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2 PHILOSOPHIE SCIIOLASTIQUE.

les écoles de plusieurs provinces pour y augmenter son instruction, vint se perfectionner à Paris, où d'élève il devint bientôt le rival et le vainqueur de tout ce qu'il y avait de maîtres renommés : il régna en quelque sorte dans la dialectique. Plus tard, quand il mêla la théologie a la philosophie, il attira une si grande multitude d'auditeurs de toutes les parties de la France et même de l'Europe que, comme il le dit lui-même, les hôtelleries ne sufOsaient plus à les contenir ni la terre à les nourrira Partout où il allait, il semblait porter avec lui le bruit et la foule ; le désert où il se retirait devenait peu a peu un auditoire immense^. En philosophie, il intervint dans la plus grande querelle du temps, celle du réalisme et du nominalisme, et il créa un système intermédiaire. En théologie, il mît de côté la vieille école d'Anselme de Laon ^, qui exposait sans expliquer, et fonda ce qu'on appelle aujourd'hui le rationalisme. Et il ne brilla pas seulement dans l'école; il émut PEglise et l'État, il occupa deux grands conciles ^; il eut pour adversaire saint Bernard, et un de ses disciples et de ses amis fut Arnauld de Brescia ^. Enfin, pour que rien

^. Abselard. opp. éd. Amb., Hist. Calamit., p. -19 ; « Ut nec locus liospitiis Dec terra sufQceret alimentis. -» Voyez aussi la lettre de Foulques à Abélard. Ibid.fV. 218 : a Roma suos tibi docendos transmittebat aluiU'

nos Nulla terrarum spatia, nuUa montium cacumina, nulla concava

vallium , nulla via difficili licet obsita periculo et latrone , quominus ad te properarent, retinebat. Anglorum turbam juvenum mare interjacens et

undarum terribilis procella non terrebat Remota Britannia Ande-

gavenscs Pictavi, Vascoues et Iliberi; Normania, Flandria, Tbeuto-

nicus et Suevus... Prœtereo cunctos Parisiorum civitatem habitantes...»

2. Ibid.f p. 28 : « Oratorium quoddam ex calamis et culmo primum

construxi Scholares cœperunt undique concurrere, et relictis civita-

tibus et castellis solitudinem inbabitare.

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