu de chaleur dépose par le soleil et accru par ses retours périodiques dans les premières couches de la terre. Or, quand on mesure l'influence de cette cause, on la reconnaît évidemment insuffisante à expliquer un très-grand nombre de phénomènes thermométriques.
Comment, dans le jour, quand le soleil est subitement intercepté, un froid soudain, d'une rigueur extrême, ne succède-t-il pas à uiie extrême
chaleur? Comment, quand le soleil n'est plus sur rhorizon, la fraîcheur de la nuit arrive-t-elle par des approches aussi légères et avec des gradations aussi délicates, et comment cette fraîcheur n'est-elle pas incomparablement plus grande? Gomment le passage de la nuit au jour est- il ménagé avec tant de mesure? Gomment, sur une plus grande échelle, y a-t-il tant de gradations d'une saison à l'autre ? Gomment les différences des climats ne sont-elles pas plus tranchées ? Gomment tant d'harmonie dans la distribution de la chaleur à la surface du globe, s'il n'y a d'autres principes de chaleur qu'un foyer interne, aujourd'hui sans influence, et le soleil qui paraît et disparait sans cesse avec une régularité parfaite, mais sans gradation? Si l'espace dans lequel roule la terre, était condamné à un froid absolu, il arrêterait aisément, dans l'absence du soleil, la faible action de la chaleur des premières couches, rendrait la nuit affreuse, mettrait l'hiver à côté de l'été, et les glaces des pôles à deux pieds de l'équateur. 11 faut donc, pour expliquer des phénomènes certains, que les autres causes n'expliquent pas entièrement, supposer que l'espace où se meut*la terre est doué d'une certaine température, et encore d'une température constante qui, s'interposant partout, ménage partout des transitions heureuses aux changements nécessaires
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des jours et des nuits, des saisons et des climats. Mais d'où peut venir cette température de l'espace terrestre et cette température constante? Ici la théorie s'agrandit ; elle sort des limites de la terre, et se lie au svstème du monde. Il est admis que toutes les étoiles dont se compose ce système, ont été primitivement comme la terre à l'état d'incandescence, qu'aujourd'hui elles ne sont pas plus éteintes que là terre, et qu'elles émettent une chaleur qui leur est propre. De là, dans le champ des espaces siellaires, d'innombrables rayons de chaleur émis et réfléchis, et qui, combinés entre eux, composent la température de l'espace ^ Reste à savoir comment cette température est constante, lorsque les causes en sont tellement diverses, et que les astres la versent dans l'espace avec tant d'inégalité. La loi de l'attraction universelle n'est pas auti'e chose qu'une induction de cette attraction , en vertu de laquelle le fruit suspendu à un arbre, la pierre que vous lâchez, tend vers la terre : cette induction si simple et si grande explique le système du monde. Une induction semblable va vous expliquer la températui'e constante de l'espace dans lequel se meut le système du monde. N'est-ce pas un fait vulgaire que, dans la plus petite enceinte, deux corps diverse-
1 Théorie de la chaleur rayonnante.
ment échauffés tendent, l'un en recevant, l'autre en donnant de la chaleur, à se mettre en équilibre, et qu'il en est de chaque point de l'espace enfermé dans cette petite enceinte comme des corps qui y sont contenus? Transportez ceci dans l'immense enceinte du ciel, et vous aurez, en vertu de la même loi, ce résultat, que tous les points de l'espace stellaire, inégalement échauffés, mais agissant perpétuellement les uns sur les autres, tendent à se mettre en équilibre de chaleur. De là la température moyenae et constante de l'espace, La loi est la même, le résuhat seul est plus grand; pour l'accomplir, il ne faut qu'une différence de temps; or, nous l'avons déjà dit, le temps est aussi infini que l'espace, la nature prodigue l'un comme l'autre, et fournit des siècles en rapport avec l'étendue des effets qu'elle veut obtenir. Ainsi s'explique la température moyenne et constante de l'espace, laquelle expliqu.e à son tour ce qui échappe à l'action solaire et à l'action du feu central dans la distribution de la chaleur à la surface de la terre et dans les phénomènes qu'elle y produit.
Tels sont, autant que j'ai pu les saisir moi-même et vous les présenter dans ce cadre étroit, les aspects les plus populaires de la théorie de la chaleur. Je désirerais surtout qu'ils pussent vous donner quelque idée de la méthode qui préside à cette
thëorie ; méthode profonde qui, attachée avec une constance admirable à TexpUcation complète des phénomènes, les décomposant dans tous leurs éléments, les suivant partout où ils mènent, s*est trouvée conduite, par la rigueur même, à la grandeuï* et & l'originalité. Mais jamais cette méthode n'eût |)u parvenir à de pareils résultats sans un instrument digne d'elle, qui répondit à sa pénétration, à sa précision, k son étendue; je veuï parler de l'analyse mathématique. Que d'obstacles se rencontraient ici de toutes parts ! Il fallait d'abord instituer une revue sévère des observations anciennes, et faire soi-même une foule d'observations et d'expériences nouvelles, La distribution de la chaleur solaire dans les premières couches de la terre, celle de la chaleur centrale dans les couches inférieures, se fait à travers des milieux sans nombre et d'une diversité extrême, solides, liquides, gazeux. Partout des différences dont il faut tenir compte, et à travers lesquelles il faut se faire jour pour arriver à quelque loi ^. Ncglîge-t-on quelque différence importante, on court risque de n'obtenir qu'une fausse loi que l'expérience ne confirme pas. S'arrête-t-on à des différences stériles, on n'arrive à aucune loi. Distinguer les différences insignifiantes de celles dont il faut tenir
i Théorie des équations différentielles.
compte, saisir les éléraenis généraux et constitutifs d'un phénomène, et ceux-là seulement, c'est là ce t£ui demande une analyse rationnelle qui est le fondement caché, le secret et l'âme de l'analyse mathématique. Il n'y a qu'un esprit profondément analytique qui puisse manier puissamment l'analyse. C'est un instrument qui demande la main d'un grand artiste ; et tout grand artiste fait le sien pour son usage. Toute espèce de calcul ne s'applique pas à toute espèce de phénomènes. On est souvent réduit à inventer un calcul spécial pour un ordre spécial de phénomènes. Le calcul n'étant autre chose que l'expression ahrégée des conditions fondamentales d'un phénomène, a nécessairement pour hase le phénomène qu'il résume et qu'il généralise. C'est ainsi que les grands problèmes de physique, amenant la nécessité de calculs nouveaux, ont successivement développé les mathématiques. L'auteur de la Théorie de la chaleur fut donc comme forcé d'inventer de nouveaux calculs pour résoudre de nouveaux problèmes, et ces calculs ont été pour lui la source d'une double gloire. D'abord, avec eux, il a résolu les grandes questions que soulevait le phénomène le plus universel de la nature, après le mouvement ; il a jeté de vastes lumières sur le monde et sur son histoire ; il a enrichi à la fois l'astronomie, la physique et la géologie; et de plus, l'in-
strument de ces belles découvertes , considéré en lui-même, indépendammemde ses résultats, parles difficultés que présentaient son invention et son application a placé son auteur parmi les plus grands géomètres.
Mais il ne s^cst point arrêté sur ces hauteurs ; il en est descendu pour être utile. C'est à M. Fourier qu'est dû cet ingénieux instrument qui, mesurant la conductibilité des diverses substances selon leur ordre de superposition^ pourrait rendre tant de services à l'hygiène et à l'industrie; comme ce sont quelques formules du calcul des probabi- Utés qui ont fondé la statistique^, et fixé les règles des compagnies d'assurance '.
N'avez-vous pas entendu quelquefois accuser la géométrie comme la métaphysique, et leur demander pourquoi tant d'efforts sur des abstractions qui fuient toute borne? Pourquoi 1 II faut répondre d'abord pour la gloire de l'esprit humain, afin que l'esprit humain ait uji puissant exercice et qu'il déploie toute sa grandeur et son amour désintéressé de la vérité dans des luttes sans fin, loin de la sphère des passions vulgaires. Le triomphe de la haute géométrie, comme celui de la haute métaphysique, est précisément dans leur apparente inutilité, je dis apparente, car sans lacon-
i Principes mathématiques de la population.
* Bapport sur les Tontines et les Caisses d'assurances.
ndi&sancë clc rhumânitë, n'espëtèz ^as là boiidiîiré; comme saiis Tàiialysc ii*ëspérëz pas ëonlprèndrc là nature ni la lôiirnèi: à vôtre usagé, Lès hômbrcs gouvernent le haonde, a dît Pythagorë : sans eux, le monde est inintelligible; car isâiis èùx, il ri y a point de lois géne'ralès, il n'y â plus qiié des faits isolés sans lien et âans lumière, inca* pables de fonder aucune science ni par conscquèilt aucun art véritable. Ne dédaignez donc pa^ cel abstractions, comme on les appelle; car il nétaiit qu*uh moment, une heureuse application poiif les reiidre fécondes et en tirer des trésors jpour là société tout entière. Non-sèulemerit là dignité dé Tesprit humain, mais la puissance matérielle dé rhommë, son industrie, les aris qiii embellissent la vie, et ceux mômes qui la défendent, le bonheur des particuliers comînè la fortuné des èiripires,, sont engagés dans la culture ou dànsi^abaiidon de cette noble science ; et il a fallu, dàiis iitié nation, une civilisation très-avancée et dû caractère lé plus élevé, pour que cette nation ait possédé à la fols trois hommes comme Lagrangè, Laplace et Fourier. Ces trois jgrands hommes a jamais inséparables, ouvrent iflàgnifiqueineht lé dix -iieuvième siècle. Tandis que Lagrahge semait k pleines mains lés calculs daiis les champs de l'infini, Laplace assurait, au système du monde d'inébranlables bases, Fourier découvrait les lois
à HàLûek ûi u. Fomifea. . S5
de la propagation de la chaleur dans toutes les régions du ciel et de là teï^ré, il déterminait Tëtat primitif et déroulait la plus antique histoire et les changements intérieurs de ce monde que nous habitons , et dont plus tard M. Cuvier devait décrire les changements extérieurs et les dernières révolutions dans le règne de la nature animale* Puisse ce dix-neuvième siècle ne pas finir sans produire encore un autre travail qu'amènent et préparent tous ces travaux, et pour lequel tant de matériaux s'àâiassehl, une histoire dei homïûièl