EXEMPLE
L'énergie de ma volonté produit un mouvement interne qu'il ne s'agit point ici de décrire avec précision. .
Ce fait individuel et déterminé dans sa totalité se résout finalement en deux éléments très-distincts : d'abord , une volonté individuelle , celle du moi. ; un mouvement individuel ^ dont rintensi);é se mesure par celle de la volonté et en dépend; plus un rapport du mouvement produit à la volonté productrice.
La première partie de ce fait, qui embrasse le déterminé de l'effet et de la cause , est personnelle et relative au moi ; elle varie avec ses deux termes. £lle est la partie empirique du fait. Quand l'abstraction rassemble sous un même point de vue les diversités successives de cette partie empirique, elle en compose une idée générale , et la possibilité oh nous sommes aujourd'hui d'appliquer cette idée générale à un certain nombre de cas particuliers, constitue la connaissance contingente actuelle que nous appelons principe général contingent.
Mais la seconde partie du fait, c'est«à-dire le rapport de telle cause déterminée à tel effet déterminé, quoique individualisée dans la première , en est distincte. Faites varier les termes , le rapport reste le inêmp; faites abstraction de l'individualité de la
cause et de l'effet , le rapport de cause à effet reste dans l'esprit. Cette seconde partie du fait en est la partie absolue.
Or , dès que le fait complexe en question tombe sous ma conscience^ je ne suis, pas libre de faire ou de ne pas faire abstraction de sa partie individuelle ; cette abstraction s'opère nécessairement et indépendamment de ma volonté, et j'ai la notion du rapport de cause à effet.
Ce rapport, qui était contingent dans le fait complexe et concret parce qu'il était attaché à une cause et à un effet déterminés, et par-là contingents, n'est pas plus tôt séparé du concret , qu'il m'apparàît absolu et nécessaire.
Aussitôt que j'ai la notion de rapport nécessaire de cause à e£fet, j'ai la connaissance nécessaire ac-^ tuelle : tout fait qui commence d'exister a uiié cause ; j'ai le principe de causalité qui n'est autre chose que l'impossibilité de ne pas appliquer à tous les cas possibles la notion obtenue par l'abstraction de l'individualité dans le concret.
Cette abstraction n'est pas la même que celle qui^ dans la formation des connaissances contingentes , me donne l'idée générale ; celle-ci procède à l'aide de la comparaison et de la généralisation ; nous l'appelons abstraction œmpàràtwe : celle-là procède par simple séparation, et c'est pourquoi nous l'appelons abstraction immédiate.
Le procédé abstractif immédiat n'opère que sur un seul fait ( ou du moins on ne voit pas que le
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second puisse rendre plus que le premier ) , et agit iiiévitablement , tandis que l'autre a besoin de plusieurs faits pour agir ; qu'il a ses conditions d'agir y ses limites 9 son développement progressif; qu'enfin il est volontaire. Qui voudrait ne pas comparer ne généraliserait jamais. Cette synthèse est arbitraire ; l'autre est forcée.
Telle est l'origine et le mode de développement de toutes les connaissances actuelles.