‹ Fragments philosophiques (volume 3)Chapitre 67 sur 92 · SECONDE PARTIE DE LA PSYCHOLOGIE RATIONNELLE · texte numérisé non relu

SECONDE PARTIE DE LA PSYCHOLOGIE RATIONNELLE

Du primitif, ou de l'origine des principes rationnels.

Écarter la question contradictoire de Torigine de l'absolu en lui-même ; l'absolu étant ce qui ne peut pas ne pas être , ne peut avoir en soi ni fin ni commencement.

La seule question est celle-ci : Sous quels caractères l'absolu , immuable dans son essence , nous at-il apparu d'abord ? Question psychologique et non logique.

Réduction de la question à sa plus simple exprès-^ sion : quelle a été la première situation de l'esprit humain relativement à l'absolu?

Commencer par déterminer avec précision toutes les diverses manières d'être possibles de l'esprit , relativement à l'absolu, ou les diverses positions intellectuelles.

L'absolu ne peut apparaître à l'esprit que dans le concret ou dans l'abstrait (i).

: (r) Voir le précédent programme*

SUR LES VÊWTfe ABSOLUES. 3oi

Ces deux positions en contiennent encore deux autres : soit dans l'abstrait , soit dans le concret , l'esprit aperçoit l'absolu d'une aperception pure et spontanée y ou il le conçoit nécessairement et réflexivement.

TabUau des positions intelleetueUes.

Aperception de l'absolu dan^ l'abstrait. ... 1 P^^ " • ,

( Conception nécessaire.

.,„.,,, { Aperception pure.

Aperception de labsolu dans le concret, • . . ^'^ \ ,

( Conception nécessaire.

Reste à déterminer l'ordre chronologique de ces positions.

Déterminer d'abord la priorité chronologique du concret et de l'abstrait. Le concret est antérieur à l'abstrait.

Déterminer ensuite la priorité chronologique du réflexif et du spontané. Le spontané est antérieur au réflexif.

Ordre chronologique des diverses positions intellectuelles :

1*^ Aperception pure de l'absolu dans le concret ;

a** Conception nécessaire de l'absolu dans l'abstrait.

Ce n'est là que la première partie du primitif. Les principes rationnels dont l'origine vient d'être déterminée se composent ou paraissent se composer ' de notions. Par exemple , le principe de causalité se compose des notions de cause et ^èffet , le principe des substances des notions desubstance et de qualité.

3o2 PROGRAMME

I^s notions sont dans les principes ^ mais ne lés constituent pas. Il s'agit de savoir si ces notions sont antérieures aux principes , ou si elles résultent de Tapplication des principes.

Distinction des principes dont les notions sont directes, puisées dans la perception directe d'un objet quelconque ; ou indirectes , relatives à un objet qui échappe à toute perception directe.

Les notions directes peuvent être antérieures aux principes.

Les notions indirectes ne le peuvent pas.

D'où il suit que les principes composés de notions directes y peuvent avoir leur origine ; que les principes composés de notions indirectes ne peuvent trouver leur origine dans des notions qui les pré* supposent.

Or, il ne peut y avoir de notion directe que des phénomènes, du fini, du visible : l'être , l'infini, l'invisible, fuient toute prise immédiate.

Donc il n'y a que les principes relatife aux phénomènes doiit on puisse chercher l'origine dans des notions antérieures , et tout principe relatif à l'être est indécomposable.

Donc, ou le jugement (car un principe iie se manifeste que dans et par un jugement) comprend deux termes finis et visibles, et alors la connaissance de leur rapport , ou le jugement, suppose la comparaison des deux termes ; ou il comprend dans ses deux termes un terme qui est dans l'infini et dans l'invisible ) et alors la supposition d'une comparaison

SUR. LES VÉRITÉS ABSOLUES. 3o3

antérieure des deux termes est absurde , et la connaissance de leur rapport ou le jugement repose sur la vertu d'un principe qui, un des deux termes donné, donne l'autre et le rapport de tous les deux.

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