‹ Fragments littérairesChapitre 23 sur 56 · AB M. DE CES8AC · texte numérisé non relu

AB M. DE CES8AC

Ceseac était de celte famille de8 grands administrateurs et des grands conseillers d'État , les Bassano, les Merlin , les Daru, les Rœderer. Il se faisait même remarquer parmi eux par la fermeté judicieuse de ses avis , par la franchise de sa parole , surtout par sa simplicité dans une si haute fortune.

Mais que peut Tespérience , que peuvent les plus savantes combinaisons , que peut le génie lui-même quand le but qu'il poursuit est au delà des forces humaines? Après les victoires, les revers ; après Tempire du monde, une prison et un tombeau solitaire au milieu de FOcéan. C'est ici que parut dans sa pureté et dans sa force le caractère de M. de Cessac : il s'était attaché à la fortune^ de l'Empereur, il lui demeura fidèle ; il avait tout reçu de lui , il n'accepta xien que de lui. Pendant quinze ans entiers , il vécut dans la retraite. Il fallut la mort de Napoléon et la révolution de 1830 pour lui faire accepter la pairie de Ja main de M. Casimir Périer. Et quand , l'année passée , la France eoûn redemanda les cendres du prisonnier de Sainte-Hélène, M. de Cessac, déjà glacé par r^ge, se ranima un moment à cette nouvelle inattendue ; il voulut assister à cette grande cérémonie ; il imposa silence à sa famille : c Je le dois, je le veux ; j'irai, dussé-je y rester i ; et, malgré le froid le plus rigoureux, on le vit, à quatre-vingt-neuf ans, prosterné sur le pavé des Invalictes, verser des larmes et prier Dieu sur la bière de celui qu'il avait servi et aimé presque à l'égal de la patrie I

84 DIS€0UB8 PBOIfONCÉ AUX FUNABAILLES DEM. DECB88AC.

Oui , messieurs , il pria Dieu ; il y avait déjà bien des années que Tàme de M. de Cessac se reposait dans les pensées qui conviennent à une vieillesse vertueuse. Sans éclat , sans faiblesse , une conviction sincère Pavait ramené à toutes les pratiques d'une piété éclairée, et le dernier des encyclopédistes est mort en chrétien. Jusqu'au dernier moment, il remplit toutes les obligations que sa foi lui imposait avec la même régularité , avec le même scriipule quMl avait apporté jadis à Taccomplissement de tous ses devoirs.

Le devoir, dans toute son étendue et dans toute sa rigidité, était la règle inflexible de M. de Cessac , dans la vie et dans la mort , au ministère , à la chambre , à TAcadémie. Jamais, messieurs, vous ne retrouverea un confrère plus assidu, plus heureux de vous appartenir , plus dévoué à Thonneur de notre compagnie. Il était parmi nous , comme partout , simple et digne, grave et affable, vénéré et aimé. 11 s'est éteint doucement, emportant avec lui de saintes espérances, et laissant une renommée sans tache. Hohorons-le; efforçons-nous de Timiter : ne le pleurons pas.

FUNlâRAILLES DE N. JTOUFFROY.

DISCOURS

VBOHOHCK

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